Archive pour la catégorie : La Tronche en Biais

La chaîne aborde sur un ton décalé dans la forme mais sérieux sur le fond les raisons qui font que notre lecture du monde est souvent bancale.

Enregistré le 1er  mars 2017 – Invité  Jean-Michel Abrassart.

 

Editorial

Nous croyons tous un tas de choses impossibles.

Nous croyons en l’immortalité de l’âme ou à l’origine extraterrestre des ovnis. Nous croyons à la chance, au destin. Nous croyons aux qualités que nous prêtent nos amis, parfois aux défauts que les moins sympathiques nous attribuent. Nous croyons au pouvoir de l’esprit sur la matière, ou bien aux promesses électorales. Nous croyons aux vertus de la chimiothérapie ou à celles du reiki. Nous croyons l’AFP ou les médias de ré-information. Nous croyons comprendre le monde un peu mieux que ce dont nous sommes capables en réalité. En fait nous ne croyons pas tous les mêmes choses, et vous doutez certainement d’une partie de ce que je viens de lister.

Il y a des choses incroyables. Et pourtant d’autres que nous y croient. Pourquoi y croient-ils ? C’est une bonne question. Mais commençons par élucider le mystère de nos propres croyances respectives. Et pour cela ayons l’humilité de nous souvenir que notre ignorance jette une ombre immense sur l’univers, et que nos explications sur les phénomènes naturels sont souvent incomplètes, partielles, voire fausses. Le monde est infiniment complexe, et nous sommes limités. Nos meilleurs moyens d’investigation sont pour l’heure impuissants à résoudre certaines énigmes. Nous ne possédons pas les outils technologiques et / ou conceptuels pour explorer tous les processus.

On utilise la notion de « paranormal » pour rassembler une gamme de phénomènes réels ou supposés que la méthode scientifique n’aurait –dit-on– pas encore su expliquer. Le paranormal, c’est en quelque sorte ce que la science ne sait pas expliquer aujourd’hui.

Inexpliqué ne veut pas dire inexplicable. Bien téméraire est celui qui prétendrait que tel ou tel phénomène est condamné à échapper éternellement au pouvoir explicatif de la science. Par le passé l’épilepsie et de nombreuses maladies mentales échappaient à toute explication rationnelle. Elles relevaient du paranormal, voire du surnaturel : des entités semi-divines étaient tenues pour responsables de ces événements.

Les vagues scélérates ou les expériences de mort imminente font partie de ces choses dont l’existence fut d’abord remise en question, puis qui défièrent la science avant de trouver des explications toujours plus détaillées et complètes.

Tout phénomène dont l’humain fait l’expérience peut faire l’objet d’un travail scientifique, car pour paraphraser Terence : rien de ce qui est humain n’est étranger à la démarche empirique. On peut enquêter efficacement sur les phénomènes supposés paranormaux. On peut trouver une explication aux témoignages sur les ovnis, les fantômes, les soins énergétiques et autres étrangetés, et bien souvent sans entacher l’honneur des témoins qui sont de bonne foi et rapportent une observation subjective qu’il faut savoir remettre dans son contexte pour lui donner du sens.

Mais tout ce que nous venons de dire est terriblement frustrant, car ce que vous voulez, cher spectateurs, c’est une preuve de l’existence des Petits Gris, de l’authenticité des lettres Ummites, une réponse définitive sur l’Atlantide et sur l’au-delà. Le genre de réponse abondamment fournies dans les livres qui achalandent le rayon Esotérisme les librairies, dont regorgent les sites internet dédiés au paranormal, le genre de réponse dont sont prolixes des centaines d’experts autoproclamés qui ont toujours un petit quelque chose à vous vendre.

Ce soir, nous serons un peu plus exigeants que cela avec notre invité, Jean-Michel Abrassart. Il est l’animateur du podcast Scepticisme Scientifique. Il est aussi docteur en psychologie, sa thèse portait sur « Le modèle sociopsychologique du phénomène OVNI », et il a récemment publié un livre « 60 questions étonnantes sur le paranormal ».

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Sur le même sujet :

Enregistré le 1er  février 2017.

