Quand un universitaire donne au paranormal les habits de la science
Depuis ses menaces de procès pour avoir critiqué ses déclarations sur France Inter, je reviens sur le parcours de Renaud Evrard, universitaire et membre du comité Para, mais hélas ennemi de plus en plus déterminé du scepticisme scientifique.
Voir mes autres billets :
- Renaud Evrard | Une drôle d’étude pour défendre la psychanalyse
- Renaud Evrard | Les réseaux d’une science « alternative »
- Renaud Evrard | Compromission intellectuelle et bullshit — « L’expérience qui prouve que le passé est modifiable »
- Evrard & Rabeyron, 2012 |Psychanalyse, télépathie et refuge clinique du psi
- Renaud Evrard chez Brice Perrier : quand la science sert de vernis aux récits extraordinaires
- Renaud Evrard | quand une thèse primée à l’Université de Lorraine légitime la conscience non locale
- Renaud Evrard chez La psychologie pour tous | l’accueil clinique comme cheval de Troie du paranormal
- Renaud Evrard dans Inexploré : le paranormal c’est quantique
- Renaud Evrard et le Rorschach dans l’autisme | Une réhabilitation clinique suspecte
- « Poltergeists, mort imminente, Psi, étude des anomalies | Renaud Evrard | The Paranormal Show »
- Le Comité Para & la question de l’entrisme pseudoscientifique
- Renaud Evrard | Les dons des enfants Indigo existent
- Renaud Evrard & The Conversation | La caution académique donnée aux fausses médecines
- Grand Manuel Scientifique | Quand la parapsychologie accuse le scepticisme
Le passé modifié : un écart statistique transformé en métaphysique
La vidéo « L’expérience qui prouve que le passé est modifiable » est publiée le 27 novembre 2025 par la chaîne Helgoand, sous la forme d’un entretien avec Renaud Evrard, présenté dès les premières secondes comme psychologue clinicien et enseignant-chercheur en psychologie à l’université de Lorraine. Le contexte compte autant que le contenu. On ne regarde pas ici un médium de plateau, un influenceur ésotérique ou un vendeur de stages d’intuition, mais un universitaire, habilité à diriger des recherches, maître de conférences à l’université de Lorraine, responsable depuis 2024 d’un master de psychologie clinique psychanalytique, dont la fiche institutionnelle mentionne explicitement ses responsabilités académiques.
Cette légitimité produit un effet immédiat : le chercheur donne à la chaîne un surplus d’autorité. Le média peut alors mettre en scène une promesse spectaculaire — le passé serait modifiable — tout en bénéficiant du ton professoral, du vocabulaire technique, de la mention d’études, de méta-analyses, de laboratoires et de protocoles. Lorsqu’un académique intervient dans un espace médiatique consacré au paranormal, il peut soit y apporter de la méthode, soit y apporter un vernis confortant les croyances en place. Dans cette vidéo, Renaud Evrard choisit trop souvent la seconde option.
L’intervieweur démarre avec la « fameuse expérience » de Helmut Schmidt, présentée comme un phénomène de rétro-psychocinèse. Evrard explique que le physicien utilisait des générateurs d’événements aléatoires, enregistrait des suites de 0 et de 1, puis demandait ensuite à un sujet d’orienter les résultats :
- « Et à sa grande surprise, la personne était capable de modifier le hasard qui avait pourtant été déjà tiré au sort un temps auparavant. (…) On a un réel qui a été complètement bouleversé simplement parce que quelqu’un a eu l’intention de l’orienter dans un sens plutôt que dans un autre. »
Evrard ne dit pas seulement qu’un protocole ancien aurait produit un écart statistique intéressant. Il affirme que « la personne était capable de modifier le hasard », puis que « le réel » a été « complètement bouleversé », et c’est une déclaration qui prend place dans le champ ontologique : le chercheur affirme scientifiquement l’existence de capacités paranormales. D’un écart statistique, surtout dans un champ miné par les effets faibles, les analyses multiples, les biais de publication et les réplications incertaines, il tire une conclusion métaphysique. Le passé, le réel, l’intention, la matière : tout bascule dès les deux premières minutes.
