La sophrologie : un ésotérisme masqué

J’ai été invité à apporter un point de vue sceptique dans l’émission Grand Bien Vous Fasse sur France Inter le lundi 18 février, dédiée à la sophrologie. Je ne connais pas à fond l’histoire de cette discipline, ses très nombreux courants, ses prétentions, ses têtes de file, le poids économique de la littérature ou des formations qui y ont attrait. Je ne connais pas bien l’état actuel de cette pratique et de ses promoteurs dans les dispositifs de veille de la Miviludes et des autres instances qui luttent contre les dérives sectaires. Il serait souhaitable qu’un·e expert·e disposant de toutes ces connaissances puisse être systématiquement présent·e quand le sujet d’une pratique de soin non conventionnelle est abordé dans les grands médias. En l’absence de tel·les expert·e·s, je pense qu’il faut résister à la tentation de la chaise vide comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire. Quand je me présente dans le studio 521 de la Maison de la Radio, ce n’est pas en emportant avec moi tout le poids des connaissances médicales du monde, mais avec une méthode, un questionnement et le désir d’encourager la prudence épistémique de tout un chacun.

Cette émission a parfois laissé sans contradiction des discours pseudo-scientifiques, j’ai eu l’occasion d’en faire la critique à travers la publication de l’ASTEC sur le problème des pseudo-sciences sur l’audiovisuel public. Mais elle reste très sérieuse dans l’ensemble, a tendance à progresser, et on peut juger très bon signe qu’une place soit offerte à une contradiction sceptique sur un tel sujet. Je choisis de ne pas me cantonner au rôle de celui qui dénonce les mauvaises pratiques chez les autres, conspue les médias, mais refuse de se compromettre quand la parole lui est donnée. À tort ou à raison, je préfère être présent dans les médias qui m’invitent pour tenter de rendre plus visibles, plus familiers, plus sympathiques les idées et concepts de la pensée critique, de la zététique, du rationalisme, du scepticisme scientifique. Mais venons-en au cœur du sujet.

La sophrologie, c’est quoi ?

Alfonso Caycedo, l’inventeur de la sophrologie la décrit comme une approche scientifique. C’est donc sur le terrain du questionnement scientifique qu’elle doit être évaluée. Ceux qui veulent défendre la sophrologie sur un terrain étranger à la science trahissent la démarche initiale que Caycedo a mise en avant dans ses écrits. Cette prétention de scientificité est toujours tenue par l’Académie Internationale de Sophrologie, l’Académie de Sophrologie de Paris ou les livres de Patrick-André Chéné. Elle est également défendue par les sophrologues présents avec moi sur le plateau de France Inter.

Premier étonnement : la sophrologie caycédienne est une marque déposée, par Caycedo, en 1992. Il a voulu protéger sa discipline contre des récupérations et des évolutions qu’il jugeait indésirables. On n’imagine pas que la transfusion sanguine ou la kinésithérapie soient des marques déposées pour une excellente raison : une science ou une pratique de soin ne peuvent pas appartenir à leur auteur, elles doivent se mettre à jour, évoluer, se soumettre à l’examen strict de leurs prétentions et, en cas de réfutation, disparaître. Nous ne sommes pas dans ce cas de figure avec la sophrologie. Et depuis longtemps.

La sophrologie est en fait héritière de l’hypnose ericksonienne que Caycedo a étudiée mais qui était entourée de connotations ésotériques dont il a voulu se débarrasser en donnant à sa pratique un nom scientifique[1]. La sophrologie est définie (étymologiquement) comme la « science de la conscience en harmonie », ce qui est flou. Nous avons tous une vague conception de ce que veut dire « conscience » et « harmonie », mais existe-t-il une définition claire, précise de ce que cela recouvre ? Sans une telle définition, on ne peut pas savoir de quoi l’on parle, et dès lors on quitte le terrain de la science.

On trouve la sophrologie dans le coaching, dans la formation professionnelle, dans les écoles… Sur la base de quelle démonstration d’efficacité, de quelles preuves expérimentales ? Ces questions sont cruciales, car si on ne les pose pas, pourquoi ne pas faire de l’énergiologie à l’hôpital, apprendre aux gens à ouvrir leurs chakras, à se soigner avec des cristaux, et pourquoi ne pas apprendre la sorcellerie à l’école ?

La sophrologie existe maintenant sous diverses formes (on compte plus de 130 écoles différentes), un peu comme la psychanalyse, mais elle repose sur quelques principes de base, et notamment la « phénoménologie existentielle ». Qu’est-ce donc ? Une « technique de recherche de la conscience » ou encore une « technique qui permet de cultiver l’émergence des expériences de contact ». En 2010 Caycedo invente la « Cyber-Conscience Phronique », il décède en 2017, ce sera donc la version finale de son œuvre. Tous ces concepts n’ont pas franchi le crible de l’examen critique, et je ne suis pas certain du sens qu’il faut leur donner, ni même de l’existence d’un sens qui fasse consensus parmi ceux qui la pratiquent.

La pratique de la sophrologie passe par des « relaxations dynamiques » (empruntées aux techniques yogi et zen, et baptisées en des termes plus compatibles avec la science). Il existe plusieurs degrés de relaxation. D’abord on prend conscience (via une « découverte vivantielle ») de son corps, puis de son esprit, puis de leur relation, puis du reste. Mais selon d’autres versions, on prend d’abord conscience de sa peau, puis de ses muscles, puis de ses os, puis de ses organes internes. Déjà ces deux versions n’ont rien à voir l’une avec l’autre… On peut lire sur des sites de sophrologie[2] que le deuxième cycle des relaxations, appelé cycle radical concerne la « conscience énergétique, renforce l’aspect énergétique et cellulaire. ». Et il nous faut souligner que l’apparition du mot « énergie » dans un contexte thérapeutique est le signe quasi-systématique d’un propos ésotérique éloigné de la médecine fondée sur les preuves.

Plus grave, dans le corpus théorique, en tout cas la version de Raymond Abrezol, qui fait autorité, le cancer serait lié à un trouble dans le niveau de conscience : ce serait la « maladie omicron » de  « l’anaphronie ».

Source : La quête de l’excellence tome1: Comment augmenter ses performances. De Raymond Abrezol (2013)

On trouve aussi le concept de « vivance d’intégrité » avec six « engagements existentiels » : « l’Individualité, la Groupéïté, la Société, l’Humanité, l’Univers, l’Eternité. » Les degrés de relaxation avancés font intervenir la conscience de la phylogénèse et de l’ontogénèse, et c’est très intéressant… Ces mots renvoient à la biologie de l’évolution et à la biologie du développement, des disciplines dans lesquelles on est précis avec  la terminologie et où l’on comprend les relations de cause à effet proposées par les théories. J’ignore où sont ces relations causales dans l’approche sophrologique de ces domaines.

