La zététique consiste à questionner les raisons pour lesquelles nous pensons que quelque chose est vrai.

Non, les enfants amish ne sont pas miraculeusement épargnés par le cancer, le diabète ou l’autisme

Une affirmation circule depuis quelque temps sur les réseaux sociaux, notamment chez les militants antivaccins : « Presque aucun enfant amish n’est atteint de cancer, de diabète ou d’autisme. » Cette idée, relayée par des sites peu fiables comme GlobalResearch ou IndepNews, voudrait faire croire que le refus des vaccins, de la médecine moderne ou d’un mode de vie industrialisé expliquerait un supposé état de santé exceptionnel. Comme on peut s’y attendre, cette thèse ne repose sur aucun fondement scientifique.

 

D’abord, les publications mentionnées ne sont pas des études scientifiques : elles n’ont fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs, ne s’appuient sur aucun protocole rigoureux, et ne fournissent pas de données vérifiables. Elles relèvent davantage de l’anecdote ou de l’argument d’autorité. Le concept même d’« absence totale de maladies » dans une population est invérifiable sans données épidémiologiques robustes.

 

Nuançons le postulat de départ : l’idée que les amish constitueraient une population « témoin » non vaccinée est profondément erronée. Les communautés amish ne sont ni homogènes ni systématiquement opposées à la médecine conventionnelle. Certaines familles refusent les vaccins, d’autres les acceptent, ce choix varie selon les groupes, les régions et les évêques qui encadrent les pratiques religieuses.

Des études épidémiologiques ont effectivement montré une incidence plus faible de certains cancers chez les Amish, notamment dans l’Ohio. Une étude de Westman et al. (2010), observe une baisse d’environ 40 % de l’incidence du cancer dans cette population. Cette différence est largement attribuée à des facteurs de mode de vie : très faible consommation de tabac et d’alcool, alimentation faite maison, activité physique quotidienne, peu ou pas d’exposition à certains polluants environnementaux. Ces paramètres, bien connus pour leur rôle protecteur contre le cancer, sont bien plus déterminants que l’acceptation ou non de la vaccination.

Concernant l’autisme, il n’existe pas, à ce jour, d’étude épidémiologique publiée et validée sur sa prévalence dans la population amish. Les données disponibles sont anecdotiques ou issues de rapports non publiés. Les taux de diagnostic dans ces communautés sont très probablement sous-estimés en raison d’un accès limité au diagnostic spécialisé, une faible médicalisation des troubles neurodéveloppementaux, et une culture où ces comportements peuvent être interprétés différemment. L’absence de cas rapportés n’équivaut pas à une absence réelle de la condition.

Enfin, rappelons qu’aucune preuve ne montre un lien entre vaccination infantile et autisme — une idée réfutée à de multiples reprises par des études de grande ampleur dans des pays aux systèmes de santé rigoureux (Taylor et al., 2014 ; Jain et al., 2015). La dangerosité d’un tel discours antivaccinal réside dans sa capacité à détourner des familles de mesures de santé publique vitales.

 

En résumé, non : les enfants amish ne sont pas miraculeusement protégés des maladies modernes. Ce qui est certain, en revanche, c’est que le discours qui prétend le contraire s’appuie sur de fausses prémisses, des données absentes, et une instrumentalisation idéologique de la science.


Références

  • Jain, A., Marshall, J., Buikema, A., Bancroft, T., Kelly, J. P., & Newschaffer, C. J. (2015). Autism occurrence by MMR vaccine status among US children with older siblings with and without autism. JAMA, 313(15), 1534–1540. https://doi.org/10.1001/jama.2015.3077
  • Taylor, L. E., Swerdfeger, A. L., & Eslick, G. D. (2014). Vaccines are not associated with autism: An evidence-based meta-analysis of case-control and cohort studies. Vaccine, 32(29), 3623–3629. https://doi.org/10.1016/j.vaccine.2014. 04.085
  • Westman, J. A., Ferketich, A. K., Kauffman, R. M., MacEachern, S. N., Wilkins, J. R., Wilcox, P. P., & Bloomfield, C. D. (2010). Low cancer incidence rates in Ohio Amish. Cancer Causes & Control, 21(1), 69–75. https://doi.org/10.1007/s10552-009-9435-7

 

J’ai rédigé un chapitre sur cet évènement de 1917 dans m, et écrit un documentaire visible sur La Tronche en Biais : « Les secrets du miracle de Fatima »

Parmi les croyants, certains apologètes zélés comme Olivier Bonnassies affirment que seul le surnaturel peut expliquer ce qui s’est passé : que le concept d’hallucination collective a été inventé pour tenter de répondre au mystère de Fatima, et que jamais aucun évènement équivalent ne s’est produit nulle part dans l’histoire, donc le christianisme est vrai ![2] Et Olivier Bonnassies affirme tout ça avec un tel aplomb tranquille qu’il est difficile de le soupçonner de baratiner. Et pourtant il baratine, il mythonne.

 

Fatima : un événement hors du commun, mais pas inexplicable

Un petit rappel des faits : le 13 mai 1917, trois jeunes bergers portugais — Lúcia dos Santos et ses cousins Francisco et Jacinta Marto — affirment avoir vu une « dame vêtue de blanc » dans un champ près de la Cova da Iria, non loin de Fatima. L’apparition se répète chaque mois. Le 13 octobre, après l’annonce prophétique d’un « grand miracle », entre 30 000 et 70 000 personnes affluent. Ce jour-là, selon les récits, le soleil aurait « dansé », changé de couleur, chuté vers la terre avant de remonter dans le ciel. L’événement deviendra central dans l’imaginaire catholique du XXe siècle.

Mais cette interprétation surnaturelle n’est ni exclusive, ni la plus probable. L’histoire des phénomènes collectifs, des troubles psychogènes de masse et des illusions perceptives fournit des clés d’analyse rationnelles bien établies.

 

Le concept d’hallucination collective est antérieur à Fatima

Contrairement à l’affirmation de Monsieur Bonnassies, l’idée d’hallucination ou de contagion perceptive partagée par un groupe n’est pas une invention ad hoc destinée à décrédibiliser Fatima. Dès le XIXe siècle, les psychiatres et psychologues s’intéressent à des formes de délires partagés. Le concept de folie à deux est formalisé par Lasègue et Falret (1877), celui de folie communiquée par Baillarger (1860), et les psychoses collectives décrites par Legrand du Saulle (1871)[3]. Gustave Le Bon (1895) popularisera dans Les foules le rôle de la suggestion et de la contagion émotionnelle[4].

Ces phénomènes ont été observés dans des contextes très variés : hystéries dans des couvents[5], crises de possession, peurs panique d’empoisonnements ou d’attaques invisibles, épidémies de rires, etc. Ce corpus théorique et empirique est donc antérieur à Fatima, et a été régulièrement mobilisé pour éclairer des événements perçus comme surnaturels, religieux ou non.

 

Fatima, cas typique de trouble psychogène collectif ?

Plusieurs facteurs font de Fatima un terreau idéal pour un trouble psychogène collectif : attente intense, effet de foule, climat anxiogène (c’est la guerre, on est en pleine instabilité politique), promesse d’un événement exceptionnel, contexte religieux. Ces ingrédients sont ceux que les recherches modernes associent à ce type de phénomènes[6].

De plus, les témoignages recueillis divergent fortement : certains rapportent avoir vu un disque multicolore tournoyer, d’autres une pluie de lumière, d’autres encore ne remarquent rien d’inhabituel. Notamment Lucia dos Santos, qui, elle aurait vu la vierge, contrairement aux milliers de gens présents.

Ce type de variabilité perceptive, conjugué à l’absence de toute anomalie astronomique ou météorologique enregistrée à l’échelle planétaire, plaide pour une explication psychophysiologique : illusion d’optique, persistance rétinienne due à la fixation du soleil, effet Purkinje, ou simple contagion perceptive.

 

Un événement unique ? L’histoire en témoigne autrement

L’argument apologétique qui fait de Fatima un événement sans précédent ne résiste pas à l’examen. De Lourdes (1858) à Zeitoun (Égypte, 1968-71), en passant par Knock (Irlande, 1879), d’autres apparitions mariales ont généré des rassemblements massifs et des récits de phénomènes lumineux. Autrement dit : il y a une culture de l’apparition de la vierge qui porte même un nom : la mariophanie. C’est le truc à la mode en Europe à cette époque-là, plus de vingt mille sont répertoriées, et seuls les cas les plus marquants sont restés dans les livres d’histoire ; toutes les fois où les promesses de miracle n’ont pas débouché sur des témoignages extatiques sont oubliées, ce qui nous plonge dans l’erreur statistique de trouver étonnant les quelques cas qui paraissent sortir de nulle part.

Par ailleurs, au-delà du christianisme, les exemples abondent dans d’autres traditions :

  • Islam soufi : Les rituels de dhikr ou de hadra provoquent chez les participants des états de conscience altérés, visions lumineuses et sensations collectives de présence divine (During, 1992)[7].
  • Hindouisme : Le Kumbh Mela est le théâtre de récits de transes collectives et de « signes divins » souvent liés à des interprétations culturelles amplifiées par l’émotion du rassemblement.
  • Religions animistes : Les cérémonies de possession vaudou ou ouest-africaines déclenchent des épisodes où la transe et les visions collectives sont centrales (Boddy, 1994)[8].
  • Bouddhisme tantrique : Des témoignages rapportent des perceptions partagées de lumière, notamment lors de méditations de groupe (Samuel, 2012)[9].

