Peut-on parler des ovnis ?

La Tronche est à VOUS #3

Emission en direct où le public intervient pour exposer une position et la justifier.

Avec pour invités spéciaux : Francine CORDIER et Patrice SERAY

EDITORIAL

Les histoires d’ovnis sont souvent tournées en ridicule. Elles font aussi de bonnes fictions dans des romans ou des films qui mettent en scène un témoin honnête en butte à l’aveuglement de son entourage. Le reste du temps, les gens s’engueulent sur leur interprétation des faits, sur l’existence des preuves, sur une vaste politique de dissimulation du phénomène et diverses spéculations sur une origine exotique, c’est-à-dire extraterrestre du phénomène.

On peut dater les débuts des histoires d’ovnis telles que nous les connaissons aujourd’hui. Tout commence après-guerre avec l’observation de Kenneth Arnold (en 1947), qui désigne des objets se déplaçant dans le ciel comme des soucoupes sur l’eau. Le nom soucoupe volante était né. Ensuite vint Roswell et différentes vagues de signalement de ce qu’on a parfois appelé des MOC (Mystérieux Objet Céleste) avant que le mot ovni ne s’impose, traduction du terme américain UFO qui a accouché de l’ufologie.

Bien sûr, on trouve des témoignages plus anciens concernant des observations bizarres que l’on nommait « prodiges célestes » et que l’on n’attribuait pas alors aux causes qui sont de nos jours les plus populaires. Récemment on a choisi d’éviter de parler d’ovni, puisque le terme contient implicitement l‘idée d’objet présent dans le ciel, pour préférer le terme de PAN (Phénomène Aérien non identifié) plus neutre et donc plus utile pour aborder la question avec un minimum d’a priori. (A ce sujet, Cf cette pastille)

Les ovnis sont un sujet classique de la zététique, un domaine où les allégations et témoignages abondent mais où les traces physiques, les preuves, les données empiriques manquent pour étayer l’hypothèse de l’existence de véritable objets dans le ciel. Les histoires d’ovnis reposent sur un matériel fragile, ductile, délicat à manipuler : le témoignage humain. Et le moins qu’on puisse dire c’est que les témoignages regorgent de détails qui ne permettent pas d’établir le portrait-robot d’un phénomène univoque, reconnaissable et assimilable à des engins volants.

Il n’y a pas de consensus chez les tenant-croyants, qu’ils soient exoticiens ou partisans de phénomènes liés à des engins secrets de l’armée. Il n’y a pas non plus de démarche, en ufologie, visant à éliminer les hypothèses les unes après les autres. Ce travail méthodique de test des hypothèses, on le trouve essentiellement chez une catégorie de personnes et pas (ou presque pas) en dehors : les sceptiques. Ceux qui commencent par douter des versions qu’ils entendent et de leurs propres idées sur le sujet. Le problème, c’est que la parole sceptique est dure à entendre, elle représente parfois une forme de violence involontaire, et elle suscite donc des réactions un peu trop forte. Vous seriez étonné –peut-être– de voir avec quelle passion, quelle agressivité la parole sceptique est pourfendue dans les milieux où l’on défend la réalité d’un phénomène ovni intelligent.

Ce soir, nous allons essayer d’aborder sereinement cette question, en écoutant, ici, sur un canal sceptique la parole de celles et de ceux qui se rangent du côté des tenants-croyants, c’est-à-dire des convaincus de la réalité physique des manifestations dont nous parlons. Nous avons avec nous deux membres de l’ASTEC, confinés à plus de 10 km de nos studios, qui travaillent depuis des années sur les témoignages et connaissent très bien l’histoire de l’ufologie ainsi que la démarche à adopter pour aborder un témoignage et récolter les informations qui permettront peut-être d’élucider le mystère.

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