En somme, le corpus théorique de la sophrologie, après 60 ans d’existence, ne semble pas avoir gagné en clarté, avoir progressé vers une intégration aux savoirs environnants. On assiste au contraire à un cloisonnement de divers courants (la sophro-analyse, la sophrologie existentielle, la sophrologie dynamique, la sophro-substitution sensorielle…) et à une surenchère dans des concepts davantage spirituels que scientifiques. C’est bien le droit des sophrologues de se satisfaire de l’état de ce corpus. Libre à chacun d’être convaincu par la justesse de ces contenus, et il pourrait bien se trouver que tout soit vrai. Admettons, après tout. Mais on ne peut en rester là, car la sophrologie n’est pas une œuvre de fiction ou une pure invitation à un exercice mental d’imagination ; il s’agit d’une approche avec des prétentions thérapeutiques, notamment sur la douleur et sur l’anxiété. Dès lors une question prévaut sur toutes les autres : Quels en sont les effets ?

Etat de l’art sur l’efficacité.

Présent également à cette émission, Richard Esposito, dirige le groupe d’épistémologie de la sophrologie, ainsi décrit : « Le GES est une unité de recherche scientifique, son principal objectif est d’étudier la sophrologie dans ses fondements, méthodes et résultats. ». Dans le monde scientifique, une unité de recherche est censée produire…. de la recherche, c’est-à-dire des données expérimentales permettant d’explorer des questions scientifiques. La seule manière de valider cette démarche est la publication d’études dans des revues scientifiques à comité de lecture. Ce n’est pas ce que semble faire le GES qui publie un bulletin, les « Annales d’épistémologie de la sophrologie », ouvert aux sophrologues pour qu’ils y fassent état de leurs observations et conclusions personnelles en dehors du cadre d’un protocole dûment expertisé.

Pour rappel, il existe des revues de numérologie et des revues d’astrologie avec des prétentions scientifiques. Il ne suffit pas de qualifier une revue de « scientifique » pour en en faire un élément de la véritable littérature scientifique. Ce qui distingue une vraie publication scientifique, c’est la méthode critique mobilisée pour la rédiger, la corriger, l’amender et fournir les protocoles et les données recueillies. La qualité du travail peut se mesurer ensuite au nombre de citations dans des travaux ultérieurs.


On peut trouver plus de 150 articles adoptant la forme d’une publication scientifique sur la sophrologie. Beaucoup sont en français, ce qui indique un très faible rayonnement intellectuel, les autres pratiques médicales publient en anglais dans le monde entier. Les études sont très peu citées dans la littérature (Rappel : le nombre de citation est l’un des meilleurs indices de la valeur que les experts d’un domaine accordent à une publication).

La très grande majorité de ces études sur la sophrologie ne visent pas à en mesurer l’efficacité. Souvent, elles se résument à constater ce qui se passe quand on fait de la sophrologie avec des malades… S’ils se rétablissent, on met cela au crédit éventuel de la sophrologie et on conclut que c’est encourageant, qu’il faut plus d’études… Mais une telle approche ne permet pas de mettre en évidence une réelle efficacité putative. Le simple fait d’occuper un patient, de le faire bouger, se relaxer ou se concentrer sur sa respiration peut suffire à améliorer son état ou son ressenti.

On trouve un tout petit nombre d’études scientifiques qui vont au-delà du témoignage et de la simple observation de cas. Quatre. Les trois premières veulent conclure sur le potentiel intérêt de la sophrologie, dans l’asthme et les douleurs de dos.

  • J.-M. Constantin, S. Perbet, E. Futier, S. Cayot-Constantin, V. Gignac, F. Bannier, H. Fabrègue, C. Chartier, R. Guerin, J.-E. Bazin (2009) Impact de la sophrologie sur la tolérance des séances de ventilation non invasive chez des patients en insuffisance respiratoire aigue. Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation. 28 : 215–221 (article cité 5 fois dans la littérature).
  • Carmina Castellano Tejedor, Gemma Costa Requena, Pilar Lusilla Palacios, Ana Palacios González, Laura Camprubí Roca, Alex Ginés Puertas, Elisa Barnola Serra (2015). A Multidisciplinary Approach for Patients with Non-specific Chronic Low Back Pain: Study Protocol and Preliminary Findings. International Journal of Psychology and Psychological Therapy 15 (3) : 433-442. (aucune citation trouvée dans la littérature)
  • Romieu H, Charbonnier F, Janka D, Douillard A, Macioce V, Lavastre K, Abassi H, Renoux MC, Mura T, Amedro P. (2018) Efficiency of physiotherapy with Caycedian Sophrology on children with asthma: A randomized controlled trial. Pediatr Pulmonol. 2018 May;53(5):559-566. doi: 10.1002/ppul.23982. (cité 1 fois dans la littérature)

Aucune de ces 3 premières études ne respecte l’exigence d’un bon protocole scientifique : pas de groupe placebo, pas de double aveugle ou de randomisation. Elles ne pourraient pas être prises en compte dans une méta-analyse exigeante. Mais on m’a signalé une étude clinique randomisée contre placebo en double aveugle (Merci Nicolas) !

  • Romieu H, Cha Hugo Jário de Almeida, Silva José Cortez Assunção Júnior, Franciele Santos de Oliveira, Jaine Maria de Pontes Oliveira, Glauko André Figueire do Dantas, Caio Alano de Almeida Lins, Marcelo Cardoso de Souza (2018). Sophrology versus resistance training for treatment of women with fibromyalgia: A randomized controlled trial. Journal of Bodywork and Movement Therapies. (Source)
    • Résumé : sur des patientes atteintes de fibromyalgie, on  compare la sophrologie avec une activité sportive (« resistance training ») et on constate que la sophrologie n’a pas plus d’effet sur la douleur et qu’elle est moins efficace pour récupérer force et motricité.

Après 60 ans d’existence, on tient enfin une étude réalisée dans les règles de l’art… Et elle montre que la sophrologie ne fait pas mieux qu’un placebo, et qu’il vaut mieux faire un peu de sport. Dès lors, pourquoi s’encombrer avec de la « dysphronie », des « epsilons » ou « omicron », avec la « vivance phronique » ou de la « phénoménologie existentielle » ? Jusqu’à preuve du contraire, l’ensemble des concepts de la sophrologie peut passer à la poubelle sans que les patients n’y perdent rien. Et cela est le signe qu’on fait fausse route en défendant la sophrologie, quand en réalité ce qu’il convient de défendre, ce sont les conseils médicaux simples et pas assez écoutés : avoir une activité physique suffisante, surveiller son alimentation, éviter le stress, prendre soin de son sommeil. Si nous acceptions mieux la pertinence de ces conseils, nous n’aurions pas besoin de les entourer d’un décorum, d’une forme de rituel, de notions abstruses ou de pilules ; nous nous en porterions sans doute mieux.

