Les Coupeurs de Feu [PSNC]

Historique

Dans de nombreuses campagnes européennes, il a longtemps existé une figure de proximité : le guérisseur « du coin ». En France, les coupeurs de feu — aussi appelés barreurs de feu ou passeurs de feu, ou panseurs de feu, etc — s’inscrivent dans cette généalogie. Historiquement, la pratique relève d’un syncrétisme : prières chrétiennes, formules transmises oralement, gestes symboliques, croyances locales autour du « feu », de la purification et de la transmission d’un « don ». C’est flou parce que c’est secret, ou bien c’est secret parce que c’est flou : mystère.

Pendant des générations, le champ d’action reste relativement circonscrit : brûlures domestiques, zona, inflammations cutanées. Le recours se fait par bouche-à-oreille, dans un cadre communautaire, sans revendication institutionnelle. Puis, à partir des années 1990–2000, un basculement s’opère : la pratique est de plus en plus évoquée autour de situations médicales lourdes, notamment en oncologie, au moment des radiothérapies et de leurs effets cutanés. C’est là que le folklore entre dans une zone grise : celle de la proximité avec l’hôpital et même de l’entrée à l’intérieur des bâtiments, au contact des équipes.

 

Concepts et notions

Comment décrire et définir la pratique d’un coupeur de Feu ? C’est compliqué, car cela repose sur l’idée de Secret. Le discours varie d’un praticien à l’autre. Néanmoins le noyau reste stable. Il est question d’un « don » (parfois héréditaire, parfois transmis), d’une « énergie » à canaliser, d’une action possible sans contact — parfois à distance, par téléphone, via photo, à l’aide simplement d’un prénom. Le tout s’accompagne souvent d’une distinction implicite : la médecine traiterait « la matière », tandis que le coupeur agirait sur une autre couche de la réalité.

Ce vocabulaire s’est modernisé au passage : on parle volontiers d’ondes, de champs, de vibrations, de bioénergie. Derrière cette esthétique du langage se cache une absence de définition opératoire et de mesure : rien de cela ne constitue un cadre théorique qui soit réellement testable en clinique. Car si jamais un protocole échoue, il suffira de dire que le coupeur de feu impliqué dans l’expérience n’était pas un bon ou un authentique dépositaire du… secret.

 

Prétentions

Les promesses se déclinent généralement en paliers, avec un flou stratégique utile à la survie sociale de la croyance : soulagement rapide de la douleur ou de la sensation de brûlure ; amélioration de l’évolution cutanée (aucune cicatrice ! Aucune trace !) ; action complémentaire mais spécifique, distincte d’un simple effet psychologique ; innocuité revendiquée (« ça ne peut pas faire de mal »). En contexte de radiothérapie, certaines versions vont jusqu’à suggérer une meilleure tolérance globale du traitement et donc un intérêt vital.

C’est précisément là que la question scientifique devient incontournable : lorsqu’une pratique prétend modifier un processus biologique (radiodermite, brûlure, cicatrisation), elle sort du registre du simple réconfort et entre dans celui de l’efficacité clinique qui doit être mesurable.

 

Verdict de la science

En France, des données observationnelles en radiothérapie décrivent un recours important à ce type de pratiques, accompagné d’un bénéfice subjectif fréquemment rapporté, mais sans amélioration objectivable des toxicités ou paramètres cliniques ; les patients rapportent une meilleure tolérance subjective, sans amélioration de la tolérance objective (Guy et al., 2017).

Quand on élargit aux pratiques les plus proches dans la littérature internationale (therapeutic touch, reiki, healing touch, « biofield therapies »), on retrouve un motif récurrent : quelques signaux parfois positifs sur des critères très subjectifs (douleur, anxiété, confort), mais des résultats nettement moins convaincants dès qu’on cible des critères cliniquement objectivables, avec une forte vulnérabilité aux biais expérimentaux (Hammerschlag et al., 2014 ; Jain & Mills, 2010). Dans un essai pilote en radiothérapie mammaire, le therapeutic touch n’a pas montré de bénéfice sur la dermatite radique ni sur des critères secondaires comme qualité de vie, fatigue ou humeur (Younus et al., 2015).

