Les secrets de l’anthroposophie

Invité : Grégoire Perra

Enregistré le mercredi 14 novembre 2018 au Muséum Aquarium de Nancy.

 

Editorial

Il ne faut pas voir des sectes partout. Le mot secte est d’ailleurs problématique, car il est difficile de définir ce qu’est réellement une secte. Il faut de toute façon se méfier des étiquettes qui ne sont jamais le complet reflet de la réalité.

Alors pour se faire un avis au-delà des préjugés et de l’affectif, il faut s’attacher aux faits, s’intéresser à l’historique d’une doctrine, à son fondateur, à son bagage idéologique, à son épistémologie, à ses réseaux, à son évolution et à la manière dont elle réagit aux critiques. Cela, cher spectateurs, vous pourrez le voir dans les commentaires de cette vidéo ou sur les pages qui critiqueront cette émission consacrée à l’anthroposophie.

Vous l’ignorez peut-être, mais il y a beaucoup d’anthroposophes. Aucun d’entre eux ne pense appartenir à une secte : la secte, c’est toujours chez les autres. Mais… Ils ont leur maître à penser, Rudolf Steiner, mort en 1925, dont la prose prophétique et absconse réunie en 354 volumes subit une exégèse constante pour lui donner du sens dans le monde contemporain. Ils ont leurs rites, leur attachement au paranormal, aux énergies, à l’astrologie et à un certain regard sur la nature qui peut sonner comme de l’écologie, qui ressemble à un discours solidaire, écoresponsable, porteur de valeurs très positives. Il est à peu près normal de commencer par éprouver de la sympathie pour les idées que les anthroposophes affichent sur leurs têtes de gondoles, comme Pierre Rabhi par exemple. Ils adoptent tous les codes des gentils rebelles en résistance contre le méchant empire. On a envie d’être d’accord avec eux, de croire qu’ils ont des solutions pour nous rendre la vie plus belle.

Seulement l’anthroposophie contrôle des écoles, des banques, des usines de fabrication de produits homéopathiques, elle est à l’origine de la biodynamie, elle caresse l’espoir d’un moteur éthérique activé par la pensée humaine, et par bien des aspects, quand on y regarde mieux, elle ressemble sans doute moins aux rebelles qu’à l’Empire.

Rudolf Steiner, c’est la confusion constante entre science et spiritualité, un mélange des genres qui ne produit jamais aucune connaissance mais encourage à penser que les autres, tous les autres sont fermés d’esprit. Il n’y a qu’à citer un extrait de son opus 13  « La science de l’occulte » : « Les procédés d’initiation font évoluer l’homme depuis la forme normale de la conscience diurne jusqu’à une activité psychique où il dispose d’organes spéciaux pour ses perceptions spirituelles ».

Nous avons un adage en zététique : l’alternative est féconde.

Oui, nous voulons manger des aliments sains produits dans le respect de l’environnement et des personnes qui travaillent. Oui, nous voulons un système éducatif tourné vers les besoins de l’enfant pour garantir son épanouissement à son propre rythme, et ne pas formater, et donc mutiler, son potentiel. Oui, nous voulons des banques éthiques qui investissent d’abord dans les projets utiles à la société plutôt que dans ce qui est rentable à court terme. Mais devons-nous pour cela de toute force avaler le galimatias vibratoire, le baragouin karmique, l’amphigourique cosmogonie délirante du cacographe Steiner ? Devons-nous accepter que les médias et certains ministères tentent de banaliser un mouvement qui a vocation à tout anthropophiser ?

Car sachez qu’on peut tout anthropophiser : les esprits, bien sûr, mais aussi les portes, le béton, les fenêtres, et les canalisations ; l’épistémologie, la médecine et la politique. L’anthroposophie est une vision globale, un intégrisme ésotérique qui s’empare en priorité des esprits jeunes, comme ce fut le cas pour notre invité qui a connu le mouvement de l’intérieur et pourra nous en expliquer le fonctionnement. Bonsoir Grégoire Perra.

 

 


Pour aller plus loin.

1 réponse
  1. Lorenzo
    Lorenzo dit :

    Très bonne page. Je trouve votre travail excellent et remarquable.
    Partageons L’esprit critique, inculquons le à nos enfants et la raison humaine se portera que mieux.

    Répondre

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