 

Editorial

 

Nous sommes en 2017. Le Président des États-Unis bafoue les règles internationales et de la morale en voulant bannir les musulmans du sol américain. Au Québec il y a quelques jours, une tuerie a eu lieu dans un centre islamique. Bien sûr, personne n’a oublié non plus les attentats sanglants revendiqués au nom de l’Islam en France et ailleurs depuis plus de quinze ans.

Ça n’est Pas La Joie !

Nous sommes en 2017, en France, et quand nous annonçons le sujet de cette émission, nous constatons sur les réseaux des réactions étonnantes  « quel courage ! » nous dit-on. Ou encore « on vous aimait bien », signe d’une connexion directe, dans nos esprits, entre Islam et violence, entre religion, intégrisme et terrorisme. Autant vous le dire tout net : ce n’est pas le sujet de ce soir.

Nous ne nous sentons pas menacés par l’Islam, nous savons que les musulmans autour de nous ne sont statistiquement pas plus violents que les autres. Nous savons aussi que les premières victimes du fondamentalisme islamique… sont des musulmanes et des musulmans. Nous n’accordons guère de crédit aux thèses du choc des civilisations, et nous ne sommes pas ici pour militer ou combattre qui que ce soit. Nous allons essayer de comprendre un peu ce qu’il y a de spécifique ou au contraire de banal dans les relations entre la science (au sens de démarche scientifique, de processus de production de connaissances) et les autorités intellectuelles du « monde musulman » avec des guillemets.

La science et l’islam au XXIe siècle. Pas l’Occident contre l’Orient. Pas la science contre l’islam. Non : la science et l’islam, de nos jours. Mais même ce sujet soulève des difficultés et se voit opposer des objections classiques. Nous ne parlons pas arabe. Or il faudrait connaître l’arabe pour pouvoir parler de l’islam. Toute traduction serait par définition fausse, fautive et biaisée, et donc toute critique de notre part serait nécessairement infondée : nous serions d’emblée disqualifiés.

Cette critique n’est pas valable. Jamais ou presque nous n’entendons des objections de ce genre au sujet des autres textes religieux, pourtant eux aussi traduits maintes et maintes fois. Personne ne nous enjoint de lire les encycliques papales en latin sous peine d’être incapable d’en rien dire. Qui estime qu’il nous est impossible de comprendre la pensée de certaines philosophes grecs qui ne nous sont connus qu’au travers de textes… arabes ? L’argument des biais de traduction est un écran de fumée qui vise à éteindre la critique. Il s’accompagne souvent d’une accusation d’ethnocentrisme, de biais colonial, voire d’épistémicide (le monde occidental chercherait à tuer les sciences venues d’ailleurs).

Il est impossible de nier que certaines idéologies cherchent à invisibiliser les apports scientifiques venus de loin. Nous devons redire que l’écriture, les mathématiques, l’astronomie, la médecine doivent énormément au monde non occidental. Nos chiffres arabes sont indiens ! Arabes en revanche sont les noms de la majorité de nos étoiles. Mais nous sommes au 21è siècle, nous disposons d’une démarche scientifique qui tend à l’universalité, à l’objectivité maximale. La « science » n’est occidentale que par les contingences de l’histoire. Elle n’appartient à aucun peuple en particulier. Or, cette démarche scientifique universelle n’arrange pas tout le monde ; on le voit avec les pseudosciences, avec les médecines parallèles, mais aussi avec de nombreuses formes de fondamentalisme religieux. Nous nous questionnerons ce soir sur les rapports qu’entretiennent avec la science des intellectuels qui se réclament de l’Islam et qui ont une forte influence sur la manière dont les gens se représentent ces deux entités.

Et pour en parler mieux que nous, Alexandre Moatti s’est déplacé à Nancy. Auteur de plusieurs livres de critique de la science, il est notamment celui du livre intitulé « Islam et science, antagonismes contemporains ».

 

Enregistré le 4 janvier 2017.

 

Editorial

 

Beaucoup parmi vous, certainement, dans leur plus tendre enfance, se sont vu complimentés – ou critiqués – pour leur intelligence plutôt “littéraire” ou plutôt “mathématique”, à un âge où les bonnes notes suffisent à ravir petits et grands, un âge où l’on ne s’inquiète pas encore pour son avenir.

Sans doute que par la suite, cela s’est corsé et légèrement latéralisé : On vous conseillait de mieux travailler les matières scientifiques pour partir en S parce que, c’est bien connu, un bac S vaut mieux qu’un bac L (cette filière de fainéant). Il se trouve qu’avec un bac scientifique, on a accès à tout ce qu’offre un bac littéraire alors que l’inverse n’est pas vrai, n’est ce pas ?