La littérature scientifique invite pourtant à beaucoup plus de prudence. La méta-analyse de Bösch, Steinkamp et Boller consacrée à l’interaction alléguée entre intention humaine et générateurs de nombres aléatoires rassemble 380 études. Elle trouve un effet global statistiquement significatif mais très petit, accompagné d’une forte hétérogénéité et d’indices compatibles avec un biais de publication. Les auteurs concluent que le résultat global pourrait, en principe, résulter d’un biais de publication (Bösch et al., 2006). Cette conclusion autorise un débat méthodologique sur la littérature parapsychologique. Elle annonce aussi, par certains aspects, les problèmes qui deviendront centraux dans la crise de reproductibilité en psychologie : effets faibles, biais de publication, liberté analytique, réplications incertaines. L’affaire Bem en offrira quelques années plus tard un exemple beaucoup plus visible.
Une prudence de façade
Le plus préoccupant tient à la manière dont Evrard gère la fragilité de cette littérature. Plus loin, l’intervieweur lui soumet directement l’hypothèse du biais de publication. Sa réponse reconnaît le cœur du problème : « On soupçonne que peut-être que si on avait inclus certaines études qui seraient des échecs, l’effet serait nul. Et donc, on est très modéré sur les conclusions qu’on peut avoir à ce niveau-là. »
Cette phrase devrait arrêter la machine. Une hypothèse aussi extraordinaire que la modification du passé exige des preuves massives, indépendantes, préenregistrées, robustes et reproductibles. Si l’effet peut s’annuler quand on tient compte des études manquantes, la conclusion rationnelle consiste à suspendre l’interprétation paranormale. Evrard fait pourtant l’inverse quelques secondes plus tard : il maintient que « des types d’études comme la rétro-psychocinèse ont très bien fonctionné », puis ajoute que, « si cette expérience est correcte », elle suggère que « le passé n’est pas complètement déterminé tant qu’il n’est pas observé ».
Cette structure rhétorique revient sans cesse : une concession méthodologique, puis une envolée métaphysique. Le doute est mentionné mais sans affecter la conclusion paranormale qui continue son chemin. Le public entend les mots de la prudence, mais il reçoit tout de même l’idée spectaculaire et peut-être n’est-il pas armé pour se défendre contre l’autorité académique dont on abuse dans cette interview.
Le même mécanisme apparaît quand Evrard parle des « effets robustes ». À propos des phénomènes psi en laboratoire, il explique :
- « Donc, on a des anomalies qui se maintiennent dans le temps […] Même des chercheurs différents qui reproduisent ça dans des labos différents vont constater les mêmes choses. Donc les effets sont robustes. »
Là encore, le vocabulaire donne une impression de solidité. « Robuste » a un sens fort dans les sciences expérimentales : un effet robuste survit aux variations de protocole, aux réplications adversariales, aux préenregistrements, aux analyses conservatrices et aux changements de laboratoire. Or l’histoire récente de la psychologie a montré à quel point des effets statistiquement séduisants peuvent s’effondrer sous de meilleures pratiques. Le cas Daryl Bem l’illustre de façon exemplaire. En 2011, Bem publie dans le Journal of Personality and Social Psychology une série d’expériences prétendant fournir des preuves d’influences rétroactives sur la cognition et l’affect (Bem, 2011).
