Renaud Evrard et le Rorschach dans l’autisme | Une réhabilitation clinique suspecte
Depuis ses menaces de procès pour avoir critiqué ses déclarations sur France Inter, je reviens sur le parcours de Renaud Evrard, universitaire et membre du comité Para, mais hélas ennemi de plus en plus déterminé du scepticisme scientifique.
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L’article signé par Antoine Frigaux, Renaud Evrard et Joëlle Lighezzolo-Alnot paraît dans L’Évolution Psychiatrique sous un titre d’apparence strictement clinique : « L’intérêt du test de Rorschach dans l’évaluation diagnostique des troubles du spectre autistique » (Frigaux et al., 2020).
Il faut lire ce texte comme une production collective ; Antoine Frigaux y occupe une place centrale dans le travail sur le Rorschach et le diagnostic différentiel ; Joëlle Lighezzolo-Alnot apporte l’ancrage en psychologie clinique projective ; Renaud Evrard intervient ici dans un champ qui recoupe ses intérêts plus larges pour les marges cliniques, les savoirs contestés et les frontières de la validation. La critique portera donc d’abord sur l’argument publié par les trois auteurs, avant d’interroger ce que cette publication ajoute au dossier Evrard.
Le papier traite d’un vrai problème : le diagnostic des troubles du spectre autistique, en particulier chez l’adulte, dans les formes dites complexes, face aux chevauchements avec la schizophrénie, la schizotypie, les troubles de la personnalité ou d’autres tableaux psychiatriques. Les auteurs partent donc d’un terrain sérieux. Les outils standardisés possèdent des limites. Les diagnostics tardifs existent. Les profils avec compensation peuvent échapper aux procédures routinières. Le diagnostic différentiel exige davantage qu’un remplissage mécanique de cases.
À partir de cette difficulté réelle, les auteurs défendent une conclusion clinique qui excède constamment le niveau de preuve qu’ils rapportent. Leur thèse consiste à réhabiliter le Rorschach, utilisé dans une approche « d’inspiration psychanalytique », comme outil « différent et ampliatif » dans l’évaluation diagnostique des TSA, notamment dans les situations différentielles difficiles. Le texte annonce d’emblée cette intention : présenter le Rorschach comme ressource complémentaire aux modalités diagnostiques déjà pratiquées.
La prudence affichée donne au papier une allure raisonnable. Les auteurs parlent de complémentarité, de dialogue entre méthodes, de croisement clinique, de singularité du sujet. Leur propos semble modeste. Pourtant, la conclusion franchit un seuil beaucoup plus fort : le Rorschach y devient un outil « adapté et efficace » pour participer aux échanges diagnostiques autour de l’autisme, alors même que les auteurs reconnaissent l’hétérogénéité des populations étudiées, les différences de critères nosographiques, la diversité des systèmes d’interprétation mobilisés et la réplicabilité comme « défi majeur » encore devant eux.
C’est le point décisif. L’article aurait pu conclure ceci : les données disponibles forment un ensemble d’hypothèses préliminaires, justifiant éventuellement un programme de recherche sur certaines variables du Rorschach dans des protocoles contrôlés. Cette conclusion aurait été défendable. Elle aurait maintenu la frontière entre exploration et recommandation clinique. Les auteurs choisissent une voie plus ambitieuse : ils installent le Rorschach dans l’espace du diagnostic, sous couvert de complémentarité, avant que les conditions élémentaires de validation soient réunies.
Transformer l’absence de preuve en conflit d’écoles
Le papier reconnaît pourtant l’objection institutionnelle majeure. La HAS indique qu’aucune étude méthodologique identifiée ne montre la validité des tests projectifs dans la démarche diagnostique du TSA, et que ces outils n’ont pas fait consensus. Les auteurs citent cette position, puis la contournent par une série d’arguments portant sur la liberté du psychologue, la créativité clinique, la souplesse des évaluations et le caractère parfois trop formalisé des recommandations.