Le message est clair : les filières scientifiques dites “dure”, filles légitimes du baccalauréat scientifique, valent mieux que les filières sociales, celles des sciences humaines, enfantes du baccalauréat Littéraire. D’ailleurs, si les unes sont qualifiées de “dures”, c’est bien en opposition aux autres qui, en comparaison, ((doivent bien être…)))sont “molles”.

Le terme “dure” est d’ailleurs facultatif. On parle de “sciences” tout court parce que ce sont bel et bien les sciences “humaines” qui sont les variations ((mineures)) d’un matériaux noble et originel.

A partir de là, on peut concevoir la facilité relativiste avec laquelle on considère les découvertes des sciences humaines. Au fond : que savent ils ces sociologues qui prétendent qu’une petite fessée ne fait pas de bien à l’éducation ? Et ces psychologues, comment peuvent-ils prétendre savoir ce qui se trame dans notre tête ? Que dire de ces musicologues qui prétendent avoir des choses à dire sur le génie d’un Beethoven ? Peut on vraiment faire confiance aux économistes ? In fine, ne faudrait il pas tout simplement supprimer les sciences humaines, si ce sont des découvertes au rabais qui sont plus de l’ordre de la masturbation analytique que de la véritable recherche ?

Pourtant on reconnait des découvertes des sciences humaines ! On juge avec beaucoup de dureté ceux qui nient l’Histoire et on admet sans trop de peine les conclusions des archéologues.

Si les sciences souvent qualifiées de dures s’opposent si frontalement à leurs sororales semblables, les nonchalantes sciences humaines, molles ou que sais-je, c’est forcément signe qu’il y a sujet à discussion sur ci et sur ça. Sans quoi nous ne serions pas ici siégeant séant chacun les uns face aux autres à spéculer sur le sens de ces riches et sinueux champs de recherche et je ne serais pas plus en train de soliloquer non sans moultes crachats et souffrance mon éditorial de qualité supérieure 76,667% pur allitérations qui, chantant sort donc sans surprise de l’esprit tortionnaire du seul suspect et responsable possible : mon complice, ce salaud chétif sadique et revanchard sans scrupule de Vled Tapas.

Alors pour des raisons évidentes de méthode, posons comme autant de jalons les questions qui nous intéresseront ce soir afin d’éviter les débordements propres aux sujets si vastes. Qu’est ce qu’une science ? A partir de là, qu’est ce qu’une science humaine ? Pourquoi une science humaine ne pourrait pas être une science tout court ? Est-ce que le précédent paragraphe avait pour but avoué de torturer le présent lecteur, responsable patenté de la prose qui tourmente habituellement Vled ?

Pour répondre à tout cela, nous recevons Charlotte, des langues de Cha et Manon, de C’est une Autre Histoire.

Enregistré le 21 décembre 2016

 

Editorial

À vous aussi, on a sûrement raconté l’histoire de cet homme opulent, à la barbe fleurie et au rire débonnaire, cet homme du pôle Nord altruiste comme nul autre, qui passe toute l’année à confectionner les jouets qu’il distribue lui-même à tous les enfants sages du monde. Avec une célérité inexplicable, sur un traineau volant tiré par des rennes, ce personnage visite les maisons, se glisse dans les cheminées et dépose les cadeaux à la faveur de la nuit.

Veuillez, s’il vous plait, éloigner les enfants de votre poste. Il ne nous appartient pas de briser le charme innocent des fausses croyances que vous leur avez inculquées afin d’éprouver égoïstement la nostalgie d’une illusion perdue sur la magie de ce monde. Nous ne jugerons pas la facilité avec laquelle vous leur mentez – pour leur bien dirons-nous – et les habituez à croire des histoires farfelues. Vous êtes par ailleurs fortement encouragés à prendre ces déclarations au second degré.

Mesdames et messieurs, beaucoup ont cru à cette histoire de Père Noël. Les membres de notre équipe ont cru à cette histoire !

