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Faut-il interdire le Coran ?

Émission enregistrée le 15 septembre – 20h— La Tronche est à VOUS : format de libre antenne.

Invité : Ali Babal – apostat, créateur de contenu critique de l’Islam. Auteur de « Incroyable Coran » et « Incroyable islam ». Son site : alibabal.fr

Invité Bonus : Sacha Sydoryk, enseignant chercheur spécialiste de la constitution

Éditorial

En France, comme dans la plupart des pays, on ne peut pas imprimer et vendre absolument n’importe quel texte. La liberté d’expression connaît des limites : la loi sanctionne notamment la provocation directe à certains crimes, l’apologie des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou de la réduction en esclavage, ainsi que l’incitation à la haine, à la discrimination ou à la violence contre certains groupes.

Or certains textes existent depuis bien plus longtemps que ces lois. S’il ne saurait évidemment être question de les détruire, on peut légitimement se demander s’il faut réglementer leur circulation, surtout lorsqu’ils servent à éduquer des enfants, à leur assigner des objectifs de vie, à régir les relations entre les personnes et à définir ce que devrait être un individu moral.

Notre société limite déjà l’accès des mineurs aux films pornographiques ou particulièrement violents. La loi sanctionne également la diffusion de certains messages violents, pornographiques, incitant au terrorisme ou portant gravement atteinte à la dignité humaine lorsqu’ils sont susceptibles d’être vus ou perçus par un mineur.

On peut donc se demander s’il est normal de mettre entre les mains des enfants des textes qui légitiment des massacres, l’esclavage, la domination des femmes, les mariages imposés ou la mise à mort de ceux qui refusent de croire ce qu’on voudrait leur faire croire. Lire un texte ancien pour le connaître ou l’étudier est une chose. Le présenter à un enfant comme une parole parfaite, indiscutable et destinée à guider sa conduite en est une autre.

Le titre de cette émission mentionne l’interdiction du Coran parce que mon invité est un apostat de l’islam. Mais la même question vaut évidemment pour les autres textes religieux, qui contiennent tous, à des degrés divers, des passages posant ce genre de problème.

Et bien sûr, la mention d’une interdiction est rhétorique. Elle vise à faire réagir et à faire réfléchir, car je n’ai pas pour programme politique d’interdire des livres. C’est le genre d’obsession que l’on rencontre beaucoup plus souvent du côté des autorités religieuses qu’ailleurs.

Au cours de la soirée, je vous présenterai plusieurs exemples de propos réellement contenus dans ces textes. Mais la question qui nous occupe dépasse leur simple inventaire : elle concerne la liberté d’expression et les règles que notre société choisit d’établir pour contrarier l’influence des idées fausses et dangereuses.

Malheureusement, les humains ne sont pas immunisés contre la bêtise, la crédulité, le fanatisme et la radicalisation. Malheureusement, il n’est pas nécessaire qu’une idée soit vraie pour qu’elle nous plaise. Et malheureusement, l’histoire nous apprend, si on l’écoute, que les idées assassines, imbéciles, piégeuses et rétrogrades peuvent étouffer et massacrer les connaissances, la curiosité, l’intelligence et même le bon sens.

Nous serions fous d’espérer que le libre marché des offres cognitives, livré à lui-même, éliminera les faussetés et les chausse-trappes. Cela signifie que nous devons agir concrètement pour contrebalancer l’avantage injuste dont disposent les idées fausses, faciles, séduisantes et corruptrices.

Mais comment ?

Nous essaierons de nourrir un début de réflexion en échangeant tous ensemble, dans ce format de libre antenne où vous pourrez demander la parole et nous rejoindre en direct pour apporter votre réflexion ou débattre avec mon invité et moi-même.

Acermendax

 


Allons plus loin : extrait des textes

 

Pour comprendre la problématique de la limite de la liberté d’expression appliquée à des textes qui sont traités comme étant globalement au-dessus des loi, visitons les en relevant certains passages contraires au bon fonctionnement de nos sociétés.

Pour la Bible, je cite la traduction liturgique française de l’AELF. Pour le Coran, la traduction de Muhammad Hamidullah publiée par Quran.com, sauf indication contraire. Les hadiths sont traduits via ChatGPT soins depuis la version anglaise consultée.

 

I. Bible hébraïque ou Tanakh

Ces livres appartiennent au canon juif et, sous le nom d’Ancien Testament, au canon chrétien.

