Invités : Clément, Fiona et Antoine du collectif «l ‘Extracteur »
Editorial
Ce soir nous allons parler, longuement, d’un homme qui s’est fait un nom dans le milieu de la santé dite « naturelle », des discours alternatifs sur l’alimentation, un homme qui a publié des centaines d’heures de vidéo où il prodigue des conseils de santé, et rencontre un succès considérable puisque sa chaine compte plus de 530k abonnés. Nous allons parler de l’homme, de son parcours, de son discours parce qu’on ne peut pas faire autrement.
Le premier argument de Thierry Casasnovas, c’est lui-même. Ce qui rend son discours digne d’intérêt, ce qui lui donne un semblant de pertinence, c’est la légende personnelle qui y est associée. C’est l’histoire d’un mec, un boulanger, qui filait un mauvais coton, qui faisait de mauvais choix, qui avait une mauvaise hygiène, dont la santé se dégradait de manière funeste. Et puis tout d’un coup, il découvre des principes de santé qu’il applique, et il échappe à la mort. Son nouveau régime lui sauve la vie et lui ouvre les portes d’une profonde connaissance sur le corps humain qu’il partage avec tout le monde, en prenant le risque d’être poursuivi pour exercice illégal de la médecine. Mais ce risque, il le prend pour son public, pour l’informer, car ce public est malheureusement à la merci d’une médecine officielle qui est juste bonne à inventer des maladies pour nous vendre des médicaments dangereux qui nous gardent malades et donc rentables pour l’industrie.
Le produit que vend Thierry Casasnovas, c’est sa légende personnelle, et la chance qu’il offre à ceux qui l’écoutent de se vivre plus en acteurs de leur santé qu’en usagers de la médecine. Il y a dans les centaines d’heures de vidéo et dans les formations de Thierry Casasnovas des centaines d’erreurs, d’approximation, de contresens, de mensonges, d’inventions et de conseils totalement irresponsables qui peuvent nuire gravement à la santé des gens qui l’écoutent. Mais débunker chaque affirmation fausse, expliquer pourquoi tel conseil n’est pas valide, montrer que telle référence est vérolée, que telle information est trompeuse… cela réclame un temps plus important que celui qu’il faut à Casasnovas pour sortir de nouvelles vidéos à un rythme effréné.
Si l’on veut apporter du doute, de la réflexion de la distance, de la prudence, de la sagesse dans la démarche de celles et ceux qui trouvent les propos de Casasnovas pertinents, on n’a pas le choix : il faut se pencher sur cette légende personnelle, sur le récit qu’il fait de son parcours. Il faut montrer ce qu’on trouve quand on cherche qui il est vraiment, et quelle est la véritable chronologie de ses rapports à l’alimentation.
Dans l’évaluation des informations que nous croisons tous les jours, savoir identifier les points fort et les points faibles des sources que l’on consulte est une étape primordiale. Vous verrez ce soir que les raisons de se méfier de Thierry Casasnovas sont bien plus nombreuses que celles de se fier à lui.
Une fois ce constat établi, on peut espérer que les gens soient motivés pour vérifier un peu plus ce qu’il raconte avant de partager ou d’appliquer ses préceptes.
Nous sommes ce soir dans notre rôle de sceptiques, nous assumons la démarche qui va consister, pour un temps, à ne pas tout miser sur les données scientifiques, les théories, les connaissances médicales, pour examiner plus simplement les écarts qui existent entre les déclarations de Casasnovas sur lui-même, et les faits tels qu’on peut les vérifier.
Et cela ne serait pas possible sans le travail de fond réalisé durant des mois par un petit collectif qui a épluché l’œuvre complète de Casasnovas pour en extraire le jus qui dit la vérité. Ce collectif se nomme l’Extracteur, et 3 membres sont avec nous : Clément, Fiona et Antoine.
Emission en direct où le public intervient pour exposer une position et la justifier.
Avec pour invités spéciaux : Francine CORDIER et Patrice SERAY
EDITORIAL
Les histoires d’ovnis sont souvent tournées en ridicule. Elles font aussi de bonnes fictions dans des romans ou des films qui mettent en scène un témoin honnête en butte à l’aveuglement de son entourage. Le reste du temps, les gens s’engueulent sur leur interprétation des faits, sur l’existence des preuves, sur une vaste politique de dissimulation du phénomène et diverses spéculations sur une origine exotique, c’est-à-dire extraterrestre du phénomène.
On peut dater les débuts des histoires d’ovnis telles que nous les connaissons aujourd’hui. Tout commence après-guerre avec l’observation de Kenneth Arnold (en 1947), qui désigne des objets se déplaçant dans le ciel comme des soucoupes sur l’eau. Le nom soucoupe volante était né. Ensuite vint Roswell et différentes vagues de signalement de ce qu’on a parfois appelé des MOC (Mystérieux Objet Céleste) avant que le mot ovni ne s’impose, traduction du terme américain UFO qui a accouché de l’ufologie.
Bien sûr, on trouve des témoignages plus anciens concernant des observations bizarres que l’on nommait « prodiges célestes » et que l’on n’attribuait pas alors aux causes qui sont de nos jours les plus populaires. Récemment on a choisi d’éviter de parler d’ovni, puisque le terme contient implicitement l‘idée d’objet présent dans le ciel, pour préférer le terme de PAN (Phénomène Aérien non identifié) plus neutre et donc plus utile pour aborder la question avec un minimum d’a priori. (A ce sujet, Cf cette pastille)
Les ovnis sont un sujet classique de la zététique, un domaine où les allégations et témoignages abondent mais où les traces physiques, les preuves, les données empiriques manquent pour étayer l’hypothèse de l’existence de véritable objets dans le ciel. Les histoires d’ovnis reposent sur un matériel fragile, ductile, délicat à manipuler : le témoignage humain. Et le moins qu’on puisse dire c’est que les témoignages regorgent de détails qui ne permettent pas d’établir le portrait-robot d’un phénomène univoque, reconnaissable et assimilable à des engins volants.
Il n’y a pas de consensus chez les tenant-croyants, qu’ils soient exoticiens ou partisans de phénomènes liés à des engins secrets de l’armée. Il n’y a pas non plus de démarche, en ufologie, visant à éliminer les hypothèses les unes après les autres. Ce travail méthodique de test des hypothèses, on le trouve essentiellement chez une catégorie de personnes et pas (ou presque pas) en dehors : les sceptiques. Ceux qui commencent par douter des versions qu’ils entendent et de leurs propres idées sur le sujet. Le problème, c’est que la parole sceptique est dure à entendre, elle représente parfois une forme de violence involontaire, et elle suscite donc des réactions un peu trop forte. Vous seriez étonné –peut-être– de voir avec quelle passion, quelle agressivité la parole sceptique est pourfendue dans les milieux où l’on défend la réalité d’un phénomène ovni intelligent.