Mais désormais, et bien malgré eux, ils n’y croient plus. Ils ont abandonné cette croyance, non pas après avoir reçu une preuve de la non existence des rennes volants ou une image satellite de la Laponie démontrant l’absence de chaumière peuplée d’elfes. On sait aujourd’hui, grâce à des calculs savants, que la distribution des cadeaux par un seul et même personnage au cours d’une seule nuit nécessiterait que le traineau se déplace à une vitesse approchant celle de la lumière avec des frottements contre l’air et des accélérations qui réduiraient en purée d’atomes n’importe quel homme opulent à la barbe fleurie, tout débonnaire fut-il. Aucun d’entre nous n’a obtenu les preuves irréfutables que les cadeaux déposés sous le sapin, étrangement semblables à ceux contemplés dans le catalogue du supermarché trois semaines plus tôt, n’avaient pas pour origine un atelier d’elfes juché au milieu du cercle arctique. Nous avons cessé de croire pour diverses raisons, bien souvent parce que nos parents nous y ont autorisés, en nous révélant la vérité.

Sauf s’ils nous ont menti bien sûr. Et comme on sait que les parents peuvent mentir à leur progéniture, alors on n’est plus sûr de rien. Et nous voilà bien embêtés. Comment savoir ce qu’il est raisonnable d’accepter pour vrai. Doit-on croire seulement ce que nous voyons, tel Saint Thomas ? Est-ce raisonnable d’évoquer Saint Thomas si on ne l’a pas vu ? Les rat-taupe nus existent-ils si je n’en ai jamais croisé en vrai ? Le Moyen-âge a-t-il vraiment eu lieu ? Mystère et boule de gomme. Si ça se trouve on ne saura jamais.

Et de fait, la certitude absolue ne fait pas partie de ce que nous sommes autorisés à attendre raisonnablement. Il nous reste donc à faire de notre mieux avec ce dont nous disposons, à juger prudemment de la véracité des idées qu’on nous propose. Et ce qui est valable pour l’existence du Père Noël l’est également pour un tas d’autres personnages historiques dont on ne nous a jamais dit qu’ils pouvaient ne jamais avoir existé… et dont on a donc toujours cru que l’existence était certaine.

Et pour parler de ces sujets sensibles, je reçois Mendax… parce que personne d’autre n’a eu envie de se mouiller dans cet épisode de Noël.

Regarder l’émission.

Quelques réflexions supplémentaires sur Le Père Noël et la thèse du Jésus mythique dans un article à consulter ici.

Enregistré le 16 novembre 2016
Invités : Jidé (Cardiologue de la chaîne Ascl&pios) Pauline (Ingénieur agronome, Dr en immunologie, sa chaîne : Un peu pointu) et Ronan (vaccinologue).

 

Editorial

Prenez un être humain en bonne santé et contre qui vous n’avez aucun grief. Injectez-lui dans les veines une préparation pharmaceutique contenant des morceaux de pathogènes et des produits chimiques toxiques à haute dose qui vont affoler son corps et le forcer à se défendre.
Mais qui a bien pu pondre une idée pareille ? N’est-ce pas absurde au plus haut point que d’injecter des choses comme ça à des gens qui ne sont pas malades ; et dès le berceau ? Il faut bien que certains y trouvent leur intérêt !

On peut difficilement imaginer une pratique plus contre-intuitive, plus dérangeante que celle-là. Personne n’a envie de jouer avec la santé de ses proches, en particulier de ses enfants. Il est tout à fait normal pour un parent d’être attentif et prudent vis-a-vis des soins que son enfant reçoit. Et on entend des affaires de scandale, des histoires glaçantes liées à la cupidité des industriels qui méprisent les risques qu’ils font courir à tout le monde. Et on a peur.

On a peur car on ne veut pas que la santé soit un marché financier comme un autre, que l’argent règne partout et que, finalement, la vie et la mort soient une question de prix. On a peur car on sait qu’en tant que pays, nous, Français nous consommons trop de médicaments. Et si le mot trop a du sens alors on devrait en consommer moins, à commencer par ceux qu’on nous donne alors que nous ne sommes même pas malades ! On a peur car il est difficile de comprendre la balance bénéfice / risque qui va dépendre de beaucoup de paramètres et qui détermine le choix des professionnels de la santé dans les conseils qu’ils nous donnent.