Même dans les sociétés sécularisées, ces dynamiques persistent sous des formes profanes :

  • Il y a des paniques liées aux OVNI : Des phénomènes inspirés par Roswell (1947) à la vague belge (1989-90), des milliers de personnes affirment avoir vu des objets ou lumières inexpliqués — souvent en l’absence de toute trace physique.
  • Phénomènes optiques mal compris : Le spectre de Brocken, les halos solaires, les mirages comme la Fata Morgana, ont souvent été pris pour des signes surnaturels (Minnaert, 1954)[10].

La perception humaine se construit aussi socialement, elle est encline à de nombreuses erreurs, biais et illusions.

 

 

Une preuve de Dieu ? Un raccourci dangereux

L’argumentaire apologétique qui érige Fatima en preuve indiscutable de la vérité du christianisme repose sur un double malentendu : une ignorance des sciences sociales et cognitives, et une méconnaissance de l’histoire comparée des religions et de l’irrationnel collectif.

Ceux qui prétendent fonder rationnellement l’existence de Dieu sur un phénomène collectif mal documenté et très interprété ne rendent pas service à la respectabilité de la foi. L’évènement de Fatima ne disparaît pas dans l’explication naturaliste ; il change simplement de nature — derrière l’histoire de miracle, nous découvrons le symptôme fascinant de dynamiques sociales, psychologiques, culturelles et perceptives humaines qui méritent qu’on les prenne au sérieux.

L’acharnement avec lequel les apologètes tiennent à défendre idée que Fatima est un miracle inexplicable, une preuve de l’action de Dieu, nous rappelle combien leur tâche est désespérée : ils ne reculent devant rien pour tenter de faire passer pour raisonnables leurs croyances bizarres.

Et cela renforce d’autant la posture sceptique qui juge que Dieu n’existe pas jusqu’à preuve du contraire.


Sur le même sujet :

Notre Dame de Fatima et la preuve par les miracles

Est-il sage de douter du miracle de Fatima ? [Absinners répond à Archidiacre]


Références

[1] Vidéo sur La Tronche en Biais

[2] Van Rillaer, J. (2021). Le miracle du soleil, argument de Bolloré & Bonnassies pour le Dieu des catholiques. In Scepticisme & religion, 34(2), 65-76.

[3] Lasègue, C., & Falret, J.-P. (1877). La folie à deux ou folie communiquée. Annales médico-psychologiques.

Baillarger, J. (1860). Sur la folie communiquée. Annales médico-psychologiques.

Legrand du Saulle, H. (1871). Études cliniques sur les maladies mentales. Paris: Baillière.

[4] Le Bon, G. (1895). Psychologie des foules. Paris: Félix Alcan.

[5] Wessely, S. (1987). Mass hysteria: Two syndromes?. Psychological Medicine, 17(1), 109–120.

[6] Bartholomew, R. E., & Wessely, S. (2002). Mass Hysteria in Schools: An International History Since 1566. McFarland.

[7] During, J. (1992). Musique et extase dans les traditions soufies d’Iran. Paris: CERF.

[8] Boddy, J. (1994). Spirit Possession Revisited: Beyond Instrumentality. Annual Review of Anthropology, 23, 407–434.

[9] Samuel, G. (2012). Introducing Tibetan Buddhism. Routledge.

[10] Minnaert, M. (1954). La lumière et les phénomènes célestes. Paris: Payot.

J’ai publié récemment une vidéo « Que vaut vraiment le REIKI ? » dans laquelle je passe en revue des articles scientifiques (ou se réclamant de ce statut) pour montrer ce que la littérature scientifique dit de cette pratique. Vous trouverez en fin de billet toutes ces références.

 

Arthur (de la page Ostéopathie – dérives et esprit critique) a signalé à mon attention que j’avais omis une lettre de scientifiques espagnols qui critiquent l’une des sources que j’ai citées. J’estime donc important de vous donner cette information en ajoutant cette donnée dans la partie du script concernée, à la 19e minute de la vidéo :

—— En 2018, une étude sort dans Complementary Therapies in Clinical Practice, une revue bien placée dans son domaine mais dont le but est de valider les pratiques alternatives. La méta analyse inclut 4 études portant sur douleurs, dépression et anxiété, et obtient un effet statistique.  « Conclusion : Par conséquent, cette méta-analyse a révélé que le Reiki était une approche efficace pour soulager la douleur. »

Et on pourrait trouver que prononcer une telle conclusion sur la base de 4 études rassemblant 212 patients après 96 ans d’existence du reiki, ça a quelque chose d’audacieux qui donne envie de se méfier des revues qui ont intérêt à montrer que ce genre de pratique fonctionne.

[EDIT] – Le journal publie trois mois plus tard une lettre de chercheurs espagnols qui soulignent que l’auteur, Demir Doğan, n’a pas su lire les graphes à partir desquels il conclut.

« Lorsque le groupe Reiki (n = 104) a été comparé au groupe témoin (n = 108), la différence moyenne standardisée a été observée à -0,927 (IC 95% : -1,867 à 0,0124), ce qui représente en fait un résultat non statistiquement significatif (les limites de confiance comprennent 0,0), contrairement à ce qu’indique l’auteur. »

Les données collectées montrent systématiquement l’inverse de ce que l’article de Doğan veut conclure. Évidemment, cela aurait dû conduire à la rétractation de cette étude. Le journal n’a pas pris cette décision : il abrite toujours une étude dont on sait que les conclusions sont totalement fausses. Une étude que j’ai moi-même relayée dans une vidéo en accordant a priori ma confiance dans le processus de publication du journal Complementary Therapies in Clinical Practice. Je n’ai découvert que plus tard l’existence de cette lettre qui anéantit les conclusions de Doğan. ——

Les références concernées :

  1. Demir Doğan M. The effect of reiki on pain: A meta-analysis. Complement Ther Clin Pract. 2018 May;31:384-387. doi: 10.1016/j.ctcp.2018.02.020. Epub 2018 Mar 10. Erratum in: Complement Ther Clin Pract. 2021 Aug;44:101423. doi: 10.1016/j.ctcp.2021.101423. PMID: 29551623.
  2. Moran JM, Puerto-Parejo LM, Leal-Hernández O, Lopez-Espuela F, Roncero-Martín R, Sanchez Fernandez A, Pedrera-Zamorano JD. Misinterpretation of the results from meta-analysis about the effects of reiki on pain. Complement Ther Clin Pract. 2018 Aug;32:115. doi: 10.1016/j.ctcp.2018.06.005. Epub 2018 Jun 7. PMID: 30057036.

 

Cette correction ne change pas le message de la vidéo, puisque les données scientifiques prises dans leur ensemble vont dans le même sens : une absence totale d’efficacité et aucune raison de croire à la validité de la doctrine du reiki.

 

Les références scientifiques utilisées dans ce travail :

  • Avci A, Gün M. The Effect of Reiki on Pain Applied to Patients With Cancer: A Systematic Review. Holist Nurs Pract. 2023 Sep-Oct 01;37(5):268-276. doi: 10.1097/HNP.0000000000000601. PMID: 37595119.
  • Rubik B, Brooks AJ, Schwartz GE. In vitro effect of Reiki treatment on bacterial cultures: Role of experimental context and practitioner well-being. J Altern Complement Med. 2006 Jan-Feb;12(1):7-13. doi: 10.1089/acm.2006.12.7. PMID: 16494563
  • Lee MS, Pittler MH, Ernst E. Effects of reiki in clinical practice: a systematic review of randomised clinical trials. Int J Clin Pract. 2008 Jun;62(6):947-54. doi: 10.1111/j.1742-1241.2008.01729.x. Epub 2008 Apr 10. PMID: 18410352.
  • Joyce J, Herbison GP. Reiki for depression and anxiety. Cochrane Database Syst Rev. 2015 Apr 3;2015(4):CD006833. doi: 10.1002/14651858.CD006833.pub2. PMID: 25835541; PMCID: PMC11088458.
  • Billot M, Daycard M, Wood C, Tchalla A. Reiki therapy for pain, anxiety and quality of life. BMJ Support Palliat Care. 2019 Dec;9(4):434-438. doi: 10.1136/bmjspcare-2019-001775. Epub 2019 Apr 4. PMID: 30948444.
  • Zadro S, Stapleton P. Does Reiki Benefit Mental Health Symptoms Above Placebo? Front Psychol. 2022 Jul 12;13:897312. doi: 10.3389/fpsyg.2022.897312. PMID: 35911042; PMCID: PMC9326483

L’ostéopathie nous place face à de sérieux problèmes. En l’état actuel des choses, il est impossible pour un particulier de savoir si l’ostéopathe qu’il sollicite a reçu une formation un tant soit peu solide et s’intéresse à l’évaluation rationnelle de son travail, ou s’il se contente d’une initiation ésotérique à des concepts creux pour poursuivre des pratiques inefficaces et dangereuses. Pire que tout : il existe des médecins ostéopathes, ce sont ceux dont on peut espérer qu’ils ont suivi la formation la plus exigeante, la plus scientifique. Mais là non plus il n’existe aucune garanti : le charlatanisme est omniprésent ; les institutions ont laissé s’installer des formations et des pratiques qui mettent en danger les patients.

A titre d’illustration, voici un témoignage que l’on m’a adressé. Il met en évidence la situation particulièrement problématique des jeunes parents que l’on aiguille systématiquement vers des ostéopathes : une habitude que nous devons perdre sans tarder !


« Mon fils est né en 2014, par césarienne. L’accouchement par voie basse avait été rendu trop difficile à cause, nous l’avons appris quelques jours plus tard, d’une craniosténose complexe.

La craniosténose est une maladie congénitale qui se caractérise par la soudure précoce des sutures crâniennes. Une ou plusieurs sutures peuvent être concernées, on parle dans ce dernier cas d’une craniosténose complexe.