Comment devient-on sophrologue ?

Pour le Ministère de la santé en 2004 : « La sophrologie n’est pas une discipline définie ni reconnue dans le cadre du code de la santé publique. » Par conséquent le métier et le titre de sophrologue ne sont pas réglementés en France. L’exercice de la sophrologie est libre. En d’autres termes, les diplômes en sophrologie ne valent rien car ils ne sont pas protégés, et le sophrologue que vous consultez peut n’avoir suivi aucune formation. On peut obtenir un « master en sophrologie » uniquement en Andorre (paradis fiscal ou Caycedo s’est installé) mais c’est parce que le terme master n’est pas protégé là-bas comme il l’est en France. Cela n’empêche pas de très nombreuses formations professionnelles sur la sophrologie d’être proposées de manière très officielle dans tous les catalogues de formation.

Dans sa thèse de médecine intitulée « Utilisation de la sophrologie par les médecins généralistes : une étude exploratoire » soutenue en 2008[4], Anne Maruéjouls conclut avec ces observations :

  • « Ces médecins ont avant tout choisi la sophrologie comme approche globale, par insatisfaction de l’enseignement de la médecine tel qu’il est dispensé par l’université. Certes utile et nécessaire, cet enseignement n’est pas suffisant à leurs yeux pour relier les dimensions physiques et psychiques de la personne.
  • Leur pratique est hétérogène : ils exercent une activité salariée, libérale en secteur 1 ou 2. La sophrologie s’inscrit soit dans un suivi court de 8 à 10 séances, soit ils l’intègrent à une consultation de médecine générale simple, de psychothérapie ou d’acupuncture. – Cette technique ne peut pas convenir à tous les patients. Il existe des contre-indications, notamment les pathologies de type psychose ou syndrome dépressif sévère en cours.
  • La relation sophrologique est avant tout une relation inter-humaine, qui remet le patient au centre de sa problématique, comme acteur de sa prise en charge. Les médecins insistent sur le fait que cette relation thérapeutique, orientée sur la personne, n’a pas le médicament pour support, ce qui n’est pas le plus fréquent en médecine générale traditionnelle.
  • Interrogés sur l’évaluation de leurs pratiques, ils estiment avoir des difficultés à répondre. La méthode n’a jamais été évaluée scientifiquement et leur point de vue est subjectif. Cela dit, les retours qu’ils ont pu avoir sont plutôt positifs lorsque le patient a réussi à s’impliquer dans la démarche. »

Les dangers de la sophrologie

Que dit la Miviludes sur les pratiques de soin non conventionnel ?

« Les dangers de ce marché alternatif de la guérison et du bien-être tiennent d’abord à l’absence d’évaluation indépendante et rigoureuse des méthodes et des formations qui excluent explicitement ou de fait les pratiques médicales conventionnelles. Mais certaines de ces pratiques répondent également aux critères de la dérive sectaire car elles sont le fait de « gourous thérapeutiques » qui exercent une véritable emprise mentale sur les malades, pour mieux les dépouiller de leurs ressources. »

(source)

Aujourd’hui le domaine le plus concerné par les signalements reçus par la Miviludes est celui de la santé et du bien-être, avant la spiritualité. Ce rappel n’est pas inutile concernant la sophrologie, puisque des dérives ont déjà eu lieu, et parce que le corpus théorique de la doctrine est intensément compatible avec les mouvances ésotériques dont le danger n’est plus à démontrer. Ne prenons qu’un exemple : Raymond Abrezol est l’un des auteurs les plus importants de la sophrologie. L’un des premiers élèves de Caycédo, il est directeur du Collège International de Sophrologie Médicale. Il est dentiste. Ses livres parlent beaucoup de spiritualité. Il relate avoir fait un rêve prémonitoire impliquant l’enseignement de Mikhaël Aïvanhov, qu’il rencontre, qu’il admire et qui est le gourou de la secte « La Fraternité Blanche Universelle »[5]. (rapport parlementaire de 1995)

Et pourtant des médecins l’utilisent et font des recherches dessus.

Sur la base du ressenti des patients, certains pensent que la sophrologie est valide et qu’il faut maintenant l’appliquer, mais c’est une approche qui manque de prudence. On peut sans difficulté croire que le temps passé à échanger avec une personne (sophrologue ou non) attentive, patiente, qui aide à se relaxer, soit un véritable plus pour les malades ou les gens stressés. Être écouté, être pris en charge par des gens sympathiques (et les sophrologues que j’ai croisés étaient tout à fait sympathiques, on aurait vraiment envie de croire à ce en quoi ils croient !) ça fait du bien. Il n’y a rien d’étonnant à ce que des gens dont on prend soin se sentent soignés. C’est sans doute ce temps de soin et d’écoute, en d’autres termes de psychologie, qui fait du bien. L’apport de la sophrologie en tant que telle, avec ses explications, son jargon, son cortège de concepts ésotériques ressemble à une illusion d’optique. Oui, les gens vont peut-être mieux après une séance de sophrologie, oui ils en infèrent aisément que c’est grâce à la sophrologie qu’ils vont mieux, mais non il n’y a en réalité aucune raison de croire que c’est ce qui s’est réellement passé. Le simple fait qu’on s’occupe d’eux, qu’on les traite humainement, avec douceur, est sans doute l’ingrédient secret de la recette.

Le lien vers l’émission du 18 février 2019 : https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-18-fevrier-2019.

Ressources

Il n’existe que de rares ressources sceptiques sur le sujet. Elles sont donc très précieuses, les voici :


[1] Renaud Marhic et Emmanuel Besnier, Le New Age – son histoire… Ses pratiques… Ses arnaques…, Paris, Le Castor Astral, 1999

[2] http://sophrologie.infos.over-blog.com/pages/La_Sophrologie-3229277.html

[3] Source : La quête de l’excellence tome1: Comment augmenter ses performances. De Raymond Abrezol (2013)

[4] https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00638461/document

[5] Alain Gest, Rapport parlementaire de la Commission d’enquête sur les sectes (décembre 1995, Assemblée nationale)

48 réponses
  1. MrG0z
    MrG0z dit :

    Merci pour cette démarche critique que vous avez apporté dans cette émission (l’évaluation scientifique des prétentions de la sophrologie). Malheureusement, je n’ai pas trouvé l’étude de ce Marc Vérin sur une prétendue efficacité de la sophrologie cité par votre contradicteur. J’ai pas cherché longtemps non plus.