Et puis on a peur car on nous dit d’avoir peur. On nous dit que les vaccins causent l’autisme ou la sclérose en plaque ; et ça fait la une des journaux. On oublie facilement que ces résultats ont été réfutés, notamment parce que ça ne se retrouve pas à la une des journaux ! On a peur parce que notre confiance dans la médecine s’est érodée, parce que notre vision de la science est désenchantée. L’an 2000 est passé, et nos vies sont toujours au moins un peu merdiques. Ça ne ressemble pas au futur qu’on nous avait décrit. On se sent un peu trahi.

Tout ça pour dire que le scepticisme vis-a-vis des vaccins est compréhensible. Se demander si un médicament est vraiment utile, s’il est vraiment sûr, ce n’est pas insensé. Les parents inquiets ne le sont pas sans raison même si elles sont mauvaises. Et puis vous avez les antivax, et c’est une autre catégorie. Ceux-là ne doutent pas, ils sont sûrs de leur combat, de leur idéologie. Et leur prosélytisme agressif prêche un anathème définitif : les vaccins sont une invention dangereuse

Et pourtant les faits leur donnent tort, constamment. Les vaccins ont sauvé des millions de vie, ont épargné à d’autres les séquelles d’affections graves. Nous serions moins nombreux ce soir dans cette émission sans les vaccins sur lesquels nous allons tenter de dire des choses vraies, intéressantes et utiles avec trois invités, professionnels de la santé qui déclarent n’avoir aucun conflit d‘intérêt avec l’industrie médicale.

Regarder l’émission.

Invité : Didier Pachoud.

Président du GEMPPI.

Emission enregistrée à Nancy le 2 novembre 2016.

Editorial

Nul ne voudrait être décrit comme une personne sectaire. Le mot « secte » fait peur ou fait rire, il a rejoint tout entier le registre de l’injure et de l’imprécation. Le sectaire, c’est toujours l’autre, celui qui refuse de changer d’avis, celui qui refuse d’être d’accord avec moi. Le sectaire, c’est toujours le méchant de l’histoire.

Sauf que les sectes, ça existe, et donc ça n’arrive pas qu’aux autres. Derrière les caricatures rassurantes où le grotesque des gourous et la stupidité des adorateurs nous permettent de nous convaincre, chacun de nous, que jamais nous ne tomberions dans un piège aussi grossier, il y a une réalité toute simple : les gens qui tombent dans des sectes ne savent pas qu’elles tombent dans des sectes.

Les victimes de ces mouvements ne sont pas plus bêtes ou moins instruites que les autres. Croire le contraire nous arrangerait bien, cela nous donnerait le sentiment que ce qui se produit dans le monde n’arrive pas sans raison. L’exercice de la pensée critique nous force à nous débarrasser de ce genre de préjugé.

Une secte, c’est dangereux, parce que ça ne ressemble pas à une secte. Les méchants manipulateurs, ils sont certes manipulateurs et ils sont sans doute méchants, mais quand ils le sont, eh bien c’est parce qu’ils le sont qu’on leur accorderait le bon Dieu sans confession. Ceux qui ont l’air d’être des aigrefins, des pervers et des filous, ceux-là sont bien moins efficaces dans leurs méfaits. Ce sont les autres, les plus séduisants, les plus affables qui peuvent faire de grands dégâts.

Quand on dit secte, on pense à gourou et on pense sans doute à Raël et à son cortège d’élucubrations soucoupiste et de messages venus des étoiles. On se dit qu’il faut y aller, quand même, pour avaler des histoires pareilles. Il ne nous vient pas forcément à l’esprit que la porte d’entrée dans des mouvements sectaire n’est pas toujours frappée du sceau du paranormal, du spirituel ou de l’irrationnel, en tout cas au premier abord.

À côté du saugrenu et du loufoque, les sectes qui réussissent sont celles qui font croire qu’elles peuvent aider les individus à aller mieux, à se débarrasser d’un mal-être, d’une angoisse, elles répondent à des besoins qui n’ont rien de ridicule !

Le bien-être, les médecines douces, la pseudo-diététique et toutes les pratiques liées au ressenti de la personne dans son corps et dans sa vie… sont un nid de propos creux mais rassurants, de pratiques et de soins inefficaces mais engageants, et on est souvent bien loin de la magie, des esprits ou des discours religieux, car les sectes s’habillent désormais de scientificité. À travers l’usage d’un jargon impressionnant, une usurpation des codes de la communication scientifique et un recyclage des concepts habituels autour de l’antagonisme entre un monde externe brutal, agressif et l’environnement du groupe jugé épanouissant et protecteur, les sectes d’aujourd’hui passent parfois inaperçues. Mais leurs conséquences sont réelles, et parfois irréparables.