Les sutures étant déjà soudées, le développement du crâne ne peut pas se faire de manière harmonieuse et, plus grave, le cerveau manque également d’espace pour se développer correctement, les os ne pouvant plus bouger les un uns par rapport aux autres.

Le diagnostic a été réalisé très rapidement par un excellent pédiatre (que nous pouvons remercier) et confirmé par un spécialiste de l’hôpital de la Timone à Marseille. Plusieurs rendez-vous sont alors pris avec ce spécialiste et une intervention chirurgicale est programmée, seule possibilité de redécouper les sutures et replacer les os correctement. C’est une intervention évidemment plutôt lourde (la peau du crâne est découpée de part en part afin d’accéder aux sutures, qui sont elles aussi redécoupées afin de replacer les os dans une position normale).

En parallèle, nous voyions depuis quelques temps, pour mon ex-épouse et moi-même, un ostéopathe également médecin généraliste. Bien qu’ayant beaucoup moins d’esprit critique, à l’époque, à l’égard des agissements de certains personnels de santé, j’avais déjà ressenti un certain malaise lors de séances d’ostéopathie avec cette personne lorsqu’il tenait des propos assez hors-sol, concernant les énergies du corps, les esprits et autres pouvoirs des shakras. Mais cela n’allait pas plus loin et ne l’empêchait pas de dérouler ses séances de façon relativement normale par ailleurs.

Dans l’attente de l’intervention pour mon fils (planifiée pour ses 4 mois), nous constatons que ses difficultés pour dormir s’amplifient, avec de nombreux pleurs qui semblent provenir de douleurs que nous ne parvenons pas à identifier, mais qui pourraient être liées au développement anormal de son crâne. En effet, ses sutures étant déjà soudées, nous voyons sa boîte crânienne se déformer au fur et à mesure de sa croissance, avec une bosse qui commence à apparaître sur son front.

Inquiets, nous décidons d’en parler à l’ostéopathe (le fait qu’il soit médecin généraliste nous rassurait). Rendez-vous est pris. Pendant la séance, il se met à manipuler le crâne de mon fils, ce qui semble déplaire à ce dernier dans un 1er temps. La nuit suivante fut … impeccable. Aucun pleur et une belle nuit complète ! Nous sommes alors tombés dans le biais de se dire directement « c’est grâce à la séance d’ostéopathie » sans imaginer que cela pouvait être l’effet du hasard. Nous nous rendons alors, quelques semaines plus tard, à un 2ème rendez-vous. Nous nous sommes alors rendu compte que quelque chose n’allait pas dans le discours de l’ostéopathe. En effet, tout en manipulant le crâne de notre enfant, il a commencé à critiquer les neurochirurgiens qui avaient programmé l’opération, en disant que pour lui cette dernière ne servait à rien, que lui pouvait résoudre le problème en douceur en manipulant régulièrement le crâne du petit. Le discours était agrémenté de théories fumeuses sur les esprits, la puissance des énergies du corps, la vie après la mort, etc.

La nuit suivante ne fut pas meilleure que les précédentes. La confiance s’est alors étiolée. Nous voyions le crâne de notre enfant se déformer de plus en plus et ne comprenions pas du tout comment quelques manipulations crâniennes pouvaient résoudre un problème si complexe. Nous avons alors décidé de rompre le contact avec ce médecin/ostéopathe. L’intervention a eu lieu et s’est très bien déroulée avec un enfant qui a été particulièrement courageux (le lendemain de l’opération, du sang et de la bile s’accumulent dans le crâne de l’enfant qui double alors de volume, lui empêchant d’ouvrir les yeux … Je vous laisse imaginer l’angoisse dans laquelle il devait être).

Aujourd’hui, il est âgé de 10 ans et se développe tout à fait normalement. Les risques associés à une craniosténose non traitée, a fortiori une craniosténose complexe, sont particulièrement graves (au-delà de l’aspect esthétique) : hypertension intracrânienne pouvant conduire à la cécité, troubles du développement cognitif et moteur…

Je ne sais pas si cette personne exerce encore, mais j’ai des sueurs froides en repensant à ce qui aurait pu arriver si nous avions suivi ses conseils ou avions tardé à réagir (l’opération doit se faire le plus tôt possible pour limiter les séquelles, dans tous les cas avant l’âge d’un an). Finalement, heureusement qu’il a accompagné ses séances de discours complètement bullshit, c’est ce qui nous a mis la puce à l’oreille. Parce que s’il était resté très sérieux tout du long, qui sait ce qu’il serait advenu. »


Je vous rappelle mon conseil : ne laissez pas un ostéopathe toucher au crâne de votre enfant. Le fait qu’il soit médecin n’est actuellement pas du tout un bon argument. Et c’est grave.

L’imposteur n’a souvent qu’une défense : l’attaque.

Lorsqu’une personne se positionne dans l’espace public en tant qu’expert d’un phénomène, quel qu’il soit, mais qu’elle exige de son public qu’il exclue a priori certaines sources critiques, ou qu’il condamne sans examen des voix dissidentes, il y a lieu de s’interroger. Si cette personne adopte une posture manichéenne du type « si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi », tout en usant de culpabilisation pour rallier les hésitants et en restant fuyante sur le contenu réel des critiques qui lui sont adressées ou la matérialité de ce qu’elle reproche à d’autres, il est raisonnable de se méfier. Ces mécanismes rappellent les premiers engrenages de l’emprise mentale que l’on retrouve dans les dérives sectaires. (Cf. Singer, M.T., Cults in Our Midst, 1995).

Les manipulateurs – qu’ils soient gourous, pseudo-experts ou arnaqueurs – exploitent souvent les bons sentiments et les valeurs nobles pour servir leurs intérêts personnels. Cela peut inclure l’invocation de causes qui méritent effectivement qu’on s’y investisse. Mais cet usage cynique de l’empathie devient une arme contre l’esprit critique, car il détourne l’attention des incohérences ou des abus, tout en rendant socialement coûteux le fait de poser des questions légitimes.

En parallèle, ces stratégies s’accompagnent presque toujours d’un narratif victimisant, destiné à discréditer activement celles et ceux qui révèlent les failles ou les manipulations à l’œuvre. Cette victimisation est une forme de violence insidieuse, car elle transforme les critiques légitimes en attaques perçues comme injustes, voire malveillantes. Il est crucial de rappeler que prétendre être une victime ne doit pas être utilisé comme une carte d’immunité pour éviter tout examen critique.

Je pense qu’il ne faut pas demander à celles et ceux qui produisent des critiques argumentées et se voient en retour insultés, accusés d’être des ennemis d’une cause, voire des harceleurs ou des délinquants, d’encaisser tout ça en silence pour ne pas amplifier un phénomène dont la cause n’est pas mystérieuse, mais réside dans l’escalade d’engagement d’un imposteur rattrapé par ses mensonges.

 

La bonne foi : une question indécidable

L’aspect le plus effrayant de cette mécanique est que le pseudo-expert ou le manipulateur peut croire sincèrement à son propre narratif. Cette conviction, souvent renforcée par des biais cognitifs comme le biais de confirmation ou l’effet Dunning-Kruger (Kruger & Dunning, 1999), alimente un cercle vicieux où toute critique est interprétée comme une attaque personnelle, et où l’estime de soi repose sur le maintien d’une illusion d’expertise.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille abandonner tout espoir de dialogue. Ranger ces personnes dans une catégorie de « fous » ou d’individus irrationnels avec qui il serait impossible de discuter reviendrait à adopter une posture contre-productive, voire à reproduire les travers mêmes que je suis en train de critiquer moi-même.

Face à une telle situation, la meilleure approche consiste à suspendre son jugement et à refuser de céder à la pression de prendre position immédiatement. L’urgence imposée est souvent un piège destiné à limiter le temps de réflexion et à favoriser des choix émotionnels plutôt que rationnels. Prenez le temps d’examiner les faits, les arguments et les sources, et n’hésitez pas à consulter des experts indépendants pour vous faire une opinion éclairée.

 

La suspension (momentanée) du jugement : une bonne idée

L’esprit critique ne consiste pas seulement à dénoncer les impostures, mais aussi à résister aux manipulations émotionnelles et aux appels fallacieux à la loyauté. Si quelqu’un exige de vous une allégeance sans examen, souvenons-nous que la science et la raison progressent par le doute, et jamais par l’adhésion aveugle.

 

Acermendax

C’est l’étude avec laquelle on a fait exploser la controverse : la première publication scientifique visant à montrer que l’on tient un traitement efficace contre le void19 : l’hydroxycholoroquine. La justification scientifique du protocole Raoult était de la mauvaise science. C’est officiel. C’est rétracté. Adieu « Gautret et al. 2020 — Hydroxychloroquine and azithromycin as a treatment of COVID-19: results of an open-label non-randomized clinical trial ».

Et il faudra qu’on en parle, parce que cela soulève bien des questions !

Rappel des graves problèmes de cet article de 2020 tels qu’ils sont exposés dans cet autre article : Barraud D, Besançon L, Bik EM, Billy E, Clarot F, Frank F, Guihur A, Hajage D, Lacombe K, Maisonneuve H, Molimard M, Mulot M, Samuel A. (2023) Why the article that led to the widespread use of hydroxychloroquine in COVID-19 should be retracted. Therapie. 78(4):437-440. doi: 10.1016/j.therap.2023.06.001. Epub 2023 Jun 2. PMID: 37321944; PMCID: PMC10236894.

Les critiques

L’étude est non randomisée avec un échantillon très réduit, ce qui limite la fiabilité des résultats. Le groupe contrôle était inapproprié, car il provenait de différents hôpitaux, ce qui complique la comparaison des données. On a également relevé des incohérences entre les résultats publiés en 2020 et une ré-analyse effectuée en 2021.