Ce soir, nous allons essayer d’aborder sereinement cette question, en écoutant, ici, sur un canal sceptique la parole de celles et de ceux qui se rangent du côté des tenants-croyants, c’est-à-dire des convaincus de la réalité physique des manifestations dont nous parlons. Nous avons avec nous deux membres de l’ASTEC, confinés à plus de 10 km de nos studios, qui travaillent depuis des années sur les témoignages et connaissent très bien l’histoire de l’ufologie ainsi que la démarche à adopter pour aborder un témoignage et récolter les informations qui permettront peut-être d’élucider le mystère.
L’autisme est un faux ami. C’est un mot que nous croisons régulièrement, qui nous est familier. Cette familiarité tend à nous faire croire que nous le comprenons. En réalité, pour la plupart d’entre nous l’autisme est un concept que nous ne comprenons que partiellement. Nous donnons à ce mot un sens qui (évidemment) nous semble correct, mais qui reste très vague, voire caricatural. Nous serions peut-être incapables d’énoncer clairement le sens que nous lui donnons si on nous le demandait.
L’autisme c’est compliqué, parce que ça désigne une réalité humaine très diverse ; on parle des conditions du spectre autistique pour une bonne raison : ces conditions vont d’un handicap sévère, une absence totale de parole, à des formes qui peuvent passer inaperçues dans la plupart des contextes. C’est une réalité complexe car ses causes sont encore en partie inconnues.
Nous ne sommes pas totalement ignorants, bien sûr, et il y a même des gens qui en savent beaucoup sur la question. Des travaux de recherche expliquent de mieux en mieux les origines de cette condition, et nous reviendrons ce soir sur les facteurs environnementaux et génétiques qui sont désormais identifiés.
Mais, en dépit des connaissances qui se construisent, nous pataugeons dans les eaux stagnantes de récits, de légendes, de rumeurs autour des causes de l’autisme et des moyens qui pourraient exister pour le « soigner » (entre guillemets !)
Olivia Cattan, présidente de SOS Autisme disait en 2018 « Des parents passent des heures et des heures à lire des choses sur internet, et certaines personnes ont bien compris que, compte tenu de leur désespoir, il existe un marché économique. »
Le marché est économique, mais il est aussi symbolique et idéologique ; certains s’emploient avant tout à prouver que leur vision du monde est la bonne, ils aspirent à devenir les champions d’une vérité qu’ils croient détenir. Il en résulte une confusion persistante sur la validité des théories que nous rencontrons dans les médias, dans les livres, sur les réseaux sociaux et jusque dans les cabinets des professionnels de la santé.
Les pseudosciences autour de l’autisme sont nombreuses et particulièrement répandues là où la psychanalyse est puissante. Cette discipline farcie de concepts irréfutables a longtemps porté sur l’autisme un regard culpabilisant, méprisant et démissionnaire, n’offrant aucune réelle explication ni aucune prise en charge. Cette maltraitance ne peut que pousser les personnes avec autisme et leurs familles vers des propositions alternatives.
Bien entendu il faut garder l’esprit ouvert, de nouvelles idées peuvent un jour apporter des solutions aujourd’hui impensables. Des traitements révolutionnaires sont parfois inventés et il serait idiot de les rejeter. Hélas, les idées géniales sont rares et les traitements alternatifs qui font leur preuve aussi. Des requêtes Internet sur le sujet de l’autisme allument très vite des sites douteux om l’on vous propose des soins, par exemple à base d’antibiotiques à haute dose, de régime hyper restrictif, d’huiles essentiels ou d’argent colloïdal.
En 2005, un petit britannique autiste âgé de 5 ans est décédé pendant un traitement appelé chélation qui consiste à tenter de débarrasser le corps de métaux lourds qui l’intoxiqueraient[1]. Le traitement à fait chuter le taux de calcium dans son sang ce qui a causé un arrêt cardiaque. La chélation n’a jamais fait la preuve d’un effet quelconque sur le diagnostic d’autisme. Le risque pris par les patients n’est contrebalancé par aucun vrai bénéfice potentiel.
https://menace-theoriste.fr/wp-content/uploads/2021/03/98_MINIATURE_TenL_1920x1080.jpg10801920Acermendaxhttps://menace-theoriste.fr/wp-content/uploads/2015/08/menace_theo2-300x145.pngAcermendax2021-03-17 19:16:502021-11-07 00:20:56Les pseudosciences autour de l’autisme (TenL98)
Emission en direct où le public intervient pour exposer une position et la justifier.
EDITORIAL
Parmi les sujets classiques de la zététique, l’homéopathie apparait parfois comme une vieille lune, une rengaine inutile, un terrain facile, confortable où le zététicien peut pontifier sur ses ergots, parler « au nom de la Scionce » et se donner des airs de savant.
J’espère que ce n’est pas votre avis, et que vous avez un peu de respect pour celles et ceux –et ils sont nombreux– qui font confiance à cette pratique de soin, qui la choisissent pour soigner leurs enfants, ceux qu’ils aiment, et eux-mêmes. Des millions de français consomment de l’homéopathie. On peut déplorer qu’ils le fassent sans chercher à se documenter sur la réalité des effets, mais ce faisant il faudrait y aller mollo sur l’hypocrisie puisque la plupart de ceux qui consomment des traitements à dose pondérale, des médicaments dont l’efficacité est reconnue… n’ont pas fait le travail de vérification eux non plus ; ils se fient à leur médecin, ils font confiance !
Toute la question est de savoir pour quelle raison on fait confiance à un médecin, pourquoi on préfère parfois les médecines parallèles, et en particulier la plus célèbre d’entre elle. Et là on est face à un problème.
Quand on veut faire un travail de sceptique, on peut consulter la littérature scientifique, en faire une synthèse, la présenter sous la forme d’un livre que je vous invite à acheter. On peut aussi analyser les discours médiatiques, relever les abus rhétoriques commis régulièrement sur les plateaux télé et jusque dans les colonnes de la presse. On peut décortiquer les stratégies de communication, et relayer les données des études sociologiques sur les populations qui font tel ou tel choix thérapeutique. Mais il y a une chose qu’on ne peut pas faire, c’est débattre avec les médecins homéopathes qui représentent la profession. Ils prennent particulièrement soin d’éviter les sceptiques. Ils viennent à la télévision délivrer leur message, mais on ne les voit jamais mis face à une contradiction qui a le temps de s’arrêter sur les détails, sur les présupposés, sur les fallacies, sur les raccourcis, sur les postures et sur les nuances qui entourent la notion d’efficacité.
Dans cet article, trouvez l’essentiel de mon travail sur le sujet de l’homéopathie
Je n’ai jamais réussi à obtenir qu’un médecin homéopathe un tant soit peu représentatif de sa profession, vienne sur notre chaîne. Cela serait pourtant utile, car il y a toujours le risque de se rendre coupable d’une caricature, de mal cerner le discours que l’on veut critiquer et il est alors bénéfique pour tout le monde d’avoir un échange où l’on s’assure de se faire bien comprendre.
