Idriss Aberkane a menti

Voici un court billet pour revenir sur la carrière scientifique d’Idriss Aberkane. Nous publierons bientôt un article qui décrypte l’art du storytelling, le vrai talent d’Aberkane. Mais avant cela il fallait que nous partagions avec vous une petite découverte.

Pour un historique des faits, revenir sur ce premier article et sur ce deuxième. Oui, il est navrant de s’attarder autant sur cette histoire, mais de toute évidence, les mensonges convainquent pas mal de gens…

Le 31 octobre, il publiait sur son site une réaction aux critiques et questions sur son CV et les nombreuses imprécisions ou soupçons d’imposture. Et dans ce texte, il y avait cette information :

« J’ai ensuite été invité en 2006 comme assistant de recherche rémunéré au département de psychologie expérimentale de l’Université de Cambridge, co-auteur final d’une publication en psychoacoustique. Je retournerai à Cambridge comme assistant de recherche en 2009, cette fois pour étudier des données de MagnétoEncéphaloGraphie (MEG). » Dominance region for pitch at low fundamental frequencies: Implications for pitch theories », Brian C.J. Moore, Brian Glasberg,  Idriss Aberkane, Samantha Pinker,  Candida Caldicot-Bull in The Journal of the Acoustical Society of America (Impact Factor: 5).01/2007.Cambridge » 

 

Co-auteur final, un concept intéressant.

Habituellement, l’auteur final d’un article est celui dont le nom apparaît à la fin de la liste des auteurs (quand il y a au moins 3 auteurs) et c’est la place réservée au chef d’équipe. Le premier auteur réalise les travaux et rédige le papier ; le dernier auteur encadre et dirige ce travail, c’est en général la place d’un chercheur déjà avancé en carrière. Idriss Aberkane avait 21 ans en 2007 : difficile de croire qu’il ait dirigé cette recherche alors qu’il n’avait pas encore de doctorat.

Quand deux auteurs participent à part égale en tant que premier ou dernier auteur, par convention, cela est mentionné par un petit signe dans la liste des auteurs, juste sous le titre de l’article, renvoyant vers une annotation qui apporte cette précision. Pour le vérifier, procurons-nous l’article… Et là nous faisons une découverte que nous n’aurions pas fait n’eut été le mensonge manifeste sur la place de « co-auteur final » : cet article n’est pas un article !

Il s’agit d’un abstrat soumis à un congrès : PROGRAM ABSTRACTS OF THE 153RD MEETING OF THE ACOUSTICAL SOCIETY OF AMERICA », cf ce document, page 3091. La valeur scientifique de ce papier, le seul publié par Idriss Aberkane dans une revue internationale à comité de lecture, est donc celle d’un poster… ce qui dans les disciplines en question est proche de zéro. Il ne contient aucune référence, il est cité seulement 2 fois dans la littérature. On mesure le poids d’un article dans la communauté scientifique au nombre de fois où il est cité par les autres chercheurs. Un bon article a plusieurs dizaines de citations, un papier très important en a plusieurs centaines.

Il existe bien un article avec quasiment le même titre qui sortira un peu après[1]… Mais Idriss Aberkane n’apparait plus dans les auteurs ! Il n’a donc pas été jugé très important par les véritables auteurs de l’étude. On a en tout cas la preuve que son implication ne peut pas être celle d’un « co-auteur final ».article-sans-aberkane

Idriss Aberkane a menti dans sa mise au point du 31 octobre. Ce mensonge contribue à aggraver le diagnostic sur son parcours. En réalité monsieur Aberkane ne comptabilise donc aucun article scientifique dans une revue spécialisée à comité de lecture. Comment savoir si ses propos ont un lien réel avec les disciplines scientifiques dont il se dit expert malgré tout ?

Qui veut faire confiance à un menteur ?

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NB : Merci à Sceptom qui a aidé à découvrir le pot aux roses !

[1] https://www.researchgate.net/publication/255713475_The_dominant_region_for_the_pitch_of_complex_tones_with_low_fundamental_frequencies

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Articles liés : Dossier Aberkane.
  1. — Qui parle pour la science ? Idriss Aberkane ?
  2. — Idriss Aberkane à l’épreuve des faits
  3. Idriss Aberkane a menti
  4. — Le triomphe du Storytelling
71 réponses
  1. Eric
    Eric dit :

    Juste une petite remarque en passant, la position dans la liste des auteurs a une signification qui dépend de la discipline. En informatique par exemple, les noms des auteurs sont juste dans l’ordre alphabétique (où alors mes chefs m’ont arnaqué avec leur nom en début d’alphabet ^^)

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    • Acermendax
      Acermendax dit :

      Les us et coutumes des différentes disciplines… C’est compliqué. Merci pour ce commentaire.
      Bien sûr, cela ne remet pas en question la démonstration d’imposture de cet article puisqu’il est carrément absent de l’article tiré des travaux présentés dans le poster. 😉

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    • Sceptom
      Sceptom dit :

      C’est une bonne remarque, j’ignorais comment d’autres disciplines géraient les places d’auteur. Ici il est clair qu’Aberkane a tenté de récupérer les roses associés à la notion de dernier auteur en se disant « co-auteur final ». Mais même cette description est trompeuse. Il y a dans la grande grande majorité des cas UN dernier auteur. Parfois, très rarement, on met deux auteurs de « rang » équivalent en tant qu’auteurs finaux, et on le précise dans le texte. Mais ici, Aberkane est l’antépénultième auteur. Je n’ai jamais vu « trois auteurs finaux » dans une publi.

      Et il semblerait que la pratique du dernier auteur ne soit pas celle pratiquée par ce journal, voire le domaine entier en question. Quand on cherche le dernier auteur, même l’avant-dernier, on ne trouve en fait rien d’autre comme publi scientifique. Ce qui signifie clairement que le dernier auteur n’est pas considéré ici comme le plus « prestigieux ».

      Double tromperie donc: inventer un concept qu’on ne voit jamais juste pour profiter d’un prestige par association, mais en plus dans un domaine où le dit prestige n’est pas revendiqué.

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      • Marsu
        Marsu dit :

        En fait si, en psychoacoustique comme en psychologie en général, le dernier auteur d’un article est généralement l’encadrant de la recherche.
        Mais ici, il ne s’agit pas d’un article, il s’agit de l’abstract d’un poster soumis à une conférence. Or dans les conférences, la convention est différente, il faut que le premier auteur soit la personne qui fait la communication à la conférence. En l’occurrence c’était Brian Moore, qui était à la fois l’encadrant de cette recherche et la personne présente à la conférence.

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  2. PJ
    PJ dit :

    Je sors un peu du sujet et je me pose la question suivante :
    S’il n’avait pas menti sur son CV, accepteriez-vous sans broncher son importance médiatique et son jeu avec les média ?

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    • Acermendax
      Acermendax dit :

      S’il n’avait pas menti, aurait-il eu accès aux médias ? Mais admettons.
      Sans les mensonges, je lui aurais accordé le bénéfice du doute… Mais des gens des sciences cognitives m’alertaient sur le n’importe quoi de ses conférences, donc je ne crois pas que nous aurions accepté sans broncher de le voir se transformer en une pseudo-autorité, quand bien même il aurait eu un CV impeccable.
      Le CV truqué a été une porte d’entrée pour aller fouiller un peu.

      Actuellement nous décortiquons sa thèse de littérature, la seule disponible en ligne. Et je vous prie de croire que c’est pas piqué des hannetons !

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      • PJ
        PJ dit :

        Bravo ! Le plus simple peut-être serait de lui écrire afin qu’il se justifie. (Ou renvoyer les infos à Mediapart 🙂
        Je regrette que lui seul prenne cette place médiatique vacante.

        Mais c’est vrai, j’aime bien écouter des histoires de super crevettes 🙂

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    • SAK
      SAK dit :

      c’est vrai qu’il manque encore une liste exhaustive mais ses présentations sur biomimétisme et éco connaissance sont pleines de lieux communs / erreurs / fautes de raisonnement.

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  3. Soadfan
    Soadfan dit :

    Juste, évite de risquer de faire trop dans le sensationnel, ça risque de désservir ton propos.

    J’entend par là, ne pas faire 2000 articles putaclic sur un mec passablement connu, ca fait vraiment « La révélation » x)

    Mais je fais mon chieur, bonne continuation.