En ce qui concerne les aspects cliniques et statistiques, on doit signaler les seuils de positivité PCR différents entre les groupes, ainsi que des erreurs de transcription des résultats PCR pour six patients du groupe contrôle. L’analyse statistique est inadéquate, et laisse suspecter un p-hacking, c’est-à-dire une manipulation des données pour obtenir des résultats significatifs. Autrement dit l’honnêteté des données présentées est hautement discutable.

Les questions éthiques sont également sérieuses. L’étude a débuté avant que l’autorisation officielle ne soit accordée, et deux enfants de 10 ans ont été inclus malgré les critères d’exclusion. De plus, le processus de révision par les pairs est très douteux, avec une soumission, une révision et une acceptation ayant eu lieu en seulement un jour.

 

Les conséquences de cette étude sont préoccupantes. Elle a conduit à la promotion prématurée de l’hydroxychloroquine comme traitement du COVID-19, entraînant une pénurie de ce médicament pour les patients atteints de lupus et d’arthrite inflammatoire. De plus, elle a conduit à un gaspillage considérable de ressources de recherche, avec plus de 250 études menées dans le monde entier sur ce sujet. Enfin, il existe une inquiétude quant à une possible augmentation de la mortalité liée à l’utilisation inappropriée de l’hydroxychloroquine (Voir les travaux de Pradelle et al. rétractés sous la pression de la complosphère mais en cours de re-soumission)

 

Le Gautret et al. Doit être rétracté tout simplement parce qu’il n’est pas possible d’avoir confiance dans l’honnêteté de la démarche des auteurs. La littérature scientifique est un édifice entièrement constitué de confiance qui ne peut pas s’accommoder de contributions à ce point entachées.

Il aura fallu plus de quatre ans, mais c’est chose faite. Adieu Gautret et al. 2020

 

Je vous explique en vidéo le communiqué officiel du journal qui a pris la décision de cette rétractation longtemps attendue.

 

 

 

La note de rétractation avec les explications du journal est disponible à cette adresse.

Acermendax

Article invité.

Lexi, créatrice de Prehistory Travel, a accepté de répondre à la question de la disparition de Néandertal. J’ai en effet lu dans un livre -bientôt débunké- que, dans la mesure où les humains modernes possèdent des séquences de Néandertal dans leur génome, on ne pourrait pas dire que celui-ci a disparu. Et pourtant…

Acermendax

 

Néandertal existe-t-il toujours ?

Le concept d’espèce

Néandertal, ou Homo neanderthalensis, est une espèce humaine éteinte, distincte de la notre. En effet, lorsqu’on évoque « Néandertal », il est essentiel de comprendre que l’on fait référence à une espèce à part entière, différente d’Homo sapiens.

Cela dit, le concept même d’« espèce » peut être débattu. En biologie, la définition la plus commune considère qu’une espèce regroupe des individus capables de se reproduire entre eux, de donner une descendance fertile sans être isolés d’un point de vue reproductif.

Mais, évidemment, en paléontologie il est très difficile d’étudier la capacité de reproduction entre deux fossiles, voire impossible en l’absence d’ADN. C’est le concept « d’espèce typologique » qui est alors utilisé : on considère un ensemble d’organisme comme appartenant à la même espèce si morphologiquement ainsi qu’anatomiquement ils se ressemblent tout en étant distincts d’un autre groupe d’organisme. En s’appuyant sur ce concept, Homo neanderthalensis et Homo sapiens sont bien deux espèces différentes. Les différentes études génétiques nous ont également permis de conclure en ce sens. À noter qu’en zoologie, Néandertal et Sapiens peuvent tout de même être considérés comme des sous espèces géographiques, car ils n’étaient pas totalement isolés reproductivement les uns des autres.

Si nous avons autant de mal à nous mettre d’accord sur une unique définition de l’espèce, c’est tout simplement car l’espèce n’existe pas intrinsèquement dans la nature. La notion d’espèce a donc été inventée pour aider à catégoriser le vivant au sein de différentes boîtes comme le règne, l’ordre, la famille, etc. Le vivant évolue constamment, mais les générations successives se ressemblent. Au sein d’une espèce on peut toutefois trouver des différences très marquées entre certains individus, liées par exemple au dimorphisme sexuel. Prenons le cas des grands singes, comme les gorilles. On observe des variations significatives entre les individus mâles, qui présentent notamment une crête sagittale, et les individus femelles, qui n’en ont pas.

Au-delà des différences intra-espèces, il est parfois difficile de déterminer à partir de quel degré de différence il faut considérer qu’il s’agit d’une autre espèce. L’évolution étant un phénomène lent, il faut plusieurs milliers d’années pour que les caractères que l’on va considérer comme caractéristiques d’une espèce apparaissent et se fixent de façon durable dans la population.

 

Un exemple assez frappant est celui d’Homo neanderthalensis. En effet, les premiers caractères morphologiques typiquement néandertaliens peuvent être débattus selon les modèles évolutifs proposés. Différentes catégories peuvent être faites entre pré-néandertaliens, néandertaliens archaïques et néandertaliens classiques. Ces derniers sont ceux pour lesquels nous observons le plus de traits néandertaliens, bien que la présence de ces traits puisse varier d’un individu à l’autre. Doit-on considérer les populations pré-néandertaliennes et néandertaliennes archaïques comme étant déjà d’une certaine façon des néandertaliens ou alors comme appartenant à une autre espèce, ancêtre de Néandertal ?

À cela s’ajoute la difficulté de différencier ce qui relève du dimorphisme sexuel, et de la variation morphologique à l’intérieur des populations.

 

Les origines de Néandertal : une question complexe

L’origine précise de Néandertal reste floue, notamment en raison de la fragmentation du registre fossile ainsi que de la grande variabilité des fossiles trouvés. Historiquement, on considère que les caractéristiques physiques propres à Néandertal se sont développées de manière progressive, dans un processus appelé accrétion (Dean , 1998 ). Ce modèle se compose de 4 étapes comme suit :

 

  1. D’abord les plus anciens, les  pré-néandertaliens, souvent regroupés aujourd’hui sous l’espèce Homo heidelbergensis à partir de -500 000 ans avec les fossiles des sites d’Arago ou Mauer par exemple.
  2. Puis des néandertaliens archaïques comme c’est le cas des fossiles de La Sima de Los Huesos daté à -430 000ans.
  3. À partir de – 250 000 ans des fossiles avec des traits beaucoup plus proches des Néandertaliens classiques, que l’on peut surnommer les premiers Néandertaliens comme ceux du site de Krapina ou encore Shanidar.
  4. Enfin de -70 000 à 40 000 ans les néandertaliens classiques comme ceux du site de La Chapelle-aux-Saints et de Spy.

 

Cela reste aujourd’hui le modèle le mieux connu et le plus accepté.

« Homo heidelbergensis » par Terra Antiqua

 

Cependant, depuis une dizaine d’années une vision plus cladogénétique, portant sur les processus de séparation et de bifurcations des embranchements au cours de l’évolution, propose une vision moins linéaire. En réalité, il y a eu d’énormes variations morphologiques au cours du Pléistocène moyen, avec par exemple des individus ayant des traits néandertaliens vivant à la même période que des individus ayants des traits plus variés . Dans ce modèle les fossiles de l’étape 1 et 2 sont en général considérés comme appartenant à l’espère Homo heidelbergensis et ceux de l’étape 3 et 4 à l’espèce Homo neanderthalensis.

Il est donc difficile de dire de quand date les premiers Néandertaliens. Si l’on considère les Néandertaliens archaïques on peut dire que c’est autour de -430 000 ans, si nous prenons les premiers  néandertaliens nous sommes autour de -250 000 ans et enfin si nous prenons en considération uniquement les néandertaliens classiques il faut attendre -70 000ans.

« Homo neanderthalensis » par Terra Antiqua

 

Néandertal et Sapiens : deux lignées distinctes

Contrairement à certaines idées reçues, Néandertal n’est pas un ancêtre de Sapiens. Nos deux espèces ont divergé à partir d’un ancêtre commun il y a environ -600 000 ans, formant ainsi deux lignées distinctes : celle menant à Homo sapiens en Afrique et celle menant à Homo neanderthalensis connu en Europe.

Il existe plusieurs modèles pour expliquer cette divergence :

  1. Modèle 1 : Séparation précoce
    Selon ce modèle, Homo erectus sensu lato  , ou Homo antecessor, aurait été l’ancêtre commun en Afrique. À partir de lui, Homo heidelbergensis aurait donné naissance à Homo neanderthalensis en Europe, tandis qu’Homo rhodesiensis aurait évolué en Homo sapiens en Afrique.

Certains chercheurs considèrent qu’Homo rhodesiensis devrait être appelé Homo heidelbergensis. Dans ce cas, les Néandertaliens seraient issus d’une souche européenne tandis que les Sapiens auraient une histoire évolutive plus africaine.

  1. Modèle 2 : Dispersions récurrentes
    Ce modèle propose que plusieurs vagues de migration hors d’Afrique ont conduit à des échanges génétiques avec les populations eurasiennes. Le dernier ancêtre commun aurait vécu entre -450 000 et -250 000 ans.
  2. Modèle 3 : Dispersion unique
    Un autre scénario suggère qu’une grande migration vers l’Eurasie a eu lieu il y a environ -700 000 ans. À partir de cette population de Homo heidelbergensis, Néandertal aurait évolué en Europe, Homo sapiens en Afrique, et les Denisoviens en Asie.

Ces trois modèles ne sont pas forcément opposés et il est possible qu’une partie de chacun ait joué un rôle au sein de cette histoire évolutive complexe.