Wagenmakers, Wetzels, Borsboom et van der Maas répondent la même année en montrant que le cas psi révèle surtout les faiblesses des analyses statistiques ordinaires lorsqu’elles sont appliquées à des hypothèses très improbables et à des pratiques analytiques insuffisamment contraintes (Wagenmakers et al., 2011). Ritchie, Wiseman et French publient ensuite trois tentatives indépendantes et préenregistrées de réplication de l’un des effets de Bem ; elles échouent à reproduire l’effet (Ritchie et al., 2012). Galak, LeBoeuf, Nelson et Simmons échouent eux aussi, dans sept expériences, à répliquer les effets de facilitation rétroactive du rappel (Galak et al., 2012).
Je vous parlais de cette étude bizarre dans la vidéo :
Le débunkage présenté comme une faute
Ce point importe car Evrard présente le psi comme une zone de savoir marginalisée, tandis que les sceptiques seraient trop prompts à rejeter, dénoncer, débunker. Il déclare :
- (10min20[1]) « On n’arrive pas à imaginer qu’il y a tout un circuit pour freiner, masquer cette information, désinformer […] »
- « Cette attitude-là d’aller débunker, d’aller dénoncer des gens, ce n’est pas une attitude favorable à la dialectique, au dialogue qui est nécessaire en science. »
La formulation adopte un registre de soupçon : l’échec de la parapsychologie à s’imposer devient moins un problème de preuve qu’un problème de circulation entravée, de culture hostile, de sceptiques qui décrédibilisent. C’est exactement le type de cadrage qui permet de déplacer la discussion hors du terrain méthodologique. Pour Evrard le débunkage devient une faute de dialogue, une thèse qu’il explicite dans un article pro-psychanalyse publié dans la revue Analysis en décembre 2025 (voir https://menace-theoriste.fr/renaud-evrard-une-drole-detude-pour-defendre-la-psychanalyse/)
C’est grave parce que dans les domaines où des croyances fausses peuvent alimenter des pratiques commerciales, thérapeutiques ou spirituelles, la critique publique remplit une fonction d’hygiène intellectuelle. Elle sert à distinguer ce qui a été montré, ce qui a été suggéré, ce qui a échoué, ce qui relève d’une hypothèse spéculative, et ce qui relève d’une histoire séduisante.
Quand l’effet expérimentateur devient une preuve du paranormal
Le passage le plus révélateur intervient autour de l’effet expérimentateur. L’intervieweur souligne que les résultats en parapsychologie semblent fortement liés au degré de scepticisme ou d’enthousiasme du chercheur. Evrard répond en transformant cette faiblesse en découverte :
- (23min20) « En fait le seul phénomène qui est prouvé en parapsychologie, c’est que le résultat que vous avez va se conformer à vos attentes ,et c’est l’horreur. Pour dégager des connaissances à partir de là, c’est impossible puisque tout ce que vous allez trouver, c’est confirmer vos attentes. Vous confirmez vos croyances et ça crée des divisions puisqu’en science on aimerait que le phénomène existe naturellement, qui ne soit pas dépendant d’un individu, d’un laboratoire, d’une culture, d’une croyance et là c’est contrairement c’est le contraire mais c’est absolument génial parce que on peut obtenir des effets complètement inouis. »
- « On est dans un monde où on a des rêves matérialisés, on a de l’oniroplastie et la frontière entre ma vie psychique, mes intentions et le monde extérieur, elle est beaucoup plus poreuse. »
Ce passage concentre l’abandon de la méthode. Dans une discipline expérimentale, si le résultat dépend des attentes de l’expérimentateur, on renforce les contrôles. On aveugle les conditions. On automatise la collecte. On préenregistre l’analyse. On organise des réplications indépendantes. On examine les degrés de liberté du protocole. On cherche les biais de sélection et les artefacts. Evrard, lui, injecte une hypothèse fétiche qui court-circuite la démarche : peut-être que la croyance modifie le réel. Ce renversement transforme un problème méthodologique en confirmation paranormale.