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  4. Ced
    Ced dit :

    Depuis le départ ce gars est un cynique qui prépare méticuleusement le terrain. Ses futurs déboires étaient déjà envisagés dans un article donné au journal Ouest France daté de novembre 2015 (visible sur son site http://idrissaberkane.org/index.php/2015/11/20/idriss-aberkane-29-ans-chercheur-sans-limites/) :  » Il irrite déjà son petit monde. Suscite la jalousie de ses pairs. « J’ai des ennemis », confesse-t-il, fixant ses interlocuteurs de son regard noisette grillée. « En France, seulement », ajoute-t-il, avec une moue de dépit. Idriss Aberkane a de quoi agacer. À 29 ans, il est titulaire de trois doctorats. Et son titre est long comme le Danube : professeur à Centrale-Supélec, chercheur à Polytechnique, chercheur affilié à Stanford (États Unis) « . Il savait qu’une fois sa fan-base à sa botte il pourrait dire « à ses amis » comme il l’a fait dans son billet, que ses détracteurs en avaient après son succès. Je pense que son unique objectif était, est et sera toujours la vente de papier, la pub, et la soif d’ambition. Voilà pourquoi ce type est cynique au dernier degré. Au final, il s’en fiche complètement de tout ce remue ménage autour de ses mensonges en cascades. Pourtant, une intuition me dit que la « vraie » révélation n’est pas encore tombée… Je suis sur et certain qu’il cache un truc beaucoup plus gros. Une énormité qui est là devant nous depuis le début. Le diable est dans les détails.

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    • Jref
      Jref dit :

      bien entendu ce n’est qu’une intuition ? Quand on me fait la preuve qu’une personne ment volontairement, je perd confiance en elle. Pour autant, je ne la rend pas responsable d’action qui se sont passée si je n’ai pas des preuves qu’elle soit responsable de ces actions.

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    • zert
      zert dit :

      En parlant d’énormité :
      J’ai parcouru la thèse d’I. Aberkane en Etudes Méditerranéennes et Littérature Comparée soutenue en 2014…
      C’est à la fois très court (259 pages en tout pour une thèse de littérature, il me semble que c’est peu), et très long, tant la lecture de ce délire mystique est pénible. Je dis bien mystique car l’exaltation du soufisme est permanente. Le texte lui-même est catastrophique : du name-dropping et du citation-dropping à chaque paragraphe, un texte truffé de fautes, fonctionnant uniquement par association d’idées, par juxtapositions, des affirmations jamais étayées… du pur délire.

      Cela semble incroyable que cette thèse ait été validée.

      Ou plutôt cela semble incroyable jusqu’à ce qu’on se renseigne sur les gens qui l’ont validée :

      Thèse Dirigée par :
      * Eric Younous Geoffroy (HDR – U de Strasbourg) : « islamologue » (je dirais plutôt théologien) converti au soufisme. Extraits de sa page Wikipédia : « La Réalité ultime, au sens soufi, est pluridimensionnelle », « Se dégage ainsi un « principe de relativité » en métaphysique comme en physique quantique »… Un charabia new age avec la caution exotique du soufisme. Ce type a une HDR…
      * Patrick Laude (U Georgetown au QATAR) : converti au soufisme, travaille sur le « mysticisme comparé ». Membre du Conseil Scientifique de l’Association Internationale Soufie Alâwiyya.
      Rapporteurs :
      * Amira El-Zein (U Georgetown au QATAR) : elle aussi spécialiste du soufisme, poétesse et traductrice.
      * Jean-Yves Heurtebise (U NationaleDong Hwa à Taïwan) : philosophe (étonnament, non soufi). Membre du Kozmestky Global Collaboratory dont I. Aberkane se réclame.
      Président du jury :
      * Pierre Collet (HDR – U de Strasbourg) : Professeur en informatique, membre du réseau UniTwin dont I. Aberkane se réclame.
      A aussi présidé le jury de thèse de Messaouda Mechelfekh, « L’islam spirituel contemporain au travers d’Internet : interactions, modélisation et prospective », Thèse de doctorat en Langues et littératures étrangères de l’Université de Strasbourg, dirigée par Eric Geoffroy soutenue le 11 septembre 2014.
      Membre du jury :
      * Paul Bourgine (CNRS, Polytechnique) : chercheur en systèmes complexes, économie cognitive entre autres sujets.
      A aussi codirigé la thèse de I. Aberkane en Sciences de gestion soutenue en 2016 (texte consultable en 2021 inch’Allah).

      C’est sûr que quand la thèse est validée par des frères ça doit être plus facile (I. Aberkane est le fils d’un des dirigeants des Scouts Musulmans de France, d’obédience soufie).

      Quand on dénonce aussi violemment la consanguinité du monde universitaire, il faudrait déjà ne pas en tirer profit soi-même… C’est cocasse non ?

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    • Eva Bonnin Santucci
      Eva Bonnin Santucci dit :

      « Au final, il s’en fiche complètement de tout ce remue ménage autour de ses mensonges en cascades ».. Ah bon? Lui avez vous posé la question directement?Mais qui êtes vous pour jujer de ce qu’il peut ressentir ou non suite à tout ce remue ménage comme vous dites? Mon dieu… Je le connais personnellement, c’est un ami cher, et en toute neutralité et objectivité en lisant vos dires je ne me serait pas permise de vous répondre sachant que d’un point de vue externe à cette polémique je n’ai rien à dire même si l’envie ne m’en manque pas, mais arrivant à ces quelques mots je suis effarée et peinée de voir que si selon vous lui s’en fiche complètement et bien vous n’êtes pas mieux car si vous en êtes au point d’attaquer sur le plan émotionnel et non professionnel c’est que vous êtes finalement très loin de tout ce que vous pensez avoir sous le nez. J’ai honte pour vous.

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  5. Jm PapyJM
    Jm PapyJM dit :

    Simplement perdre son temps à éplucher son cv.
    Il est plus intéressant de débattre autour des questions qu’il soulève.
    Disons que menteur ou pas cela fait avancer le débat.
    Votre demarche est de mon point de vue insignifiante.
    Jean-Marc.

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    • Ced
      Ced dit :

      Justement il soulève la question de la stérilité des enseignements universitaire! C’est un peu le barycentre de son travail, et voilà qu’il se réclame lui-même des plus hautes distinctions – qu’il n’a pas par dessus le marché – et se fait adouber par ses « pairs/pères ». Curieux. Aberkane fait partie d’une nouvelle caste universitaire : ceux qui racontent de belles histoires à des gens hébétés qui semblent en redemander. Aux U.S.A ça fait des dizaines années que ça dure : L Ron Hubbard, Justin Trudeau, Martel, etc.

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  6. SAK
    SAK dit :

    Pour info, il y a deux autres productions qui ressemble à des productions académiques mais qui semblent être également des abstracts de participation à une conférence. (je les communique là par soucis d’être exhaustif).
    La conf en question: http://cs-dc-15.org/program/
    les articles:
    1. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01291105/document
    2. http://www.cee.usb.ve/CS-DC/Conference-Aberkane.pdf

    Perso je trouve le contenu des papiers hallucinant de vacuité, bien en deçà de n’importe quelle prod académique je ne connais. Quant à la participation à la conf, il y a des disciplines où ça compte autant (voire plus) que publier, donc ça peut être quand même qqch en sa faveur. Celà-dit je connais pas du tout cette conf, donc je sais pas si c’est un truc réputé ou bien une fumisterie.

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    • Ced
      Ced dit :

      En tout cas les maths ne sont pas sont truc on dirait : « Equation 1 – Simplest knowledge flow – from an economic point of view φ(k) ∝ At ». Incroyable.

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    • MrBadger
      MrBadger dit :

      Très intéressant, cette conférence est une « e-conférence », c’est-à-dire que tout se passe en ligne.
      Elle se réclame comme satellite d’une conférence connue et de vraie valeur scientifique, CCS, sur les systèmes complexes (un domaine que je connais), et qui a eu lieu dans l’Arizona en 2015. Cependant, si CS-DC fait bien référence à CCS, l’inverse n’est pas vrai, en tout cas je ne l’ai pas vu en fouillant sur le site de CCS… Ceci dit, le lien entre les deux semble être légitime et avéré.

      Et en fouillant le site de CS-DC ? On se rend compte que c’est organisé par l’Université du Havre, et celle de Strasbourg. Tiens, des noms connus pour I. Aberkane ! Qui en sont donc les deux organisateurs ?
      Paul Bourgine et Pierre Collet, la boucle est bouclée ! Trop facile en même temps 😉

      Qu’en est-il de cette e-conference CS-DC ? En fait, elle a réuni beaucoup de chercheurs dans les disciplines liées aux systèmes complexes, dont un certain nombre connus à l’échelle internationale. On peut voir qu’Edgar Morin a fait une présentation (diffusée en direct sur Internet, c’est le principe d’une e-conference).
      Quid d’Idriss Aberkane ? Il a donné un « talk » invité sur la « nooconomics » (comment peut-on donner un talk invité lorsqu’on a aussi peu publié que lui ? Mystère, mais ses relations avec les « chairmen » de cette e-conference n’y sont certainement pas étrangères), ainsi qu’un papier (invité également), sur la Blue Economy.
      Je ne suis pas spécialiste de ces domaines donc je ne peux pas juger la valeur scientifique, en tout cas ils figurent dans des sessions qui regroupent des scientifiques connus (Charles Tijus, en psychologie cognitive par exemple).
      Néanmoins, difficile d’identifier le comité de lecture approuvant les publications.