Ce soir La Tronche est à VOUS. Vous aurez la parole. Pour cela vous pouvez utiliser sur notre discord le canal JE-VEUX-PARLER pour écrire en quelques mots la teneur de ce que vous voulez dire à l’antenne. La posture sceptique est déjà très présente sur notre chaine, c’est pourquoi j’espère que nous aurons ce soir des intervenants qui souhaitent défendre l’homéopathie, expliquer leur choix, justifier leur position, nous montrer que nous avons raté quelque chose dans notre analyse.
J’espère tout particulièrement que des médecins homéopathes auront le courage de prendre la parole. (Spoiler : ça n’est pas arrivé)
Invitée : Madame Captain (ou Madeline Captain : ce sont des noms de plume)
Enregistré le 17 février 2021.
Editorial
Les parents, à toutes les époques, ont été confrontés à un problème ; les enfants ne sont pas fournis avec un mode d’emploi. Il est parfois difficile de s’en faire comprendre et plus encore de les comprendre eux, et de savoir quelle décision permet leur épanouissement ou, au contraire, les abîme durablement.
Être parent est peut-être plus anxiogène aujourd’hui qu’à n’importe quelle autre époque. Le papa et la maman (surtout la maman) sont confrontés avec une facilité déconcertante à des propos qui les rendent responsables de tout ce qui pourrait ne pas aller pour le mieux chez leur enfant. En France la psychanalyse est passée par là, et nous savons l’empressement de cette discipline à tout expliquer par des rapports défectueux durant la petite enfance à cause d’une maman trop présente. Ou pas assez présente. D’un papa trop autoritaire. Ou pas assez autoritaire. La psychanalyse explique à la volée absolument tout et son contraire, et donc absolument rien. Je vous prierai d’ailleurs de garder vos commentaires inspirés de psychanalyse pour vous.
Revenons-en au cœur du sujet de ce soir. Nous pouvons sans doute convenir ensemble d’un certain nombre de chose ; faisons un sondage. Si je vous propose une Parentalité Bienveillante Protectrice Respectueuse Positive : s’il vous plait, levez la main si vous êtes contre. D’accord, merci.
Nous sommes d’accord sur le principe et pourtant cela ne va pas de soi dans les faits. On crie sur les enfants, on les corrige (c’est un euphémisme pour la baffe et la fessée), on les punit, on veut qu’ils soient assez autonomes pour ne pas faire de bêtises, mais on veut qu’ils se taisent quand on fait des choix à leur place, on ne prend pas toujours le temps de leur expliquer pourquoi on leur demande certaines choses… et cela dans le cercle familial comme à l’école. On les force —et ce « on » ce ne sont pas seulement les parents— On les force à répondre aux attentes de la société. Et on le fait pour leur bien, parce que le monde n’est pas facile, parce qu’il faut les endurcir, les préparer à être des individus résistants. En tout cas c’est l’histoire qu’on se raconte pour justifier d’agir ainsi.
Echantillons : « Oh lala, une gifle ça n’a jamais tué personne. » « Moi, j’ai réussi parce que mes parents ont été durs avec moi, exigeant. » « Cette école est très stricte, et elle produit des étudiants qui excellent dans leur parcours… » Etc. Certains d’entre vous auront reconnu dans ces exemples le biais du survivant, associé ici à ce qu’on pourrait appeler le biais de justification du système[1].
La parentalité bienveillante propose d‘arrêter de se justifier et de regarder ce qu’on peut faire mieux. Et nous en parlerons avec notre invitée. Mais nous parlerons aussi des risques que l’on encourt lorsqu’on s’aventure dans le milieu des influenceurs et influenceuses Parentalité où la bienveillance est parfois un élément de langage en porte-à-faux avec les comportements.
Ce soir nous n’épuiserons évidemment pas le sujet de l’éducation, ni même celui de la Parentalité positive/bienveillante. Nous ne vous livrons pas un analyse sociologique exhaustive issue d’une littérature académique sur un phénomène nomenclaturé, mais le regard d’une sceptique, d’une maman qui a rencontré les discours, les pratiques, les attitudes et injonctions du milieu de la Parentalité Bienveillante, qui en a souligné les défauts et s’est retrouvée en butte à des réactions qui n’avaient rien de bienveillant. La Parentalité c’est aussi du business, de l’édition, du coaching personnel, de l’influence et de l’idéologie. C’est aussi pour ça que les discours séduisants sont défendus âprement par ceux qui en tirent un profit substantiel. Mine de rien cette thématique est très conflictuelle, mais ce soir nous ne sommes pas en croisade, nous allons simplement remettre un peu de scepticisme dans un milieu qui verse peut-être un peu dans le dogmatisme et ajoute sur les épaules de parents déjà bien assez stressés le poids d’injonctions injustifiées.
Pour ce Bénéfice du Doute numéro 16, nous recevons Madame Captain.
https://menace-theoriste.fr/wp-content/uploads/2021/02/16_Miniature_BdD__1920x1080.jpg10801920Acermendaxhttps://menace-theoriste.fr/wp-content/uploads/2015/08/menace_theo2-300x145.pngAcermendax2021-02-23 17:11:392021-02-23 17:11:41Un problème avec la parentalité bienveillante ?
Nous connaissons tous les grandes questions existentielles sur le sens de la vie. Pourquoi sommes-nous là ? Pourquoi vivons-nous ? Pourquoi certaines évidences nous frappent-elles ? Pourquoi certaines illusions persistent-elles ? Pourquoi nous posons-nous tant de questions ? Pourquoi les réponses sont-elles si souvent à ce point frustrantes ?
Alors nous regardons vers nos anciens, nos sages prédécesseurs, en espérant que le temps qu’ils ont passé dans le monde avant nous a été mis à profit pour en tirer des indices sur ce qu’il faudrait penser. Mais plus nous cherchons dans le passé, moins nous trouvons, et plus les traces de nos ancêtres se perdent dans un buisson que nous partageons avec les primates, ce qui écorche un peu la vision que l’on voudrait avoir de nous-mêmes en tant que créatures séparées de l’animalité, en tant qu’êtres de raison, de civilisation, catégoriquement distincts des singes et des sauvages. Il faut pardonner à ceux qui ont du mal à se défaire de cette illusion-là.
D’autant que les illusions sont nombreuses sur la manière dont nous nous représentons les humains d’avant, les gens de la préhistoire. Et la science, toujours inscrite dans son temps, toujours tributaire de la culture qui la développe a elle aussi contribué à certaines caricatures : l’homme des cavernes brutal, bourru, qui règle tous ses problèmes à coup de massue traine encore un peu dans les vieux rayonnages des bibliothèques. L’ancien sauvage, détaché des biens matériels, nomade vivant de cueillette en harmonie avec la nature, paisible et sage, est une autre carte postale qui nous cache le paysage.