Extermination de populations

Deutéronome 20, 13-18

« Tu passeras tous les hommes au fil de l’épée. Quant aux femmes, aux enfants, au bétail, tout ce qui se trouve dans la ville, tout le butin, tu t’en saisiras […] Dans les seules villes des peuples que le Seigneur ton Dieu te donne en héritage, tu ne laisseras subsister aucun être vivant. »

Le passage distingue les villes éloignées, dont les femmes et les enfants deviennent du butin, des populations de Canaan vouées à l’extermination. C’est probablement l’exemple le plus net d’un commandement relevant, dans notre vocabulaire, de la guerre d’anéantissement. Deutéronome 20

Premier livre de Samuel 15, 2-3

« Tu frapperas Amalec […] Tu ne l’épargneras pas. Tu mettras tout à mort : l’homme comme la femme, l’enfant comme le nourrisson, le bœuf comme le mouton, le chameau comme l’âne. »

Il s’agit d’un ordre divin explicite d’extermination collective. Le récit reproche ensuite à Saül d’avoir épargné le roi Agag et une partie du bétail. 1 Samuel 15

Massacre d’enfants et capture des filles

Nombres 31, 15-18

« Maintenant, tuez donc tous les petits garçons ; et toutes les femmes qui ont partagé la couche d’un homme, tuez-les ! Mais toutes les petites filles, elles qui n’ont pas partagé la couche d’un homme, vous pouvez les garder vivantes pour vous. »

Le chapitre décrit la mise à mort des hommes, l’incendie des villes et le partage des captives comme prises de guerre. L’usage sexuel des filles n’est pas formulé explicitement dans ces deux versets ; l’association entre leur virginité, leur survie et leur attribution aux vainqueurs justifie néanmoins de parler de captivité sexuelle probable, à condition de présenter cette qualification comme une inférence. Nombres 31

Mariage d’une captive

Deutéronome 21, 10-14

« Peut-être remarqueras-tu, parmi les captives, une femme de belle apparence, dont tu t’éprendras […] après quoi, tu t’approcheras d’elle, tu l’épouseras et elle deviendra ta femme. »

Le texte permet au vainqueur d’épouser une prisonnière après un mois de deuil. Si elle cesse de lui plaire, il doit la libérer : « tu ne pourras absolument pas la vendre ni en tirer profit, puisque tu lui as fait violence ». Le consentement de la captive n’intervient jamais. Deutéronome 21

Viol et mariage imposé

Deutéronome 22, 28-29

« Lorsqu’un homme rencontre une jeune fille vierge qui n’est pas fiancée, la saisit et couche avec elle […] l’homme donnera cinquante pièces d’argent au père de la jeune fille. Puisqu’il a abusé d’elle, elle deviendra sa femme et il ne pourra la renvoyer tant qu’il vivra. »

La victime se trouve durablement liée à l’homme qui a abusé d’elle. Certaines traductions et certains exégètes contestent toutefois que le verbe hébreu désigne nécessairement un viol dans ce cas précis. L’AELF traduit bien par « saisit » et « abusé d’elle ». Deutéronome 22

Le même chapitre prévoit aussi la lapidation d’une jeune femme fiancée agressée en ville « parce que, étant dans la ville, elle n’a pas crié au secours » — Deutéronome 22, 23-24.

Mise à mort des homosexuels

Lévitique 20, 13

« Quand un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, tous deux commettent une abomination ; ils seront mis à mort, leur sang retombera sur eux. »

Il s’agit d’une prescription pénale explicite, et non du simple récit d’un châtiment divin. Lévitique 20

Esclavage et violences du maître

Exode 21, 20-21

« Si quelqu’un frappe avec un bâton et fait mourir de sa main son serviteur ou sa servante, la victime devra être vengée. Mais si elle survit un jour ou deux, elle ne sera pas vengée, car elle a été achetée avec l’argent du maître. »

Le passage réglemente la violence contre un esclave et exonère le maître si la mort n’est pas immédiate. Exode 21

Lévitique 25, 44-46

« Tes esclaves, hommes et femmes, proviendront des nations qui vous entourent […] ils seront votre propriété, et vous les laisserez en héritage à vos fils après vous […] Vous les aurez pour toujours comme esclaves. »

