COVID long : quelle réalité biologique ?
Tronche en Live N° 158 enregistrée le 2 avril 2026
Avec le regard croisé de :
- François Goerhinger, médecin
- Dominique Salmon, infectiologue et chercheuse
- Séverine Grélois, bénévole – Pôle Recherche, Association #ApresJ20 Covid Long France
- Faustine Hélie, cofondatrice – Association #ApresJ20 Covid Long France
Éditorial
Personne n’a échappé à l’émergence d’une nouvelle maladie, la covid19, en 2020. On l’a très souvent comparée à la grippe, notamment dans les milieux marginaux où on était motivé à nier sa gravité. Mais le covid n’est pas simplement une infection respiratoire.
Le SARS-CoV-2 circule dans l’organisme et peut affecter plusieurs systèmes. L’atteinte pulmonaire reste centrale, avec des troubles de l’oxygénation parfois sévères. Mais des manifestations cardiovasculaires ont été documentées : inflammation du muscle cardiaque, troubles du rythme, atteintes vasculaires. Le système nerveux est également concerné, avec des troubles cognitifs, et des atteintes de l’odorat par exemple. À cela s’ajoutent des effets sur le système immunitaire, avec des réponses inflammatoires parfois prolongées, ainsi que des atteintes digestives ou métaboliques.
Ce caractère multisystémique rend l’étude de la maladie compliquée et rend difficile la description des contours d’un syndrome post-infectieux que l’on appelle le Covid Long.
Sous le terme COVID long (ou post-acute sequelae of SARS-CoV-2) se trouve un état pathologique ou un ensemble de symptômes et/ou de nouvelles atteintes qui persistent, récidivent, fluctuent ou apparaissent après une infection par le SARS-CoV-2, généralement au-delà de 3 mois.
La description la plus fidèle du Covid long n’est pas celle d’une entité unique, mais d’un ensemble de mécanismes post-infectieux partiellement chevauchants, avec des phénotypes cliniques récurrents et probablement plusieurs mécanismes biologiques sous-jacents.
Le phénomène est reconnu par l’OMS, le CDC, la HAS, mais sa nature précise (mécanismes, sous-types, trajectoires) reste encore l’objet de recherche active. Plus de 5% des malades du covid sont concernés par un covid long sévère, soit en France 200 000 personnes.
Le problème du Covid long est qu’il se manifeste de manières diverses et qui peuvent ressembler à des pathologies par ailleurs considérées comme fonctionnelles plutôt que physiologiques — comprenez par là qu’elles ne sont pas directement du à des lésions aux organes mais à des dysfonctionnement, et en particulier à des troubles psychologiques liés notamment au stress. Ce qui amène souvent au point de friction nucléaire « ça se passe dans la tête ».
Et ce soir nous allons voir ce qu’il en est, tant au niveau de la recherche et de la pratique médicale que du vécu et du savoir expérientiel dont peuvent témoigner des malades qui sont légitimes à parler de leur vécu et de leurs parcours.
Dans cette émission nous allons essayer de comprendre cde qui se trouve derrière le covid long, ce que l’on sait et ce que l’on ignore et la manière dont on peut espérer faire évoluer la prise en charge pour lutter efficacement contre la maladie.



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