      Mon avis est que cette e-conference n’est probablement pas le top du niveau scientifique, néanmoins elle rassemble des « vrais » chercheurs, certains dont les travaux font référence et il n’y a pas de raison que la publication d’I. Aberkane soit mise en doute juste sur ce fait. Quant à sa qualité, à juger par des spécialistes du domaine. Mais il n’aurait probablement pas pu donner de « talk » invité si les « chairmen » n’avaient pas été ses amis.

      Répondre
    • Marsu
      Marsu dit :

      Je suis d’accord qu’on peut trouver ses articles assez médiocres, et publiés dans des supports sans réelle valeur académique, en même temps il y a pas mal d’universitaires français en sciences humaines et sociales qui ne font pas beaucoup mieux.
      On pourrait donc avoir un point de vue plus indulgent sur la production d’Aberkane en considérant qu’il fait essentiellement des sciences sociales un peu molles. Le problème, c’est qu’il se réclame des neurosciences. Or selon les critères d’évaluation des neurosciences, le compte n’y est pas. Pas du tout du tout.

      Répondre
      • Ced
        Ced dit :

        Perso, je ne comprends toujours pas comment les médias, le site Amazon, lui-même peuvent continuer valablement à présenter son travail comme celui d’un « neuroscientifique »?

        Je prends un exemple : un type fait une thèse en sociologie. Peut il dire qu’il a une thèse en physique théorique en se présentant comme physicien, sous prétexte que le travail abordé envisagerait une ou des notions vulgarisées des sciences physiques dans son ouvrage?

        Les Bogdanoffs avaient été attaqués mais, malgré les lacunes de leur travail présenté en thèse, ils ont réellement produit une thèse de maths et de physique, l’un et l’autre! Ce qui n’est pas le cas d’Aberkane, qui a donc cessé ses études scientifiques (biologie) en L3! si je lis bien son CV, son M1 et M2 étant consacrés à des questions autres, M1 en sciences cognitives et M2+doctorat en sciences sociale (là on n’est plus du tout dans les sciences dont il se réclame). Partant de là, je ne comprends même pas qu’on le présente comme neuroscientifique. N’y a t-il pas une complaisance coupable de certains médias qui devaient bien le savoir?

        Répondre
        • MrBadger
          MrBadger dit :

          il a une M2 AIV du CRI.
          AIV = Approches Interdisciplinaires du Vivant, c’est en gros de la biologie.

          En fait, c’est plutôt qu’il a fait vraiment beaucoup de « trucs » différents, je sais même pas si on peut appeler ça études. Mais la quantité est rarement gage de qualité dans ce cas, surtout dans des domaines aussi variés : économie de la connaissance, sciences de la gestion, sociologie, biologie, littérature…

          Répondre
        • Marsu
          Marsu dit :

          Amazon ne fait que reproduire les 4èmes de couverture des livres. Et les éditeurs existent pour vendre du papier, ni plus, ni moins.

          Répondre
  7. SAK
    SAK dit :

    sa réponse « Pour mes amis » contient d’autres mensonge, en particulier qu’il continue à parler de doctorat à propos de son diplôme du CEDS, qui N’EST PAS un doctorat.

    Répondre
    • Marsu
      Marsu dit :

      Il faut aussi voir qu’en France on trouve normal que l’Etat ait (via les universités) le monopole de la délivrance des diplômes nationaux, dont le doctorat. Mais dans bien d’autres pays, la délivrance des diplômes a été libéralisée, et ce sont des agences gouvernementales ou privées qui sont censées accréditer les établissements pour la délivrance de diplômes, selon des cahiers des charges pré-établis. Et c’est le marché qui est censé réguler tout cela: le devenir des anciens élèves fait la réputation des établissements et détermine la valeur réelle des diplômes qu’ils décernent, et le prix que les futurs étudiants sont prêts à payer pour l’obtenir. Il semble que le CEDS soit bien accrédité (à vérifier pour le niveau doctorat) par une agence britannique. Si c’est bien le cas, son PhD est tout aussi officiel que celui d’Oxford. Mais n’a de toute évidence pas la même valeur.

      Répondre
      • artragis
        artragis dit :

        Les universités catholiques, qui sont tout sauf publiques mais délivrent des diplômes officiels, dont des doctorats, ne sont pas d’accord avec toi

        Répondre
        • SAK
          SAK dit :

          Pour citer un commentaire laisse sur la page de discussion de l’article Idriss Aberkane de Wikipedia:

          « Je confirme ce qui est dit ci-dessus. En France, l’Etat a le monopole de la collation des grades, c’est a dire que lui seul peut délivrer les diplômes nationaux (Licence, Master, Doctorat) et il en délègue la délivrance à des établissements d’enseignement supérieur publics. Pour cette raison, tous les diplômes nationaux (dont le doctorat) sont contresignés par le Recteur d’académie, représentant de l’Etat. Je rappelle ici l’article L731-14 du code de l’éducation : » Les établissements d’enseignement supérieur privés ne peuvent en aucun cas prendre le titre d’universités. Les certificats d’études qu’on y juge à propos de décerner aux élèves ne peuvent porter les titres de baccalauréat, de licence ou de doctorat. » C’est pour ça que le CEDS appelle son diplôme un PhD, et pas un doctorat. Il n’a pas de reconnaissance officielle en France »

          C’est vrai que je connais pas la situation des universites catholiques. Peut etre y’a-t-il un accord avec l’Etat et le diplome delivre est contresigne par le recteur?

          Répondre
          • artragis
            artragis dit :

            Pour faire simple, les universités privées sont inspectées pour obtenir le droit de donner des titres du type LMD soit des « équivalent » (diplôme de niveau 1 ou 2). C’est le cas avec la CTI qui donne à une école le droit de distribuer un diplôme d’ingénieur pendant une période de une à trois années. De ce fait, toutes les universités privées qui ont eu le visa de la CTI peuvent délivrer ce genre de diplômes.

            Pour le reste elles peuvent délivrer des certifications style bachelor ou certifications de formation professionnelles (ces dernières étant les plus rémunératrices pour les écoles et universités privées).

      • SAK
        SAK dit :

        Effectivement a l’echelle internationale, ca ne serait pas un probleme d’avoir un PhD non contresigne par un representant de l’Etat. Cependant, l’honnetete intellectuelle voudrait qu’il continue a parler de « PhD obtenu au CEDS », et non de « doctorat ». D’une part parce que c’est faux (qu’on le veuille ou non ce PhD n’est pas un « doctorat » au regard du droit francais) et d’autre part, parce que c’est decider de lui meme une equivalence de valeur entre son diplome et un doctorat.
        Evidemment, si c’etait un PhD a Oxford, on serait moins regardant car emanant d’une institution tellement reconnue qu’on accepte volontier que son diplome est equivalent, voire superieure a un doctorat francais. Mais quand il s’agit d’un organisme opaque qui delivre des PhD depuis 98, c’est une autre histoire…

        Répondre
  8. Ced
    Ced dit :

    Perso, je ne comprends toujours pas comment les médias, le site Amazon, lui-même peuvent continuer valablement à présenter son travail comme celui d’un « neuroscientifique »?

    Je prends un exemple : un type fait une thèse en sociologie. Peut il dire qu’il a une thèse en physique théorique en se présentant comme physicien, sous prétexte que le travail abordé envisagerait une ou des notions vulgarisées des sciences physiques dans son ouvrage?

    Les Bogdanoffs avaient été attaqués mais, malgré les lacunes de leur travail présenté en thèse, ils ont réellement produit une thèse de maths et de physique, l’un et l’autre! Ce qui n’est pas le cas d’Aberkane, qui a donc cessé ses études scientifiques (biologie) en L3! si je lis bien son CV, son M1 et M2 étant consacrés à des questions autres, M1 en sciences cognitives et M2+doctorat en sciences sociale (là on n’est plus du tout dans les sciences dont il se réclame). Partant de là, je ne comprends même pas qu’on le présente comme neuroscientifique. N’y a t-il pas une complaisance coupable de certains médias qui devaient bien le savoir?

