La chaîne aborde sur un ton décalé dans la forme mais sérieux sur le fond les raisons qui font que notre lecture du monde est souvent bancale.

Bruno Charvet est un médium qui propose des séances de contact avec les morts, notamment en vidéo sur YouTube sur une chaîne qui s’appelle « Bruno, Un Nouveau message ».

On a montré récemment (un travail réalisé avec Clément Freze, Bastien, Victor, Max) que Bruno pouvait sans le moindre problème voir, entendre et transmettre des messages d’une femme morte mais malheureusement totalement inventée par la personne qui le consultait. Cela devrait, je pense, poser problème à tous ceux qui veulent le croire. Pour bien comprendre l’ensemble de l’affaire, je vous renvoie vers 3 vidéos réalisée par Clément Freze, et une quatrième faite par Max Est Là. Les liens sont en bas de l’article.

Après cet échec publié en vidéo, Bruno et son équipe ont réagi en « toute transparence » en effaçant ladite vidéo, en supprimant tous les commentaires négatifs qui y font allusion, en bloquant les personnes non convaincues. Tout ça est un indicateur du niveau de confiance qu’on doit leur accorder. Et puis ils ont publié sur leurs pages un message à l’adresse de leurs abonnés. Je souhaite y apporter une réponse, également destinée à ces abonnés. Aussi je vous serai reconnaissant de leur faire connaître l’existence de ce petit vlog.

Je vais rappeler un principe fondamental de notre démarche : pour penser moins mal nous devons respecter les individus, nous devons questionner les idées, nous devons ausculter les arguments (Cf ce que j’ai appelé la Triade zététique)

Je vais lire le message de Bruno en faisant des pauses pour commenter et expliquer ce qui me gène. Sur Twitter, j’ai proposé à Bruno de venir sur notre chaîne pour avoir un échange cordial au cours duquel il pourrait nous expliquer comment il sait qu’il a raison, pourquoi les critiques des sceptiques seraient injustes, et au final pourquoi il serait raisonnable de lui faire confiance. Je n’ai pas eu de réponse mais je renouvelle mon invitation : Bruno, il vous sera très facile de me joindre sur les réseaux sociaux. Je crois que toutes les conditions sont réunies aujourd’hui pour qu’une discussion entre vous et un sceptique soit utile et pertinente.

Voici le message

« Hello à tous !

Ici l’équipe de Bruno : Un Nouveau Message 🙂

Voilà bientôt 4 ans que la chaîne existe. Quelle chance nous avons eue depuis nos débuts! Le ciel nous a été tout le temps serein, nous n’avons rencontré que respect et bienveillance. C’est grâce à vous tous!

Toutes les personnes qui ont croisé notre chemin, en tournage, en conférence, ou à travers leurs écrans, chacun d’entre vous, nous vous remercions pour toute la chaleur humaine échangée et ces magnifiques moments partagés.

Mais d’un autre côté, nous savions, en mettant en avant le don de Bruno, que nous allions nous attirer des critiques sceptiques, voire cyniques. Nous nous attendions à ce que certaines personnes pensent que ce programme est truqué. À présent, des détracteurs arrivent et même si nous y étions préparés depuis longtemps, c’est peut-être le moment de nous adresser plus sérieusement à vous. »

On voit que les producteurs savaient que des critiques se manifesteraient. J’espère qu’ils sont d’accord avec moi pour dire qu’il ne faut pas tout gober, qu’il faut se méfier au moins un peu des gens qui prétendent savoir des choses qui ne sont pas accessibles aux autres, et qu’il est préférable d’avoir de bonnes raisons avant de croire quelque chose. En fait je suis même sûr et certain qu’ils le pensent car toute la chaîne de Bruno sert à ça : mettre le médium dans une situation où il fait une démonstration, où on peut voir qu’effectivement les gens valident les informations qu’il donne. Cette idée de validation est centrale dans les vidéos visibles sur la chaîne, ainsi que dans sa pratique de séances individuelles dont j’ai pu voir une captation réalisée à son insu… Non, je ne vous la diffuserai pas. Mais sincèrement c’est assez édifiant.

Nous avons créé la chaîne pour « montrer » ce qu’est la clairvoyance et la démocratiser. Notre intention est de décomplexer un domaine qui peut être tabou dans notre société. C’est pour cette raison que nous tournons dans la rue : pour transmettre l’idée que tous ces sujets font partie du quotidien.

Nous avons également choisi de rencontrer des personnes de tous les âges et de tous les horizons, « au hasard » si l’on veut, parce que la réalisatrice ne se renseigne jamais sur les personnes qui s’inscrivent sur la chaîne, et Bruno rencontre des personnes dont il ne sait strictement rien. C’est le principe même de la chaîne, son fondement, son ADN.

Ils ne se renseignent jamais sur les personnes qui s’inscrivent. Ils nous le disent et il faut les croire. Dès lors qu’on les croit, alors c’est vrai. Et ça éliminerait la suspicion de Hot reading.

Le HOT READING (lecture à chaud) est une méthode utilisée où le médium se renseigne sur la personne avant la séance et utilise ces informations glanées notamment sur Internet pour en récupérer d’autres pendant la séance et donner l’illusion qu’un processus paranormal est à l’œuvre.)

Mais si on doute, si jamais on estime que le comportement de ces gens est un peu suspect, par exemple : supprimer tous les commentaires critiques sur leurs pages, bannir les gens qui doutent ou qui partagent des liens vers les critiques, ne laisser la place à aucun débat, à aucun moyen pour les abonnés de prendre du recul, traiter les critiques de « groupuscule de gens malveillants »… si on fait la somme de ces comportements et qu’on se demande si c’est identique ou différent du comportement qu’adopteraient des gens malhonnêtes désireux d’empêcher leur public de se poser des questions afin de protéger un business qui comporte des livres, des spectacles, des séances privées à 135€ la demi-heure… Alors je suis désolé mais une simple déclaration de ce genre n’est pas suffisante pour qu’on les croit. Je ne traite pas ces gens d’escrocs, mais je veux insister sur le fait qu’il est troublant de constater que leur méthode ressemble beaucoup à celle qu’emploieraient des escrocs. Ça devraient inquiéter les gens qui veulent y croire. Et s’ils sont honnêtes, ça devrait les alarmer !

