Qu’est-ce que le racisme ? (TenL#70)


Invité : Evelyne Heyer
Enregistré le mardi 15 janvier 2019 à l’amphithéâtre de la Présidence, Cours Léopold, Nancy.

Editorial

Bonjour à tous, chers amis et curieux ; chers sceptiques et rageux, mais qu’est-ce qu’une émission de vulgarisation de la zététique peut bien avoir à dire sur le racisme ? N’est-ce pas un sujet politique où s’affrontent des postures partisanes et où chacun se voit intimé l’ordre de prendre parti ? Est-ce notre rôle de prendre parti ?

Bien sûr, nous avons nos idées, et nous n’avons pas honte de le dire. Mais l’émission de ce soir n’a pas pour but de proclamer ce qui est bien ou ce qui est mal, de vous délivrer la bonne parole sur ce qui doit ou ne doit pas être fait (même si parfois, en filigrane, se distingue notre avis sur la question). Nous pouvons aborder la question du racisme avec l’œil détaché, clinique, méthodique d’une approche scientifique qui n’a pas vocation à prescrire les comportements et choix politiques mais à décrire les phénomènes et à prédire les conséquences des options qui s’offrent à la société.

Pour pouvoir faire cela, il faut accepter une prémisse audacieuse au regard de la dynamique des échanges de noms d’oiseaux sur les réseaux sociaux. Cette prémisse c’est que, dans un contexte scientifique, « raciste » ne peut pas être une insulte. Nous utiliserons ce soir le mot « raciste » pour décrire des idées, des comportements, des réactions, des phénomènes sociaux, mais sauf maladresse de langage (l’erreur est humaine), nous ne qualifierons pas de raciste les individus, car c’est trop souvent tomber dans le piège de l’escalade dans une discorde où il devient impossible d‘adopter le point de vue de l’autre ; l’autre devient alors un ennemi qu’on ne peut convaincre et qu’il faudra abattre, faire taire, par d’autres moyens. Permettez qu’on suggère des alternatives moins belliqueuses de mettre les gens d’accord.

Dire qu’untel est raciste, et qu’à ce titre il faut éviter tout contact, se garder de la souillure d’un échange, est-ce que ce n’est pas s’enfermer dans une logique essentialiste dans laquelle les individus appartiennent pour toujours à un camp ? Il est bien possible que cet essentialisme soit plus proche du racisme que de l’antiracisme. Il est bien possible que l’essentialisme soit l’un des thèmes de notre émission. La pensée essentialiste, celle qui range les gens dans des boites, qui leur assigne des qualités intrinsèques, leur attribue des intentions préétablies, c’est la substance même du racisme. Bien sûr, il y a d’autres dimensions, historiques, culturelles, et vous pensez bien que nous n’avons pas la prétention de couvrir complètement le sujet en deux petites heures.

Les chercheurs et les férus de zététique savent qu’on ne peut pas ranger les gens dans des catégories et espérer être dans le vrai très longtemps. Il n’existe pas d’un côté le groupe des personnes rationnelles et en face les irrationnels, ici les gentils, là les méchants. Ce qui nous distingue, ce sont nos idées, nos approches et la méthode que nous mobilisons pour évaluer nos représentations.

Le racisme est une question qui divise, un thème politique majeur, un fait de société, un concept invoqué dans toutes sortes de circonstances, et comme tous les mots utilisés à tous bouts de champs, victime de son succès, sa définition devient parfois un peu floue, et ce flou autorise doubles discours quiproquos et manipulations. Avant de pouvoir réellement parler de la place du racisme dans notre société, des réponses qu’il convient d’y apporter, des abus de toute sorte qui lui sont liés, il faut nous mettre d’accord sur ce dont nous parlons, et pour cela nous tourner vers les connaissances établies sur le sujet.

Nous recevons la commissaire scientifique de l’exposition 2017 du Musée de l’Homme « Nous et les autres : Des préjugés au racisme », une biologiste spécialisée en anthropologie génétique, lauréate du prix Diderot 2017. Elle connait beaucoup mieux le sujet que vous et nous, nous sommes heureux d’accueillir Evelyne Heyer.

2 réponses
  1. Gilbert Poulin
    Gilbert Poulin dit :

    Tout le monde ne peut pas penser et réagir de la même façon ni avoir la même vision du monde. Il est tout à fait naturel d`avoir des préférences en matière de races et de cultures comme en toute autre matière. Et disons-le franchement sans détour. Il y a des choses qui ne sont pas pour tout le monde. Ce n`est pas tout le monde qui aime la musique d`opéra, les toiles de Picasso, le fromage parmesan. Ce n`est pas tout le monde qui peut aimer vivre dans des sociétés multiraciales.

    Que font les antiracistes du libre arbitre. Idéalement, on devrait tous avoir le choix. On devrait tous être libre de vivre notre vie comme on l`entend avec qui on l`entend sans être jugé, sans être accusé de tous les maux de la terre. Si les uns ont le droit d`aimer la diversité, je devrais avoir le même droit de ne pas aimer la diversité et de le dire ouvertement.

    Ceux qui aiment la diversité raciale et culturelle, pour être précis, peuvent toujours voyager. C`est leur choix personnel à eux. Ils n`ont pas le droit de bouleverser nos vies en nous imposant de force, sans nous consulter, un model de société qui fait leur affaire à eux.

    Un super cool de bon raciste.

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  2. Gilbert Poulin
    Gilbert Poulin dit :

    Qu`elle soit scientifique ou morale, l`égalité n`interdit pas la sélectivité! Voyez-vous, je ne suis pas une calculatrice qui additionne froidement des chiffres. Je suis un être humain avec des sentiments. L`égalité ne n`oblige en rien à partager ma vie avec d`autres races. Une certaine infériorité peut même s`avérer attirante. Elle peut même contribuer au rayonnement de nos charmes. Je préfèrerais adopter un enfant blanc légèrement déficient genre Forest Gump dans le film du même nom que d`adopter une enfant asiatique surdoué genre Albert Einstein.

    Je n`ai pas un microscope à la place des yeux. Quand je regarde une fille, je ne vois pas un code génétique. Je vois une couleur de peau. Je vois une forme de visage. C`est ce que je vois qui m`influence le plus, non ce que je ne vois pas. Dans la vraie vie, je ne choisirai pas la fille qui est la plus proche de moi génétiquement. Je choisirai celle qui m`attire le plus physiquement. Elle sera blanche.

    Ne dit-on pas que le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas!

    Un super cool de bon raciste.

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