Le problème avec la Préhistoire est notre tentation à chercher dans le passé la justification de notre vision actuelle du monde. À ceux qui ne sont plus là on voudrait faire dire ce qui nous arrange. Nous instrumentalisons trop facilement les indices des modes de vie anciens pour « naturaliser » l’ordre des choses… Il est rassurant de se dire que la manière dont nous voulons régir la société répond à un impératif qui s’est manifesté des millénaires avant nous et a été validé par tous ceux qui nous ont précédés.
Mais à l’inverse certains n’hésitent pas à s’imaginer d’autant plus évolués qu’ils s’estiment éloignés de la figure de l’ancêtre et veulent croire que leurs standards modernes surpassent nécessairement ceux du passé.
Nous ne trancherons pas ce soir sur ces questions prescriptives, sur ce la société doit choisir de faire, mais nous essaierons de rendre justice à la préhistoire en nous efforçant d’être avant tout descriptifs. Que savons-nous de nos ancêtres ? Comment le savons-nous ? Quel degré d’incertitude demeure dans ces connaissances ? Nous explorerons plus précisément la question de la violence et de la guerre (qui ne pouvait exister au pléistocène sous la forme que nous lui connaissons aujourd’hui) et des inégalités. Comment savoir aujourd’hui ce qui se passait il y a si longtemps ? Est-ce seulement possible ?
Tentative de réponse avec Christophe Darmangeat, Maître de Conférences à l’Université Paris Diderot en Sciences Economiques et directeur de recherches en Anthropologie Sociale.
https://menace-theoriste.fr/wp-content/uploads/2021/02/97_MINIATURE_TenL_1920x1080.jpg10801920Acermendaxhttps://menace-theoriste.fr/wp-content/uploads/2015/08/menace_theo2-300x145.pngAcermendax2021-02-11 11:53:402021-02-11 12:59:50Sauvages ! Guerre et inégalités à la Préhistoire
Les sceptiques et zététiciens se manifestent par leurs critiques envers des discours qui imitent la science, qui prétendent apporter des preuves de phénomènes hautement discutables, ou bien qui abusent des fallacies derrière lesquelles il devient difficile de faire la part des choses. Beaucoup parlent de paranormal parce qu’ils trouvent ça intéressant et sont agacés par les sempiternelles promesses de dévoilement des médium, des extralucides… des gourous.
Les sceptiques et zététiciens concoctent des débunkages, rédigent des livres, des articles critiques, relèvent les abus rhétoriques, dénoncent les impostures et militent pour la prudence dans nos aspirations à dire qu’on a la réponse aux questions qu’on se pose.
Mais les sceptiques et zététiciens ne traitent par tous les sujets, et on le leur reproche. Par exemple : « Hey, dis donc, pourquoi s’attaquer à Didier Raoult et pas au laboratoire Gilead ? » se demandent certains. La question est valide et la réponse tient dans ce que je viens de dire : le champ de compétence des Zététiciens est dans l’analyse des discours et la détection d’éventuels écarts entre les faits disponibles et les allégations proférées. Indépendamment de notre volonté, sans qu’on ait rien demandé, Didier Raoult nous a abondamment fourni des occasions de relever de tels décalages. Les informations disponibles permettent à des gens modérément compétents en science de prononcer une critique pertinente. Quant à Gilead, à Big Pharma en général, aux puissances économiques, aux officines et autres groupements d’intérêts… Il ne serait pas étonnant que des cachoteries et mauvais coups méritent d’être dénoncés. Mais qui est armé pour le faire ?
Si les zététiciens comme nous n’enquêtent pas sur les magouilles, les escroqueries, les montages financiers, ce n’est pas parce que de telles choses n’ont pas d’importance. Au contraire ; cela demande des compétences, des outils, une formation qui n’est pas la nôtre. Nous arpentons un terrain qui est épistémique, et pas judiciaire, pénal ou fiscal. Il ne faut pas nous demander de faire ce que nous ne sommes pas capables de faire correctement !
Nous avons besoin de journalistes d’investigation, formés, épaulés par une rédaction qui leur ouvre des portes et s’assure du recoupement des informations, experts dans la recherche d’information, la protection des sources, l’exploitation des données publiques, l’art d’interroger les témoins. C’est ce travail là qui permet en définitive d’établir les dossiers qui peuvent amener devant la justice les manipulateurs. Les tribunaux ne condamnent pas les gens parce qu’ils ont une épistémologie avariée ou des querelles avec des débunkers. En revanche on condamne l’exercice illégal de la médecine, l’abus de faiblesse, le détournement de fond, des activités étonnamment récurrente dans la carrière des gourous.
Notre invité de ce soir, Paul Conge, journaliste à Marianne a mené une enquête de ce genre à propos d’un certain Jacques G, astrologue, conférencier, soi-disant alchimiste et expert dans la Science des Anciens et prolixe informateur de « La révélation des Pyramides ».
https://menace-theoriste.fr/wp-content/uploads/2021/02/15_Miniature_BdD__1920x1080.jpg10801920Acermendaxhttps://menace-theoriste.fr/wp-content/uploads/2015/08/menace_theo2-300x145.pngAcermendax2021-02-03 12:11:002021-02-03 02:16:53Enquête sur un gourou : Jacques G
Invité : Nicolas Fressengeas, professeur de Physique et chargé de mission “Science Ouverte” de l’Université de Lorraine.
Editorial
Les humains viennent au monde sans mode d’emploi. Les parents font ce qu’ils peuvent, les enseignants aussi. Mais la réalité c’est que les enfants apprennent tout seul à parler, à marcher, à mentir, à faire confiance… car ils ont une sorte de module qui les rend capable d’apprendre à apprendre. Mais ça ne veut pas dire que c’est simple pour autant.
Non seulement nous n’avons jamais la science infuse : nous sommes obligés d’apprendre laborieusement comment fonctionne un transistor, une éolienne, un poumon ou un prêt immobilier, mais nous devons aussi essayer de comprendre comme marche l’amitié, l’amour, la rancune, l’ambition, comment on peut s’exprimer le plus clairement afin d’obtenir ce que l’on veut… tandis que l’horloge tourne et qu’on s’aperçoit que la vie est étonnamment courte et pleine de réponses qui sont de moins en moins claires, de nuances toujours plus floues. Enfin, je suppose que c’est ce qui arrive aux plus sages d’entre nous.
Le résultat, c’est que nous sommes bien forcés de nous débrouiller un peu tout seul pour évaluer ce que nous croyons être vrai, ce qui nous semble faux et ce qui doit rester incertain. En conséquence, nous ne croyons pas tous les mêmes choses sur le monde, sur le sens de la vie, sur l’origine de l’univers, sur le destin de la Nation, sur l‘histoire des peuples, ou sur les priorités de la société. Les débats ne permettent pas toujours de trancher ces questions, de désigner une vérité inévitable, de rejeter l’erreur. Nous restons donc, bien souvent avec nos croyances, vraies ou fausses, et avec l’illusion que si nous croyons une chose, c’est qu’on a d’excellentes raisons de le faire, alors que les autres sont quand même plutôt crédules et idiots. La vérité à ce sujet est probablement que les humains ne sont pas pleinement libres de croire ce qu’ils veulent, ils sont déterminés dans leurs croyances par des processus très complexes qui leur échappent, l’expression de la croyance n’étant que le résultat d’une longue chaine causale insaisissable.