    Répondre
  9. PLS
    PLS dit :

    Il est heureux de constater qu’il a fallu 4 articles différents pour épancher l’acariâtre jalousie de son auteur. Chercheurs anonymes médiocres et incompétents dans la recherche préférant contester/juger la qualité des écrits ou la véracité des diplômes d’un pair qui visiblement les surclasse. Quelle tristesse pour des personnes disant faire de la recherche et cherchant à partager des connaissances.

    Vous en venez à critiquer la qualité des comités de soutenance pour diminuer la qualité de son travail – vous insinuez donc remettre en cause des décisions collégiales fait par vos pères/ainés. Vous vous efforcez à décrédibiliser ses diplômes alors qu’il vous prouve le contraire (http://idrissaberkane.org/index.php/2016/10/31/pour-mes-amis/) . Puis finalement, quand vous avez échoué dans vos premières tentatives, vous jugez que son parcours est trop diversifié, n’a pas de teneur.

    Vous êtes la représentation fidèle de la recherche en France: étriquée, imbue d’elle même (j’espère que vous sortez tous du MIT/X/Stanford/ENS pour avoir l’aplomb de vos discours), et centrée sur des questions hautement importantes comme le protocole de publication. En face de vous, un jeune homme qui avant trente ans a fait plus que vous, et probablement mieux que vous et surtout vu qu’il a réussi à transmettre « sa science » un peu plus loin que la revue scientifique spécialisée lue par les comparses dans la bibliothèque recherche de Paris-Nanterre.

    NB: à la vue du parcours « édifiant » de l’auteur de ce billet, on comprend bien où se situe le problème.

    Répondre
    • Hodor
      Hodor dit :

      C’est marrant cette manie de vouloir tout mettre sur le compte de la jalousie, comme si la vérité n’avait aucune importance, a fortiori pour des chercheurs qui y consacrent leur vie.
      Il y a parmi les détracteurs d’Aberkane des chercheurs plus diplômés que lui, ayant produit beaucoup plus de connaissances scientifiques que lui, qui n’ont aucune, mais vraiment aucune raison d’envier son parcours ni son exposition médiatique. Mais qui ne peuvent pas rester silencieux devant un CV aussi grossièrement bidonné repris sans vérification par tous les médias, ni devant l’instrumentalisation de leurs institutions et de leurs disciplines scientifiques à des fins d’auto-promotion commerciale, sans pour autant que la diffusion des connaissances scientifiques soit bien servie au passage.

      Répondre
    • SAK
      SAK dit :

      Hahahaha! Premier prix de l’originalité. D’ailleurs la critique s’est fondé sur des preuves. Preuve des incohérences dans le CV, preuve des mensonges proférés. Pour le défendre, vous utilisez un texte ecrit par l’intéressé (et qui en plus répond totalement à côté des critiques). Visiblement le doute critique c’est pas votre truc.

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    • Marsu
      Marsu dit :

      Quant à la remarque dérogatoire sur l’auteur de ce blog, elle me paraît vraiment déplacée, considérant que:
      – certes, il a deux doctorats de moins qu’Aberkane. Mais dans le monde la recherche, personne n’a besoin de plus d’un doctorat. La seule motivation possible pour en avoir plus d’un, c’est pour jeter de la poudre aux yeux des néophytes.
      – lui au moins a fait de la recherche scientifique ayant donné lieu à des publications internationales expertisées par les pairs: https://scholar.google.com/citations?user=dg1SOVMAAAAJ&hl=fr&oi=ao
      – ça ne lui a pas enflé le melon au-delà de toute proportion
      – il ne ment pas sur son CV
      – comme Aberkane, il est passé du côté de la communication autour de la science. Et il le fait bien, avec rigueur, sans tromper son public avec des titres ronflants et des effets de manche. Il a écrit au moins autant qu’Aberkane, et ce qu’il écrit est de bien meilleure qualité!

      Répondre
      • Ced
        Ced dit :

        Tout cela est bel et bon mais le public d’Aberkane se moque complètement de la vérité scientifique comme il se moque de la véracité de son CV. J’ai bien vu autour de moi et dans les discussions suscités par cette polémique que les gens continuent de penser qu’il est attaqué car jalousé! Allez donc voir les commentaires laconiques sur sa page FB, c’est déconcertant ce que les gens son bas de plancher. Une bonne partie de ses « followers » pense que sa grandeur est méprisée, que son génie est imperceptible par le commun des mortels, nombreux sont ceux qui parlent de surdouance. Au fond tout cela est bien triste.
        Sans être insultant, j’ai bien l’impression que « son public » est constitué de personnes qui n’y connaissent rien du tout en sciences et n’ont malheureusement pas le niveau d’un enfant de 6ème en SVT et en physique-chimie (je ne plaisante pas en disant cela). Ces gens se sentent plus malin parce qu’ils lisent un « funny fact » qui leur donne l’impression d’avoir accès au monde, impénétrable jusqu’ici, des sciences. Ce qui est de la poudre aux yeux.
        L’argument redondant pour justifier ou expliquer son improbité, et il suffit d’aller le lire dans les commentaires clients d’Amazon, s’énonce de la manière suivante : « grâce à Idriss j’ai commencé à réfléchir… ». Je me dis malheureusement pour ces personnes que le niveau de départ doit être quand même assez faible. Excusez moi cette mauvaise et grossière métaphore mais c’est un peu comme découvrir le fromage avec de la vache qui rit où bien le whisky avec du Label 5. Au fond, il y a une quantité impressionnante de gens qui ne voudront jamais faire d’effort pour essayer d’y comprendre quelque chose. À ceux là je réponds que les sciences ne peuvent pas être « que » vulgarisées. Un moment où à un autre, il faut produire un effort et mas simplement rester passif devant un livre d’anecdotes pour ménagères.

        Répondre
        • PLS
          PLS dit :

          Donc le fond du problème est bien celui que j’ai pointé: des chercheurs bornés à faire de la recherche dans le seul but à faire du click-quotation sur google scholar. Ce que vous reprochez à cette personne, c’est d’avoir joué au communiquant et au consultant (ce qu’il est) dans le but de faire partager, non pas ses travaux la plupart du temps, mais celui des autres. Et si certes, cela a donné quelques exagérations sur son CV pour se vendre, c’est un peu ce que tout le monde fait, chercheurs y compris (les chercheurs français qui font traduire leurs travaux pour arriver à leur quota de publications, les comités de revue de presse scientifique où tout le monde se connait même si c’est anonyme etc…). Mais de ce que j’ai pu lire, ça reste de l’ordre de « Ha non il est pas normalien, il a juste fait l’ENS ». Ecoutez, si ces débats ont un sens pour flatter les ego des vrais normaliens/centraliens/polytechniciens lors de leurs soirées alumni, cela s’arrête à la porte de la rue d’Ulm. Les fausses publications elles, sont un sujet plus grave mais là non plus mais il me semble pas qu’il est exagéré à outrance (pour le cas de la publication co-autheur, je n’en sais rien du milieu des sciences dures mais en Relations internationales, sachez que Pascal Boniface a régulièrement fait écrire des parties de ses bouquins par des stagiaires de l’IRIS sans les mentionner).

          Si vous avez la capacité critique de pensée que vous prétendez (et vous l’avez j’en suis sûr), c’est évident que le type n’est pas un « pur chercheur », sinon il n’aurait pas TROIS doctorats dans des milieux éparses (philosophie, RI, science dure), ne serait pas consultant chez Mazars, entrepreneur etc… – et chacun sait que les passerelles existent pour avoir tel ou tel grade sans passer par la voie normale (bien qu’on entre pas comme ça ni à l’ENS, Stanford, Centrale – donc là vous questionnez la qualité des recruteurs, soit).

          Et non, ce n’est pas de l’admiration béate que certains expriment envers lui, juste un intérêt: « tiens c’est intéressant, je vais m’y pencher plus en détails en regardant les travaux des ténors du milieu ». Tout le monde fait ça quand on premièrement démontré une appétence pour la chose étudiée.

          Alors très bien de faire ce travail critique, tant mieux même. Mais dites-vous, de vos sujets et vos thèses, qu’avez vous fait pour les partager? Si vous prenez de haut la « plèbe » de notre inculture en sciences naturelles, je vous invite à relire la parabole du cerveau de la sangsue de Nietzsche. Vous comprendriez peut-être alors pourquoi le travail d’Idriss trouve un public aujourd’hui et pas celui d’autres chercheurs certainement plus talentueux mais dont personne n’entendra parler jusqu’à leur prix Nobel hypothétique.