Enfin, un point important : même des synthèses peuvent être fragilisées quand la base d’études est trop faible. La revue Cochrane consacrée au therapeutic touch pour la cicatrisation des plaies aiguës a fait l’objet d’une rétractation en 2016 (O’Mathúna, 2016). Cette décision est intervenue après l’identification de problèmes majeurs dans les études sur lesquelles reposait la revue. Le corpus disponible était très limité, composé d’essais de petite taille et, surtout, largement dominé par les travaux d’un même chercheur, ce qui introduisait un biais structurel important. Plusieurs études présentaient en outre des faiblesses méthodologiques sérieuses : procédures de randomisation insuffisamment documentées, comparabilité initiale des groupes mal établie, pertes de suivi problématiques et protocoles rendant incertaine l’attribution causale d’un effet spécifique à la pratique évaluée. En l’absence d’une base de données suffisamment fiable, la revue ne pouvait plus soutenir de conclusions valides, ce qui a conduit à sa rétractation officielle.


Et à ce stade je dois rappeler un problème sémantique récurrent avec les pratiques non conventionnelles. Vous ne trouverez pas d’étude dont la conclusion est : « manger des chips le vendredi soir ne protège pas contre les invasions d’aliens » ou n’importe quel énoncé du genre « la pratique de telle sorcellerie n’a aucun effet sur la calvitie, les bouffées de chaleur ou les troubles de l’attention » parce que le vocabulaire de la science ne le permet pas.

Ainsi, il n’existe pas d’étude scientifique publiée dans une revue à comité de lecture concluant : « l’homéopathie ne fonctionne pas » et pourtant on peut dire, en prenant du recul, que la science a bel et bien prouvé que l’homéopathie ne fonctionne pas. Ce qu’un chercheur peut dire dans une publication, où il est tenu de respecter la syntaxe scientifique, se limite à : « dans le cade de ce travail nous n’avons pas mis en évidence d’effet du mangeage de chips du vendredi soir sur la protection contre les invasions alien ». Point. Par conséquent, quand une méta-analyse conclut que les études ne montrent pas d’effet d’une pratique, ce qui nous est dit en réalité c’est qu’il n’existe aucune raison de penser que la pratique aide en quoi que ce soit.


Le verdict de la littérature est que l’hypothèse d’un effet spécifique des « coupeurs de feu » sur l’évolution biologique d’une brûlure ou d’une radiodermite n’est pas étayée par des preuves cliniques solides. Le cœur du signal empirique, quand il existe, se situe du côté du ressenti plutôt que de la lésion (Guy et al., 2017a, 2017b ; Younus et al., 2015).

Et pour le dire en des termes clairs et nets : ça ne soigne pas, ça n’améliore pas la guérison, ça n’aide pas les tissus à se réparer ni la convalescence à se faire plus vite. Mais il y a bien quelque chose qui se passe au niveau subjectif et qui mérite qu’on y apporte une explication parce que les gens qui y croient ne sont pas fous ou stupides.

 

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Pourquoi cette impression que « ça marche » ?

Nous disposons aujourd’hui d’un ensemble d’explications rationnelles, solides et bien documentées pour comprendre les témoignages de bonne foi, qu’ils proviennent de patients ou de soignants, rapportant des effets associés à ce type de pratiques. La recherche sur les effets contextuels montre en effet que des changements cliniquement pertinents peuvent émerger du contexte thérapeutique lui-même, indépendamment de toute action spécifique sur la pathologie : rituel, qualité de la relation, attentes du patient, interprétation de la situation, focalisation de l’attention sur le symptôme (Finniss et al., 2010).

La réponse observée ne dépend pas d’un « objet placebo » supposé inerte, mais du sens attribué à l’acte de soin par la personne qui le reçoit (Moerman & Jonas, 2002).