Le texte réserve aux compatriotes israélites une protection refusée aux esclaves étrangers et institue un esclavage permanent et héréditaire. Lévitique 25

Mise à mort d’un enfant insoumis

Deutéronome 21, 18-21

« Lorsqu’un homme a un fils rebelle et obstiné […] tous les hommes de la ville le lapideront jusqu’à ce que mort s’ensuive. »

La tradition rabbinique a fortement restreint les conditions d’application de cette peine, au point de la rendre pratiquement ou totalement inapplicable. La prescription littérale demeure présente dans la Torah. Deutéronome 21

Violence contre les enfants ennemis

Psaume 136, 8-9 dans la numérotation de l’AELF ; Psaume 137 dans la numérotation hébraïque courante

« Ô Babylone misérable, heureux qui te revaudra les maux que tu nous valus ; heureux qui saisira tes enfants, pour les briser contre le roc ! »

C’est une imprécation de captifs contre Babylone, pas un code juridique ni un ordre attribué à Dieu. L’extrait exprime néanmoins une célébration de la vengeance contre des nourrissons. Psaume 136

Exclusion fondée sur l’origine

Deutéronome 23, 4 et 7

« L’Ammonite et le Moabite n’entreront pas dans l’assemblée du Seigneur, même à la dixième génération ; ils n’y entreront jamais. »

« Jamais, tant que tu vivras, tu ne t’inquiéteras de leur prospérité ni de leur bonheur. »

Le même chapitre offre à d’autres étrangers un traitement plus favorable et interdit de livrer un esclave fugitif à son maître. Il reste que l’exclusion des Ammonites et des Moabites est héréditaire et collective. Deutéronome 23

Esdras 10, 2-3 et 10-11

« Nous allons maintenant prendre l’engagement devant notre Dieu de faire sortir du milieu de nous toutes les femmes et leur progéniture. »

« Séparez-vous des gens du pays et des femmes étrangères. »

Le passage décrit une décision collective de rupture des mariages avec des étrangères et d’expulsion des femmes et de leurs enfants. Esdras 10

II. Nouveau Testament

Le Nouveau Testament contient beaucoup moins de prescriptions violentes directement applicables par les humains. Les passages problématiques concernent surtout la soumission des femmes, l’acceptation de l’esclavage et la condamnation de l’homosexualité.

Soumission et silence des femmes

Première lettre à Timothée 2, 11-15

« Que la femme reçoive l’instruction dans le calme, en toute soumission. Je ne permets pas à une femme d’enseigner, ni de dominer son mari […] Mais la femme sera sauvée en devenant mère. »

Il s’agit d’une instruction donnée à une communauté religieuse, accompagnée d’une justification fondée sur Ève et la faute originelle. 1 Timothée 2

Première lettre aux Corinthiens 14, 34-35

« Que les femmes gardent le silence dans les assemblées, car elles n’ont pas la permission de parler […] Car pour une femme c’est une honte de parler dans l’assemblée. »

Le statut textuel et la place primitive de ces versets sont discutés par les spécialistes, mais ils figurent dans le texte canonique transmis. 1 Corinthiens 14

Lettre aux Éphésiens 5, 22-24

« Les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus […] puisque l’Église se soumet au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes à l’égard de leur mari. »

Le contexte demande ensuite aux maris d’aimer leur femme et de se sacrifier pour elle. Cette réciprocité morale ne supprime pas la structure hiérarchique énoncée. Éphésiens 5

Acceptation de l’esclavage

Lettre aux Éphésiens 6, 5-9

« Vous, les esclaves, obéissez à vos maîtres d’ici-bas comme au Christ, avec crainte et profond respect. »

Le texte demande ensuite aux maîtres de renoncer aux menaces, mais ne condamne ni n’abolit l’institution. Éphésiens 6

Condamnation des relations homosexuelles

Lettre aux Romains 1, 26-32

« Les hommes ont abandonné les rapports naturels avec les femmes pour brûler de désir les uns pour les autres ; les hommes font avec les hommes des choses infâmes […] ceux qui font de telles choses méritent la mort. »

Attention : « méritent la mort » clôt une liste qui comprend aussi la cupidité, l’orgueil, la médisance et la désobéissance aux parents. Affirmer que Paul ordonne ici spécifiquement l’exécution des homosexuels serait excessif. Romains 1

 