          En gros, chercheurs, manifestez-vous, au vue de l’état (désastreux) des financements de la R&D&T en France, vous avez besoin d’un public et nous avons besoin de vos travaux pour l’économie de demain, mais ce n’est pas en tirant à boulet rouge sur les vulgarisateurs que nous arriverons à avoir ce nécessaire dialogue.

          Excusez mon emportement premier, mais difficile de rester calme face à votre condescendance primaire, d’autant plus que hormis « les néophytes », j’ai pu discuter de ses travaux avec des amis doctorants/profs en sciences naturelles qui ont trouvé ses conférences très intéressantes bien qu’eux-mêmes devaient tout connaître.

          Très bonne journée à vous tous.

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          • SAK
            SAK dit :

            ce qu’on lui reproche est de mystifier sur auditoire en partie en asseyant son autorité grâce à un parcours professionnel largement déformé et de laisser souvent planer l’ambiguïté quant à la paternité des résultats et observations qu’il rapporte (je ne parle pas du fond car semble-t-il d’autres articles sont en préparation à ce sujet). Ce qu’on lui reproche également c’est une forte tendance à l’auto-promotion et à la vanité, démontrée par la litanie de titres ronflants à moitié usurpés et l’utilisation de tournure visant à la confusion (« concours sur dossier », « doctorant jeune chercheur »).
            Il faut croire que le respect dû au public est secondaire pour vous et que, si le fond du message est intéressant, ce n’est pas trop grave d’embobiner ses interlocuteurs. Personnellement ça m’insupporte.

          • Ced
            Ced dit :

            C’est simple : on lui reproche d’avoir menti.

            J’aime lire de la vulgarisation, qu’elle soit ou non issue d’un scientifique calé car ça redonne des perspectives à mon propre travail. D’une part Aberkane a embobiné son monde, d’autre part sa vulgate est chargée de grossières erreurs. Que ses conf’ soient attrayantes comme peut l’être un cabaret spectacle n’est, au fond, pas le problème.

            C’est bien parce que je ne prends personne de haut que je ne me donnerai jamais le droit de dispenser ma science dans un livre à 23e en assénant des vannes sur un ton rigolard. Je me souviens d’un de mes maitres de stage à l’ENS en post doc qui me disait : « si on arrive à prouver de manière irréfutable « une » chose ça sera déjà bien ». Ce type là avait deux doctorats : l’un en médecine, l’autre en neurosciences cognitives (pas enregistrée dans une ED en sciences de gestion…). Je ne l’ai jamais entendu la ramener sur ses titres. Jamais. Son travail est très accessible, lisible, vulgarisé dans le corps même de sa thèse.
            Seulement il faut chercher ce genre de personne, faire des efforts en ce sens et ne pas consommer le premier camelot venu. De ce point de vue là, je suis d’accord avec vous, c’est bien de notre faute.

            Malheureusement cette mal-bouffe intellectuelle surgit de tout part ces derniers temps. Le cas de Céline Alvarez est aussi intéressant. Voilà quelqu’un qui explique la pédagogie Montessori, l’école, et les neurosciences avec un background d’instit sur 3 ans… De qui se moque t-on? Voilà le fond du problème.

            Bonne journée également.

          • Hodor
            Hodor dit :

            Et il se trouve que, contrairement à bien des disciplines scientifiques, les neurosciences et les sciences cognitives se prêtent bien à la vulgarisation, et il y a des tas de chercheurs (des vrais) qui font ça très bien, partout dans le monde et aussi en France. On a par exemple Jean-Pierre Changeux, Jean-Didier Vincent, Stanislas Dehaene, Pierre-Marie Lledo, Alain Berthoz, Laurent Cohen, Lionel Naccache, Franck Ramus, Jean-Philippe Lachaux, et bien d’autres.
            Après, tous les chercheurs ne sont pas également doués pour la communication grand public, et tous ne font pas le choix d’y consacrer une partie de leur temps (car c’est toujours en plus de leur recherche, pas à la place). Mais on ne peut pas dire qu’on n’a pas de vulgarisateurs de talent dans ce domaine.

          • RDL
            RDL dit :

            @PLS : Je viens de passer quelques heures à éplucher tout ce qui est reproché à Idriss Abarkane et votre commentaire résume mon sentiment. Je n’ai hélas pas votre talent pour l’exprimer et je vous remercie de l’avoir fait.

  10. HENNION
    HENNION dit :

    Bonjour à tous, je suis une des personnes que les discours d’Idriss Aberkane ont sensibilisés. Donc aux yeux de certains une sorte de neu-neu dont semble t’il les connaissances scientifiques sont du niveau 6ième-5ième. Pourquoi pas. Le fait est c’est que l’on se trompe de sujet. A mes yeux son parcours de chercheur est plutôt secondaire. Que son CV soit critiquable … and so what. Il donne lui même la vraie réponse dans ses conférences à cette question : il faut 50000 heures de travail pour être un expert confirmé dans un domaine. Faite le compte. Idriss Aberkane c’est un vulgarisateur. Un vulgarisateur positif, capable d’émerveillement, qui a une vision de la place de la science dans notre monde, au service de l’homme. C’est un enseignant, il emprunte donc beaucoup aux autres et partage simplement sa vision positive, avec passion et talent, à qui veut bien l’écouter. Son message est donc aussi politique, c’est bien une nouvelle société qu’il s’agit de construire et il propose des pistes. Dans la vision politique d’idriss Aberkane, l’idéologie n’a que peu de place. Pour Aberkane la science, dont vous êtes les éminents représentants, la nature et l’homme sont au coeur du dispositif. Dans un monde négatif où les enjeux réels sont occultés des débats et limités au sort que l’on veut bien donner aux immigrés, oui il donne des orientations, oui il apporte un peu de souffle nouveau et une certaine forme d’espérance. C’est bien dans cette dimension qu’il faut appréhender le succès d’Idriss Aberkane. Pourquoi s’en plaindre ?

    Répondre
    • Ced
      Ced dit :

      Bonjour,

      Pour commencer les connaissances scientifiques des niveaux 6ème et 5ème ne sont pas à snober, il existe beaucoup d’adultes qui ne les possèdent pas, beaucoup de pré-ado qui n’y comprennent rien du tout. Pourtant ils peuvent tout-à-fait avoir un « savoir-faire » d’excellente qualité qui n’exige pas un background physique/chimique/mathématiques/mécanique etc. Si j’ai été insultant, je m’en excuse. Le début de collège est déjà une sacré épreuve en termes d’acquisitions cognitives. Il vaudrait mieux rouvrir des livres de collège – me semble t-il – plutôt que de se jeter de la poudre aux yeux en pensant y comprendre quelque chose avec de la vulgarisation très sommaire. Le succès d’Aberkane n’est pas le succès du savoir diffusé au plus grand nombre, c’est un succès de librairie qui génère de l’argent sonnant et trébuchant, directement dans sa poche. Rien de plus.

      Le problème posé par Aberkane est très bien expliqué dans la série d’articles sur le site. Je crois pourvoir résumer cela en trois points :

      1) On ne ment pas à son public, surtout lorsque celui-ci vous fait confiance et vous donne son temps et son argent. C’est aussi simple que cela. Dans des temps plus reculé, le type aurait du présenter des excuses et disparaître au lieu de faire le mariole. De plus, quand le message politique de l’auteur est d’amener les gens à se délivrer de l’emprise de l’institution, je trouve ça extrêmement étrange que ce même auteur mette autant en avant ses diplômes, et que par dessus le marché, il ne les possède pas et derechef sur sa page FB, a le toupet de dire qu’il dit la vérité! Vous imaginez le culot qu’il faut avoir pour dire que l’école détruit les gens, broie des individualité, des intelligences, et se réclamer soi-même de « l’école normale supérieure » alors que l’on a ni le concours, ni le diplôme de sortie et que le background scientifique en question se limite à une licence 3. Même sa thèse n’est pas une recherche de neurosciences! C’est tout de même hallucinant.

      2) Un vulgarisateur doit déjà posséder un bon niveau théorique de départ et s’assurer qu’il diffuse des informations fiables, des sources irréfutables donc probantes. Il doit, en outre, s’assurer que sa démonstration serve son propos sans l’étouffer d’exemples, de « funny facts »de pitreries (s’il ne s’agit que de vulgarisation) qui n’ont pas d’intérêt scientifique avec le contenu de la démonstration. Aberkane parle bien, il a un excellent ton de voix, occupe bien l’espace, c’est un showman, un présentateur. Pas un scientifique, pas un vulgarisateur.

      3) Il est tout-à-fait possible de donner un souffle nouveau avec des conférences et des éléments de pensées exigeants. Nombreux sont les vulgarisateurs qui peuvent vous parler de la théorie des cordes, des tresses, ou encore vous expliquer l’intérêt de la loi de Lavoisier sans endormir l’auditoire.

