Le Bénéfice du Doute #15

Invité : Paul Conge

Enregistré le 27 janvier 2021. 20h

Les sceptiques et zététiciens se manifestent par leurs critiques envers des discours qui imitent la science, qui prétendent apporter des preuves de phénomènes hautement discutables, ou bien qui abusent des fallacies derrière lesquelles il devient difficile de faire la part des choses. Beaucoup parlent de paranormal parce qu’ils trouvent ça intéressant et sont agacés par les sempiternelles promesses de dévoilement des médium, des extralucides… des  gourous.

Les sceptiques et zététiciens concoctent des débunkages, rédigent des livres, des articles critiques, relèvent les abus rhétoriques, dénoncent les impostures et militent pour la prudence dans nos aspirations à dire qu’on a la réponse aux questions qu’on se pose.

Mais les sceptiques et zététiciens ne traitent par tous les sujets, et on le leur reproche. Par exemple : « Hey, dis donc, pourquoi s’attaquer à Didier Raoult et pas au laboratoire Gilead ? » se demandent certains. La question est valide et la réponse tient dans ce que je viens de dire : le champ de compétence des Zététiciens est dans l’analyse des discours et la détection d’éventuels écarts entre les faits disponibles et les allégations proférées. Indépendamment de notre volonté, sans qu’on ait rien demandé, Didier Raoult nous a abondamment fourni des occasions de relever de tels décalages. Les informations disponibles permettent à des gens modérément compétents en science de prononcer une critique pertinente. Quant à Gilead, à Big Pharma en général, aux puissances économiques, aux officines et autres groupements d’intérêts… Il ne serait pas étonnant que des cachoteries et mauvais coups méritent d’être dénoncés. Mais qui est armé pour le faire ?

Si les zététiciens comme nous n’enquêtent pas sur les magouilles, les escroqueries, les montages financiers, ce n’est pas parce que de telles choses n’ont pas d’importance. Au contraire ; cela demande des compétences, des outils, une formation qui n’est pas la nôtre. Nous arpentons un terrain qui est épistémique, et pas judiciaire, pénal ou fiscal. Il ne faut pas nous demander de faire ce que nous ne sommes pas capables de faire correctement !

Nous avons besoin de journalistes d’investigation, formés, épaulés par une rédaction qui leur ouvre des portes et s’assure du recoupement des informations, experts dans la recherche d’information, la protection des sources, l’exploitation des données publiques, l’art d’interroger les témoins. C’est ce travail là qui permet en définitive d’établir les dossiers qui peuvent amener devant la justice les manipulateurs. Les tribunaux ne condamnent pas les gens parce qu’ils ont une épistémologie avariée ou des querelles avec des débunkers. En revanche on condamne l’exercice illégal de la médecine, l’abus de faiblesse, le détournement de fond, des activités étonnamment récurrente dans la carrière des gourous.

Notre invité de ce soir, Paul Conge, journaliste à Marianne a mené une enquête de ce genre à propos d’un certain Jacques G, astrologue, conférencier, soi-disant alchimiste et expert dans la Science des Anciens et prolixe informateur de “La révélation des Pyramides”.

Le livre de l’invité : “Les Grands Remplacés”, Arkhe, 2020.

1 réponse
  1. Luc
    Luc dit :

    “Les sceptiques et zététiciens se manifestent par leurs critiques envers des discours qui imitent la science”

    et se passionnent pour les pyramidiots…

    et quand vous déciderez de critiquer le fond des égouts, cela sera-t-il toujours pertinent???

    Répondre

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