III. Coran

Violence conjugale et autorité masculine

Coran 4:34, sourate Les Femmes

« Les hommes ont autorité sur les femmes […] Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles. »

La traduction du verbe daraba fait l’objet de tentatives modernes de réinterprétation. « Frappez-les » correspond néanmoins à la traduction traditionnelle et à l’essentiel de l’exégèse classique. Coran 4:34, traduction Hamidullah

Combat contre les polythéistes

Coran 9:5, sourate Le Repentir

« Après que les mois sacrés expirent, tuez les polythéistes où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. »

Ce verset appartient à une séquence de rupture de pactes. Le verset 9:4 excepte les polythéistes restés fidèles à leur traité ; le verset 9:6 ordonne d’accorder l’asile et de conduire en sécurité celui qui le demande. Citer 9:5 seul produirait donc une généralisation abusive. Coran 9:1-6, traduction Hamidullah

Guerre et soumission des « gens du Livre »

Coran 9:29

« Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier […] parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, en état d’humiliation ! »

Le passage concerne les « gens du Livre », principalement juifs et chrétiens, dans un contexte de conflit et de formation d’un ordre politique musulman. Sa portée historique ou permanente divise les interprètes. Coran 9:29, traduction Hamidullah

Mise à mort de transfuges en contexte de guerre

Coran 4:89

« S’ils se détournent, appréhendez-les et tuez-les là où vous les trouverez ; et ne prenez parmi eux ni allié ni soutien. »

Les versets voisins parlent d’un groupe accusé de duplicité et exemptent ceux qui rejoignent un peuple lié par un pacte ou qui refusent de combattre. Ce n’est donc pas un ordre général de tuer tous les non-musulmans. Coran 4:89

Peines corporelles et exécution

Coran 5:33

« La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son Messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la Terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. »

La jurisprudence classique a notamment associé ce passage au brigandage armé et à la rébellion. Le sens de « semer la corruption » ne doit pas être étendu sans justification à la simple incroyance. Coran 5:33, traduction Hamidullah

Témoignage des femmes

Coran 2:282

« Faites-vous assister par deux hommes parmi les vôtres comme témoins. Si vous n’en trouvez pas deux, que ce soit un homme et deux femmes […] afin que si l’une d’elles s’égare l’autre lui rappelle les faits. »

Le passage porte précisément sur la consignation d’une dette, pas sur toutes les procédures judiciaires. Il a néanmoins servi de fondement à une valeur différenciée du témoignage selon le sexe dans certaines traditions juridiques. Coran 2:282

Mariage d’enfants : un verset qui le présuppose

Coran 65:4, sourate Le Divorce

« De même pour celles qui n’ont pas encore de règles. »

Le verset fixe à trois mois le délai de viduité de femmes divorcées qui n’ont pas de menstruations. Il ne commande pas explicitement d’épouser des enfants. Une partie majeure de l’exégèse classique comprend cependant cette catégorie comme incluant les filles prépubères, ce qui suppose la validité de tels mariages. Des interprétations modernes y voient plutôt des adultes souffrant d’aménorrhée. Coran 65:4, traduction Hamidullah

 

IV. Hadiths sunnites

Mariage et consommation avec Aïcha enfant

Sahih al-Bukhari 5134, livre 67, hadith 70

« Le Prophète l’épousa lorsqu’elle avait six ans et consomma le mariage lorsqu’elle avait neuf ans. »

Le récit est attribué à Aïcha elle-même. D’autres versions de Bukhari et Muslim donnent les mêmes âges. Certaines recherches musulmanes contemporaines proposent un âge plus élevé à partir de chronologies indirectes, mais elles contredisent le sens littéral de plusieurs hadiths tenus pour authentiques dans le sunnisme. Sahih al-Bukhari 5134

Mise à mort de l’apostat

Sahih al-Bukhari 3017, livre 56, hadith 226

« Celui qui abandonne sa religion, tuez-le. »

Le récit rapporte également qu’Ali aurait fait brûler des personnes ; Ibn Abbas désapprouve le bûcher, mais déclare qu’il les aurait tuées conformément à cette parole. Sahih al-Bukhari 3017

Relations sexuelles avec des captives

Sahih Muslim 1438a, livre 16, hadith 146

« Nous prîmes pour captives de belles femmes arabes […] Nous décidâmes donc d’avoir des rapports sexuels avec elles tout en pratiquant le retrait. »