Sur la douleur, ces mécanismes sont particulièrement documentés. Les réponses placebo mobilisent des voies neurobiologiques identifiables, impliquant notamment des systèmes opioïdes et non opioïdes, et se modulent via l’attente et l’apprentissage (Benedetti et al., 2005). Une part du phénomène peut aussi passer par le conditionnement : si l’on a déjà vécu une diminution de douleur après un rituel similaire, le cerveau anticipe et « prépare » une réponse (Amanzio & Benedetti, 1999). Et le social compte : l’observation d’autrui (« ça a marché sur X ») peut renforcer l’attente et produire une analgésie placebo par apprentissage vicariant (Colloca & Benedetti, 2009).

Dans ce cadre, on comprend pourquoi les coupeurs de feu « cochent » tant de cases : rituel connu et répétable, relation parfois plus longue et plus personnalisée qu’un parcours de soins sous contrainte, récit de réussite qui installe une attente, impression de reprendre prise sur un événement anxiogène. Or douleur, prurit et perception de brûlure sont très sensibles au stress, à l’anxiété et à l’attention. Il devient alors parfaitement plausible qu’un patient se sente mieux, tout en conservant une toxicité cutanée objectivement inchangée — exactement le décalage rapporté dans les études disponibles (Guy et al., 2017).

À ces mécanismes généraux s’ajoutent des facteurs très spécifiques au recours aux coupeurs de feu, qui renforcent encore l’illusion d’efficacité. D’abord, ces pratiques ne sont sollicitées que pour un sous-ensemble très particulier de brûlures : ni les plus bénignes, qui ne justifient aucune démarche, ni les plus graves, qui conduisent immédiatement à une prise en charge médicale. Il s’agit le plus souvent de brûlures intermédiaires — second degré léger ou profond — particulièrement douloureuses sur le coup, anxiogènes, mais dont l’évolution spontanée est favorable et qui, dans la majorité des cas, ne laissent pas de cicatrice durable. Le cadre d’appel est donc déjà biaisé en amont : on consulte précisément dans des situations où une amélioration rapide est statistiquement probable, indépendamment de toute intervention.

Ensuite, la cinétique naturelle de la douleur joue un rôle central. Ces lésions provoquent généralement une douleur immédiate et intense, liée à l’activation des nocicepteurs cutanés, puis une évolution rapide dans les minutes et les heures qui suivent. La douleur aiguë peut alors diminuer progressivement dans la première heure, avec une variabilité importante selon la profondeur, la localisation, le refroidissement initial et l’état anxieux du patient (Jeschke et al., 2020).

Or le rituel d’intervention des coupeurs de feu s’inscrit presque toujours dans cette fenêtre temporelle précoce. La concordance entre la baisse attendue de la douleur et la fin du rituel favorise une attribution causale erronée : un soulagement qui se serait produit de toute façon est interprété comme ayant été provoqué. Ce simple effet de synchronisation suffit à rendre l’expérience subjectivement convaincante, sans qu’il soit nécessaire de postuler une action spécifique sur la brûlure elle-même.

Enfin, le dispositif social achève de verrouiller l’interprétation. Le recours est souvent chargé d’attentes positives, transmis par un proche, accompagné d’un récit préalable de réussite. Une fois la douleur retombée — comme elle l’aurait fait dans la majorité des cas — le soulagement est mémorisé comme une confirmation, tandis que les situations où l’effet est moins net sont rationalisées ou oubliées. Ce biais de sélection, combiné aux mécanismes d’attente, de conditionnement et d’apprentissage social décrits plus haut accroit la force de l’expérience subjective. On n’est pas fou quand on y croit, on arrive à une telle conclusion en raison d’un contexte riche et complexe.