Nous avions évoqué nos soupçons sur les méthodes de Bruno dans un Bénéfice du Doute avec Clément Freze.

Certains nous ont déjà confié ne même pas être inscrits sur les réseaux, et pour tout dire, aucun d’entre nous n’accepterait de travailler sur cette chaîne si elle était truquée.

Alors soit : c’est possible. Je ne dis pas que j’y crois, mais il est possible que des membres de l’équipe n’aient pas conscience des méthodes employées par Bruno ou par le montage qui participe lui aussi à l’illusion, simplement par manque de questionnement et de culture scientifique.

Maintenant, vous savez que nos détracteurs nous ont tendu un piège mais à nos yeux, celui-ci ne vaut rien. La méthode, la motivation, l’argumentation ne tiennent pas.

C’est une posture de victimisation attendue. Bruno prétend avoir des talents, son équipe met en place un format dos à dos en réaction aux critiques pour tenter de montrer l’absence de cold reading.

Le COLD READING (lecture à froid) c’est lorsque le médium va à la pêche aux informations en lançant des phrases vagues et en guettant l’assentiment du client.

Exemple : « Je reçois la lettre M, ou bien un prénom qui se finit en ette… Quelque chose en rapport avec la nature, peut-être un jardin. Elle n’avait pas mal dans la poitrine votre maman ?… etc.»

En quelques phrases bien tournées, il peut finir par se rapprocher du portrait robot attendu sans que le client se rende compte que c’est lui qui éteint ou qui allume les différentes pistes explorées par le médium.

Ce nouveau format dos à dos, a même le mot « challenge » dans le titre. Eh bien le challenge a juste été accepté.]

Déjà, si vous cherchez « Bastien Chevallier » sur Facebook ou internet, vous vous apercevez qu’il en existe… beaucoup ! Pour nous, c’est impossible de savoir qui nous sélectionnons. En plus, un abonné a retrouvé après coup le profil, et non seulement Bastien a entre-temps changé de nom, mais aucun statut public n’évoque de Dana… S’agissait-il d’un montage photo ? On ne saura jamais. 

Vous saurez tout de Bastien, de sa démarche et de la photo de Dana le 7 janvier dans un Tronche en Live spécial où nous accueillerons Clément, Victor et Max-est-La.

Mais pour éviter de gober tout cru ce qui vient d’être dit, quelques précisions tout de même : les profils Facebook indiquent souvent la ville de résidence. Ça ne marche pas à chaque fois, mais sur un coup de bol on peut avoir une manne d’informations. Indépendamment tout le reste, dire le contraire là-dessus, c’est vous mentir.

Ensuite, il est évident que si quelqu’un décide de mentir à Bruno et de nous mener en bateau, personne ne pourra l’en empêcher. Bruno n’est pas un détecteur de mensonges. Il ne peut pas se passer de la collaboration de son interlocuteur et transmettre des messages comme une machine.

Prenons un exemple. Si vous vous rendez chez le médecin pour une migraine mais que vous dites avoir mal à la jambe, ce médecin examinera votre jambe. Est-il un escroc, un incompétent? Non, il aura été dupé et le patient repartira bredouille avec sa migraine persistante.

Si l’on tient à cette comparaison : admettons que je vienne avec une migraine chez un médecin en lui disant qu’en fait j’ai mal à ma jambe, normalement le médecin ne va pas me dire qu’il est d’accord avec moi et me trouver une maladie à la jambe. Ce serait grave. Seul un charlatan aurait ce genre de comportement.

Si un petit malin glisse la nuit un vase contrefait sur un chantier et que l’archéologue le découvre le lendemain, dira-t-on que l’archéologue est un charlatan ? Bien sûr que non. Et le pire, c’est que l’archéologie est pleine de ce genre d’histoires. 

Cette dialectique est très intéressante, mais elle donne une fausse image de ce qu’on attend d’un médium. Bruno ne prétend pas qu’il sait détecter le mensonge, mais en revanche il a déjà affirmé être certain de pouvoir communiquer avec les morts, et que cette connexion ne pouvait pas être confondue avec quelque chose d’autre. S’il vous plait, allez vérifier, c’est Bruno lui-même qui le dit, et il est censé savoir ce quoi il retourne.

Dans le dos à dos, si on pense que les talents de Bruno sont réels, l’exercice ne consiste pas pour lui à croire Bastien sur parole comme s’il prétendait avoir la migraine alors que c’est faux, mais à lui transmettre un message d’une défunte que Bruno a bel et bien affirmé qu’il voyait. Bruno n’est pas un médecin ou un archéologue, mais un homme qui dit pouvoir transmettre des messages de l’au delà. C’est dans le titre de la chaîne, sur la quatrième de couverture de son livre. Or, nous avons vu qu’il pouvait inventer ou au minimum halluciner une défunte, et on aimerait bien avoir une explication à cela. Bruno et son équipe n’en fournissent aucune.


NB : Au sujet de l’archéologie, voici la réponse de Dari qui anime la chaîne Temps Mort : « Je me permets mais si un petit malin vient déposer un vase sur un chantier archéo, même enterré, l’archéologue le verra et l’identifiera (grâce à la stratigraphie) comme étant postérieur au site, et largement postérieur grâce à la fosse creusée par le petit malin. L’argument est pauvre et j’aimerais que Bruno ne souille pas notre discipline comme ça. Merci et bisous ! »


Bruno reste un être humain et un être humain résolu à ne pas se méfier des gens, à ne pas polluer son don de médium avec des soupçons et de la suspicion. On peut donc très bien le manipuler.

Notre hypothèse à nous est que Bruno a accès à la conscience, partagée par l’univers entier. Nous vous invitons à vous renseigner sur les travaux scientifiques autour de la conscience, des expériences de mort imminente, de la médiumnité, etc. Les scientifiques sont nombreux à défendre l’idée que notre cerveau est un réceptacle de conscience et non le producteur de celle-ci. Nous partageons ces théories. Nous continuons à nous interroger et petit à petit, des médiums, des scientifiques, mentalistes et des praticiens de tous bords qui nous entourent nous offrent des pistes de réponse. Merci à eux infiniment pour leur soutien.