      Il faut avoir l’air drôle, faire de l’entertainment, et raconter de belles histoires pour intéresser les gens. Pas étonnant que l’école n’intéresse plus personne. Je doute fortement que tous ces micro savoirs sans intérêts libèrent les cerveaux et produisent des « kilos » de connaissances utiles à la planète.

      Répondre
  11. HENNION
    HENNION dit :

    La démarche intellectuelle qui guide votre raisonnement est scientifique, Aberkane lui est politique. Vous refusez de comprendre qu’il peut aussi être un vecteur d’influence qui permettra de replacer la science et la recherche au coeur des préoccupations des Français. C’est justement en sensibilisant les masses, souvent incultes et en le faisant en racontant « de belles histoires », accessibles à tous que l’on touche le grand public. Je fais parti de ceux, et je ne suis pas le seul, qu’une heure d’amphi a souvent assommé, les professeurs chercheur ne sont pas toujours de grands communicants, et donc je ne suis pas insensible à la méthode et à la pédagogie employée par Aberkane : son public c’est le grand public.
    C’est bien l’ensemble des français qui votent et font les choix de société et pas uniquement ceux qui détiennent le vrai savoir. Et c’est quand un nombre important de français aura intégré que le développement la science et en particulier celles qui touchent à la nature sont des vecteurs de choix de société et de développement économiques que les politiques l’intégreront véritablement dans leur discours et en feront clairement un critère de choix dans leurs programmes. C’est dans ce sens que des communicants comme Idriss Aberkane sont utiles.
    Peut-être trouvez vous que le discours politique servi par les professionnels est réjouissant et porteur de sens pour la société, moi pas et je le regrette. En sensibilisant les masses sur des sujets dont on ne parle jamais (j’ai découvert par exemple le concept de la blue economy avec Idriss Aberkane), en utilisant des raccourcis forts comme « la nature est une bibliothèque, lisez là ne la brulez-pas », en utilisant des exemples qui interpellent comme par exemple cette algue qui se nourrit de CO2 capable d’apporter les nutriments essentiels à la vie de l’homme et dont on se demande pourquoi on ne l’utilise aujourd’hui uniquement pour les cures amincissantes des starlettes et non pas pour éradiquer la faim dans le monde, Idriss Aberkane sensibilise les votants. Il est votre allié objectif et vous en faite un ennemi ?

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  12. Sceptom
    Sceptom dit :

    Les derniers commentaires disent en gros que, vu que les conférences sont appréciées par les gens, alors on ne devrait pas dénoncer les mensonges de son CV. Je pense qu’il y a plusieurs erreurs dans ce raisonnement.

    1) On peut très bien à la fois trouver ses conférences intéressantes et mettre au jour et critiquer ses mensonges. C’est un manque flagrant de déontologie.
    2) Que le grand public apprécie ses conférences n’est en rien un gage de qualité. Plein de gens disent des tas de conneries que des tas de gens trouvent très intéressantes et se déplacent et paient pour les écouter. Le grand public vient l’écouter parler de science justement parce qu’il ne connait pas la science. Ceci signifie que l’attitude par défaut quand on vient écouter un vulgarisateur c’est de lui faire confiance, puisqu’on n’a pas les bases pour juger si ce qu’il raconte est effectivement la science ou pas.
    3) La confiance se mesure évidemment au degré d’honnêteté dont l’auteur fait preuve. Il est ici flagrant qu’il est difficile de lui accorder de la confiance. Pour ceux qui ont trouvé ses conférences intéressantes, je leur invite désormais à prendre avec un grain de sel la pertinence de ses propos quant au fait qu’il représente fidèlement la science.

    Je dois préciser que je connaissais pas Aberkane, même pas de nom, avant que Mendax pose une question sur un groupe FB à propos de « l’article » scientifique. Je n’ai pas écouté ses conférences et ne sais pas ce qu’il y raconte. J’ai juste eu l’occasion de lire l’un ou l’autre extrait de ses thèses et j’étais effaré par la vacuité des propos. Sur base de ces éléments certes restreints, le niveau de confiance que j’accorde à Aberkane est très très bas, et pour que le public plus large, non scientifique et non chercheur, puisse se faire un avis informé sur les preuves, il est important qu’il écoute aussi les discours critiques comme celui présenté ici.

    Répondre
  13. HENNION
    HENNION dit :

    Et bien Sceptom, comme vous ne connaissez pas Aberkane dont nous discutons, je vous propose de visionner une petite audition au CESE, vous pourrez comme le font avec déontologie tous les juges « juger sur pièces ».
    http://www.lecese.fr/content/audition-de-idriss-aberkane-chercheur-ambassadeur-de-lunitwinunesco
    La vidéo est courte et dure un peu plus de 20 mn.
    Je vous propose de nous dire en toute conscience après son visionnage
    – si c’est indigent ou au contraire éclairant
    – si vous n’avez rien appris ou si vous avez appris quelque chose
    – si cela a éveillé en vous des questionnements positifs, donc si cela appelle à poursuivre ou à s’arrêter là
    – si vous jugez cette vidéo utile ou inutile.
    – si vous jugez le discours facile et accessible aux béotiens ou au contraire pollués par des « funny facts » qui en altèrent sa compréhension.
    C’est cette vidéo qui a véritablement lancé Aberkane sur internet.
    Il a depuis à ma connaissance fait deux fois la couverture du magasine Le Point. Nous parlons donc bien d’un personnage aujourd’hui médiatique.
    Votre retour d’expert sera j’en suis certain éclairant pour les béotiens que je représente dans cette discussion.

    Répondre
    • Sceptom
      Sceptom dit :

      Merci, je vais regarder. Mais avant de le faire, je dois préciser 2-3 choses:
      – je ne me suis pas prétendu expert et ne prétend pas l’être dans les domaines où Aberkane dit l’être.
      – Si je trouve la vidéo intéressante – ce qui n’est pas du tout impossible – cela ne me dira rien sur la véracité de ses propos puisque je ne suis pas expert justement.
      – Si je trouve la vidéo intéressante, cela ne change rien à mon argument principal: dire des choses intéressantes ne permet pas d’être disculpé des accusations de mensonge, lesquelles semblent plus que fondées.

      Répondre
    • Sceptom
      Sceptom dit :

      Bon, voilà, je viens de terminer.
      Honnêtement, je peux comprendre que ce genre de conférence plaise à un public peu versé dans les sciences. Personnellement, je suis perplexe. J’ai entendu quelques platitudes et autres trivialités présentées comme des révolutions, d’autres affirmations que j’aurais voulu fact-checker parce que ça m’a l’air bien réducteur, et puis une série de factoïdes sympa, j’en connaissais certains mais pas tous. J’aurais pu voir une vidéo de 5 minutes « 8 ways nature is a better engineer than man ».

      Évidemment, je pars avec un a priori pas extrêmement positif puisque la première chose que j’ai apprise sur lui c’est un ego suffisamment surdimensionné pour lui donner la motivation de bien mentir sur son CV pour le gonfler.

      À mon avis, si j’étais parti de zéro, j’aurais trouvé ça relativement intéressant mais pas vraiment inspirant. Y a rien de fondamentalement nouveau dans ce qu’il raconte.

      Répondre
    • Sceptom
      Sceptom dit :

      Et pour répondre point par point à vos questions:
      – ni indigent ni éclairant
      – j’ai appris quelques factoïdes intéressants
      – ça n’appelle pas spécialement à poursuivre.
      – probablement utile pour des curieux qui n’ont pas encore acté sur leur curiosité et doivent bien commencer quelque part
      – discours facile parce que simpliste (pas un compliment), et aidé par les funny facts (pas du tout pollué)

      Répondre
  14. ced
    ced dit :

    Pour ma part j’ai découvert Aberkane – par hasard, il y a quelques mois – dans mes suggestions youtube. Au départ, j’ai cliqué par curiosité puis j’ai naturellement consulté son site. Après avoir visionné 4 vidéos dont deux de plus d’une heure (et oui…) puis lu 150 pages de son livre trouvé à la médiathèque, je me suis demandé comment un un travail aussi peu rigoureux pouvait recevoir tant d’éloges et se voir gratifier de titres ronflant comme celui de « spécialiste en neurosciences ». Immédiatement j’ai constaté deux choses étranges :

    1) la familiarité voire la vulgarité du personnage sur scène. Un interlocuteur, même s’il est vulgarisateur, n’est pas obligé d’employé des mots comme « connard » « merde » « chier » devant son public. De plus les institutions dont il se réclame ne sont pas du tout coutumières du fait.