Ce contournement mérite une attention particulière. L’argument ne consiste pas seulement à dire : « testons mieux le Rorschach ». Il consiste à transformer l’absence de validation en symptôme d’un conflit épistémologique. Le Rorschach aurait été écarté pour des raisons techniques, mais aussi à cause de sa mauvaise réputation, de son association à la psychanalyse, de clivages entre cliniciens psychodynamiques et psychologues cognitivistes. Ainsi, la question probatoire se trouve peu à peu absorbée dans un récit de marginalisation. La discussion quitte le terrain direct — validité, fiabilité, étalonnage, valeur incrémentale — pour rejoindre un terrain plus favorable aux auteurs : celui de la reconnaissance d’une tradition clinique.
La fragilité du socle empirique apparaît dans le corpus mobilisé. Les auteurs eux-mêmes indiquent que la littérature francophone repose largement sur des travaux cliniques, des études de cas, des monographies et des conceptualisations psychanalytiques centrées sur l’espace psychique, l’enveloppe, le contenant-contenu, les angoisses archaïques ou les « états post-autistiques ». Ces notions peuvent avoir une fécondité dans certains cadres thérapeutiques ou descriptifs. Leur usage dans une procédure de diagnostic différentiel impose un autre niveau d’exigence : opérationnalisation, cotation fiable, critères externes indépendants, comparaison avec des groupes contrôles, évaluation en aveugle, sensibilité, spécificité, validité prédictive et valeur ajoutée face aux procédures existantes.
Le papier fournit surtout une accumulation de signes suggestifs. Des cas uniques. Des études pilotes. Des échantillons modestes. Des travaux anciens. Des systèmes de cotation concurrents. Des traditions interprétatives différentes. Des rapprochements entre variables psychométriques et concepts psychodynamiques. Cette accumulation donne l’impression d’un paysage de recherche. Elle ne produit pas une validation diagnostique.
Le cas du diagnostic différentiel avec la schizophrénie illustre cette faiblesse. Les auteurs citent des travaux sur les troubles de la pensée au Rorschach chez des personnes autistes, notamment une étude exploratoire sur onze adultes autistes de haut niveau, puis d’autres travaux tentant de distinguer TSA et schizophrénie à partir de variables comme le WSum6, le PTI, le CDI, les réponses humaines, les mouvements humains ou les indicateurs de qualité formelle. Certaines pistes présentent un intérêt de recherche. Mais une piste et un outil diagnostique validé appartiennent à deux niveaux distincts.
La méta-analyse de Mihura et al. (2013) permet ici une critique plus précise. Elle ne permet pas de balayer le Rorschach d’un revers de main : certaines variables du Comprehensive System disposent d’un appui empirique réel, notamment celles liées aux processus perceptifs et cognitifs. Le Perceptual-Thinking Index, par exemple, fait partie des indices les mieux soutenus pour les troubles de la pensée et les perceptions distordues, en particulier dans la détection de troubles psychotiques (Mihura et al., 2013).
Mais cette nuance renforce la critique du papier de Frigaux, Evrard et Lighezzolo-Alnot. Le fait qu’une variable du Rorschach possède un appui dans un domaine donné — par exemple les troubles perceptivo-idéatifs associés à la psychose — ne valide pas l’usage du Rorschach dans le diagnostic différentiel des TSA. Mihura et al. montrent au contraire une grande variation selon les variables : certaines sont fortement soutenues, d’autres disposent d’un appui modeste, faible ou inexistant, et plusieurs manquent d’études publiées pertinentes. Leur méta-analyse recommande une lecture par variable, par construit, par critère externe. Elle s’oppose donc à toute promotion globale du « Rorschach » comme instrument utile en bloc.
Prenons les variables évoquées dans l’article. Le PTI dispose d’un meilleur appui, mais son domaine de validité concerne surtout les troubles de la pensée et les perceptions distordues, en particulier la psychose. Le CDI, mobilisé dans certaines grilles autour du syndrome d’Asperger, montre un effet plus modeste dans Mihura et al., avec une relation aux déficits interpersonnels ou émotionnels, et une base d’études limitée. Quant aux scores de type WSum6 ou « Critical Special Scores », leur intérêt porte sur les troubles de la pensée ; une application au diagnostic différentiel TSA/schizophrénie demanderait des études dédiées, sur des échantillons suffisants, avec des groupes cliniques comparables et des évaluateurs aveugles.
