Editorial
L’histoire est écrite par les vainqueurs. Il faut donc se méfier de ce que nos prédécesseurs tenaient pour vrai. Ils peuvent s’être racontés des histoires à eux-mêmes, des histoires où ils se donnent le beau rôle, où sont mises en avant des valeurs qui sont peut-être davantage celles des chroniqueurs que des protagonistes des évènements. Il faut donc remettre en question les grands récits sur nos origines : la suprématie de l’homme blanc, de l’Européen, le mythe aryen, ou encore le roman national sont plus affaire d’interprétation que de faits. Mais certaines personnes veulent y croire et perpétrer un point de vue auquel elles s’identifient. Elles voudraient que leur version de l’histoire, romanesque et ethnocentrée continue d’être enseignée et d’avoir le rôle de mètre étalon.
À l’inverse il existe des courants de pensée selon lesquels tous les consensus actuels sont faux, tout est mensonge, tout est complot, tout est secret, et tout doit donc être dénoncé, déconstruit : les premiers pas de l’Homme sur la Lune, la mort de Kennedy, les chambres à gaz, les attentats terroristes sont ainsi niés ou travestis à travers des théories pseudo-historiques qui font la part belle aux sociétés secrètes, aux extraterrestres et à des plans machiavéliques orchestrés par des génies du mal. Car si les Récentistes ont raison, par exemple, alors une organisation secrète (probablement liée à l’église catholique) a inventé le Moyen Age de toute pièce : huit siècles ont été injectés dans la chronologie de l’Europe et du monde sans que personne ne s’en soit aperçu. Il y a des gens pour croire cela, pour y trouver de la cohérence, pour y voir une meilleure explication à l’état du monde que celle donnée par le consensus des savants.
Et ce soir, nous allons évoquer certaines de ces théories, avec l’histoire de France telle qu’on la racontait à l’école il y a encore quelques années pour révéler aux élèves leurs origines… gauloises.
Nous verrons également les théories alternatives construites par les archéomanes (qui pratiquent l’archéologie de manière non scientifique) qui n’acceptent pas l’idée que les Pyramides d’Égypte ou d’Amérique, ou les statue Moai, ou bien d’autres édifices impressionnants du passé aient pu être l’œuvre de civilisations qui n’avaient pas notre raffinement évidemment supérieur d’Hommes du 21ème siècle.
Enfin nous évoquerons l’histoire plus récente, toujours un peu plus délicate à regarder en face, sujette à controverses et à influences. Et nous nous demanderons comment fonctionne l’Histoire, qui est une discipline scientifique, et qui à ce titre doit produire des modèles explicatifs du passé. Pour quelle raison devons-nous ou ne devons-nous pas faire confiance aux historiens d’aujourd’hui ?
Et pour en parler, nous recevons Dari Beliakhov, enseignant en histoire, diplômé en histoire et archéologie, chroniqueur et locataire de la chaine YouTube “Temps Mort”
Quelques références
- Sur les “historiens de garde” http://www.leshistoriensdegarde.fr/
- http://book-e-book.com/e-books/117-les-idees-recues-de-la-prehistoire-9782372460002.html
Livres :
- Les pyramides de Bosnie. Faut-il réécrire l’histoire des civilisations ?, par IRNA, 2014 (ISBN 978-2-915312-94-2) book-e-book, collec. Une chandelle dans les ténèbres.