C’est une très bonne idée d’être curieux, d’avoir des hypothèses et notamment au sujet des expériences de mort imminente. J’ai été curieux moi même et j’ai cherché dans la littérature scientifique ce qui avait été fait sur le sujet. Si Bruno veut discuter avec moi de ces aspects, faisons-le. Je peux même lui envoyer mon livre sur le sujet s’il le souhaite.

Mon point de vue est qu’il vaut mieux appuyer son raisonnement sur des choses connues, même imparfaitement et avec prudence plutôt que sur des choses inconnues ou sortant juste de la bouche de telle ou telle personne. Car les gens peuvent se tromper et parce que deux précautions valent mieux qu’une.

Nous en arrivons à nos détracteurs. Qui critique la chaîne ? Des zététiciens. Quelle est leur pensée ? La zététique se définit comme « l’art du doute », c’est-à-dire qu’elle rejette en bloc tout ce qui n’est pas prouvé par les raisonnements scientifiques les plus rigoureux. Cela veut dire qu’elle bannit de la société des pans entiers de la connaissance et de l’être humain : la psychanalyse, l’hypnothérapie, la naturopathie, le magnétisme, la médiumnité, l’acupuncture, l’homéopathie, l’ostéopathie, etc. etc. Tous ces domaines sont rejetés par la zététique, qui ne laisse aucune place à la spiritualité, puisqu’on n’a pas encore réussi à la disséquer. »

Quand on caricature ainsi ses critiques on commet ce qu’on appelle un homme de paille. Je ne vais pas m’arrêter sur les exemples parce que ça demanderait beaucoup trop de temps, mais notez comme l’exercice du doute est ici traduit en « rejet en bloc ».  Si je résume, la zététique serait un rejet de la spiritualité, et je vais corriger toute de suite : c’est un rejet des affirmations péremptoires sur la spiritualité. C’est une posture de scepticisme vis-à-vis de ceux qui nous disent qu’ils savent des choses en attendant qu’ils puissent nous en convaincre avec de bons arguments ou des preuves.

Ceux qui affirment que la vie après la mort n’existe pas ne font pas de la zététique. Ils ont parfaitement le droit de le penser et de le dire, tout autant que ceux qui affirment l’inverse, mais quand on veut douter on évite ces deux postures là, on suspend son jugement et on reste ouvert aux preuves. Ce qui ne veut pas dire qu’on soit sans opinion.

C’est d’ailleurs pour ça que depuis ses débuts la zététique s’intéresse aux médiums : des gens dont les actions disent en elles-mêmes qu’ils savent quelque chose sur la spiritualité, le surnaturel ou le paranormal. Nous savons bien que certains médiums sont des filous sans aucun pouvoir qui profitent de la crédulité des gens. Personne n’osera le nier, pas même Bruno.

Alors la question est de savoir comment on les repère, comment on évite de se faire avoir. Eh bien la zététique, en tant que méthode, malgré tous ses défauts, répond à ces questions. Et cela dérange beaucoup les arnaqueurs.

Soyons clairs, nous n’affirmons pas que la clairvoyance permet de tout savoir. Il est déjà difficile de comprendre nos propres pensées, nos émotions… Alors oui, bien sûr, un clairvoyant peut se tromper aussi.

Mais la science évolue, et la zététique l’oublie. Elle fige la Science. Avoir une pensée scientifique, c’est accepter de ne pas tout savoir, sinon, à quoi bon chercher ? C’est attendre la prochaine découverte qui nous permettra de mieux comprendre l’univers, les planètes, les espèces vivantes, la conscience. C est espérer l’étonnement. »

Les gens qui aiment et pratiquent la zététique aiment et souvent pratiquent la science. Je ne crois pas que ce soit le cas de Bruno et de son équipe. Merci de me corriger si je me trompe. En zététique on sait bien que la science progresse et que nous avons beaucoup de choses à découvrir. Admettre cela n’entraîne pas qu’on doive croire le premier truc infondé et sympa qu’on croise.

Tous les grands de ce monde ont été décriés avant de voir leurs idées acceptées. La zététique critique, mais ne découvre rien.

Ici on retrouve ce qu’on appelle le Syndrome Galilée, l’idée que les grandes découvertes se feraient toujours contre l’adversité d’un monde intellectuel dogmatique et fermé. C’est une lecture fantasmée et romantique de l’histoire des idées. Non : tous les grands de ce monde n’ont pas galéré avant de faire accepter leurs idées. Meilleur exemple : Einstein a fait accepter ses travaux très rapidement. Et dire que la critique ne contribue pas aux découvertes et à leur validation est aussi une marque d’incompréhension du fonctionnement de la science.

Bref, cette phrase est sans doute un petit mouvement de panique et on le pardonnera volontiers si on peut rencontrer des preuves de bonne foi de la part de Bruno et de son équipe.

Nous n’avons pas la prétention de nous intégrer dans un processus scientifique, loin de là. Nous voulons simplement mettre en valeur des phénomènes qui restent inexpliqués aux yeux de la science, comme bon nombre de choses dans ce monde. Les sceptiques essaient juste de réduire cette part d’inexplicable à quelque chose de connu comme le mentalisme, et c’est un défaut profond de leur raisonnement. 

Je ne sais pas s’il s’agit d’incompréhension de leur part ou d’une tentative de manipulation, parce qu’en réalité ce que nous disons est très simple : Si l’on peut reproduire exactement les mêmes exploits, les mêmes types de révélation qu’un médium sans avoir recours à une capacité paranormale : alors cela indique que l’hypothèse de l’existence de ce don est très très faible. Et avant de faire commerce de ce talent, il faudrait consentir quelques efforts pour se distinguer des arnaqueurs. C’est le principe du rasoir d’Ockham.