    Ce serait sympathique dans ce genre d’émission de demander aux intervenants de donner précisément leurs sources aux journalistes pour les voir apparaître à l’écrit.

    Si je peux permettre faire mon chieur :

    « le nombre de citation est le meilleur indice de la valeur que les experts d’un domaine accordent à une publication »
    Ça me parait problématique dans la mesure où des articles, dont on sait la méthodologie très mauvaise, peuvent être cités de nombreuses fois. J’ai en-tête l’étude rétractée de Séralini qui est à 534 citations d’après Google Scholar. Si le critère derrière le « meilleur indice » prend en compte le temps passé, peut-être que oui c’est une bonne approximation (j’en sais rien).

    Je pense qu’on serait d’accord pour dire que c’est plus pertinent de regarder (c’est pas dans l’ordre) : * le facteur d’impact du journal (car les éditeurs pour garder un fort impact en intérêt à demander une revue par les pairs rigoureuse) ; * si l’étude est observationnel ou interventionnel ; * la taille de l’échantillon ; * la qualité du groupe contrôle si étude interventionnel : randomisé, aveugle.

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    • Owen
      Owen dit :

      En effet je suis plutôt d’accord, le nombre de citation est un critère plutôt biaisé, d’autant plus que le nombre de citation est relatif à un domaine fixé, si une étude est faite sur un domaine comportant une cinquantaine de spécialistes dans le monde, elle aura beau être tout a fait juste scientifique et ouvrir de grande possibilité dans ce domaine, on ne s’attendra pas à un très grand nombre de citations (a court terme au moins).

      Néanmoins faute de critère plus juste pouvant être mis en oeuvre, je pense que le nombre de citation peut être utile pour débroussailler le terrain en première lecture.

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      • Yorgat
        Yorgat dit :

        D’autant que cela dépend aussi du champ d’applications potentielles du phénomène étudié, et de sa « maturité scientifique » ou technologique dans sa proximité d’une application concrète (technology readiness level) :
        si je publie sur le comportement nuptiale d’un oiseau rare de Tasmanie, je serai probablement moins cité que si je publie sur les caractéristiques de résistance et de masse d’un nouveau matériau pouvant avoir des applications dans l’allégement des voitures. C’est triste mais c’est ainsi. Le marché de l’automobile est encore (pour l’instant ?) plus important que le marché de la passion ornithologique.

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  2. Martin
    Martin dit :

    Après un diagnostic de rhumatisme psoriasique, et avec la préconisation du spécialiste rhumatologue, me conseillant de reculer au maximum une prise de médicaments pouvant générer des effets secondaires, je me suis tournée vers la Sophrolgie, et ce, avec des résultats fabuleux. ma maladie a disparue depuis ma pratique. Lorsque l’on ne sait pas monsieur, et lorsque l’on ne connaît pas le sujet, l’on se renseigne, ou bien l’on test pour en connaître les bénéfices. Cordialement

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    • Acermendax
      Acermendax dit :

      Un Post hoc ergo propter hoc est une possibilité que vous ne pouvez pas écarter comme ça, monsieur.
      Cordialement.

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    • laurent quark
      laurent quark dit :

      Mr Martin, je ne demande qu’à croire que votre état clinique après des séances de sophrologie est bien provoqué par celles-ci.Je crois que c’est un peu plus complexe que çà.

      Vous n’ignorez peut être pas qu’il existe aussi l’effet placebo, que parfois aussi les effets s’estompent d’eux mêmes, je ne prétend pas que c’est votre cas, je n’en sais rien, mais vous, comment faite vous cette différence justement? entre des effets provoqués par l’effet placebo ou que les effets se sont estompés d’eux mêmes, et un effet comme le ferait « une molécule à principe actif » provoqué par les prétentions de la sophrologie, ou du moins les actions du thérapeute?

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  3. Joe
    Joe dit :

    Bonsoir,

    La terre est plate il paraît. Sisi je vous jure il y a plein d’articles là dessus, des démonstrations scientifiques et tout et tout !! Non mais sérieux vous avez un grain, la sophrologie est archi reconnu, faut vous réveiller !! Parler-en à Nadal, Federer, Manaudou… Vous êtes à mourir de rire. Vous n’y connaissez rien et vous juger… Faudra prévenir nos amis chinois que la médecine douce qu’ils font depuis des millénaires ne fonctionne pas non plus !! Bah mince alors. Et vérifier vos sources parce que là ça dépasse l’entendement.
    Merci en tous cas, vous nous avez bien fait rire !!
    Un lien juste pour vous ouvrir les yeux (attention c’est scientifique !!)
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/yoga-acupuncture-meditation-hypnose-face-a-la-science_130240

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    • Metal3d
      Metal3d dit :

      Ha tiens… Sophisme d’appel à la nature et à la popularité…
      La saignée aussi c’est ancestrale, et plein de gens disaient que ça les sauvaient. Puis la science à évolué et a permis de… Comprendre.

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    • Cyanure
      Cyanure dit :

      La médecine chinoise? On parle bien de celle qui dit que l’absorption de poudre de corne de rhinocéros donne de la vigueur sexuelle? De celle aussi qui dit que si on mélange de la poudre d’or, de jade, de mercure, de soufre, de cinabre et d’orpiment, on peut obtenir une pilule de longévité (voire de vie éternelle)?

      La médecine pratiquée en Chine a évolué, comme partout ailleurs, vers une version plus efficace, plus fiable et moins aléatoire.

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    • Olibo64
      Olibo64 dit :

      « Parler-en à Nadal, Federer, Manaudou »…
      Il est vrai que ce sont des preuves vivantes de l’efficacité de la sophrologie dans la guérison des maladies 🙂
      J’aurais préféré « parlez-en à Pierre Desproges, Freddy Mercury, Laurent Fignon »…
      Mais en fait.. non.

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  4. McMAnyo
    McMAnyo dit :

    Merci M. Martin de ce témoignage. Mais si votre démonstration est si probante de la qualité des soins prodigués par un sophrologue, qu’en est-il du témoignage d’un bon ami qui me disait hier encore : « au bout d’un an de séance de sophrologie, aucun résultat ! »
    Me voilà fort embêter, a qui donc me fier ? A vous, qui semblez convaincue de votre expérience personnelle ? A lui, que je connais depuis longtemps ? Peut-être dois-je choisir de ne pas m’appuyer sur un témoignage s’il n’est représentatif de la réalité, au mieux, 1 fois sur 2…

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    • Acermendax
      Acermendax dit :

      Les vitupérations avec 3 points d’exclamation exhortant à faire soi-même l’expérience d’une chose avant d’oser énoncer les connaissances scientifiques sur le sujet sont très fréquentes sur les sujets irrationnels et ésotériques. On m’a souvent invité à aller en Egypte avant de contredire un gourou qui prétend que les pyramides n’ont pas été faites par les égyptiens. Votre commentaire est strictement de la même eau. En prendre conscience serait une excellente chose.