La plus célèbre affiche sa stratégie dans son nom même : la scientologie. Et on entre en scientologie comme on entre en thérapie, pour se débarrasser de ce qui nous aliène, des mauvaises influences, et s’émanciper sur un chemin de vérité. Ironie des ironies, les victimes courent tout droit vers les dangers qu’elles veulent fuir.

Nous recevons ce soir Didier Pachoud du GEMPPI, le Groupe d’Etude sur les Mouvements de Pensée en vue de la Protection des Individus, pour comprendre mieux la mécanique des sectes, les vrais dangers, les solutions qui existent actuellement, pour qu’il nous aide à nous débarrasser des idées reçues sur ces sujets.

Nous intervenons en conférence à diverses occasions. Et c’est toujours un plaisir de travailler en public ! Toutes n’ont pas été enregistrées, mais voici de quoi vous donner un aperçu.

Néocast 2015

La première représentation de Vled & Mendax s’est faite en 2015 lors de la Néocast. C’était l’occasion de faire quelques expériences visuelles avec le public et de se rendre compte que notre cerveau n’a pas accès à grand chose de son environnement.

Geekopolis 2015

Intitulée Le Côté Obscur du Cerveau », pour répondre au thème du salon, cette présentation reprend le décalage entre réalité et perception déjà présenté ci-dessus.

 

Convention Nota Bene 2015 : Le Scepticisme dans l’Histoire.

Intervention d’Acermendax dans l’enceinte de la forteresse de Montbazon pour évoquer la longue et épineuse histoire du scepticisme, cette pensée qui dissous les certitudes sur son passage.

 

Videocity 2015

Grand salon du « Youtube-Game », Videocity c’est les vidéastes du Net sous l’angle de Youtube et sous le prisme des gens de la Télé. Autant dire que nous n’étions pas vraiment dans notre monde. Néanmoins, aller à la rencontre du public là où il est fait entièrement partie du travail.

 

La Conjuration Open Source #1 – Le Créationnisme

La veille de Vulgarizators, nous avons voulu organiser une petite rencontre avec des collègues sceptiques / zététiciens. Et avec ces gens les choses s’énchaînent très vite. En quelques échanges sur skype, nous sommes passés d’une discussion derrière un verre à un format vidéo enregistré en public. Organisé un peu à l’arrache, ce format nous donne envie de reproduire l’expérience… un de ces jours.

Vulgarizators 2015

Une soirée parfaite, à l’ENS de Lyon avec une belle brochette de collègues talentueux. Notre meilleure prestation de l’année !

 

« Le doute et l’erreur en sciences »

Notre première visite de Nice était un événement : la rencontre avec le papa de la zététique française, Henri Broch. Une jolie table ronde dans un bel amphithéâtre presque plein. Des choses comme ça, on veut en faire tout le temps.

 

Le Moyen-âge a-t-il réellement existé ?»

Convention Nota Bene. Le Moyen-Âge a-t-il existé (le Récentisme) ? 23 juillet 2016 à Montbazon lors du weekend des abonnés de Nota Bene

 

Invités : Stéphane Debove.

Président du Café des Sciences et auteur de la chaîne La Main Baladeuse et du blog Homo fabulus.

Emission enregistrée le 12 juillet 2016.

Editorial

Chers auditeurs, chers abonnés vous êtes des gens bien. La plupart d’entre vous n’ont jamais tué personne, ni même sérieusement songé à le faire. Vous n’avez sans doute jamais tué ni maltraité aucun mammifère de votre vie. L’image d’un être humain qui souffre, ou l’histoire d’un être torturé vous inspire tristesse, dégoût ou colère. Vous êtes des êtres moraux.

Vous êtes des animaux plus moraux que les autres en plus. Vous êtes plus sensibles aux injustices que nos amies les bêtes. Votre empathie est aussi plus prononcée. Ça veut dire qu’Homo sapiens n’est pas condamné à être une espèce d’enfoirés qui bouffent la planète. Bonne nouvelle, non ?