 

Complaisance sociale, culturelle et médiatique

La science a clairement tranché ce qu’il convenait de croire, mais cela ne veut pas dire que les citoyens sont obligés de se conformer à l’état des connaissances : la société entretient bien souvent des relations ambigües avec les connaissances établies. Nous observons une indulgence culturelle : « c’est traditionnel », « ça ne mange pas de pain », « les gens croient bien ce qu’ils veulent », ainsi qu’une complaisance médiatique : portraits attendris, récits sans contradicteur, confusion entre témoignage et preuve. Mais il y a aussi une forme d’apathie institutionnelle : tolérance tacite « pour le confort du patient », parfois au prix d’un silence sur l’absence de preuve d’un bénéfice réel. Et par ailleurs le personnel médical a pris l’habitude dans certaines régions de tenir des listes de barreur de feu à la disposition des patients qui en font la demande… sans qu’aucun protocole sérieux ne soit intervenu dans l’élaboration de ces listes au doigt mouillé.

Il n’existe pas d’étude montrant que l’acceptation des coupeurs de feu entraînerait mécaniquement l’adhésion à d’autres pseudo-médecines. En revanche, plusieurs travaux convergent pour montrer que les croyances et usages de pratiques non prouvées tendent à se regrouper et à se renforcer mutuellement. L’adhésion à une forme de médecine alternative est statistiquement associée à l’adhésion à d’autres pratiques du même registre, ainsi qu’à des styles cognitifs favorisant les généralisations abusives (Van den Bulck, 2010 ; Aßmann & Betsch, 2023).

Dans le champ de l’oncologie, des travaux expérimentaux montrent que l’exposition à des discours non fondés peut modifier les intentions thérapeutiques, en diminuant l’adhésion aux traitements validés et en augmentant l’intérêt pour des alternatives non éprouvées (Varet et al., 2024). Il ne s’agit donc pas d’une « contagion » au sens strict, mais d’un effet de légitimation : lorsqu’une pratique non évaluée est tolérée ou valorisée dans un contexte de soin, elle peut abaisser le seuil critique et rendre d’autres croyances du même ordre plus acceptables.

Le coût de, tout cela est moins visible qu’un scandale, mais il est réel : cela accrédite l’idée que la validation scientifique serait optionnelle, et que toutes les pratiques se vaudraient tant qu’elles s’inscrivent dans un récit bienveillant. Or l’hôpital est un amplificateur symbolique. La simple proximité avec le soin peut suffire à faire croire à une validation — et cette confusion a une valeur de contagion culturelle. L’acceptabilité sociale constitue un signal permissif envers les prétentions charlatanesques, et les arnaques pures et dures, voire les dérives de type sectaire qui se multiplient dans le monde de la santé alternative.

Conclusion

Les coupeurs de feu ne posent pas une énigme scientifique. Nous avons des hypothèses très solides pour répondre aux questions sur la force des croyances associées. Toutefois ils constituent un casse-tête pour notre société qui place au pinacle —pour d’excellentes raisons— les libertés individuelles : que fait-on, collectivement, quand un rituel magique se présente comme un soin apporté à de vrais malades ? Ce n’est pas moi qui peut trancher une telle question, mais je plaide, bien sûr pour qu’on évite de sacrifier le vrai sur l’autel d’un élan de tolérance pour des croyances, comme si les idées devaient jouir de certains droits qui tôt ou tard finissent par s’opposer aux droits des personnes.

Le danger des coupeurs de feu n’est pas local, il réside dans l’écosystème de croyance qui l’entoure. Accorder du crédit à ce narratif peut décaler les priorités, brouiller la compréhension publique de ce qu’est une preuve, et offrir une passerelle vers d’autres promesses non démontrées, dans un environnement déjà saturé de désinformation.