Les combattants consultent Mahomet sur le retrait afin d’éviter une grossesse tout en préservant la valeur de rançon des captives. La réponse rapportée ne condamne pas les rapports ; elle affirme que toute personne destinée à naître naîtra. La question du consentement des prisonnières est absente. Sahih Muslim 1438a

Infériorité intellectuelle et religieuse des femmes

Sahih al-Bukhari 304, livre 6, hadith 9

« Je n’ai vu personne de plus déficient en intelligence et en religion que vous. »

Le hadith explique cette « déficience » par la règle des deux témoignages féminins pour un témoignage masculin et par l’interruption de la prière et du jeûne pendant les règles. Sahih al-Bukhari 304

Mise à mort pour relation homosexuelle

Sunan Abi Dawud 4462, livre 40, hadith 112

« Si vous trouvez quelqu’un accomplissant l’acte du peuple de Loth, tuez celui qui le fait et celui qui le subit. »

La page donne au hadith la qualification hasan sahih selon al-Albani. Abu Dawud n’occupe toutefois pas exactement le même rang canonique que Bukhari et Muslim, et l’authenticité ainsi que la portée juridique de ce récit ont été discutées. Sunan Abi Dawud 4462

Scène eschatologique de massacre des juifs

Sahih Muslim 2922, livre 54, hadith 103

« L’Heure ne viendra pas avant que les musulmans combattent les juifs et que les musulmans les tuent […] une pierre ou un arbre dira : “Musulman, serviteur d’Allah, un juif se trouve derrière moi ; viens et tue-le.” »

Il s’agit d’une prophétie eschatologique, pas formellement d’un ordre adressé aux croyants dans le présent. Le récit met néanmoins en scène et annonce favorablement un massacre défini par l’appartenance religieuse. Sahih Muslim 2922

 

 

Extraits supplémentaires

1. Mise à mort de l’apostat, même au sein de sa famille

« Tu ne l’approuveras pas, tu ne l’écouteras pas, tu ne porteras pas sur lui un regard de pitié, tu ne l’épargneras pas […] tu devras le tuer […] Tu le lapideras jusqu’à ce que mort s’ensuive. »

Référence : Deutéronome 13, 7-11.

Le même chapitre ordonne ensuite de passer au fil de l’épée les habitants d’une ville ayant adopté d’autres dieux, de tuer son bétail et de brûler la ville avec son butin : Deutéronome 13, 13-17. Texte intégral, traduction liturgique AELF

Intérêt éditorial : c’est probablement l’un des parallèles bibliques les plus directs avec la peine de mort pour apostasie et la destruction collective d’une communauté déviante.

2. Soumission des esclaves, y compris aux maîtres violents

« Vous les domestiques, soyez soumis en tout respect à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bons et bienveillants, mais aussi à ceux qui sont difficiles. »

« Si vous supportez des coups […] c’est une grâce aux yeux de Dieu. »

Référence : Première épître de Pierre 2, 18-20. Texte AELF

Le mot traduit ici par « domestiques » désigne les serviteurs appartenant à une maison. Le passage ne commande pas aux maîtres de battre leurs esclaves, mais demande aux victimes de supporter même un traitement injuste.

3. Amputation pour vol

« Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ils ont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah. »

Référence : Coran 5:38, traduction Muhammad Hamidullah. Texte et contexte

Qualification contemporaine : appliquée en France, une telle peine constituerait une violence criminelle et un traitement inhumain. Exposer ou commenter le verset ne constitue évidemment pas une infraction.

4. Flagellation publique pour relations sexuelles illicites

« La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet ! Et ne soyez point pris de pitié pour eux […] Et qu’un groupe de croyants assiste à leur punition. »

Référence : Coran 24:2, traduction Muhammad Hamidullah. Texte et contexte

Ce passage est particulièrement intéressant parce qu’il cumule châtiment corporel, refus explicite de la pitié et caractère public de la peine.

5. Polygynie et possession d’esclaves sexuelles

« Il est permis d’épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent […] alors une seule, ou des esclaves que vous possédez. »

Référence : Coran 4:3, traduction Muhammad Hamidullah. Texte et contexte

Nuance juridique : défendre abstraitement la polygynie n’est pas nécessairement illégal ; contracter plusieurs mariages civils simultanés l’est. La possession et l’exploitation sexuelle d’une personne relèvent évidemment de crimes.