Il en va de même pour nos revirements, nos doutes, nos changements de cap : il est souvent bien difficile d’identifier la cause de tout cela, le moment clef qui éclaire d’un jour nouveau nos horizons. En somme, changeant est l’homme qui regarde le monde et cherche à ne pas se tromper.
Et ce changement, il peut être très compliqué, très lourd de conséquence, et même effrayant quand le point de départ est une position très tranchée, polarisée, une croyance revendiquée, une conviction partagée avec un groupe, une congrégation, un parti, des amis, une famille.
Changer de croyance, ça peut arriver à chacun d’entre nous, et cela peut mettre en danger la manière dont nous vivons notre vie, nos relations, nos loisirs, notre travail, notre couple. En l’absence de solution miracle, il est sans doute bon ne serait-ce que d’en parler et de voir les étapes par lesquelles on passe, les pièges qui peuplent cette zone de transition et les choix que l’on peut faire dans notre manière de réagir à nos doutes ou à ceux des gens autour de nous.
Pour explorer la question de l’abandon des croyances, nous recevons Pascal Wagner Egger, enseignant-chercheur en psychologie sociale et en statistique à l’Université de Fribourg.
https://menace-theoriste.fr/wp-content/uploads/2020/12/96_MINIATURE_TenL_1920x1080.jpg10801920Acermendaxhttps://menace-theoriste.fr/wp-content/uploads/2015/08/menace_theo2-300x145.pngAcermendax2021-01-26 23:01:132021-01-26 23:01:14L’abandon des croyances
Depuis le départ, La Tronche en Biais est un projet dont la dimension artistique est très importante, avec une écriture théâtrale, une réalisation et une post-production imaginatives et une musique originale. À cela s’ajoute, épisodiquement, la chanson. Nous réunissons sur cette page nos créations musicales, écrites et composées par Vled Tapas ou Acermendax, ou les deux. La promotion de l’esprit critique peut-elle se passer du prisme de l’art pour donner envie au public, d’acquérir ses outils ?
NB : Les compositions 100% instrumentales de Vled Tapas sont disponibles à cette adresse.
1. J’ai comme un doute.
Sur son thème du générique de la Tronche en Biais, VledTapas a composé ce morceau sur des paroles écrites par Acermendax et lui-même.
Le monde est complexe Mon pauvre cortex Silencieux Sysiphe Frêle et combattif Veut tout savoir Ne veut plus croire Encombrant espoir
Partout sur la Terre D’effarants mystères L’ignorance est grande Et je me demande Si ma ferveur Était un leurre Suis-je dans l’erreur ?
Que dissimule l’effet placebo, L’inconscient psychanalytique ? Comment fonctionne la mémoire de l’eau ? Ta gueule, c’est quantique !
Des dogmes pavent ma route Pourtant j’ai comme un doute.
Me voici largué Comment distinguer Une juste hypothèse D’une autre fadaise ? Cela réclame la fine lame Du rasoir d’Ockham
Pour construire les plus grandes pyramides Sans les annales akashiques Faut-il de la famille en Atlantide ? Ta gueule c’est quantique !
Des dogmes pavent ma route Pourtant j’ai comme un doute.
Nul n’échappe aux paréidolies Aux mirages des lois des séries Aux pentes naturelles de l’esprit
Des dogmes pavent ma route Pourtant j’ai comme un doute Si elle n’est pas réfutable Une idée n’est qu’une fable
2. L’Esprit ouvert
Paroles et musique : Acermendax
Arrangement : Vled Tapas
Clip : Loki Jackal
Les paroles
J’ai, je crois, un esprit ouvert. Je peux tout croire si cela m’est prouvé. Mais il faut quand même satisfaire Une logique élémentaire Pour ne pas se laisser berner.
Je peux croire au paranormal, Tant de témoins ne sauraient mentir. Mais se tromper c’est banal Pour le modeste animal Qui supporte mal de mourir.
Si tu tiens à ta conclusion Alors je veux la partager. Je ne suis pas débile profond, Tu dois pouvoir m’expliquer. Si c’est toi qui as raison C’est ta responsabilité.
Je peux croire en la naturopathie Consommons moins de médicaments. Mais perso je tiens à la vie Et à celle de mes amis Sans preuve : dis-moi, on fait comment ?
Je peux croire que la Terre est plate Aux énergies qui parcourent les chakras. Mais permets que, comme Socrate, J’ose, question délicate, Demander comment tu sais tout ça.
Je peux croire, pourquoi pas, en Dieu C’est si sérieux un être suprême Qu’on doit trouver une preuve ou deux Qu’on est bien sûr que ce qu’il veut C’est la circoncision et le baptême.
Si tu tiens à ta conclusion Alors je veux la partager. Je ne suis pas débile profond, Tu dois pouvoir m’expliquer. Si c’est toi qui as raison C’est ta responsabilité.
Si tu tiens à la vérité Avec un peu d’humilité On doit pouvoir s’en approcher
Avec les croyances à la mode Faire preuve d’un peu de méthode Aucune colère, pas de haine C’est juste une question d’hygiène.
Qu’on réfute mes certitudes Qu’on questionne mes habitudes J’accepte tous les démentis À mon ouverture d’esprit.
3. La ballade du Troll
Paroles et musique : Acermendax (aout 2019)
Joué en avant première lors du Concert en Biais du 20.12.2020 (Réal : Lise Corsiglia. Image : Loki Jackal. Son : Corentin Savre)
Les paroles
Je n’ai rien à faire dans l’histoire. Plus inutile que moi vous n’en trouverez pas un. Je m’attèle matin et soir à pourrir mon prochain
Mon petit plaisir ordinaire Est de m’introduire partout, tel un parasite Je suis le vers solitaire, je me boursoufle de bullshit !
Ah nom du drama et de la shitstorm je me démène Je m’acharne comme une teigne pendant deux semaines Puis je m’indigne car je suis victime d’une bien-pensance inique Et j’échafaude une théorie bancale avec deux-trois noms politiques.
Refrain
Moi, je suis trop fort, des ennemis j’en ai plein En vrai, ils m’adorent ces enfants de purin Je n’ai jamais tort, et ça me fait du bien D’oublier qu’en vrai je ne suis rien.
C’est un peu triste, évidemment D’être un pitre cuistre et de l’arborer fièrement Votre compassion vous honore Mais mec, vas-y mange tes grands morts.
Répondez-moi pour que j‘exulte Aiguillonné, moi, j’accuse tous azimuts ! Que vous en veniez à m’insulte Je vous entraîne dans ma chute.
