Le Bénéfice du Doute #19

Enregistré le 28 juillet 2021.

Invité : Raymond Piccoli, du Laboratoire de recherche sur la foudre.

Editorial

Le tonnerre et la foudre sont peut-être les symboles les plus évidents lorsqu’on veut évoquer les forces de la nature, et c’est sans surprise qu’on les trouve liés à la mythologie et aux légendes.

Nos contemporains connaissent l’électricité ; c’est une chose devenue aussi banale que l’eau courante, elle n’étonne plus vraiment. Elle est si familière que nous surestimons presque tous notre réel degré de compréhension du phénomène, et quand je dis presque tous, je vous prie de vous sentir concerné sauf si vous avez passé des années à travailler spécifiquement sur le phénomène. La foudre, on le voit bien, c’est de l’électricité, et l’ultracrépidarianisme encouragé par la familiarité de l’électricité qui alimente nos smartphones, nos turbomixers et nos trottinettes nous conforte sans doute dans l’illusion qu’on a fait le tour du phénomène une fois qu’on a frotté une règle en plastique sur son pull et observé de ses yeux les arcs d’électricité statique produits.

Seulement voilà, la foudre, c’est sans doute un peu plus que ça. Les conditions d’apparition de la foudre se réunissent dans une partie de l‘atmosphère où vous et moi ne passons guère de temps, des conditions dont la nature échappe aux non-spécialistes et où les évènements qui se déroulent ont toutes les chances d’être un peu plus exotiques qu’on ne le croit. Saviez-vous que la foudre pouvait être mêlée à des phénomènes photonucléaires ? À des rayonnements gamma ? Ou encore qu’elle peut générer de l’antimatière ? Eh bien je n’en savais rien avant de préparer cette émission.

Une fois qu’on a parlé de la foudre et compris qu’en fait on la connait assez mal, on se demande si c’est notre ignorance qui nous a fait si longtemps passer à côté du mystérieux phénomène de la foudre en boule. On en parle depuis longtemps, on entend dans tous les villages l’histoire de quelqu’un qui en a vu, un jour, mais on manque de données, de traces, de preuve, d’explication. En tout cas on en manquait car désormais des structures comme le Geipan recensent ce phénomène et des vidéos existent, même s’il reste encore à établir définitivement ce qui a été enregistré.

Pour les plus sceptiques, il est raisonnable de penser qu’il s’agit d’un mythe socioculturel fondé uniquement sur des témoignages dont les causes sont très diverses (impact d’éclair, surcharge sur un réseau électrique, méprise avec un bolide ou un astre, persistance rétinienne…) et sur la croyance de ceux qui l’étudient sans vérifier ou étayer les données.

Nous allons tenter de savoir ce soir s’il existe des données fiables, des expériences validées, une explication théorique censée. Et pour cela nous recevons Raymond Piccoli qui dirige un « laboratoire de recherche sur la foudre » et se passionne pour l’énigmatique forme sphéroïde qu’il traque un peu partout.

0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N'hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.