Libre à eux de ne pas partager notre vision du monde. Cependant, nous ne pouvons accepter le harcèlement envers nos abonnés et nous-mêmes. La haine, la moquerie, l’intolérance, sont les premiers pas vers le communautarisme et les guerres idéologiques.

Je suis bien d’accord avec ça. Le harcèlement est détestable. Qu’il vienne des uns ou des autres. Croyez bien que nos avons à subir des comportements très violents de la part de certains croyants. Donc oui : le harcèlement est condamnable. L’escroquerie aussi. Ainsi que l’apologie du suicide ou l’abus de faiblesse. Il faut pouvoir le dire sans haine ni moquerie.

La série « Bruno : Un Nouveau Message » est, grâce à sa visibilité, une vitrine pour les médiums, clairvoyants, hypersensibles, pour les témoins d’EMI et tous les domaines de la spiritualité. Ce n’est pas un personnage public qui est attaqué mais un courant de pensée, des expériences réelles vécues par des millions de personnes.

Ici Bruno et son équipe cherchent à se cacher derrière leur communauté. Une communauté qui n’est attaquée par aucun de ceux qui ont publié des contenus sur cette affaire. Je vous le redis au cas où : je n’ai rien contre les croyants, je passe mon temps à dire qu’il ne faut pas les prendre pour des imbéciles et que les sceptiques ne doivent pas se montrer hautains et cassants avec eux en première intention. Ce dont il est question ici, ce n’est pas la liberté de croyance, c’est la crédibilité de Bruno.

Renier ces faits est ridicule. Chercher l’erreur est vain.

Quoi ? Là, sérieusement c’est un peu gros, même pour ceux qui veulent y croire. L’erreur est humaine, et un homme pourrait très bien croire toute sa vie qu’il parle aux morts et se planter. Dans ce cas il ferait bien de chercher l’erreur. Surtout s’il fait des tournées dans toute la France pour délivrer des messages aux personnes endeuillées. Je ne crois pas que les gens paient pour recevoir des messages à travers quelqu’un qui considère que ce n’est pas son job de chercher où il pourrait commettre des erreurs.

Enfin, les insultes et les mensonges à l’égard de Bruno et de la chaîne sont intolérables. Nous rappelons, qu’il s’agisse de tarifs de consultation, de durée de tournage, de sélection des candidats, etc., que tout ce qui est raconté est faux ou transformé.

Nous tenons également à vous informer que nous supprimons les insultes, les moqueries et les messages de haine, car ils peuvent blesser les personnes qui ont perdu un être cher. Ce n’est pas parce qu’on est caché derrière son écran qu’on peut se permettre de dire n’importe quoi. Toute critique constructive et réfléchie sera évidemment laissée en ligne.

Cela est malheureusement un mensonge, sauf si la moindre expression de doute ou de soutien envers le travail des sceptiques est considéré comme une agression, ce qui n’est pas rassurant car cela conduit au sectarisme. Les messages un tant soit peu critiques sont effacés de manière systématique. Ce n’est pas le cas chez les sceptiques où le débat est encouragé. Niveau ouverture d’esprit, cela suscite des questions…

Voilà, toute l’équipe de la chaîne voulait vous faire part de son point de vue, par respect pour vous qui nous suivez depuis longtemps. Encore un grand merci à tous pour votre soutien et vos mails encourageants ! L’amour que vous partagez est essentiel, presque vital. Nous entrons en 2020 avec plus de force et de conviction que jamais.

À très bientôt,

L’Équipe de « Bruno : Un Nouveau Message ».

Eh bien voilà. Je ne vais pas prétendre que ce message m’a surpris. On retrouve hélas les ingrédients attendus.

1. Une victimisation associée à une diabolisation du camp adverse

2. Une caricature de la position sceptique (mais il faut bien avouer que parfois les croyants reçoivent des critiques caricaturales. Il y a des soi-disant sceptiques qui se comportent comme des gros gougnafiers.)

3. Zéro réponse sur le fond. Zéro explication sur le fait que Bruno a parlé avec une morte qui n’existe pas. Zéro respect pour le questionnement et la recherche de l’erreur.

Pour conclure je rappelle que Bruno est le bienvenu sur notre chaîne pour une conversation. Sur la Tronche en Biais nous n’avons pas d’ennemi a priori, et on peut croire à la bonne foi des gens s’ils nous aident à y croire. On a tous intérêt à cultiver l’art de discuter, de débattre, de nous expliquer plutôt qu’à s’enfermer dans des forteresses de certitude.

Et à défaut, il nous reste le débunkage, la mise à l’épreuve (comme l’a été cette séance à la recherche de Dana) et l’analyse de la rhétorique comme je viens de le faire sur ce blog.


ADDENDUM

La réponse ci-dessus est donnée à une première version du texte de Bruno. Un paragraphe a été ensuite ajouté et je ne voudrais pas le laisser sans réponse.

Si Bruno a vraiment accès à la conscience, alors il est possible qu’il ait eu accès à ce que pensait Bastien. Il est aussi possible que Bruno ait été en contact avec une autre conscience (« âme » pour être plus clair), et Bastien aurait laissé croire qu’il s’agissait de sa fausse amie. Nous continuons à nous interroger. Et petit à petit, des médiums, des scientifiques, mentalistes et des praticiens de tous bords qui nous entourent nous offrent des pistes de réponse. Merci à eux infiniment pour leur soutien.

Ici, on peut trouver encourageant que Bruno et son équipe s’ouvrent à des hypothèses nouvelles, en l’occurrence celle de la télépathie. Bruno n’est pas tout jeune, il fait carrière depuis des années dans le paranormal, s’il est télépathe il est bien temps qu’il s’en rende compte. La télépathie est une hypothèse qui ne repose à ce jour sur aucune donnée fiable, mais sur le désir de beaucoup de gens d’y croire. Dans le contexte qui nous intéresse, c’est une hypothèse plus crédible que le contact avec les morts, car cela est plus cohérent avec un détail crucial dans la pratique de Bruno : le fait qu’il ne révèle jamais rien que le client ne sache déjà… (et qu’il ne soit jamais en mesure de donner la parole à une victime de meurtre pour élucider l’affaire par exemple…)

Mais notez comme cette réponse évasive doit jeter un froid considérable dans l’esprit de ceux qui ont consulté Bruno. En effet Bruno admet tout bonnement qu’il ne peut jamais être sûr que c’est bien le bon défunt qui parle, ou même un défunt tout court. Il était sûr de lui quand il s’agissait de « voir Dana », tout aussi sûr que dans tous les autres cas. Bruno viendrait-il de nous dire qu’il ne faut plus le croire ?