      Bien cordialement,
      M.

      Répondre
    • Piaser
      Piaser dit :

      C’est un peu ce que dit l’article. Les tests qui ont été faits ne sont pas concluants. Ca m’apporte une information et me permet de prendre des décisions. Quand la science permet cela, c’est bien.

      Répondre
  5. Géraldine72
    Géraldine72 dit :

    Autant d’inepties dans un article par un monsieur qui ne sait, manifestement, pas ce qu’est une démarche scientifique…

    Cet article m’a révoltée, dans un premier temps, et ensuite j’ai bien ri !

    Cher Monsieur, parfois il vaut mieux se taire et passer pour un inculte, plutôt que d’écrire ces idioties et ne laisser aucun doute au lecteur !!!

    Merci pour ce moment !!!

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    • Acermendax
      Acermendax dit :

      Votre commentaire livre votre humeur. Une réfutation eut été plus percutante, car votre humeur ne regarde que vous, madame, tandis que les faits concernent tout le monde.

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    • Piaser
      Piaser dit :

      « Autant d’inepties » : par expemle ?
      Si l’article contient des mauvais arguments j’aimerai les connaitre… et changer d’avis.
      A la suite de n’importe quel texte on peut dire « ce ne sont qu’inepties ». Montrer ce que seraient ces inepties est autrement puls délicat à faire.

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  6. Skyrem38
    Skyrem38 dit :

    Merci pour cet article très clair et intéressant. Je m’attriste de voir que la plupart des réactions en commentaires n’ont rien de critique et qu’elles se contentent de remettre en question votre personne. On voit que c’est documenté et réfléchi ; du bon travail ! Et ça met bien les choses au clair. Après la lecture, on sait mieux où placer cette discipline entre science, ésotérisme, religion, psychologie et développement personnel. Et cela rappelle qu’une bonne aide médicale et psychologique vaut toujours mieux qu’une pseudo-science.

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  7. Delphine
    Delphine dit :

    Actuellement en formation du métier de Sophrologue je suis assez étonnée par votre article. Alors je n’ai pas encore écouté le podcast, et vu comment vous présentez les choses et les retours que j’en ai eu, je ne suis pas sûre de l’écouter non plus.
    J’ai du mal avec le fait qu’une poignée de personnes soit censée représenter le plus grand nombre et qu’à ce titre on mette tout le monde dans le même panier. Ça vaut pour TOUS les niveaux de notre société actuelle.
    Certes M. Caycedo a fondé le principe de la sophrologie… il y a 60 ans. Il y a 60 ans, en Espagne, pendant le règne de Franco. Depuis l’eau a coulé sous les ponts non? Il était médecin, donc on part du principe que ça doit avoir un lien avec la science. Ok… bon c’est une idée comme une autre.
    La première chose que l’on apprend, 60 ans après, c’est que la Sophrologie n’est PAS un traitement médical, qu’elle ne substitue en aucun cas à un traitement médical seulement qu’elle peut intervenir en complément. Jamais je n’ai entendu le contraire dans mes recherches avant d’entrer en formation. Alors peut-être suis-je tombée sur des ovnis de la sophrologie quand j’ai expérimenté ou qu’on a tenté de m’expliquer ce que c’était.
    La sophrologie de Caycedo (la base) se repose des influences thérapeutiques : l’hypnose, l’autosuggestion positive, la relaxation progressive,… mais également effectivement sur la neurologie (pour la définition des états de conscience) et sur la psychanalyse (pour la théorisation du concept d’inconscient). Est-ce que les sophrologues se veulent du coup neurologues ou psychiatres?? Non c’est juste que ces deux disciplines permettent de connaitre uniquement sur les points cités, de quoi nous parlons. De plus quand vous parlez de « phénoménologie »… vous croyez vraiment que l’on utilise « ce jargon » pendant les séances? Le reste des mots « bizarres » que vous employez… je n’en ai jamais entendu parler.
    La liste des influences n’est pas exhaustive.
    Caycedo a vu une scission entre les thérapeutes au moment effectivement où il indiquait que les Sophrologues devaient suggérer certaines valeurs aux « clients » suite à la déchéance de Franco qu’il considérait comme une catastrophe… D’autres courants sont nés depuis en complète opposition à ce principe là.
    Effectivement la sophro n’a rien de scientifique, elle n’a pas pour but de l’être aujourd’hui. C’est une méthode de développement personnelle, et ce depuis 40 ans maintenant. Vouloir démonter la méthode parce qu’elle n’est pas scientifique, ça aurait eu un sens il y a 60 ans. Mais c’est un peu obsolète maintenant.
    Pour autant ça n’est pas parce qu’elle ne soigne pas que la méthode est inutile, le pouvoir du mental sur le corps est bien connu. Des charlatans, avec des dérives ça doit bien exister, comme des gens bienveillants qui croient en ce qu’ils font. Personnellement je ne souhaite pas en faire mon métier à temps plein, c’est un peu utopique à l’heure où n’importe qui peut se prétendre Sophrologue, mais je souhaitais en savoir plus, me former correctement, être informée correctement. Il y a des lacunes, comme dans n’importe quelle discipline, mais ne prêtez pas à la Sophrologie des intentions qu’elle n’a pas. Elle n’a jamais voulu soigner de pathologies, de maladies, elle n’a pas vocation à cela. Soulager, retrouver un équilibre ou préparer mentalement à affronter un événement de la vie oui.

    Répondre
    • Bob
      Bob dit :

      Commentaire intéressant, qui diffère quelque peu des propos tenus par les intervenants de l’émission « Grand bien vous fasse ».
      Il aurait été également intéressant que Thomas C Durand réponde à ce commentaire, car il semble se contenter ici de remettre un peu à leur place les personnes qui manquent de rigueur dans leurs argumentations….

      Répondre
    • Holocène
      Holocène dit :

      Bonjour/Bonsoir,

      Vous dites que la sophrologie peut intervenir en complément d’un traitement médical. Le problème, c’est qu’il n’existe (à l’heure actuelle) aucune preuve scientifique (voire médicale) de l’efficacité d’une telle prise en charge. On en conclue donc à l’heure actuelle que c’est une pseudo-science. (cf. Wikipédia)

      Les gens font ce qu’ils veulent, le problème c’est que la sophrologie est connue pour être utilisée par des mouvances sectaires, et ça, c’est la Miviludes qui nous l’indique
      (→ https://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/guide_sante_mars_2018%20b.pdf ). C’est là qu’est le réel danger, certaines personnes pourraient préférer la sophrologie (et autres pseudo-sciences) à la médecine, ce qui mènerait à de graves répercussions sur leur état de santé. C’est un phénomène que nous ne devons pas ignorer.

