Le CANCER de la PEUR [Tronche en Live 118]

Emission enregistrée à la Cité des Sciences et de l’Industrie le 10 janvier 2023.

Invitées :

  • Maud Gouy (Commissaire de l’exposition Cancers)
  • Laurence Caunézil (Commissaire de l’exposition Cancers)
  • Claude-Agnès Reynaud. Immunologiste. Directrice de recherche Emérite de l’Hôpital Necker. Présidente du Conseil Scientifique national de La Ligue contre le Cancer.
  • Caroline Robert. Dr en médecine, chercheuse à l’Inserm, cheffe du service de dermatologie de l’Institut Gustave Roussy.

 

EDITORIAL

L’univers est composé de matière et d’énergie que l’humain a classé en deux catégories : les choses qui donnent le cancer, et les choses dont on n’a pas encore montré qu’elles donnent le cancer mais dont on devrait se méfier quand même.

On a souvent l’impression que tout donne le cancer. L’amiante, le benzène, le tabac, l’alcool, le soleil, la charcuterie, les boissons chaudes, le sexe et le plutonium. On peut parfaitement vivre sans plutonium. On peut vivre en se privant de la plupart des substances dont on a montré qu’elles augmentaient fortement les risques d’avoir un cancer. On peut aussi s’organiser pour éviter tous les facteurs de risque, et avoir un cancer quand même, puisque la génétique donne aussi le cancer, la vilaine.

Nous sommes cernés.

Nous sommes des organismes pluricellulaires et à cause de ça, on ne peut pas se débarrasser à 100% du risque d’avoir un cancer. Même le Rat-Taupe nu peut avoir le cancer. Celles et ceux d’entre nous qui vivront vieux en accumulant les décennies finiront presque tous par avoir un ou plusieurs cancers. Ils ne seront pas forcément graves, on aura le temps de mourir d’autre chose, mais ils seront là.

Alors je me pose la question : une maladie a ce point omniprésente à laquelle nous n’avons presque aucune chance d’échapper à moins de nous transformer en amibe unicellulaire (et je vois bien les efforts en ce sens de certains commentateurs, que je salue malgré tout), une maladie dont les risques s’accroissent à chaque fois qu’on fait un truc qui nous plait comme manger un barbecue…  Faut-il en avoir peur absolument tout le temps, en faire l’urgence totale et permanente, ou au contraire arrêter de s’inquiéter, puisque de toute façon personne ne quittera cette planète en vie ?

Bien sûr la réponse est sans doute quelque part entre les deux. Il faut avoir peur du cancer pour rester en éveil, pour éviter les risques inutiles, pour suivre quelques consignes de prévention et accepter les mesures de dépistage. Ca nous économisera bien des soucis. Mais il ne faut sans doute pas paniquer constamment, s’empêcher de vivre, dramatiser absolument tous les diagnostics, stigmatiser la maladie et donc un peu aussi les malades. Il faudrait équilibrer notre peur de ce mal, car comme le disait ce cher Beaumarchais « Quand on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur. »

Les cancers nous concernent tous, ils sont la première cause de mortalité en France. Tous les jours on dénombre environ 1000 nouveaux cas dans le pays. Mais avoir un cancer, ça ne veut pas dire qu’on va en mourir, et désormais ça ne signifie plus forcément qu’on va devoir subir un traitement invasif et douloureux. Désormais on survit au cancer, on entre en rémission et on peut même dire qu’on en guérit. Le taux de survie à 5 ans de certains cancers est désormais très élevé : 88% pour le cancer du sein chez la femme, 98% pour le cancer de la prostate chez l’homme, ou encore 93% pour le cancer de la thyroïde. Environ la moitié des malades peuvent continuer leur activité professionnelle pendant leur traitement. Autant dire que tout ça a beaucoup changé depuis l’époque pas si lointaine où la médecine ne pouvait pas faire grand chose pour les malades.

 

Nous sommes en direct depuis la Cité des Sciences et de l’Industrie, à Paris, au sein même de l’exposition CANCERS, et ce soir nous allons discuter avec les commissaires de cette exposition : Maud Gouy et Laurence Caunézil, mais aussi avec deux chercheuses du domaine : l’immunologiste Claude-Agnès Reynaud et la dermatologue Caroline Robert.

Merci à elles d’être présentes avec nous, et merci à Universcience pour ce partenariat, notamment à Aurore Wils, Camille Corsia et Sadek qui nous ont aidés à préparer l’émission.

 

A voir également, l’émission sur l’apport de la biologie de l’évolution au traitement des cancers avec Frédéric THOMAS

Mais aussi notre émission sur les thérapies alternatives autour des cancers avec le cancérologue Simon SCHRAUB.

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