Non seulement vous êtes moraux, mais en plus, votre moralité est une chose extrêmement importante pour vous. Chacun d’entre vous s’estime sûrement plus moral que la moyenne. C’est scientifiquement prouvé. On a même prouvé que les détenus des prisons américaines s’estiment eux-mêmes plus moraux que la moyenne. C’est dire ! A croire qu’il nous est quasiment impossible de ne pas nous considérer nous-mêmes comme de bonnes références en matière de bien et de mal. Essayez donc chez vous, pour voir, s’il vous est facile de vous débarrasser de votre jugement moral pour accepter celui d’autrui. Vous trouverez sans doute la tâche bien plus dure que celle consistant à abandonner votre avis sur tout un tas d’autres choses. Comment cela se fait-il ?

Pourquoi notre sens de la morale nous est-il à ce point chevillé au corps ? Et puis pourquoi la morale déteint-elle sur tout ? Pourquoi la moindre polémique scientifique, politique, le moindre désaccord de voisinage retentit-il, invariablement, d’allégations d’ordre moral ? Les Homo sapiens mettent de la morale partout, constamment ils jugent du bien et du mal, et se placent toujours dans la première catégorie. Quand appel à l’autorité il y a, que ce soit la majorité, la tradition, Dieu ou la Nature, c’est toujours une autorité morale, et la morale de cette autorité est toujours parfaitement alignée avec celle de l’individu qui parle. Comment se fait-ce ?

Pourquoi agissons-nous ainsi si naturellement ? Pourquoi, si le darwinisme est vrai, ne sommes-nous pas des individus égoïstes luttant à chaque instant contre tous afin d’obtenir domination, contrôle des ressources, et meilleur succès reproductif ? Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans l‘histoire de notre espèce pour que nous ayons ces comportements bizarrement altruistes, ce sens de l’équité hypersensible, ce dégoût pour l’injustice et cet élan d’entraide devant quelqu’un qui souffre ou se trouve en danger ?

Quelle est l’origine de notre moralité ? Une question que nous poserons à notre invité, Stéphane Debove, docteur en psychologie dont la thèse portait justement sur le sujet.

 

Notre équipe a pu avoir accès aux locaux et au temps disponible de plusieurs chercheurs de l’Infrastructure Climeri-France, c’était sur le campus de l’université Pierre & Marie Curie. Nous voulions savoir comment travaillent les climatologues, comment ils construisent puis testent leurs modèles et ce qu’ils ont à répondre aux climatosceptiques (qu’on devrait sans doute appeler des climato-négationistes puisqu’ils nient les résultats d’un consensus scientifique).

Le résultat de cette opportunité, c’est une vidéo réalisée dans le cadre de la Fête de la Science qu’accompagnent les 3 entretiens complets, afin que vous ayez accès aux propos entiers des chercheurs plutôt qu’aux seuls morceaux choisis pour la réalisation du film.

La Terre, le climat et Homo sapiens

Les trois entretiens complets

 

 

 

Pour aller plus loin…

La chaîne Youtube du Réveilleur se penche sur le sujet du réchauffement climatique.

 

Un jugement moral qui ne dit pas son nom.

Proche parent de l’essentialisme, l’appel à la nature consiste à convoquer la nature pour justifier un jugement moral que l’on ne sait pas trop comment justifier autrement (c’est-à-dire rationnellement). L’appel à la nature peut bien sûr servir à expliquer des jugements tout à faits respectables, voire juste : l’eau de source est assurément une boisson saine, qui n’offre pas les désagrément d’autres breuvages sucrés ou alcoolisés… Mais on sait bien que les sophismes servent parfois à défendre des idées justes, ce qui ne rend pas les idées fausses, mais ne rend pas le sophisme correct.

Septième épisode.

Argument omniprésent et terriblement tentant, l’appel à la nature est à bannir des débats d’idée pour la simple raison que personne n’a le monopole de la « Nature » ni aucune définition vraiment opérationnelle ; c’est un mot fourre-tout, véritable auberge espagnole où chacun trouve ce qu’il y apporte. Chers amis, cessons d’invoquer la nature pour débattre du bien et du mal, trouvons d’autres manière d’évaluer les mérites des idées des uns et des autres.

 

Pour soutenir la poursuite de notre projet, visitez notre page Tipeee : https://www.tipeee.com/la-tronche-en-biais

 

 

 

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