Les fallacies ne sont pas nos amies. Laissons-les dans leur environnement naturel : les conversations stériles que nous ferions tous mieux d’éviter.

La Petite Boutique des Erreurs est un nouveau format sur la chaîne La Tronche en Biais. En 4 minutes, deux personnages explorateurs-naturalistes-hurluberlus-universitaires vous présentent une créature dangereuse : un sophisme*. Notre monde est rempli de ces petites bêtes qui s’épanouissent dans les angles morts de notre rationalité, dans les zones de confort de nos idées reçues, dans le for intérieur de nos certitudes, et dont les sécrétions retardent ou empêchent la remise en question des idées fausses que nous aimons croire.

(* Ou plus exactement encore : un paralogisme)

La plus fatale de toutes les erreurs : se croire immunisé contre elles.


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Episode 1

La Généralisation Abusive

Faire loi d’une anecdote, prendre pour universel un cas isolé, inférer le général à partir du particulier, c’est utile pour explorer le monde, se faire une première idée, mais ce n’est que le début du chemin et on aurait tort de vouloir asseoir une quelconque certitude sur un tel argument.

La généralisation abusive est une erreur omniprésente. N’en soyons pas la proie.

Publié le 2 décembre 2020.
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Episode 2

L’Homme de Paille

Dans un débat d’idées, un cap est franchi lorsqu’on est capable de réfuter la thèse adverse, mais il arrive qu’on prétende indûment l’avoir fait alors qu’en réalité on contredit ce qui n’a jamais été avancé.

L’homme de paille s’invite dans les disputes, les polémiques, les controverse et il pourrit ces conversations.

Prenons soin de vérifier que nous avons compris les idées que nous voulons critiquer.

Publié le 11 janvier 2021
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Episode 3

Le Plurium

Les énoncés que nous produisons sont connectés à des représentations mentales qui ne pas toujours explicites. Nos phrases, nos arguments reposent sur des présupposés dont nous n’avons pas forcément conscience (ou que nous voulons camoufler).

Le plurium se manifeste quand, dans un débat, un argument entend aboutir à une conclusion en prenant pour acquis des postulats sur lesquels l’interlocuteur n’a pas eu l’occasion de s’exprimer. On lui force la main en le mettant face à un raisonnement qu’il ne peut ou ne veut pas réfuter directement.

Publié le 25 janvier 2021

Episode 4

L’appel à la Tradition

Certaines choses que nous faisons, nous les faisons ainsi parce que c’est toujours ainsi qu’on les a faites. Parier sur la sagesse des vieilles habitudes n’est pas absurde, car ce qui résiste au temps n’est en général pas dénué de mérite. Mais le refuge de la tradition est parfois si séduisant que l’on s’y blottit un peu trop vite, en confondant l’apaisement éprouvé avec la conviction que c’est le choix le plus raisonnable, le plus rationnel, le plus logique.

L’appel à la tradition consiste à confondre l’ancienneté des habitudes avec la démonstration qu’on a raison de les suivre.

Publié le 02 février 2021

Episode 5

Le Point Godwin

Il existe une fatalité dans le paysage rhétorique, en particulier dans le monde numérique. Les conflits d’opinion, s’ils se prolongent, finissent par dégénérer puisqu’on en vient à se répéter tout en constatant que l’autre ne change pas d’avis et se répète lui-même, preuve s’il en est qu’il est fermé, lui, alors que nous, non.

Selon le ton initial, la probabilité augmente alors, plus ou moins vite, que l’un des interlocuteurs en vienne à comparer l’autre à ce qu’il y a de plus détestable à ses yeux. Mike Godwin a théorisé que la comparaison aux Nazis et à Hitler est la meilleure candidate pour identifier ce point de non-retour qui signale que l’échange aurait dû être arrêté bien avant.

Mis en ligne le 8 février 2021

Episode 6

Le Procès d’Intention

Les humains parlent et agissent conformément à des buts, à des besoins, à des intentions. Nous passons constamment notre environnement au crible de la recherche de l’intentionnalité. Et souvent nous identifions correctement les motifs de nos semblables.

Mais lors d’un conflit d’opinion, nous sommes face à quelqu’un qui pense différemment, et nous pourrions bien mal interpréter ses motivations, ses vraies raisons derrière l’argumentaire qu’il nous oppose.

Nous ne sommes pas médium, c’est pourquoi il est erroné de disqualifier la parole adverse au nom des intentions que nous prêtons à autrui.
(Cf : Le truc qui pourrit tous les débats)

Mis en ligne le 16 février 2021