    2) ses anecdotes prennent systématiquement le pas sur ses développements. Il le dit lui même : « on ne se souvient pas de ce qu’on a dit 15 secondes avant ». Je comprends que l’on puisse utiliser une heuristique rigolote, un exemple qui interpelle, un objet qui marque (le manteau, le stylo, le fruit comme c’est le cas dans beaucoup de ses conférences) mais le principe d’un raisonnement c’est bien d’établir une démonstration inattaquable, précise et exigeante.

    Du coup, j’ai commencé à avoir des doutes. Je suis allé rechercher les définitions de l’économie bleue et de la noo politique, pour y comprendre quelque chose car tout cela me paraissait confus. Je n’ai pas retrouvé grand chose de ce dont parlait Aberkane dans ses développements. Pour la partie scientifique, étant moi-même chercheur en neurosciences computationnelles, j’ai été choqué du peu de consistance de ses travaux et de ses propositions très gonflées. En fait, il m’a fait penser à toute la clique : Bogdanoff, Grimauld, Nassim Haraneim, qui méconnaissent superbement la méthodologie de recherche et compilent tout ce qui leur passe par la tête avec beaucoup de fantaisie.

    Bien sur son approche est captivante car c’est un showman. Je comprends très bien que l’on prenne « enfin » plaisir à mettre un peu ses pieds dans le monde des sciences avec un discours comme le sien car il est amusant à regarder et à écouter. De plus, si l’on ne connait pas le monde des vulgarisateurs et la vulgate américaine sur les sujets scientifiques, tout cet appareillage peut sembler novateur.

    Je le redis, il n’est pas question de béotien, ne soyez pas ridicule. Nous défendons l’idée qu’il faut avoir un fond solide pour ne pas avoir à en trafiquer la forme. Il y a des chercheurs emmerdants. Il y a des chercheurs novateurs qui font passer la pilule avec un certain émerveillement. Souvenez vous de Villani qui était, il n’y a pas si longtemps invité partout à la t.v, et là, aucun doute, le gars n’est pas un gland. Pourtant son livre est atroce à lire. Il y a des vulgarisateurs qui sont excellents, scientifiques ou pas d’ailleurs. Aberkane n’est ni l’un ni l’autre.

    J’ai découvert bien après qu’il avait falsifié son cv. Quand on connait la somme de travail nécessaire pour construire une thèse, faire des études scientifiques, de la recherche et des publications, il ne faut pas s’étonner que les gens qui savent de quoi il est question lui tombent dessus. Derrière cette pseudo sagesse soufi et cette belle parure qui est la sienne, il y a un redoutable homme d’affaire qui n’a pas l’air très préoccupé d’autre chose que de sa couverture médiatique alors considérer qu’Aberkane soit un allié objectif est inimaginable. Il finira par se faire coincer très vivement un jour où l’autre dans une conférence officielle, ça lui pend au nez.

    Répondre
  15. HENNION
    HENNION dit :

    Merci à tous les deux pour ces réponses sincères, ce sont les premières qui concernent ce que perçoit l’auditeur/lecteur d’idriss Aberkane et je pense que c’est bien à ce niveau que ce situe l’enjeu. Je suis certain qu’Idriss Aberkane ne cible pas le public des « sachants » mais bien celui des béotiens ( qui effectivement achètent ses bouquins) et peut être des capitaines d’industries. Un capitaine d’industrie, un investisseur ça ne gagne en une page, l’executive summary. Les centaines de pages des dossiers ne sont jamais lues. C’est là que je trouve Aberkane excellent. Il est bien évident que c’est avant tout un communiquant beaucoup plus qu’un scientifique. Il est dans la lignée intellectuelle d’un Steve Jobs, qui emballait le public des faiseurs d’opinion dans des shows où les raccourcis, les formules chocs avec des visions radicales surement parfois simplistes entrainaient l’adhésion. Le boulot derrière c’était Wozniak. Qui se souvient de Wozniak ? Jobs avait besoin de Wozniak mais Apple ne serait jamais devenu Apple sans Jobs. C’est dans ce sens que je trouve le débat sur son CV stérile. Son CV a cette été utile mais son CV objectivement son public s’en moque. Quel capitaine d’industrie a un doctorat ?Aberkane c’est de la politique et de la com. Il a une vision du développement économique et cherche à secouer le mammouth concernant l’enseignement. Laissez le faire.
    Vous l’avez touché, il est jeune, 30 ans, et manifestement désemparé au regard des com de soutien, pour le coup souvent pitoyable, qu’il relaie parfois lui même. Il a du talent, pas le votre mais celui de croire en la science et de la relayer en grand communiquant. C’est dans ce sens que je suis persuadé qu’il peut être votre allié objectif. Il prend la lumière, quelle importance si ça aide à faire avancer. Ceux qui savent savent.

    Répondre
    • Acermendax
      Acermendax dit :

      Ne vous y trompez pas : son CV ne nous intéresse QUE parce qu’il est faux.
      On n’a pas besoin de trois ni même d’un seul doctorat pour bien parler de la science. Mais quand on ment là dessus, quand on s’invente des titres, quand on n’admet pas l’erreur, et qu’en plus les conférences sont en décalage avec la parole scientifique et se résume à des effets de manche, on perd le droit au respect et surtout toute légitimité à être le visage médiatique d’une discipline dont les vrais experts ont raison de s’estimer méprisés par cette campagne de pub. Ca n’enlève rien à son talent de séduction, mais c’est un talent qui n’a de valeur que s’il est accompagné de probité.

      Il suffisait qu’Idriss Aberkane ne mente pas pour qu’on lui accorde le bénéfice du doute dans ses approximations et déclarations creuses. Mais quand on additionne creux + mensonge, on est face à une imposture, et vous nous pardonnerez d’agir en conséquence.

      Répondre
    • SAK
      SAK dit :

      Vous dites que son public se moque de son CV. Je n’en suis pas si sûr. Personnellement, des mots comme « Polytechnique », « ENS », « Stanford », « ambassadeur », « Trois doctorats », ça m’impressionne. Ou disons que dans un premier temps ça titille chez moi des codes et des références culturelles qui me place directement dans une position où je vais le regarder positivement et probablement être moins critique face au discours. Évidemment ce n’est que mon propre ressenti, mais je suis assez convaincu de ne pas être le seul. En particulier quand on voit comment les journalistes insistent lourdement sur son parcours étoilé.

      Au final, Aberkane est un baratineur de talent, et ça rejoint un peu ce que vous en dites. Les soubassements politiques de son discours sont très éloignés des miens donc je n’en ferai pas mon allié objectif, mais ceci n’est que mon point de vu personnel. En revanche, je suis beaucoup plus sévère sur son attitude vis à vis de la science et de la communication scientifique. La science est une affaire belle et sérieuse, que l’ont devrait aborder avec intégrité et humilité. Donc ça me gave de voir un enfonceur de portes ouvertes s’en saisir et en jouer avec avec autant de désinvolture afin d’assouvir ses fins personnelles. Je pense que beaucoup de problèmes, de peurs ou d’espoirs déçus proviennent d’une incompréhension de ce qu’est la méthode scientifique, ce qu’elle permet, ce qu’elle ne permet pas. La nécessité de diffuser mieux les connaissances et les méthodes scientifiques dans la population est un défi véritable. Ca me gave de voir des charlatans bercer de fausses promesses un public désireux d’apprendre et lui vendre quelque chose qui a le goût de la science, le vocabulaire de la science, mais qui n’est qu’un conte technique. Quel manque de respect!

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    • Sceptom
      Sceptom dit :

      Il semble en effet que le public clé d’Aberkane soit les néophytes et non les sachants. Mais ne serait-ce pas un choix imposé à lui parce que les sachants voient justement à travers la fumisterie? Les vulgarisateurs qui représentent fidèlement la science n’attirent-ils pas également les sachants?
      Personne ne semble remettre ici en question les qualités d’Aberkane en ce qui concerne la communication. Mais savoir communiquer, et communiquer du savoir, ce sont des choses différentes. Le néophyte qui trouve Aberkane intéressant mais qui tend à garder toujours un esprit critique doit bien trouver des moyens de juger de la fiabilité de ses propos. Il ne peut pas le faire sur des bases scientifiques puisqu’il est néophyte justement. Il doit donc écouter les critiques et juger sur d’autres aspects. Les manipulations éhontées de CV et autres critiques provenant de « sachants » érodent grandement cette confiance par défaut.

      Dans l’attente de validation par des « sachants », je prends ce que dit Aberkane avec de grosses pincettes. Quand je verrai une communauté scientifique reconnaître la validité d’Aberkane sur les sujets qu’il évoque, alors je dirai: Aberkane est un bon communicateur et il communique des choses scientifiquement valides. En attendant, je n’exclus pas le fait que ses conférences soient surtout du vent.