Néandertal et Sapiens : Que nous apprend la génétique ?

Bien que Homo neanderthalensis et Homo sapiens soient considérés comme des espèces distinctes en paléoanthropologie, le séquençage du premier génome néandertalien en 2010 a révélé que toutes les populations humaines non africaines ont hérité une partie de leur génome de cet hominine aujourd’hui éteint. Ces croisements ont laissé des traces dans notre ADN : on estime qu’entre 1 ,8 % et 4% du génome des Eurasiatiques et des Océaniens provient de Néandertal.

Cette proportion génétique néandertalienne a longtemps été interprétée comme résultant d’un petit nombre d’événements de métissage avec une seule population, survenu entre –60 000 et -50 000 ans, peu après la sortie d’Afrique d’Homo sapiens.

Cependant, des recherches récentes montrent que d’autres événements de métissage ont également eu lieu entre Homo neanderthalensis et Homo sapiens. Une étude publiée en 2021 a mis en évidence que des fossiles retrouvés en Roumanie et en Bulgarie, dans les grottes de Peștera cu Oase et Bacho Kiro, datant d’environ -40 000 ans, portaient des traces d’un ancêtre néandertalien remontant à 4 à 6 générations. Toutefois, ces lignées se sont éteintes sans descendance. Par conséquent, cette vague de métissage n’a pas contribué aux populations européennes modernes, qui descendent d’une migration plus récente en Europe.

Pourquoi une part si faible néandertalienne dans notre génome ?

Plusieurs hypothèses cherchent à expliquer pourquoi cette part néandertalienne dans notre génome est si faible :

  • La purification du génome : Les gènes néandertaliens auraient été progressivement éliminés par sélection naturelle, car ils n’étaient pas bien adaptés au génome Sapiens.
  • Une faible fertilité des hybrides : plusieurs traces laissées par le métissage dans le génome de Sapiens comme par exemple le plus faible taux d’ADN néandertalien sur le chromosome X que sur les autres chromosomes, suggère que les hybrides Néandertal/Sapiens étaient peu fertiles.
  • La dilution génétique : Les Eurasiatiques modernes, et en particulier les Européens, auraient perdu une partie de leur héritage néandertalien en se mélangeant avec des populations qui n’avaient pas connu de métissage avec Néandertal.
  • Multiples métissages : Il y aurait eu plusieurs épisodes de métissage, au-delà du premier contact, mais ces derniers ont eu lieu avec des populations qui se sont éteintes sans donner de descendants.

 

Un cousin inconnu…La découverte de Denisova

Les métissages entre Homo sapiens et d’autres espèces d’hominines fossiles ne se limitent pas aux néandertaliens. En 2010, le séquençage d’un fragment de phalange distale découvert dans la grotte de Denisova, située dans les montagnes de l’Altaï en Sibérie, a révélé l’existence d’une nouvelle espèce, surnommée Denisova, en référence à la grotte où elle a été trouvée. Depuis cette découverte, de nombreuses études ont montré que certaines populations asiatiques, notamment en Asie de l’Est, ont hérité d’une faible proportion d’ADN dénisovien, souvent inférieure à 1%. Cependant, les populations océaniques, en particulier les Papous, ont hérité d’une part beaucoup plus importante, avec jusqu’à 6% de leur génome provenant de Denisova.

Contrairement à l’ancestralité néandertalienne, l’ADN dénisovien dans le génome humain résulte de plusieurs vagues de métissages avec différentes populations denisoviennes. Par exemple, les ancêtres des Papous se sont métissés avec des Denisoviens une première fois il y a environ -46 000 ans, puis une seconde fois il y a environ -25 000 ans, révélant une histoire d’interactions complexes entre Homo sapiens et Denisova.

 

Fun fact : Il y a aussi eu des hybridations entre Néandertal et Denisova. C’est par exemple le cas de Denny, une adolescente d’environs 13 ans retrouvée dans les montagnes de l’Altai et datée d’environ –90 000 ans, fille d’une mère néandertalienne et d’un père denisovien.

 

Un héritage désavantageux mais pas que…

 Aujourd’hui, la proportion d’ADN néandertalien et dénisovien chez les individus Homo sapiens est relativement faible, comme évoqué précédemment. Une grande partie des variants hérités de ces hominines fossiles a été progressivement éliminée par la sélection naturelle, car ils conféreraient des désavantages adaptatifs . Cependant, certains de ces variants se sont révélés extrêmement avantageux et ont fait l’objet d’une sélection positive. En effet, lorsque Homo sapiens a quitté l’Afrique, il s’est retrouvé confronté à de nouveaux environnements et pathogènes pour lesquels il n’avait pas développé d’adaptations spécifiques.

Un exemple frappant de sélection négative concerne certains gènes néandertaliens impliqués dans la reproduction. Des études ont montré que les hommes modernes porteurs de certains allèles néandertaliens présentaient une fertilité réduite.

À l’inverse, certains gènes néandertaliens ont été retenus car ils offraient des avantages adaptatifs. Par exemple, les variants associés à la régulation immunitaire, tels que ceux liés aux récepteurs TLR1, TLR6, et TLR10, ont été positivement sélectionnés car ils amélioraient la réponse immunitaire innée contre des pathogènes nouveaux auxquels Homo sapiens a été exposé en Eurasie. Ces variants ont probablement aidé à lutter contre des infections virales et bactériennes auxquelles les néandertaliens étaient déjà habitués.

En ce qui concerne Denisova, l’exemple le plus emblématique de sélection positive est le gène EPAS1, qui a permis aux populations tibétaines de s’adapter aux conditions de vie en haute altitude. Ce gène régule la production de globules rouges en réponse à des niveaux d’oxygène faibles. Les porteurs de ce variant dénisovien peuvent survivre à des altitudes élevées sans souffrir des effets néfastes de la polycythémie qui provoque une surproduction de globules rouges et des problèmes cardiovasculaires.

Ces exemples montrent comment le métissage avec d’autres espèces humaines a permis à Homo sapiens d’acquérir des adaptations cruciales à de nouveaux environnements, tout en éliminant les éléments moins bénéfiques au fil du temps.

 

Conclusion

L’histoire évolutive de Néandertal est complexe, et son évolution s’est faite progressivement, en plusieurs étapes. Bien que nos lignées aient divergé il y a environ 600 000 ans, Homo sapiens et Homo neanderthalensis ont cohabité et échangé des gènes à plusieurs reprises. Les recherches sur ces hybridations continuent d’apporter de nouvelles perspectives sur notre histoire commune avec les autres espèces d’hominines.

Néanmoins, vous l’aurez compris, il faut faire notre deuil de Néandertal : ce n’est pas parce que nous portons une petite partie de son bagage génétique en nous qu’il n’a pas disparu.

 

Alexia

Voir son site :

 

Bibliographie :

  • Dean D., Hublin J.-J., Holloway R., Ziegler R. (1998) ‒ On the phylogenetic position of the pre-Neandertal specimen from Reilingen, Germany, Journal of Human Evolution, 34, 5, p. 485‑508.
  • Mounier et al., “Virtual ancestors reconstruction: Revealing the ancestor of modern humans and Neandertals”, 2016
  • Villanea et al., “Multiple episodes of interbreeding between Neanderthals and modern human”, Nat. Ecol. Evol., 2019
  • Dannemann et al., “Neandertal introgression partitions the genetic landscape of neuropsychiatric disorders and associated behavioral phenotypes”, Translational Psychiatry, 2022
  • Hajdinjak et al., “Reconstructing the genetic history of late Neanderthals”, Nature, 2018
  • Tatiana V Andreeva et al., « Genomic analysis of a novel Neanderthal from Mezmaiskaya Cave provides insights into the genetic relationships of Middle Palaeolithic populations, Nature, 2022
  • Fabrizio Mafessoni et al., “A high-coverage Neandertal genome from Chagyrskaya cave”, PNAS, 2020
  • EMS Belle, “Comparing models on the genealogical relationship among Neandertal, Cro-Magnon and modern Europeans by serial coalescent simulation, Heredity, 2009
  • Hajdinjak et al., “Initial Upper Palaeolithic humans in Europe had recent Neanderthal ancestry”, Nature, 2021
  • Losif Lazaridis, “The evolutionary history of human population in Europe”, Science Direct, 2018
  • Llamas et al., “Human evolution : a tale from ancient genomes”, Phil. Trans. R., 2017
  • Jeremy Choin, Javier Mendoza-Revilla, Lara R Arauna, Sebastian Cuadros-Espinoza, Olivier Cassar, et al.. Genomic insights into population history and biological adaptation in Oceania. Nature, 2021, 592 (7855), pp.583-589. ff10.1038/s41586-021-03236-5ff. ffpasteur-03205291f

Remerciements :

Merci à Jérémy Duveau, Céline Bon et Charlotte Antoine pour leur première relecture de cet article.

 

 

 

Petit drame pharmaceutique banal.

Une officine affiche une publicité avec des recommandations homéopathiques pour soigner divers maux. C’est banal, mais c’est de la charlatanerie : l’homéopathie est une pseudo-médecine sans efficacité et coupable d’inciter les consommateurs à s’éloigner des parcours de soin qui peuvent sauver ou prolonger leur vie.

Un client bienveillant réagit avec un commentaire courtois et mesuré sur Google. La pharmacie répond sur un mode bullshitesque : elle défend son business ou sa croyance, mais certainement pas le respect de la santé publique. Le client contacte l’Ordre des Pharmaciens qui considère qu’il n’y a pas d’affaire puisque les produits homéopathiques sont considérés comme des médicaments. « Circulez, y a rien à voir ! ». Et la DGCCRF semble impuissante. Fin de l’affaire ?

