Tronche en Live #102

Invité : Pr. Simon Schraub, cancérologue

Enregistré le 16 juin 2021

EDITORIAL

Les maladies accompagnent le vivant, c’est comme ça. Le cancer est aussi vieux que la vie pluricellulaire, on a trouvé des traces de tumeur dans des fossiles de dinosaure, ce n’est pas une maladie moderne dont on va se débarrasser en changeant nos modes de vie. Ceux d’entre nous qui ont de la chance, ne feront connaissance avec une maladie sérieuse que tard dans leur vie, mais leur échapper complètement est un rêve illusoire.

La médecine ne guérit pas tout, et ce qu’elle guérit, elle ne le guérit pas toujours bien, ni durablement. Il est donc tout à fait normal d’être ouvert à de nouveaux moyens de se soigner, de chercher de nouveaux remèdes, de nouvelles stratégies, de tester des hypothèses, même bizarres, bref d’avoir l’esprit ouvert aux idées et surtout aux preuves qui les accompagnent.

La conséquence de ces deux choses (l’inévitabilité de la maladie et l’imperfection manifeste de la médecine) c’est qu’il y aura toujours des médecines émergentes, des thérapies potentielles, des offres alternatives, une pluralité des approches. Il serait donc parfaitement ridicule d’affirmer que tout ce qui n’appartient pas, aujourd’hui, à une médecine “officielle”, à une médecine conventionnelle n’aurait pas de valeur. Néanmoins quand une approche thérapeutique apporte des bienfaits, il existe des moyens de le montrer. Les protocoles sont connus, la littérature scientifique est disponible, les revues sont ouvertes aux tests des pratiques nouvelles.

En somme les approches alternatives qui marchent ont vocation à rejoindre à courts termes les pratiques conventionnelles.

Les maladies n’épargnent personne, pas même les milliardaires, les présidents, pas même vos pires ennemis. Nous avons tous des familles, des proches, des amis dont la santé nous tient à cœur, et à moins d’être un parfait sociopathe, un salaud, chacun d’entre nous a intérêt à ce toute méthode efficace soit reconnue comme telle, largement utilisée, et bénéficie au plus grand nombre, ce qui garantit que chaque professionnel disposera de données médicales nombreuses pour améliorer sa pratique.

La santé est un secteur où notre société dépense beaucoup d’argent. Je pense qu’elle a raison de le faire. Mais il faut le dépenser de manière rationnelle, de sorte à profiter au plus grand nombre. Un rapport récent évalue à 82 milliards de dollars le marché des médecines alternatives en 2020. En 2028, ce chiffre dépassera les 400 milliards de dollars[1]. Nous avons affaire à un secteur en pleine expansion aux stratégie commerciales très agressives ; bref, c’est Big Pharma.

On a raison de surveiller de près les pratiques commerciales et sanitaires des grandes industries du médicament. Mais il ne faudrait pas oublier d’être aussi exigeant envers les pourvoyeurs de solution de santé attractives, séduisantes, nouvelles… Mais dont on aimerait être sûr qu’elle servent à autre chose qu’à nous raconter une belle histoire sur la manière dont la nature fait bien les choses ou comment notre esprit aide notre corps à guérir. Se bercer d’illusion sur les question de santé, ça coûte trop cher, et pas seulement en argent.

Pour discuter de la place des médecines parallèles dans le parcours des malades du cancer, nous recevons Simon Shraub, médecin, Cancérologue, et auteur d’une thèse « Médecines parallèles et cancer : analyse sociologique 1962-2006. »

[1]https://www.grandviewresearch.com/press-release/global-alternative-complementary-medicine-therapies-market


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