Ce challenge, Bruno aurait pu le « remporter » en ne réussissant pas à contacter Dana, en doutant de lui, en montrant qu’une séance peut échouer. Mais nous avons constaté qu’à chaque étape, l’important c’est que ça valide. Et c’est bien ce qu’il se passe : nos doutes sont validés. Nous n’avons aucune raison de croire dans les facultés alléguées de Bruno, et en l’absence de raison de croire, soyons un peu exigeants et prudents.


Liens vers les vidéos

Vidéos de Clément Freze

Acte 1 : Supprimé

Acte 2 : https://www.youtube.com/watch?v=pPd6SBNl2fc

Acte 3 : https://www.youtube.com/watch?v=zJuZzRsR4_c&feature=emb_logo

Vidéo de Max Est Là

1. Ce YOUTUBER parle aux M0RTS (Bruno un nouveau message) : https://www.youtube.com/watch?v=Eot3bdeElpg

2. On a PIÉGÉ BRUNO un nouveau message (FAKE MÉDIUM) : https://www.youtube.com/watch?v=EfRCYDsxNwo


Editorial

Les abeilles ne sont pas des insectes tout à fait comme les autres. Nous éprouvons à leur égard un peu plus de respect qu’envers les mouches, les guêpes ou les sauterelles. Avouons-le. C’est que nos civilisations ont commencé à les domestiquer il y a quelques millénaires ; ça crée des liens. Cette sympathie particulière que nous inspire l’abeille, associée à son poids dans l’économie, en fait un sujet politique et médiatique : on en parle beaucoup. Et comme toutes les choses dont on parle beaucoup dans les média, on entend beaucoup d’âneries.

On ne saurait mieux exprimer l’intensité approximative de notre relation à cet animal qu’en citant l’incontournable phrase attribuée à Albert Einstein (ce que les biographes du physicien nous conseillent de ne pas croire) :

« Si les abeilles disparaissent de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre ».

Einstein ? Non.

Un peu dramatique, cette citation nous rappelle que les abeilles ne font pas que nous fournir du miel ou de la cire, mais qu’elles jouent un rôle important dans la pollinisation de nombreuses espèces que nous cultivons pour nous nourrir. En leur absence, les choses seraient un peu compliquées.

Or il semble bien que leur destin ne soit pas au beau fixe : on entend partout que la mortalité des ruches bat des records, on parle d’un syndrome d’effondrement des colonies, on s’inquiète des conséquences de tout cela, mais aussi de ce que cela révèle peut-être de l’état de notre environnement. L’abeille serait un indicateur que nous avons sur la nature un impact grave qui met en danger des équilibres fragiles, ce qui nous plonge dans l’incertitude sur l’état des écosystèmes dans un futur proche.

Cette inquiétude, il ne faut pas la mettre au service des discours de récupération et de panique généralisée, mais l’employer pour se poser des questions urgentes : que savons-nous vraiment des dynamiques de population des abeilles ? Que savons-nous vraiment sur les facteurs qui influencent ces populations ? De l’importance du syndrome d’effondrement, et de ses causes ? Et qu’ignorons-nous à propos de tout cela qu’il faudrait instamment étudier ?

De par son importance écologique, économique, culturelle, symbolique, l’abeille est un sujet qui ne nous laisse pas indifférent, mais son cas ne doit pas nous cacher le reste du paysage, et nous évoquerons les autres populations d’insectes, car de ce côté-là aussi l’inquiétude est réelle et les données issues du terrain sont probablement plus alarmantes encore.

Pour ce Tronche en Live , nous recevons un ingénieur agronome, apiculteur, spécialiste des pesticides pour essayer de nous poser les bonnes questions. Merci d’accueillir André Fougeroux.

Invité : Clément Freze, Mentaliste.

Editorial

Nous n’avons pas toutes les réponses. Le monde est peuplé de phénomènes auxquels nous ne comprenons pas tout. Il faut donc être prudent et garder l’esprit ouvert à la réfutation de nos idées. Parmi ces idées, il y a la croyance dans le paranormal, les facultés de l’esprit, et de manière générale les capacités de ce qu’on appellera les médiums. Nous ne manquons pas de personnes qui prétendent pouvoir lire dans l’esprit des autres, dans leur avenir, dans leur passé, ou bien disent entendre la voix des défunts.

Le médium, par définition, se veut un intermédiaire. À l’interface entre le monde banal et celui des esprits, les médiums se font les interprètes de ce qui est censé échapper aux autres. Mais peut-on avoir confiance ? Nous savons que le monde contient des menteurs, des escrocs, des aigrefins, des faussaires, des mythomanes, des fous ou des farceurs. Il faudrait pouvoir les distinguer de ceux qui possèdent réellement des facultés paranormales.

Si ces pouvoirs existent, nous avons tous intérêt à les reconnaître, à les cultiver, à honorer ceux dont les talents extraordinaires peuvent nous permettre d’appendre des tas de choses et de réaliser des prouesses. Et on pourrait s’attendre à ce que cela change notre quotidien.

À quoi pouvons-nous nous attendre dans un monde  où il y aurait de « vrais » médiums ?