Anonyme en chef des brutes sans cause, je suis un fragile Au secours, mon amour, ma liberté chérie, je veux être indocile À la censure ! On m’assassine ! Je devrais pouvoir tout dire À tout propos, sur tous les toits, que tu en aies envie ou pas, tu devras me subir !
Refrain
4. Si j’y crois
Paroles et musique : Acermendax (2017)
Morceau joué pour la première fois à Toulouse le 09.09.2017
Les paroles
Mon horoscope d’hier voyait un temps super pour tous les Serpentaires Mais voilà comme par hasard un étrange brouillard à couper au poignard Si le climat change, eh bien…. c’est à cause des OGM dans les vaccins
Aucune preuve ne peut rien contre moi. Si j’y crois. Si j’y crois. Si j’y crois.
Tout ce qu’on nous fait manger, c’est juste pour nous tuer, pour mieux nous contrôler. La terre est creuse, et dessous les Reptiliens ont tout pour nous mettre à genoux Les Illuminatis sont à l’affût. Là-haut dans leurs ovnis
En m’attendant au pire, je crois tout pour pouvoir dire Si c’est vrai, eh bien je le savais. Si c’est vrai, eh bien je le savais. Et pas vous !
Les ondes, ca donne le cancer, c’est toujours délétère, sauf chez le magnétiseur. Moins j’ai de preuves, plus c’est vrai. La preuve, c’est que c’est vrai, et que j’ai pas de preuve ! Tous les médias officiels veulent nous changer en homosexuels.
Aucune preuve ne peut rien contre moi. Si j’y crois. Si j’y crois. Si j’y crois. C’est beau, c’est ça la foi, Car aucune preuve ne peut rien contre moi. Si j’y crois. Si j’y crois. Si j’y crois.
5. Le chercheur de vérité
Paroles et musique : Acermendax (juillet 2020)
Chant : Vled Tapas
Arrangement: Studio LRMM
Clip : Acermendax
Les paroles
D’abord l’intuition que mon intuition est la bonne Lueur intérieure qui me parle en personne Tout le monde se trompe ; la science s’égare ; plus rien ne m’étonne
Et pourtant je cherche Je suis sur la brèche. Et ce que je trouve Confirme et me prouve Que la vérité nous crève les yeux Tout est lumineux !
Qui sait décoder les poèmes et les adages Allume la sagesse à tous les étages. Moi j’ai tout compris ; j’ai tout démontré ; mais mon témoignage
Est mis à l’index J’ai beau être sage Comment ça me vexe ! Moi j’ai passé l’âge. Je connais la vie. J’ai même des diplômes. Ça vous pose un… homme.
Mais ma vérité sortira blanchie de tout ça tôt ou tard. Moi, si j’avais tort, je serais le premier à m’en apercevoir. La crédulité des idiots les divorce du réel. Ils me font pitié ; je m’en moque, parce que je suis un rebelle Panurgite aigüe, suivisme assidus, tous crétins ou vendus ! Mais pas moi.
Parce que moi je cherche Je suis sur la brèche. Et ce que je trouve Confirme et me prouve Que la vérité nous crève les yeux Tout est lumineux !
6. La Chandelle dans les ténèbres
Paroles et musique : Acermendax (juillet 2020)
Arrangement : Vled Tapas
Guitare & basse : H-D
Clip : Acermendax
(Bientôt publié…)
Les paroles
On en sait si peu sur la nature du temps, l’entropie tout efface. Peut-on supporter tant d’ignorance ? On en sait si peu sur l’aube du vivant, l’origine fugace. Qui sait pourquoi j’ai une conscience ?
Tant de réponses gisent dans les gosiers béants De doctes aliborons charmeurs Dont les certitudes grisent nos beaux espoirs d’enfants Consolés de la nuit qui fait peur.
On en sait si peu et c’est un tel drame Qu’il nous dévore… l’âme
[Chorale] Ascendo ex aporia Ipsa scientia potestas est De te fabula narratur
Notre chandelle dans les ténèbres. Eclaire à l’infini si on la multiplie. Eclaire à l’infini si on la multiplie. Sois curieux pour deux, partage le peu que tu saisis.
On en sait si peu, et l’obscur nous séduit puisque c’est lui règne Depuis les tréfonds de nos lacunes. Ça ne sert à rien de maudire la nuit ; le sage nous enseigne À, comme lui, contempler la Lune.
Notre ignorance, elle-même, souveraine ironie Ne soupçonne pas son étendue. Sur mon front, tel en emblème, je doute donc je suis Ce n’est pas en vain que j’ai vécu.
On en sait si peu, quelle chance, c’est inouï Vite, apprenons la vie.
7. Nous sachons
Paroles : Acermendax (février 2024)
Musique composée avec l’IA Suno.
Les paroles
Mais comment c’est possible ces vieilles pyramides, Toutes pleines d’équations écrites par des druides ? Pourquoi qu’on nous dit pas que les États-Unis Ben c’était les Vikings qui les ont découvert ? Et pourquoi ce couplet a des rimes trop pourries ? Ça nous avance à quoi ? Et ça profite à qui ?
On peut plus rien dire, on peut plus réfléchir par soi-même On n’a même plus le droit de penser ce qu’on veut J’ai ma vérité, elle est à moi et puis je l’aime Elle ne rime à rien et ça, ça les gène : eux !!
[Refrain] Comment c’est trop étrange, lorsqu’on n’y connait rien Nos questions les dérangent, tous ces faux historiens ! Ils ont des beaux diplômes, des livres par milliers Mais moi je sais rêver comme lorsque j’étais môme !!
Il faut que ça se sache ! Il faut que ça se sache ! Et je vous révèlerai tout ce qu’on nous cache
Les monuments, les hiéroglyphes, les tombes, les mausolées… Il faut bien, puisque ça existe, que ça ait un sens caché ! C’est à moi que les bâtisseurs s’adressent en secret Et tant pis si ça vous fait peur ce que j’ai à révéler !
Depuis les ruines de l’Atlantide, des champs de l’Agartha, Dans les Pléiades et jusqu’à Mu, et même vers Shamballah, Dans la flotte sidérale de mon pote Ashtar Sheran J’ai tout pigé du haut de l’Everest jusqu’au fond des Mariannes.
[refrain]
Désormais… vous sachez.
8. Je suis un Aigle
Paroles : Acermendax (mars 2024)
Musique composée avec l’IA Suno.
Les paroles
Toi, tu crois à la chance, au fait sur un million. À la coïncidence qui te prend pour un pion. Tu fais encore confiance aux infox bidons, Aux tristes manigances en costumes Vuitton !
Les yeux fermés, la bouche ouverte, le doigt sur la couture En rangs serrés, les fesses offertes à la vile dictature ! Mais moi jamais, lanceur d’alerte, car j’ai pris des mesures…
[Refrain] Car moi je suis un aigle, pauvre ver de terre, (Je suis un aigle) Un être souverain, un esprit libre et fier ! (Je suis un aigle) Tu es trop ordinaire pour voir jusqu’où j’orbite Je suis dans la lumière… (Je suis un aigle) Parce que c’est moi l’élite !