      Vous faites également un parallèle avec la psychanalyse et évoquez plus loin le terme « psychiatre ». Or, ce sont deux choses différentes. Un psychiatre est un médecin qui a suivi une spécialisation en psychiatrie (il peut par exemple, à ce titre, prescrire des médicaments, contrairement à un psychologue). La psychanalyse est un courant psychothérapeutique et n’est pas nécessairement relié à la médecine. (voir le Live #58 de La Tronche en Biais)

      Vous dites, je cite : « Effectivement la sophro n’a rien de scientifique, elle n’a pas pour but de l’être aujourd’hui. » ainsi que « Elle n’a jamais voulu soigner de pathologies, de maladies, elle n’a pas vocation à cela. »
      Je suis tout à fait d’accord avec vous, elle n’a rien de scientifique. Toutefois, si elle n’a pas vocation à soigner, pourquoi en ce cas vouloir la proposer en complément d’un traitement médical, comme vous le mentionniez ?
      Soulager n’est pas soigner, cependant la sophrologie prétend bien avoir des effets bénéfiques. Sauf que ça n’est pas prouvé avec une démarche scientifique, on ne peut donc pas lui attribuer autant de crédit qu’aux sciences. Le risque est que la personne, souffrante et donc en état de faiblesse, croit en de fausses promesses qui découlent d’une méthode non-rigoureuse (pour ne pas dire inexistante). Et si cette personne est mal informée, elle peut plus facilement tomber dans un piège (abus de faiblesse).

      Vous ajoutez : « le pouvoir du mental sur le corps est bien connu », il aurait été intéressant de nous citer une source, une référence.

      Dans l’absolu, oui, pourquoi pas ? Mais il faut des preuves, et une rigueur scientifique. Chose que nous n’observons pas actuellement.

      Si je me trompe, libre à vous de me corriger.

      Répondre
      • Delphine
        Delphine dit :

        Que certaines personnes fassent le choix d’écarter la médecine pour tenter de soigner le mal par un autre biais (sophrologie ou autre parce que je ne pense pas que ça soit la seule méthode) je considère ça aussi comme dangereux. Et je pense que 95% des sophrologues le considèrent aussi.
        Maintenant lutter contre ça c’est un autre débat. Personnellement je ne persuaderai jamais quelqu’un qui développe une pathologie que la sophrologie est le seul remède à ses problèmes. Je ne dois pas être la seule.

        En complément d’un traitement médical, j’entends par le biais d’exercices de relaxation, de respiration, qui font que la personne peut mieux « encaisser » certaines choses, certains maux.
        Je ne remets pas en cause le fait que ça n’a pas été « prouvé » scientifiquement si vous voulez, je partage seulement ma propre expérience pour avoir discuté avec des personnes qui ont utilisé la sophro dans ce but là. Et les retours sont assez élogieux.

        La Sophrologie, comme je l’ai mentionné plus haut, ça n’est pas que l’accompagnement de personnes avec des pathologies. Ca me gène que vous ne focalisiez que sur ça, et que vous sous-entendiez quelque part que nous « profitons » des « esprits affaiblis ». Une personne malade n’est pas forcément en situation de faiblesse, tout comme une personne en bonne santé n’est pas forcément forte. Il y a de tout. Il y a aussi et majoritairement des personnes qui souhaitent développer leur potentiel, se préparer mentalement à affronter un évènement… Et là encore, j’ai pu personnellement expérimenté ce biais là, j’ai pu échangé avec d’autres qui ont utilisé la sophro dans ce but là.
        Si je n’avais pas été convaincue, je n’essaierai pas d’en savoir plus aujourd’hui.

        Alors oui, il n’y a pas de preuve scientifique, oui on peut considérer que c’est du charlatanisme du coup, si vous voulez. J’aimerai juste que vous puissiez discuter avec des personnes qui ont expérimenté la méthode éventuellement dans votre entourage. Tout n’est pas que science non plus. La science évolue tout le temps il me semble aussi? Je ne suis pas une grande experte.

        Mea culpa pour psychanalyse et psychiatre, bien trop proche dans mon commentaire. Je ne voulais pas utiliser le terme psychanalyste/psychologue car je voulais bien parler d’une discipline de médecine, et je ne voulais pas vraiment dans mon discours associé les deux, mais c’est confus j’en conviens !

        Je n’ai pas la rigueur scientique, j’expérimente par moi-même, je lis je me documente mais je n’ai rien là spontanément à vous sortir pour « prouver » que le mental peut influer positivement (ou le contraire) sur le corps.
        Je ne cherche, encore une fois, pas non plus à convaincre parce que l’idée générale de l’article est que la Sophrologie n’est pas une science, je suis d’accord sur ça, mais pas sur les arguments avancés qui sont très spécifiques à un courant et d’autres idées un peu farfelues.

        Répondre
        • Holocène
          Holocène dit :

          Selon vos propos, il n’en est pas moins que les 5% restant peuvent causer de lourds dégâts.

          Vous dites « par le biais d’exercices de relaxation, de respiration, qui font que la personne peut mieux « encaisser » certaines choses, certains maux. »
          Soit, est-ce prouvé ? L’article d’Acermendax mentionne une étude concluant qu’une activité physique a ce résultat, et d’autres encore tout autant bénéfiques. De quels maux serait-il question pour vous ? En quoi la sophrologie serait-elle plus efficace que d’autres moyens (voire de réelles prises en charges thérapeutiques) ? Toute expérience personnelle n’est pas suffisante pour le démontrer.

          Vous dites également « Ça n’est pas que l’accompagnement de personnes avec des pathologies. Ça me gène que vous ne focalisiez que sur ça, et que vous sous-entendiez quelque part que nous « profitons » des « esprits affaiblis » ».
          Oui, j’en conviens, la sophrologie ne s’adresse pas uniquement aux personnes présentant des pathologies.
          Toutefois, en écoutant l’émission Grand Bien Vous Fasse, nous pouvons clairement percevoir un discours de soin par les sophrologues. L’un des intervenants évoque les problèmes de confiance en soi. La relaxation et les exercices de respiration améliorent-ils la confiance en soi ? Ce sont les actions concrètes que propose la sophrologie, pourtant cela semble bien peu, et ce n’est pas prouvé.
          Dans l’émission, l’un d’eux affirme « Un sophrologue n’est pas un thérapeute, il accompagne des professionnels de la santé. », là encore, dans quel but si ce n’est dans une démarche de soins complémentaires ?
          Je n’ai pas mentionné le terme « profit », je ne veux pas faire de généralité et encore moins accuser les sophrologues. J’accuse simplement la méthode, qui est loin d’être rigoureuse. Même lorsque l’on parle de sophrologie (et Acermendax l’évoque très bien dans cet article), on reste dans le flou, et l’un des intervenants de l’émission dit lui-même « c’est très difficile à expliquer ». Or, quelque chose d’efficace doit être un minimum accessible et compréhensible, avec une méthodologie précise, des faits et des bases solides. Autrement, ça n’a aucun sens de lui attribuer autant de crédit.