  • Les mediums devraient être capables de compléter, sous la dictée, l’œuvre inachevée de grands artistes disparus. Et nous pourrions découvrir des inédits de Flaubert, Tolkien ou Freddy Mercury.
  • Les grands artistes du passé pourraient authentifier sans peine les œuvres dont la paternité reste douteuse, et enrichir considérablement nos connaissances sur l’histoire de l’art.
  • Les historiens pourraient revivre en détail le quotidien de nos ancêtres en interrogeant des esprits ou bien les vies antérieures de ceux qui jadis ont connu le temps des pharaons. Ils en tireraient des informations vérifiables que l’on ne saurait obtenir sans ces capacités. Quel progrès dans la recherche en histoire !
  • Les personnes assassinées trouveraient des interlocuteurs idéaux pour révéler leur calvaire. Aucun tueur en série ne pourrait sévir bien longtemps. Jack l’Eventreur serait démasqué aujourd’hui, preuve à l’appui. Et la police embaucherait des voyants désireux d’apporter leur aide.
  • Les jeux d’argent, la loterie, seraient une activité périmée, car les voyants trouveraient à chaque fois le bon numéro et pourraient en faire profiter des œuvres de charité.
  • Les cracs boursiers seraient anticipés par les équipes de consulting paranormal des grandes entreprises.
  • Les défunts nous apporteraient des informations de valeur, des détails sur des relations gardées secrètes, l’emplacement de documents confidentiels, d’innombrables détails inconnus et vérifiables.

Si l’on n’observe pas toutes ces prouesses désirables et profitables à tous, il doit y avoir une raison. La réponse facile est « On nous cache tout, on veut pas qu’on sache » de type conspirationniste, mais il y a probablement une meilleure explication. Même dans l’hypothèse où les facultés médiumniques existent, la plupart de ceux qui disent en avoir disent peut-être des sornettes. Et alors il est crucial de ne pas se laisser avoir.

Un remède peut être la question que posent tous les sceptiques : «  Quelle raison me donnez-vous de vous croire plutôt que de penser que vous vous trompez ou que vous essayez de me tromper ? »

Et pour en parler, je reçois un trompeur professionnel, un manipulateur revendiqué, un menteur honnête, le mentaliste Clément Freze.

Les questions idiotes existent : celles qui présupposent des absurdités ou tiennent pour acquis ce qui est douteux.
Néanmoins, elles peuvent nous apprendre des choses, et en particulier nous révéler combien un sujet s’avère plus complexe qu’on avait pu le croire.
Car oui, les questions idiotes n’ont pas forcément des réponses simples, et elles nous mettent au défi de les prendre au sérieux et de savoir y répondre de manière satisfaisante.
C’est justement le rôle du vulgarisateur d’appréhender ces questions, d’en faire son matériau de travail.


NB : c’est précisément en prenant au sérieux des questions à priori idiotes que j’ai écrit « L’Evolution, ça marche ! »

Rien n’est plus puissant qu’une histoire.

Ceux qui aiment les sciences et veulent les faire aimer ont-il un autre choix que de raconter une histoire, la plus intéressante possible ? Cela ne veut pas dire qu’il faille se laisser aller aux facilités habituelles de la #SuccessStory dont les codes narratifs véhiculent des stéréotypes là où nous voudrions justement nous débarrasser des idées reçues pour questionner la fabrique du savoir.

Editorial

Internet n’est pas tombé du ciel. C’est un objet technologique et social très complexe.

Il nous donne accès à l’information et à la liberté d’expression comme à aucune autre génération dans toute l’histoire. Nous sommes tous à quelques clics de la plupart des connaissances universitaires de pointe. Et à quelques clics également des millions de contenus de propagande, de réinformation, de communication calibrée pour nous plaire ou nous radicaliser. C’est donc aussi un lieu de pouvoir.

Dans nos usages, nous votons en quelque sorte avec nos clics ; un peu comme les fourmis laissent derrière elle des traces de phéromones qui établissent quelles routes seront principalement empruntées par toute la colonie, nos choix de navigation co-construisent l’architecture dans laquelle les informations circulent et parviennent jusqu’à nous et nos voisins.

Depuis les débuts de l’ère numérique nous vivons sous le régime de la neutralité du Net dans lequel tous les bits d’information se valent et sont traités de la même manière par les serveurs. Tel est l’héritage laissé par ceux qui inventèrent les prémisses d’Internet il y a soixante ans.

Mais où en sommes-nous aujourd’hui ? Les Fake News pullulent, les croyances les plus extrêmes exploitent les failles d’algorithmes élaborés pour maximiser la consommation de contenus, la confiance dans les élites est en berne, la population est pessimiste, on se méfie de tout ce qui ressemble à une parole officielle, il y a de toute évidence une crise de notre rapport à la vérité. Et cette crise s’exprime, se vit, et peut-être se déploie sur Internet.

Comme vous j’aimerais comprendre ce qui nous arrive, et j’aimerais que le plus grand nombre puisse s’aviser des pièges et des éventuelles solutions qui permettent de les éviter. Parmi ces solutions : sortir des GAFAM. Ce sera le sous-texte de cette émission avec Elzen qui est secrétaire de la Fédération des Fournisseurs d’Accès Internet Associatifs, et qui est aussi un administrateur de l’instance PeerTube nommée Skeptikon.

Qui contrôle Internet est une question qu’il m’a lui-même soufflée en me rappelant que, pour être indestructible, les concepteurs d’Internet devaient le rendre incontrôlable. La surenchère des contrôles que cherchent aujourd’hui à exercer les puissants peut-elle aboutir à la destruction du Net ?

Bonjour Elzen

Enregistré le 11 septembre 2019 à la MJC Pichon, Nancy.

Invité : Yves Hansmann. Chef du service des Maladies infectieuses du CHU de  Strasbourg. Il est également l’auteur d’un livre : « La maladie de lyme, au-delà de la polémique »

Editorial

Être en bonne santé, ça s’explique mal, ça se passe de diagnostic, ça se constate. Personne ne se rend chez un médecin en exigeant qu’on lui explique comment il se fait qu’il se sente si bien. Celui qui est en bonne santé, en général, ne se pose pas de question, il en profite pour penser à autre chose. Et tant mieux. Quand on est malade, c’est une autre histoire. On veut savoir ce qui nous arrive. On veut le nom de l’agent pathogène ou du gène ou du facteur environnemental qui nous cause des ennuis. Si en plus on nous désigne un coupable à attaquer en justice, on se sent justifié à porter plainte. La maladie exige des explications ! C’est un état anormal, insupportable, et on ne se contentera pas d’un « ben c’est comme ça, c’est la vie, déso. » Et heureusement.