Vas-y rigole bien, mais on verra bientôt Que si le fou a tort c’est d’avoir raison trop tôt. J’ai connu Galilée ; ils l’ont brûlé pour avoir dit La vérité sur Odysée, et sur un site conspi !
Les preuves, les enquêtes, les papiers, les études Je n’en fais qu’à ma tête, moi j’ai des certitudes. Les erreurs qu’ils commettent se paieront très cher Justice sera faite, c’est bientôt Nuremberg !
9. Charlatan
Paroles : Acermendax (aout 2024)
Musique composée avec l’IA Suno.
Les paroles
Si on faisait comme si J’étais un vrai soignant. Un pro des énergies Qui aiderait les gens, Qu’ont des torticolis Ou stressent tout le temps. Venez, je fais un prix : C’est moins cinquante pourcents !
[Refrain] Charlatan ! Venez, je vous attends. Charlatan ! On fait comme si. On fait semblant. (Charlatan. hanhan)
Contre les stress émotionnels Contre les crises existentielles : En holistique et naturel, Je veux jouer le professionnel !
Je suis formé, je suis formel Dans le subtil spirituel En molécules transpersonnelles J’ai la solution : c’est nickel !
[Refrain]
+ Venez, je vous attends. Charlatan ! On fait comme si. On fait semblant. (Charlatan.)
10. Souverain
Paroles : Acermendax (juillet 2024)
Musique composée avec l’IA Suno.
Les paroles
Souverain ! (Souverain) Souverain C’est le vrai citoyen.
On ne contracte pas, Il n’y a plus d’Etat. On ne contracte plus Il n’y a plus d’abus.
[Refrain] Souverain ! (Souverain) C’est le vrai citoyen. Souverain ! Aujourd’hui c’est demain Il choisit son destin ! Il a le droit pour lui. Et il a tout compris !
Souverain (Souverain) Souverain (Souverain) On n’est pas là pour souffrir… pour rien !
A l’Encre rouge – En minuscule Et la loi capitule. La police le hait, Les juges sont bouche bée. Et jusqu’à l’Elysée, il les fait trembler !! Car il est
Souverain ! (Souverain) C’est le vrai citoyen. Souverain ! Aujourd’hui c’est demain. Il choisit son destin ! Souverain ! (Souverain) C’est le vrai citoyen. (Souverain) Il a le droit pour lui. Et il a tout compris !
Si on le contrarie, ça va faire du vilain On vit dans son pays, c’est lui le SOUVERAIN !! Souverain !
11. Hubris zététique
Paroles : Acermendax (février 2024)
Musique composée avec l’IA Suno.
Les paroles
Avant j’étais biaisé Je croyais qu’il suffit d’avoir un ressenti Pour savoir qui dit vrai.
Aujourd’hui c’est réglé Je n’ai plus de souci Je vois clair dans la nuit J’ai le remède parfait !
(Refrain) (Zététique) Je maitrise, j’ai dead ça ! (Zététique) Je critique ce que je vois. (Zététique) Tous mes biais sont derrière moi (Zététique) Vas-y frérot, qu’est-ce que tu crois ?!
Finie la surconfiance, Je surkiffe ma raison. Bardé de compétences : Aucune hésitation !
Fermés les angles morts, je réfléchis plus vite. Crois-moi si j’avais tort : Je le verrai tout de suite !
C’est pas une question de chance Mais plutôt d’obstination. Moi, j’ai travaillé à fond ! J’ai trouvé la solution !
Surconfiance. Autosuffisance (non, non, non) Angle mort et confirmation (oh yeah) J’ai la chance, j’ai la compétence (oui, oui, oui) J’ai trouvé la solution !
(Refrain)
12. Le meilleur des mondes
Paroles : Acermendax (avril 2024)
Musique composée avec l’IA Suno.
Les paroles
Tout ici-bas doit avoir un début. Tout a une cause, ne soyez pas têtu ! Mais Dieu échappe à cette condition. Pourquoi ? Parce que c’est sa définition.
L’horloge évidemment suppose un horloger ; Lui-même a des parents, bien sûr c’est la faille De la comparaison que j’avais ouvragée Pour vous convaincre de revenir au bercail.
Les souffrances abjectes qui partout dominent Sont le signe parfait d’une bonté suprême, Qui nous fait naître, croître, et qui nous illumine, Mais veut qu’on ait le droit de se damner nous-mêmes !
Aucune contradiction ne dure. Entre le livre de la nature. Et les Saintes Écritures !
[Refrain] Dans le meilleur des mondes, où tout est pour le mieux, L’intelligence abonde en nos cœurs si joyeux. La logique déserte lorsque la foi annonce Qu’à ses questions expertes, elle détient les réponses.
Même Darwin, en expirant, s’est repenti D’avoir troublé le monde avec sa théorie. C’est ridicule d’imaginer que le hasard a du talent C’est plus logique qu’un esprit soit là depuis avant le temps !
[Refrain] Dans le meilleur des mondes, où tout est merveilleux L’intelligence abonde, j’ai raison d’être pieu !
13. Au juste Milieu
Paroles : Acermendax (avril 2024)
Musique composée avec l’IA Suno.
Les paroles
J’en peux plus des conflits. J’en ai plein la tête. (Quel malheur) Ils sont tous en furie… sur les Internets. (Et ailleurs) Il faut prendre parti (prendre parti) et choisir un camp. Mais j’en n’ai pas envie. Moi, je fais comment ?
Je fais comment pour continuer à cueillir le printemps Dans le charivari de vos combats incessants ? Pourquoi je ne pourrais pas me fondre dans le destin, Grâce à qui, jamais, je n’ai eu à lutter pour rien.
[Refrain] Au Juste Milieu Mon paisible îlot d’harmonie. Taisez-vous un peu : Vous troublez mon ataraxie, Au Juste Milieu, Là où, sereine, je m’endors. Pendant que vous vous battez dehors.
Chacun sa vérité. Ne piétine pas mes rêves C’est la sérénité qui permet qu’on s’élève. Je vois bien que tu m’envies un peu La sagesse du Juste Milieu !
Les droits des minorités : d’accord, mais poliment. L’urgence climatique : OK, mais en son temps. La fin des dictatures : Bien sûr, mais en votant. Contre l’exploitation : c’est bon. Là, ça devient chiant !
[Refrain]
14. Arrêtez avec les mots
Paroles : Acermendax (mai 2024)
Musique composée avec l’IA Suno.
Les paroles
Faut pas vous étonner qu’on soit pas à la fête On peut plus s’exprimer sans qu’on nous épithète On nous met dans des cases, on nous généralise C’est trop naze, qu’est-ce vous voulez que j’vous dise ?