Le quantique comme décor technique
Le même phénomène se retrouve dans l’usage de la physique quantique. Evrard mobilise la symétrie temporelle des équations, la non-localité, la superposition, l’observation, puis les relie à la conscience et au psi en expliquant
- (29min50) « Les parapsychologues disent : non, au contraire, nous on a des données empiriques qui ne s’expliqueraient que par ça [des effets à rebours du temps : des paradoxes temporels]. »
- « Toutes les psychocinèses sont en fait des psychocinèses dans le passé parce ce qu’on vient modifier du hasard [se fait en modifiant] toute la chaîne causale déterministe. »
Plus loin, il va plus loin encore en mélangeant l’effet observateur, cher usages spiritualisants ou pseudo-techniques de la mécanique quantique, et l’idée d’une « causalité finale » où c’est un agent épistémique qui façonne la réalité en agissant à rebours dans le temps.
- (34min50) « On pense que le passé est réel, et ce que vient montrer la parapsychologie, c’est que ce n’est pas le cas. On pense que le futur est imaginaire et bien ce que montre la parapsychologie c’est qu’il est aussi en partie réel. »
Evrard ne se limite plus à dire que des expériences controversées suscitent des questions. Il affirme que la parapsychologie « montre » que le passé, tel que nous le pensons, n’a pas le statut de réalité qu’on lui attribue. C’est une proposition métaphysique vertigineuse, présentée dans un cadre de vulgarisation comme une conséquence des données.
La mécanique quantique n’apporte pas le soutien que ce type de discours lui demande. Les débats sur la mesure, la décohérence ou les interprétations de la mécanique quantique sont réels, techniques, profonds. Schlosshauer montre que la décohérence clarifie des aspects importants du problème de la mesure, tout en laissant des débats d’interprétation ouverts (Schlosshauer, 2004). Mais rien, dans ces débats, n’autorise à faire de l’intention humaine un opérateur capable de réécrire des bandes magnétiques, d’orienter des générateurs aléatoires déjà enregistrés, ou de rendre le futur partiellement consultable par intuition. Le vocabulaire quantique sert ici de caisse de résonance à une hypothèse paranormale : un babillage pseudo-technique, autrement dit du bullshit !
Le seuil éthique : The Telepathy Tapes
La vidéo franchit un seuil plus grave encore lorsqu’Evrard évoque The Telepathy Tapes[2], podcast américain consacré à de prétendues capacités télépathiques chez des enfants autistes non verbaux ou lourdement entravés dans leur communication.
- (49min30) « Il y a actuellement le numéro 1 des podcasts aux États-Unis, c’est Telepathy Tapes. Et ça présente quoi ? […] des enfants qui ont des difficultés, qui sont aveugles, qui sont autistes et cetera compensent ces déficits avec des capacités télépathiques […] des parents parlent de ça puis des chercheurs comme Diane Hennacy Powell, qui est une de mes collègues américaines, montent des protocoles pour vérifier la chose et là on se rend compte […] que ces trucs sont là. »
Ici, l’imprudence devient faute intellectuelle. Evrard présente comme une piste scientifique prometteuse un dossier bâti sur des pratiques apparentées à la communication facilitée, au Rapid Prompting Method ou au Spelling to Communicate. Dans ces dispositifs, la personne autiste pointe, épelle ou sélectionne des lettres avec l’intervention d’un tiers : un adulte peut tenir le tableau, placer le support, rythmer la séance, relancer, encourager ; parfois il connaît la cible. Ces éléments suffisent à poser la question de l’influence. Dès lors, qui produit le message ? L’enfant, ou l’adulte qui organise matériellement la réponse ?