La pratique de la médecine consiste notamment à identifier la cause d’une maladie. Si vous avez un rhume passager, on peut se contenter d’apaiser les symptômes avec du paracétamol ; on parle alors de traitement symptomatique. Mais si votre problème de douleurs est lié à la présence d’une tumeur, vous n‘avez pas envie qu’on vous soigne avec des antalgiques, il faut s’attaquer à la cause de votre maladie. Dans le cas des maladies infectieuses : hépatite, sida, légionellose, grippe, choléra, rage, etc. nos médecins ont appris à lier spécifiquement des symptômes à un agent et à utiliser les traitements qui savent le cibler de manière efficace… quand c’est possible. Le médecin qui ne sait pas identifier de manière fiable la cause de votre maladie aura du mal à vous soigner, même s’il est sincère et bien gentil.

Nous tenons à notre santé et à celle de nos proches, nous voulons une médecine efficace, à l’écoute, fiable, rassurante. Et bien souvent, grâce aux progrès phénoménaux de la recherche médicale, nous sommes pris en charge, nous sommes soignés et nous avons la chance de survivre à des affections qui nous auraient emportés il y a une génération ou deux. Mais il y a aussi des affections qui résistent aux diagnostics. Certaines personnes ne reçoivent pas du monde médical des réponses à leurs souffrances. Elles ne se sentent pas entendues, respectées, soignées, et elles endurent une errance médicale à la recherche d’un spécialiste qui enfin leur dira le nom du mal qui les frappe. Et parfois ce diagnostic, obtenu de haute lutte, porte le nom de « Maladie de Lyme chronique ».

Nous verrons ce soir que la maladie de Lyme est une vraie maladie, c’est une infection par une bactérie nommé Borrelia. La forme dite « chronique » en revanche est à ce jour loin d’être reconnue comme une entité nosologique, c’est-à-dire une maladie clairement définie, un diagnostic fiable. On dira volontiers que les gens malades s’en fichent un peu du moment qu’on les soigne, mais là est tout le problème : comment savoir qu’on vous soigne correctement si on ne sait pas montrer de manière fiable de quoi vous souffrez ?

Aujourd’hui, on voit des gens recevoir des traitements à haute dose d’antibiotiques pendant des mois pour traiter une infection qui n’a rien de certain. Les Lyme doctors prétendent parfois que l’environnement électromagnétique aggrave la maladie, que le Lyme chronique cause la maladie d’Alzheimer, ou même l’autisme, et veulent traiter ces personnes… avec de hautes doses d’antibiotiques[1] ou des produits contenant de la javel. Bref, il y a un joli bordel autour de la maladie de Lyme et il faudrait commencer par établir clairement ce qui est connu et ce qu’il reste à comprendre à son sujet.

C’est notre but ce soir de contribuer à éclaircir ces choses, et nous n’avons pas de meilleur moyen que de nous tourner vers des experts capables de nous dire l’état des connaissances scientifiques plutôt que leur sentiment personnel. Nous recevons donc ce soir un spécialiste des maladies infectieuses, et en particulier des borrélioses, l’autre nom de la maladie de Lyme. Merci à Yves Hansmann d’avoir accepté notre invitation.



[1] https://debatbiomed.science.blog/2019/07/29/antibiotiques-pour-lautisme-recapitulatif-dun-scandale/

Le Bénéfice du Doute #7

Invités : Francine Cordier et Patrice Seray

Editorial

Si l’on pense à la présence, quelque part dans l’incommensurable immensité de l’univers,  d’autres formes de vie que la nôtre, d’autres formes d’intelligences, d’autre civilisations, on se retrouve face à l’alternative suivante : ou bien il y a quelqu’un d’autre, qui regarde les étoiles, se pose les mêmes questions que nous et rêve peut-être de nous rencontrer, et c’est complètement renversant. Ou bien, à l’inverse nous sommes seuls. Rien que nous dans tout ce vide. Et c’est complètement renversant.

Chaque hypothèse nous promet le vertige en réponse, et il n’y a rien de trivial à se passionner pour les ramifications de leurs présupposés et de leurs conséquences.

Sur Terre nous avons divers catégories de personnes. Beaucoup de gens sont plus préoccupés par des problèmes plus immédiats, n’y accordent guère d’intérêt, d’autres jurent d’un complot mondial pour cacher une vérité qu’ils connaissent on ne sait comment. D’autres scandent leurs certitudes que toutes ces histoires sont ridicules et ne méritent que dérision. Et puis il y a une catégorie, peut-être pas si rare, qui se questionne, qui doute, qui se dit pourquoi pas, et voudrait bien disposer d’informations fiables et d’une méthode pour y voir plus clair.

Alors disons-le, oui les ovnis sont un sujet qu’on peut aborder avec sérieux, en respectant scrupuleusement les personnes qui y croient comme celles qui n’y croient pas. Je me permets un petit rappel en forme de conseil de prudence sur le mot ovni (Objet Volant Non Identifié) qui nous allume dans la tête des images, des présupposés, des stéréotypes qui influencent notre manière de penser et de percevoir.

De fait, si je pointe le ciel en disant « Oh, un ovni », ceux qui suivront mon regard prépareront leur cerveau à reconnaître un objet qui vole (et volontiers, même, un vaisseau spatial). Et rien que ça peut conduire à réellement voir quelque chose que sinon nous n’aurions pas « vu ». On préfère souvent parler de Phénomène Aérospatial Non Expliqué (PANE) au lieu d’ovni, car ce que les gens observent dans le ciel, ce ne sont pas toujours des objets qui volent ; il peut s’agir d’astres comme la Lune, de nuages, de reflets, d’effets d’optiques étranges mais naturels, et diverses choses dont nous parlerons au cours de l’émission. Tout ce cortège d’images mentales qui viennent avec le mot ovni nous montre que notre regard n’est pas neutre. Il ne peut pas l’être, et le langage appuie souvent là où ça fait mal. Or c’est bien par le langage que nous avons accès aux ovnis, car la plupart d’entre nous n’en avons pas vu. Nous n’avons pas de photographie claire, d’enregistrement univoque, de morceau d’épave contenant des technologies non-humaines…

L’idée que nous nous faisons des ovnis est forgée par la manière dont nous en entendons parler. La matière première des chasseurs d’ovni, ce sont les témoignages humains. C’est d’ailleurs le grand point commun entre cette thématique et les autres sujets liés au paranormal, raison pour laquelle il faut s’intéresser aux méthodes d’analyse des témoignages.