En fac de pharmacie ou en Institut de formation des infirmiers, le discours est le même : on s’autorise à enseigner une croyance quasi-religieuse en l’homéopathie parce que légalement ces produits sont des médicaments qui doivent être présentés aux étudiants. [Je suis parfaitement d’accord pour que l’homéopathie soit enseignée, car c’est un excellent moyen d’acquérir des notions d’esprit critique très utiles pour des professionnels qui vont être confrontés à un public accompagné de croyances pseudo-scientifiques].

Ma conclusion, forgée au fil des années, est que nous avons besoin que le législateur mette enfin la loi en conformité avec la science et l’éthique de la santé en ne délivrant pas un sauf conduit pour une pratique périmée, trompeuse, coûteuse et de nature à altérer la relation de confiance entre le malade et le monde des professionnels de santé. L’homéopathie est dangereuse, non pas à cause des effets de ses produits (ils n’en ont pas), mais pour ses effets dévastateurs sur la compréhension des sciences et le lien de confiance primordial qu’il faut tisser entre le public et le monde de la santé.

 

Mon travail sur le sujet

Livre : Connaissez-vous l’homéopathie ?

Série de vidéos :

 

 

Acermendax

Le témoignage

Voici le témoignage qui m’a été envoyé par mail

« Je souhaite vous apporter mon témoignage comme vous devez en recevoir de nombreux je suppose. Cela concerne une anecdote illustrant bien les dérives pseudo-scientifiques de l’homéopathie en pharmacies, avec la forte emprise et complaisance qu’il y a autour et ce à plusieurs niveaux. Ayant contacté la pharmacie en question (dans le déni) puis la DGCCRF (impuissante semble-t-il) ainsi que le CROP, Conseil Régional de l’Ordre des Pharmaciens (complaisant avec ces pratiques), je décide donc à ce stade de vous contacter pour vous faire part de ce dont j’ai été témoin.

Il y a quelques semaines je me suis rendu à la pharmacie de xxxx située à Nantes (44300), en arrivant au comptoir j’ai été surpris de constater la présence d’une petite affiche scotchée, manuscrite, présentant des recommandations homéopathiques pour toute une floppée de symptômes plus ou moins importants (sans autres précisions par ailleurs). L’affiche était scotchée sur le comptoir, bien orientée côté clientèle. A ce stade, n’ayant pas le temps d’argumenter ni de savoir si cela est légal et n’étant pas à l’aise avec la situation, je n’ai pas fait de commentaire à la pharmacienne à ce sujet.

Plus tard, en me renseignant sur le code de déontologie des pharmaciens (trouvable sur le site du CNOP) je me conforte dans le fait que cette pratique y est contraire et j’ai donc décidé de laisser un avis sur la page Google de la pharmacie, leur donnant l’occasion de s’expliquer et d’agir en conséquence notamment en retirant l’affiche. J’ai bien veillé à ce que mon avis soit factuel et respectueux, et clair pour le grand public sans m’embarquer dans des détails techniques.

 

Leur réponse me paraissant un mélange de déni et désinformation (faisant moi-même de longues études en biologie/santé il ne m’a pas été bien difficile d’y reconnaitre de nombreux arguments fallacieux), c’est à ce moment que j’ai décidé de contacter l’Ordre des Pharmaciens et la DGCCRF en leur résumant les mêmes éléments (avec l’ajout de commentaires reprenant point par point ce qui n’allait pas dans la réponse de la pharmacie sous mon avis Google, je vous épargne ces détails).

 

Je vous fournis également la réponse de la pharmacie suite au signalement à la DGCCRF, qui encore une fois n’est pas du tout à la hauteur pour des professionnels de santé. Je pense qu’il est important de préciser :la chose suivante : dans ce mail de réponse, il est mentionné « Nous vous joignons la réponse (que vous avez aussi reçu) de Monsieur COUTABLE, Président du CROP ». En réalité je n’ai jamais reçu cette réponse du CROP, je n’en ai connaissance que parce que la pharmacie me l’a remise en copie. (Pour résumer : après mon signalement à la DGCCRF, la DGCCRF a transmis mon signalement à la pharmacie, laquelle est tenue d’y répondre, c’est donc un mail de la DGCCRF que j’ai reçu, contenant la réponse de la pharmacie, dans lequel la pharmacie me copie la réponse du CROP. Ayant à la base contacté en parallèle le CROP, celui-ci ne m’a jamais répondu, du moins à ce jour, mais a bien contacté la pharmacie).

 

Dans la foulée de cette histoire, j’ai également constaté que la pharmacie a mobilisé de nombreux clients fidèles pour laisser des avis positifs sur leur page Google et donc invisibiliser ou discréditer le mien.

J’avoue que la situation me sidère un peu, qu’autant de personnes diplômées en santé affichent toujours cette ferme complaisance vis-à-vis de l’homéopathie, mettant de côté leur éthique et la science. La situation peut sembler anodine mais à mon sens elle est révélatrice de l’emprise des dérives pseudo-scientifiques. Montrer une complaisance, une tolérance à l’égard de ces pratiques c’est tourner le dos à la science, alors que justement les pharmaciens (et par-dessus-tout leur Ordre) doivent en être les garants auprès du grand public.

J’ai à cœur de faire évoluer les choses à mon niveau, recadrer le médical autour de la science, la confiance et non autour d’idéologies ou du profit. D’ailleurs étant moi-même un individu « client » puisque je dois bien me rendre en pharmacie pour des médicaments, je suis tout autant légitime à exiger de ces professionnels de santé une relation de confiance professionnel-client. Un pharmacien qui fait la promotion de l’homéopathie, je n’ai pas confiance.

Je vous remercie d’avance pour le temps que vous accorderez à cette lecture. Bonne continuation dans la réalisation de vos contenus, ce sont des gens tels que vous qui font bouger les choses et qui motivent des gens lambda tels que moi à ne pas rester silencieux ou passifs face à la promotion de pseudo-sciences et pseudo-médecines.

Bien cordialement,

Un abonné anonyme. »

Article invité

Sous-pseudonyme, Victor m’a proposé une contribution dans le cadre d’un travail de fond sur les Pratiques de Soin Non Conventionnelles. Après quelques navettes de travail éditorial, voici le billet qui vous permettra de vous faire un avis un peu documenté sur la kinésiologie.
Acermendax

I – Contexte

En France la Kinésiologie (littéralement la science du mouvement) est une pratique qui n’est 
pas scientifiquement validée, elle est également classée parmi les pseudosciences et sous 
observation par la MIVILUDES [1]. 
Il existe deux types de kinésiologie :
  • La kinésiologie appliquée professionnelle, organisée au niveau international et accessible uniquement aux seuls professionnels de santé (dentistes, médecins, ostéopathes,
chiropracteur, etc.). Les indications revendiquées sont notamment les perturbations du
 système neuro-musculo-squelettique, mais également certains troubles fonctionnels, les 
allergies et intolérances alimentaires, certains désordres hormonaux, les chocs émotionnels.
Elle ne compte que quelques dizaines de praticiens en France. [2]
  • La kinésiologie non thérapeutique ou énergétique, bien plus représentée en France, est
 accessible à toute personne souhaitant être formée à cette technique (sans aucune formation
 préalable en santé). Il s’agit d’une profession non réglementée. Elle regroupe un ensemble de pratiques comme la « santé par le toucher », la « kinésiologie éducative ou Edukinesiologie », le « concept trois en un » mais aussi des déclinaisons plus ésotériques, telles que « l’astrologie kinésiologique ».

Selon le syndicat national de kinésiologie (SNK) : La kinésiologie n’est ni une médecine ni
 une thérapie et n’a aucun désir de l’être. La kinésiologie travaille en amont, sur la santé et le
 bien-être de l’individu et s’envisage comme une approche éducative et préventive. La 
kinésiologie énergétique couvre ainsi de larges domaines d’application : professionnels,
 familiaux, personnels, sportifs, éducatifs. 
Il existe très peu de données concernant la sécurité de ces pratiques. Il faut souligner que la
 kinésiologie énergétique a fait l’objet de plusieurs controverses : controverses internes à la 
discipline (recours au test mental) ou controverses externes (suspicion de dérives diverses à 
type de mise sous emprise, parfois sectaire). [2]