Autrement dit, la littérature favorable la plus sérieuse ne dit pas : « le Rorschach peut servir au diagnostic de l’autisme ». Elle dit plutôt : certaines variables codées du Rorschach possèdent une validité empirique pour certains construits, surtout lorsqu’elles reposent sur des comportements observables dans la tâche et des critères externes. Le papier critiqué emprunte cette crédibilité partielle, puis l’étend vers une proposition clinique beaucoup plus large.
La revue de Baghdadli, Russet et Mottron (2017), citée par les auteurs, doit elle aussi être maniée avec précision. Elle montre que les outils de dépistage et de diagnostic de l’autisme chez les adultes sans déficience intellectuelle présentent encore des limites de mesure. Elle souligne la nécessité d’études de validation supplémentaires et l’importance de combiner instruments, auto-questionnaires et expertise clinique. Mais cette limite des outils existants ne crée aucun privilège pour le Rorschach. Les auteurs de Baghdadli et al. raisonnent dans un cadre de validation psychométrique, avec PRISMA, COSMIN et QUADAS-2 ; ils évaluent les outils selon leurs propriétés de mesure et leurs risques de biais. Ce standard méthodologique souligne justement ce qui manque dans le plaidoyer pour le Rorschach : un dispositif robuste permettant de savoir ce que l’outil ajoute réellement aux procédures déjà disponibles.
La revue de Huang et al. (2020) renforce ce cadrage. Elle synthétise 82 études issues de 13 pays sur le diagnostic de l’autisme à l’âge adulte et montre que les parcours diagnostiques restent hétérogènes, que les processus d’évaluation varient fortement, que les comorbidités compliquent l’interprétation clinique et que les besoins de recherche demeurent importants. Cette littérature justifie la prudence devant les outils existants ; elle justifie aussi l’exigence d’études plus solides. Elle ne soutient pas l’introduction d’un outil projectif sans étalonnage spécifique dans les procédures diagnostiques. Au contraire, elle rappelle que l’adulte autiste arrive souvent au diagnostic après un parcours long, incertain, émotionnellement chargé, parfois marqué par des erreurs antérieures. Dans ce contexte, chaque instrument ajouté à l’évaluation devrait réduire l’incertitude plutôt que lui offrir un langage interprétatif supplémentaire.
La richesse interprétative contre la réduction de l’erreur
Le texte de Frigaux, Evrard et Lighezzolo-Alnot repose souvent sur une opposition implicite entre l’outil standardisé, supposé pauvre ou trop formel, et l’outil projectif, supposé riche, souple, capable d’accéder à la singularité. Cette opposition séduit parce qu’elle parle à une intuition clinique : un patient ne se réduit jamais à un score. Mais le diagnostic n’exige pas seulement de la richesse interprétative. Il exige une réduction contrôlée de l’erreur. L’outil qui produit le plus de sens pour le clinicien peut aussi produire davantage de latitude interprétative, davantage de biais de confirmation, davantage d’accord illusoire entre cliniciens partageant les mêmes présupposés.
La question de la fidélité inter-juges devrait alors devenir centrale. Les systèmes standardisés du Rorschach, comme le Comprehensive System ou le R-PAS, disposent au moins d’une littérature dédiée à la fidélité de cotation, avec des résultats discutés, parfois favorables, parfois contestés selon les variables et les contextes (Meyer et al., 2002 ; Grove et al., 2002). Mais l’article défend principalement un usage qualitatif, clinique et psychodynamique du Rorschach, précisément là où l’accord entre évaluateurs devient le plus difficile à garantir. Les auteurs assument que la méthode qu’ils privilégient interprète le Rorschach « sous un angle qualitatif et clinique » et que sa nature rend « la quantification parfois difficile » (Frigaux et al., 2020). Dans une procédure diagnostique, cette difficulté change de statut : elle devient un risque. Quand deux cliniciens formés dans des cadres différents peuvent tirer des inférences différentes à partir du même protocole, la richesse herméneutique se paie en instabilité diagnostique. Une méthode appelée à contribuer au différentiel TSA/schizophrénie devrait démontrer non seulement que ses cotations élémentaires tiennent, mais que ses interprétations cliniques complexes convergent entre juges indépendants, idéalement aveugles au diagnostic préalable. Or ce niveau de preuve demeure précisément absent du plaidoyer proposé ici.
