Clash et débats stériles : une solution ?
Émission enregistrée le 17 février
Invités
- Peter Barrett: créateur du projet Debatology et professeur invité à l’ESSEC.
- Jason Bloch: président de l’association Opinions sur Rue et formateur en Entretien Épistémique. Il a traduit un livre de référence sur le sujet de l’anglais
Éditorial
Faire la promotion de l’esprit critique peut se faire en vue d’une multitude d’objectifs qui occupent autant de mouvements ou de créateurs de contenus de la sphère sceptique, que ce soit la lutte contre les pseudosciences, les sectes, les baratineurs ou la promotion des connaissances, des méthodes et des valeurs humanistes
Un certain nombre de ces objectifs ont en commun la nécessité de questionner les croyances : les nôtres comme celles d’autrui, et parfois le désir de les faire changer. Nous préférons tous que nos proches évitent de croire des bêtises qui mettent en danger leur santé, ou les incitent à des comportements néfastes.
Si l’objectif est de faire évoluer les croyances, notamment en direction de ce que les sciences nous donnent à connaître, il faut se demander comment y arriver de la manière la plus efficace, et en fonction des sujets que l’on souhaite traiter, savoir évaluer si l’on fait œuvre utile ou pas.
Parmi les outils et techniques mis en avant à cette fin, il y a l’entretien épistémique, aussi appelé entretien socratique, et l’ensemble des moyens par lesquels on parle de métacognition de manière à amener chacun à réfléchir sur les raisons qu’il a de penser ce qu’il pense.
Mais, nous pourrions bien avoir un problème si, notre objectif étant de faire changer les croyances (et je précise que cela n’est pas forcément le but en zététique où il est plus modestement question de s’entrainer à douter avec méthode) ; nous pourrions avoir un problème disais-je, si nous avons sur les croyances humaines des croyances erronées.
La manière dont les croyances se forment, dont elles se fixent et se transmettent est d’une très grande complexité, et nous aurions tort de croire qu’il suffit de réfuter une idée pour qu’elle soit aussitôt rejetée — En réalité c’est bien souvent parce que nous constatons que tel n’est pas le cas que nous nous intéressons au rationalisme.
Nos croyances sur le monde et sur nous-même ne sont pas toutes de la même nature, ne servent pas toutes à la même chose, et n’ont pas toute la même vulnérabilité à l’argumentation.
Et à cause de cela il faut se demander si nos outils dialectiques sont bien calibrés pour atteindre les croyances que nous souhaitons voir évoluer. L’entretien épistémique est-il un outil efficace ? La métacognition est-elle vraiment secourable ?
Eh bien mes deux invités du jour ne sont pas d’accord sur le sujet. Ils ont des croyances contraires, et nous allons en débattre avec quelque part l’idée que malgré tout l’exercice même du débat sera utile à quelque chose, même si ce n’est pas à faire changer les croyances de ceux qui y prennent part.



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