II – Auteurs fondateurs de la Kinésiologie

Dr George Goodheart (1918-2008), chiropracteur à Detroit (USA). Il est notamment l’auteur
 de Applied Kinesiology Research manuals (1964), Muscle Testing and Function (1966),
 Applied Kinesiology : A Training Manual and Reference Book of Basic Principles and
 Practices (1976) ainsi que de nombreux articles dans la revue chiropratic economics. Il a
 également fondé l’International College of Applied Kinesiology en 1976, qui a formé des
 milliers de chiroprateurs et d’autres professionnels de la santé à la kinésiologie.
Il utilisait le test musculaire et fit le lien entre la faiblesse musculaire et certains types de 
maladies. Au milieu des années 1960, il se mit à s’intéresser aux connaissances ancestrales du
 système des méridiens d’acupuncture, système qui dressait une carte des flux d’énergie à 
travers le corps. Finalement, il établit la relation entre organe stressé, muscle en faiblesse et méridien énergétique perturbé. Le Dr Goodheart se base essentiellement sur son ressenti lors
 de ses consultations et son expérience personnelle pour en tirer des conclusions sur une
 pratique générale comme en témoigne cet extrait de son livre You’ll Be Better The Story of
 Applied Kinesiology (2000)
« Ma secrétaire, une femme allemande très sympathique, qui avait été avec moi pendant de longues années, avait des ennuis de sinus et montrait systématiquement une inflexion de la 
tête lorsqu’elle avait une perturbation sinusienne. Malgré le fait que je pus trouver une 
faiblesse musculaire associée à son inflexion de la tête, la technique originale utilisée sur le
 jeune homme perdant ses cheveux ne produisit aucun renforcement musculaire, ni n’affecta 
l’implication des sinus. Pensant qu’il fallait simplement palper et traiter le muscle, comme il
 avait été fait avec le patient sciatalgique ce même après-midi, je testais ses fléchisseurs du 
cou en lui faisant relever la tête et la tourner légèrement d’un côté ; les muscles testèrent
 faibles. J’essayais de répéter la procédure qui avait aidé le patient sciatalgique en passant
 ma main le long de l’aspect latéral du muscle sterno-cléido-mastoïdien qui va de l’arrière du 
dos à la clavicule. Je ne sentais rien de différent en palpant et testant le muscle avec la
 technique utilisée plus tôt dans la journée sur l’homme avec la névralgie sciatique. J’essayais
 triomphalement de tester ses muscles du cou à nouveau, et, à mon grand chagrin, ses muscles 
étaient possiblement encore plus faibles qu’avant, je lui blessai pratiquement la tête à cause 
de l’effondrement soudain de son cou dans la direction de test de ma main. […] Puis je 
pensais que j’avais peut-être pressé sur quelque chose non associé au muscle lui-même, mais
 possiblement associé à des disjoncteurs lymphatiques posés en principe par un ostéopathe 
nommé Chapman. Les réflexes de Chapman étaient associés à des organes et à des glandes.
 Je stimulais le réflexe sinusien de Chapman et non seulement cela améliora son état sinusien,
mais aussi cela renforça le muscle sterno-cléido-mastoïdien. »
Dr John F. Thie (1933-2005), chiropracteur. Il développa une technique qui est aujourd’hui un
 socle incontournable de la kinésiologie : Le Touch For Health (1973) (TFH), la Santé par le
 Toucher. Une technique qui permet à chacun de réguler, d’harmoniser sa propre énergie, son 
bien-être grâce à la connaissance des 14 muscles en lien avec les 14 méridiens principaux.
 Des méridiens tous reliés à un organe précis.

III – Théories fondamentales

La kinésiologie s’appuie sur des conceptions préalables
1. La chiropraxie dont est dérivée la kinésiologie est une autre pratique sans efficacité prouvée
 scientifiquement [3,4]. George Goodheart, considéré comme fondateur de la kinésiologie et John
Thie qui a introduit le concept de TFH, étaient tous deux chiropracteurs.
2. Selon la médecine traditionnelle chinoise les méridiens seraient des canaux du corps humain,
 interconnectés, par lesquels circule le « qi », l’énergie vitale du corps. Il en existerait
plusieurs types, liés aux théories de l’anma, du Yin et yang et des cinq éléments. 
L’acupuncture et le shiatsu font partie des applications les plus courantes de cette théorie, que 
l’on retrouve également dans certains arts martiaux comme le Tai Chi Chuan et qui ne repose sur aucune donnée ou raisonnement scientifique valide. [5]
3. Une théorie également largement remise en question : « Le cerveau triunique » élaborée par le
 neurobiologiste Paul MacLean dans les années 1960 [6]. Selon l’approche kinésiologique, le
 cerveau fonctionnerait de manière tri-dimensionnelle, ces trois dimensions mettraient en 
relation permanentes le néo-cortex (deux hémisphères cérébraux divisés en plusieurs lobes), le système limbique, ou cerveau moyen, et le tronc cérébral ou cerveau reptilien.
En cas de stress (corporel, émotionnel, chimique), la capacité d’utiliser simultanément ces trois dimensions serait diminuée.
La Kinésiologie proposerait alors :
  • De rétablir la circulation énergétique entre les différentes parties au moyen des mouvements selon différentes techniques empruntées à la médecine traditionnelle chinoise.
  • D’activer au niveau corporel ces dimensions afin de stimuler les zones correspondantes du
 cerveau et favoriser leur intégration. 
Dans ce cas, on cherche par test musculaire quels sont les mouvements qui vont permettre de
 corriger le stress lié à l’objectif et la kinésiologie aiderait à libérer l’état émotionnel pour que
 les personnes récupèrent leur potentiel énergétique vital pour profiter de l’enseignement prodigué.

IV – La kinésiologie concrètement

1) Une séance de Kinésiologie

Le kinésiologue demande au client/patient qui le consulte : « en quoi la kinésiologie peut
 aider ? ». Il essaie de faire préciser les propos en utilisant des « c’est à dire …, « depuis
 quand ?, où ?, mais encore…, en quoi c’est important pour vous de…, etc. » afin de
 déterminer la demande et la source du blocage. 
En kinésiologie les « tests musculaires » vérifient le « verrouillage » musculaire d’un muscle
 et non sa force musculaire ni une pathologie quelconque du muscle. Il est d’ailleurs important 
que le kinésiologue s’assure que le muscle qu’il teste ne soit pas pathologique.
Le test répond à
une logique binaire « on/off » et traduirait le stress émotionnel lié à une question, un
 problème, une sensation, un souvenir, une image mentale, comme un moyen de communiquer 
avec le corps.
  • Réponse « déverrouillée » indique un stress, une émotion négative ou un « non » (appelé test
 faible tf)
  • Réponse « verrouillée » indique une absence de stress, une émotion positive ou un « oui » 
(appelé Test Fort TF).
À ce jour, le test musculaire de kinésiologie n’a pas pu faire la preuve d’un intérêt diagnostic
puisqu’il ne repère pas mieux une pathologie, un stress ou un allergène que le hasard. [7]
Le praticien réalise alors des « pré tests » (sédation du muscle, hydratation, surcharges/
polarités, champ énergétique humain, croisements de la ligne médiane et ionisation) qui visent
 à s’assurer de l’absence « d’interférences » ou des sortes de « vérifications préalables » qui
 aboutiront le cas échéant à des « corrections ».
Trois exemples de pré-tests en kinésiologie :
  • Pour pré-tester l’hydratation, le kinésiologue tirera doucement une mèche de cheveux. S’il
 perçoit une émotion négative le client/patient devra boire un verre d’eau lentement.
  • Pour tester le « champ énergétique humain », le kinésiologue vérifie la « connexion » entre
 le champ énergétique humain et le cerveau en testant un « muscle indicateur » pendant qu’il
 parcourt, dans le sens contraire de sa circulation énergétique, le méridien « Vaisseau
 Conception ». Ce méridien est placé sur la ligne médiane du corps et remonte face antérieure 
du pubis jusqu’aux gencives. Si le praticien obtient lors du pré test un « tf » cela lui indiquera 
une « bonne connexion » dans le cas contraire il devra faire une correction en « balayant le méridien de haut en bas et de bas en haut »
  • Pour tester le « croisement de la ligne médiane » (c’est à dire vérifier la « connexion » entre les deux hémisphères cérébraux) le client/patient doit observer une croix. Aussitôt après le praticien test un muscle indicateur des 2 bras. S’il obtient des tf (tests faibles = non) le client/patient devra réaliser des séries de mouvements alternatifs comme suit : 20 cross-crawl puis 20 homo-crawl puis 10 cross-crawl
.
Une fois ces pré-tests réalisés, le kinésiologue pose une question fermée ou fait une série
d’énumérations en fonction de l’objectif de la séance ou de la problématique à résoudre et
 cherche un « changement d’indicateur ». 
Soit il pose la question « est ce que… », dans ce cas TF= Oui et tf= Non
, soit il cherche une information parmi plusieurs possibilités (énumération) dans ce cas TF=
non stress (ça ne nous intéresse pas) et tf= stress (c’est le tf qui nous intéresse car le kinésiologue cherche les stress).
Exemple : quel est l’aliment stressant ? Le praticien énumère : la carotte (TF), la pomme de
terre (TF), la tomate (TF), l’aubergine (tf) donc l’aubergine est l’aliment stressant) -> Il y a eu
 un changement d’indicateur.
 Puis il demande l’autorisation de travailler avec le client/patient à l’aide d’un nouveau test
 musculaire, s’il obtient un tf (non), il devra refaire les pré-tests et corriger les
 « interférences ».

La phase d’équilibration permet d’éliminer les blocages qui ont été repérés dans la phase de 
test. Ils peuvent faire appel à des rééquilibrations énergétiques selon des principes de 
médecine chinoise et de vases communicants (si un méridien est trop faible c’est qu’un autre
 méridien est trop fort). Par exemple le « contact fronto-occipital » consiste à placer une main sur le front pour « attirer le sang et l’énergie dans la partie antérieure du cerveau au niveau de l’APAC (Aire de la Pensée Associative Consciente) ». Ceci permettrait de déplacer la conscience d’une zone émotionnelle à une zone dite « froide » et placer l’autre main sur la zone occipitale pour « irriguer les deux parties du cerveau ce qui mettrait en relation la pensée consciente et la mémoire visuelle non émotionnelle ». Le kinésiologue pourra également s’appuyer sur des exercices de visualisation, la kinésiologie considérant que le cerveau répond exactement de la même manière aux expériences réelles et fortement imaginées. Ainsi que quelque chose soit historiquement réel ou construit dans le « schéma neurologique », l’émotion et le ressenti produiraient des réponses physiologiques similaires, « mettant en jeu tout l’arsenal hormonal, musculaire et circulatoire ». Ainsi le praticien pourra faire imaginer au patient/client de rassembler symboliquement le stress et en imaginant qu’il disparait selon son désir (s’envole à jamais comme une montgolfière, brulé, jeté, aspiré, gommé, etc.) ou encore créer des images mentales pour « modifier ses vérités internes».
Une des équilibrations également possible est « l’ionisation », en effet la kinésiologie estime que « l’équilibre ionique est la polarisation apportée par la respiration, chaque narine active un circuit complexe neuro-sensoriel, chimique et métabolique par la génération d’ions positifs (narine droite) et négatifs (narine gauche). L’alternance spontanée et inconsciente engendre la dominance d’une narine qui nous polarise et équilibre le rapport calcium/phosphore de la chimie corporelle. Or si pour des raisons conscientes ou inconscientes cette fonction est perturbée, des symptômes divers apparaissent comme des spasmes musculaires inexpliqués… » mais aussi que la paume de la main droite est chargée positivement, le dos de la main droite négativement, la paume de la main gauche négativement et le dos de la main gauche positivement. Ainsi pour tester l’ionisation il fera boucher une narine et inspirer de l’autre puis inverser les gestes.
La phase de Réévaluation : le kinésiologue vérifie que les corrections ont bien été faites à l’aide de nouveaux tests.