          Vous dites : « Une personne malade n’est pas forcément en situation de faiblesse, tout comme une personne en bonne santé n’est pas forcément forte. »
          Si j’ai bien compris, vous dites qu’une personne en bonne santé physique peut se sentir mal, par exemple en état de dépression suite à un événement ou bien présenter du stress. Mais cela ne fait-il pas partie de la santé, justement ?
          Dire qu’une personne présentant une pathologie n’est pas forcément en situation de faiblesse, cela minimise l’impact du handicap de la personne (quel qu’il soit) pourtant bien réel. En parlant de faiblesse, je faisais surtout allusion à la faiblesse de l’organisme d’un être humain malade, mais cela vaut aussi pour les troubles mentaux et/ou psychiatriques. Je ne suis pas en accord avec les termes du style « faiblesse d’esprit », mais ce n’est pas le sujet donc j’éviterai de m’épancher là-dessus (ça n’en est pas moins intéressant).

          Vous ajoutez « Il y a aussi et majoritairement des personnes qui souhaitent développer leur potentiel, se préparer mentalement à affronter un événement ».
          Plusieurs termes doivent être définis ici : l’événement, le potentiel. Pour ce dernier, j’avancerai qu’il ne s’agit sans doute pas du potentiel de respiration. Reste la relaxation, et c’est sans doute ça le plus intéressant : en quoi la sophrologie apaiserait-elle mieux qu’autre chose ?
          Acermendax l’a écrit de manière très juste : nous sous-estimons les effets bénéfiques que peuvent donner les interactions humaines. Quand on écoute les sophrologues parler, on constate une bienveillance et une volonté d’amener la personne à se sentir mieux. Il est évident que cela apporte des effets bénéfiques à la personne en face, parce que du temps lui est consacré. Là encore, si la sophrologie est exercée dans ce but, ce sont des intentions louables. Seulement, ce n’est pas une méthode qui s’est révélée efficace scientifiquement. Mais elle peut avoir le mérite de poser la question des effets positifs des relations entre les individus.

          Vous dites « J’aimerai juste que vous puissiez discuter avec des personnes qui ont expérimenté la méthode éventuellement dans votre entourage.»
          Loin de moi l’idée de paraître obstinée, mais si j’attends des preuves, ce n’est pas à travers les expériences personnelles que je les trouverai (même si réellement, je serais la première à me réjouir de l’amélioration de l’état de santé de la personne face à moi).

          Vous dites : « La science évolue tout le temps il me semble aussi ? »
          Vous avez raison. Mais il faut pour cela lui donner une chance d’évoluer, et donc il faut respecter ses principes, ses codes et ses méthodes. Encore une fois, si la sophrologie avait de réels effets bénéfiques, ce serait bien évidemment une bonne nouvelle. Toutefois, ce n’est pas (encore ?) ce que nous constatons.

          Répondre
  8. Gixem
    Gixem dit :

    Article très intéressant, j’avais précédemment des doutes sur la sophrologie mais maintenant je suis fixé é_è

    Je trouve vos analyses tout à fait pertinentes et bienvenues : nous avons trop tendance à sous-estimer les effets du sport, de la relaxation et du dialogue sur la santé.
    Pire encore, même les universités n’en sont pas épargnées. Lorsque j’étudiais à l’université d’Orléans il y a 2 ans (ou même actuellement à Compiègne), je recevait assez souvent des invitations à participer à des séances de sophrologie, présentée comme étant de la relaxation. Plutôt que de la sophrologie, ils pourraient carrément proposer de la relaxation et arrêter avec l’ésotérisme.

    En tout cas, merci pour votre travail en faveur de l’esprit critique et espérons que cet article amènera d’autres personnes à voir la véritable nature de la sophrologie.

    Répondre
  9. Jaulin
    Jaulin dit :

    Je partage avec vous votre scepticisme concernant:
    – le bien fonde « scientifique » de la methode d Alfonso Caysedo.
    – et les etudes faites qui ne respectent pas ou insuffisamment un protocole scientifique irreprochable.

    Par contre, concernant votre intervention a l emission sur France Inter, j ai trouve que votre prise de parole etait mauvaise: votre ton, le debit, la facon de poser vos arguments ne donnaient peu ou pas envie de vous ecouter. C est dommage!

    Auriez vous besoin de quelques seances de sophrologie pour ameliorer votre prise de parole en publique?

    A votre disposition.

    Répondre
  10. Delphine sophrologue
    Delphine sophrologue dit :

    « La connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information » d’Albert Einstein, mathématicien, physicien et scientifique … Vous semblez avoir tant besoin de la science pour croire en quelque chose, je vous invite à appliquer ce concept encore vrai aujourd’hui… expérimentez et peut être alors, sans jugement ni a priori, comprendrez vous ce que peut apporter la sophrologie.

    Répondre
    • Acermendax
      Acermendax dit :

      Votre tentative d’argument est le sophisme de l’anecdote personnelle. Il est utilisé par tous les charlatans qui estiment que leur produit miracle doit être essayé avant d’être critiqué. Vous ne devriez pas avoir envie de parler comme un charlatan.
      Qui dit prouve : si la sophrologie a des résultats, cela se montre. Voici 60 ans qu’on attend.

      PS : ma parole toutes les sophrologues s’appellent Delphine ? (vous êtes la troisième, ça se voit sur les emails. C’est étonnant)

      Répondre
  11. Dr Morgan DAVID
    Dr Morgan DAVID dit :

    « La connaissance s’acquiert par l’expérience… »
    Alors de deux choses l’une, où bien Einstein n’a jamais prononcé ni écrit cette phrase (comme Jules César avait l’habitude de proclamer au Sénat romain qu’il ne fallait pas croire toutes les citations d’hommes célèbres lues sur internet), où bien Einstein évoquait par l’expérience l’expérimentation scientifique, pas l’empirisme…
    La conclusion est que vous nous donnez raison en nous donnant tort. Les esprits critiques vous remercient…

    Répondre
  12. Delphine
    Delphine dit :

    Ca se voit sur les mails, sauf que ce ne sont pas les mêmes mails parce que nous sommes vraisemblablement 3 personnes, nées dans les années 70/80 où le prénom était très populaire… 🙂 Fabuleux comme remarque…

    Répondre
  13. Romain
    Romain dit :

    Est-il encore nécessaire de rappeler que c’est à celui qui avance une proposition (l’efficacité de la sophrologie), qui doit amener la preuve de ce qu’il avance?
    Pour l’instant, en l’absence de preuve, il est prudent de ne pas croire…
    Peut-être qu’un jour, on arrivera à prouver l’efficacité de la sophrologie, mais pour l’instant… au lieu de faire des reproches aux sceptiques, montez plutôt des études à la méthodologie béton, pour tester votre hypothèse, et ensuite, nous croirons à son efficacité, à une seule condition: que la preuve de l’efficacité soit faite.