Cette question devrait précéder toute hypothèse de télépathie. Elle devrait même l’écraser. La littérature sur la communication facilitée est claire : le problème central est l’authorship, c’est-à-dire l’auteur réel des messages. Schlosser et ses collègues ont passé en revue les travaux disponibles et concluent que les preuves disponibles ne permettent pas d’attribuer les messages à la personne handicapée plutôt qu’au facilitateur (Schlosser et al., 2014). Hemsley et ses collègues ont actualisé ce constat : aucune nouvelle étude solide ne vient établir que les messages obtenus par communication facilitée ont bien pour auteur la personne handicapée ; la littérature critique alerte au contraire sur les risques de contrôle par le facilitateur (Hemsley et al., 2018). L’ASHA déconseille explicitement le Rapid Prompting Method et le Spelling to Communicate, en raison de l’incertitude sur l’auteur réel de l’épellation, de la dépendance à un tiers, de l’absence de preuve d’efficacité pour une communication indépendante et du potentiel de dommages[3].
Ce contexte rend la formulation d’Evrard scandaleuse. Il ne dit pas : « attention, ce podcast repose sur des méthodes très controversées ». Il ne dit pas : « la première chose à vérifier serait que l’enfant produit réellement le message ». Il ne rappelle pas le passif désastreux de la communication facilitée, y compris les fausses accusations, les paroles attribuées abusivement et la confiscation possible de la voix de personnes vulnérables. Il présente Diane Hennacy Powell comme une collègue qui « monte des protocoles », puis ajoute que « ces trucs sont là ». Autrement dit, il valide le cadre paranormal avant d’avoir écarté l’hypothèse la plus triviale et la plus documentée : l’influence du facilitateur.
Comme d’habitude avec Evrard on transforme le point faible du dispositif en un argument en sa faveur. Un adulte tient le tableau, accompagne la réponse, connaît parfois la cible, intervient dans toute la scène de communication ; au lieu d’y voir le premier risque méthodologique à éliminer, Powell et ses défenseurs y voient la porte d’entrée vers la télépathie. La question élémentaire — qui parle ? — passe derrière la promesse paranormale. Dans un contexte aussi sensible, présenter cette affaire comme un succès, sans rappeler les alertes scientifiques sur l’authorship et la facilitation, relève d’une faute intellectuelle grave. Evrard avait ici l’occasion de rappeler l’état de la littérature et les alertes des sociétés savantes. Il préfère présenter l’affaire comme un succès.
Pour suivre mon travail plus facilement :
Les poltergeists qui fuient la preuve
La même logique parcourt les passages sur les poltergeists. Evrard explique qu’un clinicien allemand demanderait à des personnes confrontées à des hantises de placer une caméra face à un miroir afin que la caméra se filme elle-même. Selon lui, dans cet espace d’« objectivité absolue », les phénomènes cesseraient :
- (43min) « Tout ce qui va se passer dans cet endroit-là sera forcément capté et documenté de façon absolue. Et là, il ne se passe plus rien. »
- « Les phénomènes vont dans des espaces flous où il n’y a pas de documentation, il n’y a pas de caméra de surveillance. »
Cette proposition donne au paranormal une propriété idéale pour survivre à toute réfutation : il disparaît quand l’observation devient fiable, et son absence devient alors une confirmation de sa nature. Une hypothèse scientifique accepte un risque. Elle s’expose à des observations capables de la contraindre. Ici, l’hypothèse se loge dans les interstices : caméra défaillante, pièce non filmée, témoin isolé, récit après coup, espace « flou ». La méthode sert alors moins à tester qu’à préserver.
Une science marginale, ou une machine à sauver les croyances ?
À travers cette intervention et de nombreuses autres, Renaud Evrard valide le cadre général dans lequel la télépathie, la psychokinèse, la précognition, les poltergeists, les prétendus pouvoirs paranormaux attribués aux enfants autistes, les ectoplasmes et la modification du passé deviennent des hypothèses scientifiquement fréquentables.