Nos deux invités d’aujourd’hui sont très spéciaux, un peu comme des agents enquêtant sur l’étrange. Cela fait des décennies qu’ils sillonnent les forums, les vieilles revues, mais aussi le terrain, et la parole des témoins.

Amateurs éclairés mais aussi spécialistes érudits de la culture ovni et de ses réseaux, je vous présente Francine Cordier et Patrice Seray.

Les sceptiques et rationalistes sont souvent accusés d’avoir un esprit étroit, d’être « trop cartésiens », sous-entendu peu ouvert aux émotions, aux étrangetés, aux hypothèses alternatives, à l’imaginaire. Rien n’est moins vrai. En plus, des fois, on est même des artistes !

Pour fêter les 150.000 abonnés, nous vous offrons cette chanson écrite par Acermendax, arrangée par Vled et avec un clip réalisé par Loki Jackal.

Peut-être vous souvenez-vous de la précédente chanson de notre équipe : « J’ai comme un doute »

J’ai, je crois, un esprit ouvert.
Je peux tout croire si cela m’est prouvé.
Mais il faut quand même satisfaire
Une logique élémentaire
Pour ne pas se laisser berner.

Je peux croire au paranormal,
Tant de témoins ne sauraient mentir.
Mais se tromper c’est banal
Pour le modeste animal
Qui supporte mal de mourir.

Si tu tiens à ta conclusion
Alors je veux la partager.
Je ne suis pas débile profond,
Tu dois pouvoir m’expliquer.
Si c’est toi qui as raison
C’est ta responsabilité.

Je peux croire en la naturopathie
Consommons moins de médicaments.
Mais perso je tiens à la vie
Et à celle de mes amis
Sans preuve : dis-moi, on fait comment ?

Pont

Je peux croire que la Terre est plate
Aux énergies qui parcourent les chakras.
Mais permets que, comme Socrate,
J’ose, question délicate
Demander comment tu sais tout ça.

Je peux croire, pourquoi pas, en Dieu
C’est si sérieux un être suprême
Qu’on doit trouver une preuve ou deux
Qu’on est bien sûr que ce qu’il veut
C’est la circoncision et le baptême.

Si tu tiens à ta conclusion
Alors je veux la partager.
Je ne suis pas débile profond,
Tu dois pouvoir m’expliquer.
Si c’est toi qui as raison
C’est ta responsabilité.

Si tu tiens à la vérité
Avec un peu d’humilité
On doit pouvoir s’en approcher

Avec les croyances à la mode
Faire preuve d’un peu de méthode
Aucune colère, pas de haine
C’est juste une question d’hygiène.

Qu’on réfute mes certitudes
Qu’on questionne mes habitudes
J’accepte tous les démentis
À mon ouverture d’esprit.

Tronche en Live 77

Invité : Monsieur Phi. Enregistré le 23 juillet 2019.

Editorial

La philosophie, amour de la sagesse, questionnement de la condition humaine, vaste champ de réflexion dont les contours sont flous et le centre nulle part, cette chose que l’on rencontre en terminale dans les lycées français ou au détour de la lecture d’un bout de Platon ou d’Aristote, on se demande finalement ce que c’est, et quel est son statut vis-à-vis des sciences.

Philosopher c’est apprendre à mourir selon Montaigne. Entendez-par : là accepter la finitude de l’humain.

« Apprendre à mourir! Et pourquoi donc? On y réussit très bien la première fois! » rétorquait avec raison le poète Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort, ce qui pose la question de l’utilité de cette vieille habitude, du statut de ceux qu’on nomme les « philosophes »… Et vous savez la tristesse qui nous envahit quand on demande autour de nous des noms de philosophes contemporains et que l’on récolte des patronymes télévicoles et médiagéniques, éditolâtres & plumophores pour ne pas dire Idiocrates et opiniopathes.

Pourtant des philosophes, des vrais, il y en a, des gens qui pensent, qui remettent en cause certaines évidences et montrent que ce qui va de soi est en fait questionnable, et peut être exploré avec les outils de la pensée méthodique. Les philosophes sont peut-être les éclaireurs de la science, et aussi les sémaphores des questions éthiques autour de la production et de l’utilisation de connaissances.

Connaissons-nous cette philosophie-là ? La trouvons-nous dans les programmes scolaires ? Nous est-elle aussi utile qu’elle peut l’être ?

Dans la sphère zététique, des rationalistes et sceptiques, et plus généralement dans le monde de la science, il y a comme une méfiance à l’égard de la philosophie. Snobe et virulente, toute vêtue de d’une impénétrable métaphysique, la philosophie disqualifie le statut de « vérité » à toutes nos connaissances les mieux établies. Et si l’intention est bonne, on souhaiterait parfois que la forme fut plus conviviale, car notre scepticisme méthodique nous avait conduits à la même prudence.

À quoi nous sert la philosophie ? Quelle idée nous faisons-nous des philosophes ? Est-ce une discipline littéraire qui a toute sa place au milieu des facultés de lettres et de sciences humaines ? Est-ce une discipline homogène ? Peut-on en parler sans immanquablement formuler une succession de questions ?

Vous pensez bien que nous n’avons pas le début de l’ombre de réponses solides, et c’est pour ça que nous recevons Monsieur Phi avec qui nous allons débroussailler quelques idées reçues et interroger les relations complexe qu’entretiennent le rationalisme (la zététique) et la philosophie.

Consulter la chaîne de Monsieur Phi.