Pour suivre mon travail plus facilement :
La psychanalyse comme langage d’autorisation
Le problème réside moins dans le référentiel psychodynamique comme horizon de réflexion qu’à son usage comme langage d’autorisation. Winnicott, Bion ou les théories de l’enveloppe psychique peuvent inspirer des hypothèses cliniques, des cadres thérapeutiques, des manières d’écouter un patient. Leur fécondité éventuelle dans la relation de soin ne les rend pas automatiquement utilisables dans un protocole de diagnostic différentiel. Dès qu’il s’agit d’orienter une personne vers un diagnostic de TSA, la question devient plus sèche : quel indicateur, codé comment, par qui, avec quel accord inter-juges, contre quel critère indépendant, dans quel groupe clinique, avec quelle capacité à distinguer TSA, schizophrénie, anxiété sociale, schizotypie ou trouble de personnalité ? Dans cet article, le vocabulaire psychodynamique donne une densité clinique à une proposition qui demanderait surtout une validation indépendante : quel indicateur, codé comment, avec quelle fidélité, contre quel critère externe, et avec quelle valeur ajoutée face aux procédures existantes ? Cette fonction rhétorique importe : elle permet de présenter une faiblesse probatoire comme une profondeur clinique.
C’est ici que l’article devient préoccupant pour un regard rationaliste. Il ne défend pas frontalement une croyance extravagante. Il ne ressemble pas à une pseudoscience spectaculaire. Il fonctionne plutôt par extension douce du domaine du plausible. D’abord, les outils standards ont des limites. Ensuite, le clinicien doit rester créatif. Ensuite, les tests projectifs apportent une richesse singulière. Ensuite, certaines variables du Rorschach disposent d’un appui empirique dans certains domaines. Ensuite, le diagnostic différentiel des TSA a besoin d’aides nouvelles. À la fin de la chaîne, le Rorschach se retrouve présenté comme « adapté et efficace », alors que chaque maillon pris séparément justifierait seulement une hypothèse de recherche.
Cette rhétorique constitue une forme d’entrisme méthodologique. Elle introduit une méthode fragile en douceur, avec une apparence de prudence, un vocabulaire de la complémentarité, un appel à la complexité, par la critique des recommandations trop rigides et l’idée qu’une tradition marginalisée aurait été injustement tenue à distance. Résultat : un outil sans étalonnage spécifique pour les TSA, reconnu comme insuffisamment étudié par les auteurs eux-mêmes, reçoit une place clinique que les données rapportées ne permettent pas de garantir.
Promouvoir maintenant, valider plus tard
L’article aurait dû conclure autrement. Il aurait pu affirmer que certains indices du Rorschach, en particulier les variables perceptivo-idéatives mieux soutenues dans la littérature, méritent une évaluation spécifique dans des protocoles de recherche sur le diagnostic différentiel TSA/schizophrénie. Il aurait pu appeler à des études prospectives, multicentriques, préenregistrées, avec groupes cliniques contrastés, cotateurs aveugles, critères diagnostiques indépendants, analyse de validité incrémentale et comparaison directe avec l’ADOS-2, l’ADI-R, les entretiens spécialisés et les évaluations neuropsychologiques. Il aurait pu réserver le Rorschach au statut d’objet de recherche. Cette conclusion aurait protégé le patient, la clinique et la science.
Les auteurs préfèrent une conclusion plus conquérante. Ils parlent d’un outil « adapté et efficace », tout en plaçant la réplicabilité dans l’avenir. Cette chronologie épistémique pose problème : on promeut maintenant, on validera plus tard. Dans un champ aussi sensible que l’autisme, cet ordre des opérations devrait alerter. Le diagnostic structure des vies ; il donne accès à des droits ; il oriente des prises en charge ; il modifie l’identité sociale et personnelle des personnes concernées. Un outil qui entre dans ce champ doit arriver lesté de preuves, pas porté par une promesse de profondeur.