Quand je dérange – direct– je suis un complotisse Ça sert à rabaisser tous ceux qui réfléchissent. L’autre jour, je donnais mon avis sur un truc Ben ça n’a pas loupé, on m’a dit : « gros trou duc »
Arrêtez avec les mots ! Arrêtez de tout nommer ! On n’est pas des numéros. Maintenant faut arrêter !
[refrain] Je suis qui je suis ! Je suis singulier. C’est pas toi qui décide comment il faut m’appeler Je suis imprévisible. Autodéterminé. Je suis unique. Je serai pas catalogué (Surtout par eux : on les connait.)
Moi, j’aimais mieux avant, tout était bien plus clair Sans langage changeant qui nous met à l’envers Aujourd’hui ça déconne. J’suis pas raciste, mais… Non mais rien, vas-y c’est bon, oublie.
Arrêtez avec les mots ! Arrêtez de tout nommer ! Il y en a beaucoup trop Et je me sens si paumé.
15. La loi de l’Instrument
Paroles : Acermendax (avril 2024)
Musique composée avec l’IA Suno.
Les paroles
Sais-tu que tout est vibration ? Tout est fréquence, et tout est son. La douleur n’est qu’information, Il ne s’agit que d’énergie. C’est juste le vide qui ondule, Si tu l’ignores alors on t’en…courage à le découvrir. Sois pas bête, ou tu vas mourir !
Oublie les théories ivres-mortes La révolution toque à ta porte [Refrain] C’est la dure loi de l’instrument. Tout résumer en un instant. Je cognerai le jour, je cognerai la nuit Mon marteau, mon amour, toi mon phare ébloui. Cogner : tel est le dénouement ! Tout devient clou évidemment : C’est la dure loi de l’instrument (x2)
Sais-tu que tout est calorie ? La femme en veut à la folie. Le pauvre homme est à sa merci, Alors il flexe, ilpousse des cris, Et montre son énorme… capacité à satisfaire Les besoins de sa partenaire !
[Refrain] C’est la dure loi de l’instrument. Tout résumer en un instant. Je cognerai le jour, je cognerai la nuit Mon marteau, mon amour, toi mon phare ébloui. (C’est la dure loi de l’instrument.)
Sais-tu que tout est génésique ? Car Sigmund avait des pulsions. Si tu refoules c’est pathétique : Ça veut dire qu’il avait raison.
Ton destin est celui d’Œdipe : de tout niquer à la maison, D’accepter d’être un sale type Et de payer la consultation.
Sais-tu que tout est politique ? Et que tout est mathématique ? Mais sais-tu que tout est dans tout, Que plus rien n’est énigmatique ? Désormais, je cogne partout Savais-tu que je casse des briques !?
[Refrain] C’est la dure loi de l’instrument. Tout résumer en un instant. Je cognerai le jour, je cognerai la nuit Mon marteau, mon amour, toi mon phare ébloui. Cogner : tel est le dénouement ! Tout devient clou évidemment : C’est la dure loi de l’instrument.
Invité : Nicolas Fressengeas, professeur de Physique et chargé de mission « Science Ouverte » de l’Université de Lorraine.
Editorial
La science, ça coûte cher. C’est probablement l’activité humaine qui présente le plus petit ratio résultats sur efforts. Il faut des quantités phénoménales de travail pour produire, le plus souvent, une toute petite incrémentation de notre connaissance sur le monde.
En travaillant dur, des années durant, chacun peut espérer devenir spécialiste d’un tout petit domaine, sauf évidemment ceux qui font profession de tout savoir sur les plateaux télé, sur YouTube ou sur Twitter. (J’ouvre une parenthèse pour rappeler qu’il y a une nuance entre prétendre apporter une parole d’expert et s’adonner à la vulgarisation des savoirs et des méthodes. Fin de la parenthèse.)
Le coût de la connaissance est si lourd qu’une société comme la nôtre ne peut, somme toute, s’offrir qu’un nombre assez réduit de professionnels qui se consacrent à elle : les chercheurs et les chercheuses. Nous investissons collectivement dans l’éducation et la recherche pour qu’un petit nombre d’entre nous s’attaquent aux questions que nous nous posons sur le monde et qui ont une chance de recevoir au moins un début de réponse.
On pourrait juger que tout ça nous revient trop cher, mais rappelons cette phrase attribuée à tout un tas de gens et qui pourrait bien rester anonyme sans que cela soit gênant : « Si vous trouvez que la connaissance coûte cher, essayez l’ignorance »[1].
L’ignorance, on la croise tous les jours, décomplexée, voire fière d’elle-même dans les propos de comptoir, dans les théories du complot, dans les croyances qui persistent en dépit des preuves, dans des comportements qui défient le ridicule, et qui nous mettent tous en danger quand le contexte est, par exemple, une pandémie mondiale, un changement climatique rapide, une crise de la biodiversité et autres joyeusetés.
Ce préambule me permet d’insister sur l’importance de la circulation des connaissances que la société réussit à produire. L’essentiel des recherches est financé par des fonds publics, et ce bien commun, ce patrimoine de l’humanité est capté par un système hérité du 19e siècle qui bloque l’accès des publications aux citoyens qui les financent, et même aux chercheurs qui les écrivent ou qui en ont besoin pour faire avancer leurs travaux, à moins qu’ils ne s’acquittent d’une rançon envers les éditeurs qui capitalisent sur l’accès à des connaissances sur lesquelles ils n’ont, en réalité, aucun droit.
L’un des principes fondamentaux de la science, à côté du « scepticisme a priori sur les faits », est le libre accès aux résultats et aux protocoles. On en est loin. Le monde de la recherche doit se hisser à la hauteur des exigences de son éthique. Bien des obstacles se dressent entre le citoyen lambda et la compréhension pleine et entière des connaissances contemporaines. Lever ces obstacles est l’objet d’une démarche appelée Science Ouverte, et nous allons voir pourquoi elle est importante avec notre invité, enseignant chercheur en physique, directeur du Laboratoire Matériaux Optiques, Photonique & Systèmes, et surtout chargé de mission « Science Ouverte » de l’Université de Lorraine : Nicolas Fressengeas.
[1] Une phrase quasi-identique « Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayer l’ignorance » est attribuée à… Abraham Lincoln ou à Derek Bok ou à Ann Landers ou à Char Meyers ou à Robert Orben ou à John Lubbock ou à P. B. de La Bruère ou au Rev. S. C. Morris ou à Charles Duncan Mclver ou à Albert Einstein ou à Robert Orben ou à Barack Obama…
https://menace-theoriste.fr/wp-content/uploads/2020/12/95_MINIATURE_TenL_1920x1080_partenaires.jpg405720Acermendaxhttps://menace-theoriste.fr/wp-content/uploads/2015/08/menace_theo2-300x145.pngAcermendax2020-12-11 17:21:302020-12-11 17:21:31Open Science : A qui les données de la science appartiennent-elles ?
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