Renaud Evrard connaît les objections. Il connaît le vocabulaire de la méthode. Il sait évoquer les biais de publication, les effets faibles, les limites des phénomènes, les controverses. C’est justement cela qui rend l’intervention plus problématique qu’un discours ésotérique ordinaire. La prudence y fonctionne comme une enveloppe, mais le contenu reste une réhabilitation du paranormal. La vidéo donne au spectateur l’impression d’entrer dans une science marginale et incomprise, alors qu’elle l’expose surtout à une collection d’hypothèses extraordinaires soutenues par des preuves fragiles, des analogies douteuses, des extrapolations massives, et parfois de pieux mensonges.
On sait le danger que représentent les charlatans, les arnaqueurs, les escrocs et tous ceux qui utilisent les croyances pour exercer une emprise sur des personnes vulnérables. Mais mesure-t-on la dangerosité que représente la complicité intellectuelle des chercheurs qui prêtent au paranormal les codes de la science sans maintenir jusqu’au bout les exigences de la science ?
Acermendax
Références
- Bem, D. J. (2011). Feeling the future: Experimental evidence for anomalous retroactive influences on cognition and affect. Journal of Personality and Social Psychology, 100(3), 407–425. DOI : 10.1037/a0021524.
- Bösch, H., Steinkamp, F., & Boller, E. (2006). Examining psychokinesis: The interaction of human intention with random number generators—A meta-analysis. Psychological Bulletin, 132(4), 497–523. DOI : 10.1037/0033-2909.132.4.497.
- Galak, J., LeBoeuf, R. A., Nelson, L. D., & Simmons, J. P. (2012). Correcting the past: Failures to replicate psi. Journal of Personality and Social Psychology, 103(6), 933–948. DOI : 10.1037/a0029709.
- Hemsley, B., Bryant, L., Schlosser, R. W., Shane, H. C., Lang, R., Paul, D., Banajee, M., & Ireland, M. (2018). Systematic review of facilitated communication 2014–2018 finds no new evidence that messages delivered using facilitated communication are authored by the person with disability. Autism & Developmental Language Impairments, 3. DOI : 10.1177/2396941518821570.
- Ritchie, S. J., Wiseman, R., & French, C. C. (2012). Failing the future: Three unsuccessful attempts to replicate Bem’s “retroactive facilitation of recall” effect. PLOS ONE, 7(3), e33423. DOI : 10.1371/journal.pone.0033423.
- Schlosshauer, M. (2004). Decoherence, the measurement problem, and interpretations of quantum mechanics. Reviews of Modern Physics, 76(4), 1267–1305. DOI : 10.1103/RevModPhys.76.1267.
- Schlosser, R. W., Balandin, S., Hemsley, B., Iacono, T., Probst, P., & von Tetzchner, S. (2014). Facilitated communication and authorship: A systematic review. Augmentative and Alternative Communication, 30(4), 359–368. DOI : 10.3109/07434618.2014.971490.
- Schlosser, R. W., Hemsley, B., Shane, H. C., Todd, J., Lang, R., Lilienfeld, S. O., Trembath, D., Mostert, M., Fong, S., & Odom, S. L. (2019). Rapid Prompting Method and Autism Spectrum Disorder: Systematic Review Exposes Lack of Evidence. Review Journal of Autism and Developmental Disorders, 6, 403–412. https://doi.org/10.1007/s40489-019-00175-w
- Wagenmakers, E.-J., Wetzels, R., Borsboom, D., & van der Maas, H. L. J. (2011). Why psychologists must change the way they analyze their data: The case of psi: Comment on Bem (2011). Journal of Personality and Social Psychology, 100(3), 426–432. DOI : 10.1037/a0022790.
[1] https://youtu.be/EfUrlsBoqzs?si=1FWS-0V40KfO1Bbq&t=622
[2] Le Guardian décrit The Telepathy Tapes comme une série revendiquant des capacités télépathiques chez des enfants autistes avec peu ou pas de parole. Il précise que Powell y accompagne Ky Dickens et que les méthodes visibles relèvent de S2C/RPM.
[3] https://www.asha.org/slp/cautions-against-use-of-fc-and-rpm-widely-shared/