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  16. bref
    bref dit :

    Idriss à la différence de Sceptom est pédagogue, voila pourquoi il est apprécié du grand public…
    Son CV et le votre est parfait, et alors…
    Idriss quand il parle, le grand public le comprend, il ne fait pas les choses pour lui mais pour tout le monde, Je crois que c’est albert einstein qui a dit:  » Si vous n’êtes pas capable d’expliquer quelque chose à un enfant de 6 ans, c’est que vous ne le comprenez pas vous-même ». Je vous met au défit d’expliquer le but de vos recherches a des élèves qui ne sont pas du milieu scientifique. Idriss est juste un bonne orateur et c’est lui qui est dans la lumière et pas vous… Votre égo a prit un coup…. La jalousie a pris le dessus….

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    • SAK
      SAK dit :

      Comprendre c’est bien. Mais si c’est pour comprendre des trucs faux proférés par un bonimenteur, ça sert pas à grand chose.

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    • Ced
      Ced dit :

      Son cv n’est pas parfait. Il l’a falsifié puis rectifié. Maintenant il crie au scandale en disant qu’il est honnête et que les pièces justificatives de celui-ci sont valides alors qu’il n’était ni normalien, ni polytechnicien, ni professeur (même associé d’ailleurs) à l’école polytechnique, Stanford ou Centrale. Ce sont des fautes de probité très graves et visiblement son public a l’air de s’en moquer superbement, ce qui en dit long sur ceux qui le suivent et l’admirent…

      Arrêtez donc de citer Einstein pour vous donner de l’épaisseur et contentez vous d’apprendre à appliquer une bonne règle de trois ça sera déjà un bon début.

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    • Sceptom
      Sceptom dit :

      Lol. C’est marrant ce réflexe d’attribuer la critique à la jalousie. Finalement, avec cette tactique, vous montrez que vous n’avez rien de substantiel pour contredire les critiques. Surtout lorsqu’à peu près tout le monde ici a reconnu sans aucun problème le talent de communicateur d’Aberkane.

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  17. Ced
    Ced dit :

    Maintenant il raconte que ses parents sont agrégés de maths pour essayer de se donner de l’épaisseur:) Ça me rappelle le collège quand mes copains me disaient que leurs parents avaient une grosse auto alors qu’ils roulaient en 205… Au fond ce type est assez pathétique.

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    • Pinna.jeremy@gmail.com
      Pinna.jeremy@gmail.com dit :

      Veuillez s’il vous plaît critiquez les idées et non pas la personne car cela décrédibilise totalement votre capacité de réflection. On en a rien à faire que ces idées ne soient pas de lui, effectivement lisez son livre il ne cesse de citer des chercheurs ou autres, l’important c’est le contenu de ce qu’il dit il suffis de voir ces références (celine Alvarez, pierre rabhi, Stanislas deheane…). D’ailleurs si il avait mentis il aurait eu bien raison car vu le nombre de personnes abbruties comme vous qui essaye de le démonter imaginez si il avais dit « je suis juste une petit arabe qui parle bien »,PERSONNE ne l’aurait écouter, il a un tat de choses intéressantes à dire donc écoutez et mettez votre égaux de côté au lieu d’être dégoûté par son succès bande de jaloux!!!

      Répondre
      • ced
        ced dit :

        Cher Jérémy Pinna,
        Visiblement vous ne savez pas bien lire (et apparemment pas bien écrire non plus…) car seules ses idées font débat. Quand le fond est solide alors la forme n’a pas besoin d’être trafiquée. Pourquoi croyez vous qu’il soit obligé de râbacher qu’il est « multi docteur » ou « neurogeek » « polymath » ou encore de faire croire que ses parents (instituteurs pour l’un d’entre eux sont des agrégés de mathématiques? Tout simplement pour avoir un peu d’audience et briller auprès de gens comme vous, que le succès impressionne. Au passage, arrêtez un peu avec ses origines maghrébines. On s’en moque qu’il soit arabe et vous le savez très bien. Vous essayez de déplacer le débat là où ça vous arrange pour éviter d’avoir à supporter la vérité : c’est un menteur avec des idées décousues et vagues. C’est un faux scientifique et un mauvais littéraire.

        Répondre
  18. BenoitHB
    BenoitHB dit :

    Bonjour, je suis un peu le fil d’actualité du fameux mystificateur, qui est passé sur les ondes nationales francophones de la Suisse, dans la non moindre et seul émissions de vulgarisation scientifique « CQFD » sur La Première (RSR) et dans une autre émission à une heure de grande écoute.

    Je me permets de fournir un lien que j’ai trouvé sur these.fr où il y est inscrit avec ses deux thèses. L’on a même les références de ses directeurs de thèses et les juges de l’université de Strasbourg.

    Je me demande toujours si ce site these.fr est fiable mais il semble que oui. J’ai fais quelque recherche sur ces directeurs de thèses de l’université de Strasbourg, Éric Geoffroy (http://www.theses.fr/034385207) et Patrick Laude (http://www.theses.fr/028735404) ainsi que de l’université Paris Saclay, Pierre-Jean Benghozi (http://www.theses.fr/029693012) et Paul Bourgine (http://www.theses.fr/033972052).

    Voilà, maintenant si certains sont intéressé pour vérifier auprès de ces messieurs. Car ils semblent, selon les domaines et disciplines de ces derniers, qu’ils sont en adéquations avec le domaine qu’Idris Aberkane promeut et semble nous faire croire qu’il en est certifié de sa scientificité.

    Répondre
    • Ce
      Ce dit :

      Bonjour,

      Ces éléments sont déjà connus. Il n’y a aucun adéquation entre la littérature méditerranéenne et les sciences de gestion et les neurosciences cognitives et computationnelles dont Aberkane se réclame à tour de pages.

      Je le répète : Aberkane n’est ni scientifique ni vulgarisateur.

      Répondre
  19. raël
    raël dit :

    Il ne faut pas tourner en rond et appeler un chat un chat, son origine ethnique ne lui permet pas d’être aussi doué qu’il le prétend ! C’est tout.

    Répondre
    • Sceptom
      Sceptom dit :

      Je vois pas le rapport avec son origine ethnique. Je propose aux auteurs du blog de supprimer ce commentaire raciste nauséabond et de bannir son auteur de futurs commentaires. C’est vraiment en-dessous de tout.

      Répondre
      • Acermendax
        Acermendax dit :

        Je trouve effectivement ce commentaire en dessous de tout, mais j’évite de censurer au maximum. On croise des commentaires de type « chiffon rouge » où pour défendre Aberkane, on prétend que les critiques sont racistes. Que cela soit l’occasion d’indiquer que ma critique serait exactement la même envers un homme ou une femme de quelque origine ou apparence que ce soit. Comme ça, c’est dit.

        Répondre
  20. ce
    ce dit :

    Aberkane a menti et il continue de mentir. Sur sa page FB, un billet titré « présentation objective de mon livre » https://www.youtube.com/watch?v=hCcx4Uunenc dans lequel le commentateur me présente comme normalien et polytechnicien! Aberkane, bien entendu, valide. C’est quand même incroyable de se faire attraper en flagrant délit et de continuer.

    Répondre
  21. Pinna.jeremy@gmail.com
    Pinna.jeremy@gmail.com dit :

    Je ne vois ici que des faibles d’esprits qui ne se contentent que de critiquer ça personne et non ses idées!!! On s’en fou qu’il ai plus de succès que vous, ce que je constate c’est qu’il révèle massivement des informations qui n’appartenaient que au domaine scientifique. Mais tous le monde à le droit de savoir que le système éducatif est obsolète et que au lieu de créé des génies, il crée justement des lacunes, des limites et des frustrations. Mais je peux comprendre que pour ceux qui on suivit au doigt et à l’œil ce que disait la maîtresse soient dégoûter d’avoir été conditionnés à suivre les sentiers battus plutôt que de créé leur propres voies, d’ailleurs ce n’est pas le seul à le dire. Il dit également que la plus grande peur de l’homme est d’être rejeté par son environnement sociale c’est humain donc il est dur pour vous de quitter se système remplis de convention pauvre de vous!!!

    Cordialement les amis

    Répondre
    • ced
      ced dit :

      Vous racontez n’importe quoi! Aberkane est montré du doigt car c’est un menteur et un escroc. Il n’est ni scientifique ni vulgarisateur. Quand au constat d’échec de certains de l’école (sur certains points), vous devez vraiment débarquer d’une autre planète s’il vous a fallu Aberkane pour le découvrir…

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