    Répondre
  14. laurent quark
    laurent quark dit :

    bonjour, comment dire, pas sûr que l’on puisse mettre la sophrologie dans le même panier que les dérives sectaires, je dis çà parce que il n’y a guère de propos sur le site concernant la sophrologie…

    https://www.derives-sectes.gouv.fr/search/node/sophrologie
    D’accord la littérature est pauvre sur le sujet, pas d’effet de son efficacité, mais ça ne signifie pas pour autant que la sophrologie est une dérive sectaire….
    Ce que je veux dire c’est que ce que dit la miviludes sur les pratiques de soin non conventionnel, concerne un thème précis, il me semble, les dérives sectaire. hors jusqu’à preuve du contraire le site même ne parle pas de la sophrologie comme en étant une… et vaut mieux pas d’ailleurs parce que quand je vois qu’il y a des affiches pour proposer aux patients cancéreux des séances dans au moins 1 hôpital public de Marseille, ce serait problématique si c’était une dérive sectaire.

    Répondre
    • Holocène
      Holocène dit :

      Bonjour/bonsoir,
      Dans le document réalisé par la Miviludes ( → https://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/guide_sante_mars_2018%20b.pdf ), il est question des pratiques les plus utilisées par les dérives sectaires.
      Vous avez raison, la sophrologie n’est pas définie comme une dérive sectaire. Toutefois, ces dérives utilisent bel et bien la sophrologie, méthode employée pour arriver à leurs fins. Je vous invite à parcourir ce document très complet et explicatif. (CTRL + F et recherchez le terme « sophrologie », si vous souhaitez aller plus vite)

      Le tout est donc d’être vigilant face à l’utilisation de la sophrologie.

      Répondre
      • laurent quark
        laurent quark dit :

        donc en fait c’est ce qu’il y a autour dont il faut se méfier le plus, pas la pratique en soi… sauf pour des critiques qui la concerne directement.

        ps: pas encore regarder le doc, il peine à le charger, je n’ai que la page 1….

        Répondre
  15. laurent quark
    laurent quark dit :

    Mr Martin, je ne demande qu’à croire que votre état clinique après des séances de sophrologie est bien provoqué par celles-ci.Je crois que c’est un peu plus complexe que çà.

    Vous n’ignorez peut être pas qu’il existe aussi l’effet placebo, que parfois aussi les effets s’estompent d’eux mêmes, je ne prétend pas que c’est votre cas, je n’en sais rien, mais vous, comment faite vous cette différence justement? entre des effets provoqués par l’effet placebo ou que les effets se sont estompés d’eux mêmes, et un effet comme le ferait « une molécule à principe actif » provoqué par les prétentions de la sophrologie, ou du moins les actions du thérapeute?

    Répondre
  16. Liame
    Liame dit :

    Je m’autorise une remarque concernant Acermendax et qui n’a aucun rapport avec la sophrologie. C’est en relation avec vos prises de paroles, que ce soit à la radio (!) ou sur vos excellentes vidéos de la Tronche en biais. Vous avez tendance à manger les mots, et vous vous exprimez avec un débit saccadé, ce qui gène la compréhension de votre discours. C’est dommage ! Si je peux me permettre un conseil : prenez des cours de diction et de respiration (comme au théâtre !) , ou efforcez-vous de bien articuler. Bien s’exprimer aide à la compréhension. Ce n’est pas un point de détail, cela me semble important. Surtout si vous devenez un personnage médiatique (clin d’oeil).
    Bravo et merci pour votre travail.

    Répondre
    • Bob
      Bob dit :

      Je suis tout à fait d’accord avec cette remarque. Et je sais que Monsieur Durand et parfaitement conscient de ce problème. Je ne peux que l’encourager à améliorer sa diction, car c’est le seul point faible de ses interventions.

      Répondre
  17. laurent quark
    laurent quark dit :

    Il a dit la valeur, ca ne veut pas dire une valeur forcement positive
    ..reste à consulter les citations….

    c’est un indice quand même dans le sens où l’on sait qu’il y a un « avis » très prononcé …

    Je le vois comme çà

    Répondre
  18. Cabinet du Larzac
    Cabinet du Larzac dit :

    « Je ne connais pas à fond l’histoire de cette discipline, ses très nombreux courants, ses prétentions, ses têtes de file, le poids économique de la littérature ou des formations qui y ont attrait » dit ce Monsieur. Tout est dit…personnellement, je ne connais ni l’astronomie, ni la médecine, ni ni ni mais, pour cette raison, je me tais. Si tous ceux qui ne connaissent pas à fond l’astronomie, la médecine, etc. etc. en parlent, sans s’être donnés la peine de les étudier, leur apport ne sert à rien, qu’à leur propre péroraison.

    Répondre
    • Acermendax
      Acermendax dit :

      Vous êtes coupable d’un « sophisme génétique » (teinté de snobisme) : attaque du messager dont vous n’aimez pas le message.
      Vous êtes autorisé à argumenter sur le fond de l’article afin de dire où il dirait des choses fausses ou trompeuses. Votre aide sera appréciée.

      Répondre
  19. Romain
    Romain dit :

    « Vous n’avez pas [longuement] étudié le sujet, vous n’êtes donc pas qualifié pour parler de l’absence de preuve scientifique de son efficacité. » Il y a aussi un léger parfum (implicite?) de renversement de charge de la preuve, non?
    En fait, le reproche à la discipline, c’est qu’elle existe depuis longtemps, et n’a pas apporté de preuve d’intérêt spécifique dans au moins un domaine. J’aime bien cette citation (je ne sais plus de qui elle est): « Comment appelle-t-on une médecine alternative qui a fait la preuve de son efficacité? Une médecine. »

    Répondre
  20. Brigitte
    Brigitte dit :

    Article très intéressant et constructif. Je me pose des questions de même ordre à propos de la « méditation de pleine conscience ». Seriez-vous partant pour en écrire un ? Merci !

    Répondre

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