Un mot, enfin, sur la question de l’argent. La défense la plus courante des barreurs de feu consiste à rappeler qu’ils demandent rarement une rémunération explicite, ce qui serait la preuve de leur bonne foi. Mais cette lecture est incomplète. Toutes les transactions ne sont pas monétaires. Être reconnu comme guérisseur, comme quelqu’un capable d’agir là où d’autres échoueraient, confère un capital symbolique considérable : reconnaissance, gratitude, prestige local, sentiment de rôle singulier. Ce statut a une valeur réelle, parfois durable, et il structure des attentes, des récits et des loyautés. Le charlatan qui exécute quelques mouvements et que l’on traite comme un sauveur n’est pas celui qui reçoit le moins dans l’opération. Et ce capital symbolique, précisément parce qu’il est précieux, tend à être défendu, mais rarement en acceptant l’épreuve la plus simple et la plus honnête — celle d’un protocole capable de confirmer, mais aussi de réfuter, les prétentions avancées.

Nous avons besoin de nous guérir de notre propension à défendre nos croyances et nos conclusion pour des raisons qui n’ont pas de lien avec leur véracité, car nous finirions par payer extrêmement cher l’abandon des critères qui nous permettent de vivre ensemble dans le même monde.

Acermendax


Références

  • Amanzio, M., & Benedetti, F. (1999). Neuropharmacological dissection of placebo analgesia: Expectation-activated opioid systems versus conditioning-activated specific subsystems. Journal of Neuroscience, 19(1), 484–494.
  • Aßmann, L., & Betsch, T. (2023). Medical decision making beyond evidence: Correlates of belief in CAM and homeopathy. PLOS ONE, 18(4), e0284383.
  • Benedetti, F., Mayberg, H. S., Wager, T. D., Stohler, C. S., & Zubieta, J.-K. (2005). Neurobiological mechanisms of the placebo effect. Journal of Neuroscience, 25(45), 10390–10402.
  • Colloca, L., & Benedetti, F. (2009). Placebo analgesia induced by social observational learning. Pain, 144(1–2), 28–34.
  • Finniss, D. G., Kaptchuk, T. J., Miller, F., & Benedetti, F. (2010). Biological, clinical, and ethical advances of placebo effects. The Lancet, 375(9715), 686–695.
  • Guy, J.-B., Bard-Reboul, S., Trone, J.-C., Vallard, A., Espenel, S., Langrand-Escure, J., et al. (2017). Healing touch in radiation therapy: Is the benefit tangible? Oncotarget, 8(46), 81485–81491.
  • Hammerschlag, R., Marx, B. L., & Aickin, M. (2014). Nontouch biofield therapy: A systematic review of human randomized controlled trials reporting use of only nonphysical contact treatment. Journal of Alternative and Complementary Medicine, 20(12), 881–892.
  • Jain, S., & Mills, P. J. (2010). Biofield therapies: Helpful or full of hype? A best evidence synthesis. International Journal of Behavioral Medicine, 17(1), 1–16.
  • Jeschke, M. G., van Baar, M. E., Choudhry, M. A., Chung, K. K., Gibran, N. S., & Logsetty, S. (2020). Burn injury. Nature Reviews Disease Primers, 6(1), 11.
  • Moerman, D. E., & Jonas, W. B. (2002). Deconstructing the placebo effect and finding the meaning response. Annals of Internal Medicine, 136(6), 471–476.
  • O’Mathúna, D. P. (2016). WITHDRAWN: Therapeutic touch for healing acute wounds. Cochrane Database of Systematic Reviews, CD002766.
  • Jan Van den Bulck, Kathleen Custers, Belief in complementary and alternative medicine is related to age and paranormal beliefs in adults, European Journal of Public Health, Volume 20, Issue 2, April 2010, Pages 227–230
  • Varet, F., Fournier, V., & Delouvée, S. (2024). Assessing the role of conspiracy beliefs in oncological treatment decisions. Applied Psychology: Health and Well-Being, 17(1), e12615.
  • Younus, J., Lock, M., Vujovic, O., Yu, E., Malec, J., D’Souza, D., & Stitt, L. (2015). A case-control, mono-center, open-label, pilot study to evaluate the feasibility of therapeutic touch in preventing radiation dermatitis in women with breast cancer receiving adjuvant radiation therapy. Complementary Therapies in Medicine, 23(4), 612–616.
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