Enregistré le 20 mai 2020.

Invité : Fehmi Krasniqi

Editorial

L’histoire de l’Egypte et de ses pyramides remplit des bibliothèques, des musées, occupe des milliers de chercheurs depuis deux siècles. Il y a tant à savoir et à comprendre que tout un volet de l’archéologie a été nommé Egyptologie. On pourrait passer toute une vie à explorer un petit aspect de cet immense ensemble d’objets, de traces, de théories, de controverses et de consensus. C’est à la lumière de ces connaissances qu’on peut mesurer l’immensité encore plus grande de ce qu’on ignore sur ce peuple et ses réalisations. Une telle discipline académique est intimidante pour n’importe qui. Mais il y a des exceptions. Le 4 décembre 2019 est publié sur YouTube un film qui a l’ambition de remettre à leur place tous les spécialistes du sujet.

Grande Pyramide K 2019 cumule aujourd’hui plus de 2 millions six cent mille visionnages. Beaucoup plus que n’importe quel article de recherche sur le sujet. Ce film nous explique que les pyramides ont été construites par les anciens égyptiens sans tailler une seule pierre. Tout l’édifice est en pierres moulées, une sorte de béton. Les ouvriers ont réduit d’immenses quantité de calcaire en poudre qu’ils ont acheminée jusqu’au chantier. Le béton est alors coulé sur place, ce qui permet de ne pas déplacer une seule pierre. Certains reconnaîtront la thèse marginale dite des « géopolymères » de Joseph Davidovitz qui date de 1979.

Le film va plus loin, beaucoup plus loin. Partant du principe que les égyptiens ne savaient pas tailler les pierres dures, on explique l’existence de la chambre du roi et de ses grands blocs de granite d’Assouan en affirmant que cette roche a été fondue, transportée sous forme de lingots, puis moulée dans la Pyramide sous sa forme actuelle. Toute la statuaire antique de pierre est née de la même technique : rien n’est taillé, tout est moulé.

Il faut maintenant expliquer cet exploit, et le film nous annonce que l’énergie solaire a été utilisée grâce à d’immenses lentilles qui permettaient d’en concentrer les rayons et de dépasser 1800°C. La technologie de la concentration du flux solaire a été utilisée pour excaver les grands obélisques et pour graver les hiéroglyphes que l’on trouve sur les pierres dures.

Le film nous donne la recette des lentilles égyptiennes : on mélange du natron et de la chaux, cette soude caustique est ensuite mélangée avec du sable blanc et chauffée à 1000°C pour obtenir du silicate de sodium. Cette substance est mélangée avec du silicate de potassium puis le liquide est coulé dans un moule en forme de lentille. 3 jours plus tard cette merveille de technologie est démoulée et elle peut faire fondre le granite. Le matériau des lentilles est malheureusement sensible à l’eau dans laquelle il se dissout. Et cela explique que l’on n’ait aujourd’hui nulle trace de ces objets tandis qu’étrangement abondent les outils, les textes et les dessins liés à la taille de la pierre

Le film estime que cette technologie a été tenue secrète, raison pour laquelle aucun historien, aucun spécialiste n’a jamais entendu parler de ces immenses lentilles de 5 à 10 mètres de diamètre alors même qu’elles ont été utilisée par les grecs et les romains qui eux mon plus n’ont jamais vraiment taillé de pierre.

Enfin, le film nous révèle que les anciens Egyptiens ont fait le tour du monde dans l’antiquité, qu’ils ont construit les pyramides américaines, qu’ils ont tracé des hiéroglyphes en Australie, bref qu’ils sont à l’origine de toutes les grandes civilisations de la Terre. Là où les récits de ce genre font généralement appel à la civilisation de l’Atlantide, des hommes plutôt blanc venus plutôt du nord, le film Grande Pyramide K2019 prend fait et cause pour une thèse afrocentriste où les Pharaons étaient noirs, un fait que l’on aurait essayé de nous cacher, comme le reste. Eh oui car le film annonce dès son sous-titre qu’il y a un problème avec la version « officielle » de l’histoire puisqu’il nous apporte, je cite : « la nouvelle histoire de l’humanité dévoilée »

C’est un projet colossal que de dévoiler la nouvelle histoire de l’humanité, et il ne peut s’entreprendre qu’avec un solide bagage sur l’état actuel des connaissances, avec une puissante capacité d’analyse, avec une méthodologie apte à convaincre les experts. C’est un travail de longue haleine qui ne peut sûrement pas se résumer à un simple film. Et c’est pour voir au-delà du film, pour comprendre la méthode de travail de son auteur que nous recevons Fehmi Krasniqi ce soir.

Pour voir la version longue de l’expérience réalisée au Four Solaire d’Odeillo

1 réponse
  1. GRAND
    GRAND dit :

    Pour la Tronche en Biais, les interventions sont toujours très justes, très pertinentes, très étayées, très légitimes…vis à vis d’intervenants dont les discours sont plus que discutables et dont les finalités cachées restent toujours très obscures.
    Débrif indispensable sur un film dont les théories, hypothèses, pseudo certitudes sont plus que discutables et qui ne laisse pas indemne la curiosité des personnes non averties…non aiguisées à l’analyse et au recul sceptique…. Bravo, continuez et soyez même plus percutant sur la forme….car votre politesse donne de la crédibilité à vos interlocuteurs.
    (Yannick – Architecte – 49 ans)

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