Variante : L’EDUK

L’Edu-Kinésiologie ou Kinésiologie pour Apprendre « a pour but l’amélioration des situations d’acquisition intellectuelle ou motrice ». « Toutes les étapes de la vie sont concernées : de l’enfant qui commence à marcher, lire ou écrire, à l’adulte qui apprend à conduire, se recycle professionnellement, gère un emploi du temps surchargé ou prépare une compétition, les situations d’apprentissage sont fréquentes. Lors des passages difficiles, tels la rééducation de traumatismes ou la récupération suite à des interventions chirurgicales, les stress émotionnels spécifiques viennent s’ajouter à ceux existants déjà et responsables des états dyslexiques fonctionnels ».
Selon la kinésiologie, les difficultés d’ apprentissage sont souvent le « résultat d’une séparation des fonctions attribuées aux deux hémisphères cérébraux ». Il en résulte un manque de coordination et de « synchronisation des deux hémisphères » qui se manifestent par des inversions de syllabes en parlant, de lettres ou de chiffres en écrivant, ou des pertes partielles et provisoires des facultés cérébrales et du sens de l’orientation. L’Edukinésiologie propose de « rétablir la circulation énergétique entre les différentes parties au moyen des mouvements et d’activer au niveau corporel ces dimensions afin de stimuler les zones correspondantes du cerveau et favoriser leur intégration ».
Concrètement, elle fait appel à la même structure qu’une séances de kinésiologie classique avec pré-test, équilibration et réévaluation mais avec des exercices spécifiques comme par exemple dessiner bras tendu le symbole de l’infini (à droite puis à gauche), faire des écritures en miroir, écrire des chiffres ou des lettres dans le symbole de l’infini (« huit couché »).
V – Conclusion
La kinésiologie est donc une pratique d’inspiration New Age, qui puise ses fondements dans
des concepts sans base scientifique, voire franchement ésotériques et magiques. Elle n’a pas
fait la preuve de son efficacité au-delà de celle des autres pratiques dites non
conventionnelles. Bien que le peu d’études sur le sujet ne permette pas de conclure sur les
risques encourus par les adeptes de cette pratique, elle est placée sous observation par la
MIVILUDES et qualifiée de particulièrement inquiétante, notamment en raison de  risques
d’emprise psychologique du gourou-thérapeute envers l’adepte.
Victor

Références

[1] « Rapport annuel d’activité 2016-2017 MIVILUDES www.miviludes.interieur.gouv.fr
[2] Évaluation de la kinésiologie appliquée et des kinésiologies énergétiques – INSERM 2017
https://www.inserm.fr/rapport/evaluation-de-la-kinesiologie-appliquee-et-des-kinesiologies
energetiques-2017/
[3] Evaluation de l’efficacité de la pratique de la Chiropratique – INSERM 2011 https://
www.inserm.fr/wp-content/uploads/2017-11/inserm-rapportthematiqueevaluationefficacitechiropratique-2011.pdf
[4] Rubinstein SM, Terwee CB, Assendelft WJJ, de Boer MR, van Tulder MW. Spinal
manipulative therapy for acute low-back pain. Cochrane Database of Systematic Reviews
2012, Issue 9. Art. No.: CD008880.
[5] Evaluation de l’efficacité et de la sécurité de l’acupuncture – 2014 https://www.inserm.fr/
wp-content/uploads/2017-11/inserm-rapportthematiqueevaluationefficacitesecuriteacupuncture-2014.pdf
[6] Le « cerveau reptilien », siège de nos comportements primitifs, vraiment ? – INSERM
https://presse.inserm.fr/canal-detox/le-cerveau-reptilien-siege-de-nos-comportementsprimitifs-vraiment/
[7] Didactique de l’esprit critique : le projet K, analyse zététique de la kinésiologie https://
cortecs.org/wp-content/uploads/2014/01/
CorteX_Pharma2007_Dossier_Kinesio_EC_Pharma.pdf
Note pour la rédaction :
L’EKTC (Ecole de Kinésiologie et Techniques Complémentaires) est un centre de formation
qui enseigne la Kinésiologie, l’hypnose Ericksonienne et symbolique, l’EFT (Emotional
Freedom Technique), la méthode PEC (méthode Psycho-Énergétique Emotionnelle et
Corporelle), le Coaching en Neuroscience, dont le directeur est Romain Perry également
président de la Fédération de Kinésiologie Professionnelle (association loi 1901 déclarée en
préfecture de l’Isère en janvier 2019).
Parmi les formateur.rice.s, nous trouvons des kinésiologues, géobiologues, reflexologues
cranio-sacrés, ostéopathes, praticien.ne.s en magnétisme quantique, Niromathé, EFT, PNL,
psychologie positive, psychogénéalogie, biogénéalogie, CellRelease, Reiki, thérapie
corporelle accompagnatrice de femmes vers le cœur de leur énergie sexuelle et sacrée.
https://www.ecole-kinesiologue.fr/a-propos/https://www.ecole-kinesiologie.fr/nos-equipiers/

Il existe des définitions du complotisme. Faites vos propres recherches ; on en trouve dans des articles scientifiques ; Wikipédia est votre ami. On ne va pas pouvoir tout faire à votre place. Merci.

 

MAIS c’est une chose d’avoir une définition et une autre d’avoir des critères de reconnaissance. Tout comme les notions de radin, vieux, progressiste ou extraverti (et leur contraires), la notion de complotisme n’est pas binaire, on peut l’être plus ou moins selon que l’on coche quelques cases, et voici une liste qui pourrait vous aider à vous situer (ou pas). Merci de vous munir de votre métacognition et d’un peu d’humour avant de vous aventurer plus loin.

 

Le Test

  1. Si quelqu’un du « camp d’en face » produit un énoncé qui me déplait… mais qui est vrai. Je le contredis quand même.
    • Oui
    • Non
  2. Je trouve que pouvoir citer UN expert à l’appui de ma thèse est un argument bien plus fort que les centaines d’experts / le consensus scientifique, qui appuient la thèse adverse.
    • Oui
    • Non
  3. Je partage souvent des informations choquantes, qui montrent que mes ennemis sont odieux, qu’ils ont torts, mais je n’estime pas très important que ces infos soient véridiques.
    • Oui
    • Non
  4. J’estime d’emblée que ceux qui me contredisent ont des intérêts cachés ou qu’ils sont stupides et téléguidés par des manipulateurs.
    • Oui
    • Non
  5. Il me suffit souvent de « faire mes propres recherches » pour avoir la preuve, dans une vidéo ou un blog, que la version diffusée par les scientifiques ou les journalistes est mensongère.
    • Oui
    • Non
  6. Je trouve que les autres sont terriblement crédules, manipulables et/ou lâches. Il n’y a de courage que chez ceux qui défendent mes idées.
    • Oui
    • Non
  7. Une version officielle est toujours un mensonge.
    • Oui
    • Non
  8. Ceux qui répondent « Non » à la question 7 pensent que les versions officielles sont toujours vraies.
    • Oui
    • Non
  9. La Lune est creuse. La Terre est plate. Mme Macron est un homme. Les vaccins tuent plus de gens qu’ils n’en sauvent. Et « on » nous le cache.
    • Oui
    • Non
  10. Quand je croise une information qui décrit un évènement ou un fait que j’estime grave et dégoûtant, je juge préférable de m’offenser immédiatement et de réclamer qu’on punisse les coupables plutôt que de vérifier qu’on sait ce qu’il s’est passé.
    • Oui
    • Non
  11. On me fait souvent remarquer que je dérange, et je sais que c’est parce que la majorité des gens ont peur de regarder la vérité en face.
    • Oui
    • Non
  12. Je déteste les gens qui utilisent le mot complotiste.
    • Oui
    • Non
  13. Il est plus important de démolir le propos émanant d’une source que je n’aime pas que de me renseigner réellement sur le sujet.
    • Oui
    • Non
  14. J’estime que ce questionnaire est mal fichu car il a pour but de salir tout ceux qui ne sont pas sur la ligne macronienne des woke fascistes.
    • Oui.
    • Non
    • Alors en fait oui, mais pas pour ces raisons là, et je vais vous dire en commentaire quelle question vous devriez changer ou lesquelles vous pourriez poser. En vous remerciant d’avance de l’attention que vous prêterez à ma critique.

 

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  • 1 à 3 fois. Vous êtes peut-être un zététicien chiant. Ou peut-être déjà sur une pente glissante vers l’hypercritique. La zététique peut aider.
  • 4 fois ou plus. Il y a comme un problème dans votre rapport à la vérité et aux raisons pour lesquelles vous défendez les idées que vous défendez. Rappelez-vous que l’humain est une espèce collaborative où la confiance a toujours été déterminante. Les gens intelligents ont a priori tendance à faire confiance à autrui. La zététique peut aider.