6. Lapidation des personnes mariées coupables d’adultère

« La lapidation est une obligation […] pour les hommes et les femmes mariés qui commettent l’adultère lorsque la preuve est établie, ou en cas de grossesse ou d’aveu. »

Référence : Sahih Muslim, 1691a, livre 29, hadith 21 — traduction française de la version anglaise publiée. Texte arabe et traduction anglaise

Le récit attribue ces paroles au calife Omar et affirme que Mahomet, puis ses successeurs, ont effectivement pratiqué la lapidation. Un récit parallèle figure dans Sahih al-Bukhari 6829.

 

Déclarations contemporaines

1. Eliyahu Mali : tuer les habitants de Gaza, y compris les enfants

Le 7 mars 2024, le rabbin Eliyahu Mali, dirigeant d’une yeshiva dont les étudiants servent dans l’armée israélienne, déclarait à propos de Gaza :

« You shall not let any soul live. »

« Today he is a baby; tomorrow he is a fighter. »

Il étendait explicitement ce raisonnement aux femmes, aux enfants et aux générations futures. En 2026, une organisation juridique israélienne a contesté le refus du parquet d’ouvrir une enquête. Le parquet a notamment retenu que Mali avait également demandé de respecter les ordres militaires et le droit international. Compte rendu détaillé et état de la procédure, Adalah

Lecture juridique française : isolés de ces réserves et prononcés publiquement comme une véritable consigne, de tels propos seraient fortement susceptibles de relever de la provocation aux atteintes volontaires à la vie et de la provocation à la violence envers un groupe national.

2. Hibatullah Akhundzada : retour annoncé de la lapidation publique

En mars 2024, le chef suprême des talibans déclarait :

“We will flog the women … we will stone them to death in public [for adultery].”

Il annonçait donc la flagellation et la lapidation publiques des femmes accusées d’adultère, en affirmant agir au nom d’Allah contre les principes démocratiques. Compte rendu de l’enregistrement, The Guardian

Ici, il ne s’agit plus seulement d’une opinion théologique : c’est l’annonce, par un dirigeant politique et religieux, de violences institutionnelles.

3. Stephen Kaziimba : emprisonnement à vie des homosexuels

En 2023, l’archevêque anglican d’Ouganda Stephen Kaziimba accueillait favorablement la nouvelle loi anti-homosexualité :

“The Church of Uganda welcomes the diligent work of Parliament and His Excellency, the President.”

Tout en rejetant la peine de mort prévue dans certains cas, il recommandait de la remplacer par la réclusion à perpétuité. Il affirmait également que l’homosexualité était imposée à l’Ouganda par des acteurs étrangers. Anglican Communion News Service

Nuance : soutenir cette loi ne serait pas automatiquement une infraction en France. L’emprisonnement de personnes pour des relations homosexuelles consenties est toutefois radicalement incompatible avec le droit français et les libertés fondamentales.

4. Mahjoub Mahjoubi : un cas effectivement examiné par la justice française

Dans son ordonnance du 4 mars 2024, le tribunal administratif de Paris a retenu que les prêches de l’imam Mahjoub Mahjoubi :

  • théorisaient la soumission des femmes ;
  • opposaient musulmans et non-musulmans ;
  • présentaient les Juifs comme « les ennemis historiques des musulmans qu’il faut combattre » ;
  • faisaient l’apologie du djihad et incitaient à la haine ou à la violence.

Le tribunal a considéré ces éléments suffisamment graves pour valider son expulsion. Résumé officiel du Tribunal administratif de Paris

C’est votre meilleur exemple français, mais il faut préciser qu’il s’agit d’une décision administrative sur une expulsion, pas d’une condamnation pénale pour chacun des propos relevés.

5. Patriarche Kirill : la mort au combat effacerait les péchés

En septembre 2022, le patriarche de Moscou Kirill déclarait au sujet des soldats russes :

“We believe that this sacrifice washes away all the sins that a person has committed.”

Autrement dit, la mort dans l’accomplissement du devoir militaire constituerait un sacrifice effaçant les péchés. Compte rendu Reuters

Ce propos ne constitue pas, à lui seul, un appel à commettre des crimes de guerre. Il fournit néanmoins un exemple très net de sacralisation religieuse de la guerre et de la mort des combattants.

Etc.

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