Dans le cadre plus large de mon enquête sur Renaud Evrard, cet article garde toutefois une importance particulière. Non parce qu’il serait seul responsable de cette réhabilitation du Rorschach, ni parce que le texte se réduirait à sa signature. Il s’agit d’un article collectif, inscrit dans une tradition clinique projective plus large. Mais sa présence parmi les auteurs éclaire un motif récurrent dans son parcours : la défense de zones marginales ou contestées au nom de l’ouverture clinique, de la complexité des phénomènes et d’une critique des standards dominants de validation. Ce motif mérite discussion lorsqu’il concerne la parapsychologie. Il mérite plus encore de prudence lorsqu’il touche au diagnostic de l’autisme. Dans ce domaine, l’enjeu n’est pas seulement théorique : le diagnostic oriente des droits, des prises en charge, des parcours de vie et parfois une identité personnelle longtemps cherchée. Introduire dans cette chaîne un outil projectif dont la validité spécifique, la valeur incrémentale et la fidélité interprétative restent à démontrer exige davantage qu’un plaidoyer pour la complémentarité.
Dans d’autres contextes, cette même disposition peut servir à légitimer des recherches sur le paranormal ou des expériences extraordinaires au nom du sérieux accordé à ce que les approches dominantes auraient trop vite écarté. Ici, elle sert à réhabiliter un test projectif dans le diagnostic de l’autisme.
La critique rationaliste gagne à rester chirurgicale. L’intérêt d’un clinicien pour le Rorschach relève d’une pratique possible, à condition de rester à sa place : l’exploration, la formulation d’hypothèses, éventuellement la recherche. Le point contestable surgit lorsqu’un article académique transforme un corpus exploratoire, hétérogène et faiblement réplicatif en argument pour une utilité clinique dans l’évaluation diagnostique des TSA. Le papier part d’une difficulté authentique : le diagnostic différentiel des TSA chez l’adulte peut être complexe, incertain, parfois insuffisamment couvert par les outils existants. Mais on ne peut troquer un test controversé et sans valeur ajoutée à des protocoles standardisés, imparfaits mais méthodologiquement balisés, et qui font l’objet d’évaluations psychométriques explicites.
Acermendax
Références
- Baghdadli, A., Russet, F., & Mottron, L. (2017). Measurement properties of screening and diagnostic tools for autism spectrum adults of mean normal intelligence: A systematic review. European Psychiatry, 44, 104–124. DOI : 10.1016/j.eurpsy.2017.04.009.
- Frigaux, A., Evrard, R., & Lighezzolo-Alnot, J. (2020). L’intérêt du test de Rorschach dans l’évaluation diagnostique des troubles du spectre autistique. L’Évolution Psychiatrique, 85(1), 133–154. DOI : 10.1016/j.evopsy.2019.11.002.
- Grove, W. M., Barden, R. C., Garb, H. N., & Lilienfeld, S. O. (2002). Failure of Rorschach-Comprehensive-System-based testimony to be admissible under the Daubert-Joiner-Kumho standard. Psychology, Public Policy, and Law, 8(2), 216–234. DOI : 10.1037/1076-8971.8.2.216.
- Meyer, G. J., Hilsenroth, M. J., Baxter, D., Exner, J. E., Fowler, J. C., Piers, C. C., & Resnick, J. (2002). An examination of interrater reliability for scoring the Rorschach Comprehensive System in eight data sets. Journal of Personality Assessment, 78(2), 219–274. DOI : 10.1207/S15327752JPA7802_03.
- Mihura, J. L., Meyer, G. J., Dumitrascu, N., & Bombel, G. (2013). The validity of individual Rorschach variables: Systematic reviews and meta-analyses of the Comprehensive System. Psychological Bulletin, 139(3), 548–605. DOI : 10.1037/a0029406.
- Huang, Y., Arnold, S. R. C., Foley, K.-R., & Trollor, J. N. (2020). Diagnosis of autism in adulthood: A scoping review. Autism, 24(6), 1311–1327. DOI : 10.1177/1362361320903128.



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