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Écrivain artificiel — Orélien ridiculise le monde littéraire ?

Un roman que personne ne devait soupçonner

Le 21 septembre, C’était ça ou mourir reçoit le prix du Roman Fnac. Le premier roman de Thélyson Orélien s’est déjà vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires et figure dans les sélections du Goncourt, du Renaudot, du Femina et du Médicis. La Fnac célèbre « une poésie et une dignité rares » et annonce « une grande voix de la littérature contemporaine ». Quelques heures après la remise du prix, le compte X « Balance ton Claude » affirme avoir soumis des extraits du livre au détecteur Pangram. Selon lui, le roman serait presque entièrement rédigé par une IA.

 

C’est le bon moment pour vous signaler sans équivoque que j’utilise ChatGPT pour la préparation de mes textes de vulgarisation et d’analyse afin de documenter le sujet, comparer les sources, compléter mes propos, critiquer, corriger et amender ma prose avant une phase finale d’écriture personnelle. Ne comptez pas sur moi pour lancer des anathèmes contre les auteurs qui utilisent cet instrument. Mais je me permets quand même de bien distinguer ce qui relève d’un texte technique, informatif, analytique et qui tend à l’objectivité, de ce qui relève d’une démarche artistique subjective, personnelle : ce sont deux situation, deux rapport au textes et deux actions de lire qui ne représentent pas la même expérience. C’est pourquoi je n’ai pas cet usage de l’IA sur mes textes de fiction. Je referme cette parenthèse.

Retour au 21 septembre : l’accusation provient d’un compte dont le nom est proche de celui du logiciel Pangram de détection d’IA et dont on ignore l’identité du propriétaire. Il est donc normal d’avoir des doutes ; d’autant que son calcul sur la probabilité d’obtenir plusieurs faux positifs n’était pas valable : les passages d’un même roman ne sont pas des tirages indépendants. Seulement, le soupçon ne naissait pas de ces captures d’écran. Dès le 12 septembre, une lectrice nommé Alphaleer avait écrit sur Babelio que le livre lui semblait produit avec une IA. Elle décrivait une prose séduisante en surface, mais vide à la lecture. L’écrivain Fabrice Colin a ensuite relevé des aphorismes de fin de chapitre et des métaphores qui le gênaient, sans prétendre savoir comment le texte avait été écrit. Des lecteurs habitués aux modèles de langage, dont Monsieur Phi, reconnaissaient eux aussi des tournures familières. Je vous en donnerai des exemples dans un instant.

À ce stade, il fallait être prudent. Comme d’habitude ce n’est pas l’attitude qui a prévalu. Immédiatement Grasset a parlé de « fake news » et de « théorie du complot », puis condamné « tout propos malveillant affirmant que le livre aurait été nourri ou écrit par une IA ». J’insiste : pour Grasset il est en soi « malveillant » de suggérer que leur auteur a utilisé l’IA. La maison a renouvelé sa « confiance absolue » à Orélien. Marc Levy a traité les auteurs du compte X de « racistes » et de « petites personnes minables ». Orélien a nié avoir fait appel à une machine et déclaré subir des attaques racistes. Il a défendu ses répétitions au nom d’une tradition littéraire haïtienne et caribéenne.

On peut condamner sans réserve les attaques racistes dont il dit être la cible. Mais la vraie question était celle du contenu du roman. Boréal, son éditeur québécois, a eu dès le départ une réaction plus mesurée : il disait ne pas prendre les allégations à la légère, tout en maintenant sa confiance envers l’auteur.

 


Voir également mon article :

MascarIAde littéraire


Un travail de vérification est-il possible ?

Pendant que certains débattaient des intentions du compte X, d’autres ont soumis le livre à des tests comparatifs. Le Monde a fait analyser plus de la moitié du roman par Pangram : l’outil y a classé plus de 95 % du texte comme produit par IA, tandis qu’il jugeait humains les extraits d’autres romans testés. Franceinfo a obtenu des résultats comparables en faisant varier la longueur et la nature des passages. Lucide, concurrent de Pangram, a soumis le roman entier à son propre détecteur. Ses 34 chapitres et son épilogue ont tous été classés comme générés ; aucun des 706 chapitres de 17 autres livres testés, dont sept romans d’auteurs haïtiens et africains, n’a reçu ce verdict.

Lucide vend un détecteur : son enquête intéresse aussi ses affaires. D’autres outils ont livré des résultats divergents. Il reste que la répétition du signal sur l’ensemble du roman et la comparaison avec d’autres livres rendent difficile de balayer l’affaire d’un « les détecteurs se trompent ». Aucun score ne permet pour autant de voir les brouillons, les éventuelles instructions données à une machine ou la part de réécriture humaine. Les versions successives du manuscrit –si elles existent– seraient beaucoup plus éclairantes.

Boréal précise maintenant qu’aucune IA n’a été utilisée depuis la réception du manuscrit. L’éditeur ajoute qu’il lui est impossible, à ce stade, de confirmer ou d’infirmer les accusations sur la rédaction du livre. Il a suspendu les activités promotionnelles pour préserver le bien-être d’Orélien. Cette position tranche avec la certitude affichée par Grasset au début de l’affaire.

 

Les anciens texte d’Orélien plaident contre lui

L’enquête a alors quitté les détecteurs. Antoine Lévy a signalé qu’une chronique publiée sous le nom d’Orélien en 2013 suivait de très près un article d’Andy Bautista paru cinq jours auparavant dans The Philippine Star. Monsieur Phi a poursuivi l’examen d’anciens textes ; Nicolas Casaux a ensuite publié une série de comparaisons. La Presse, qui avait accueilli la chronique en question, l’a vérifiée et a constaté qu’elle était, dans sa quasi-totalité, une traduction à peine remaniée de l’article philippin. Le journal a ajouté une mention de plagiat. Les Décrypteurs de Radio-Canada ont relevé des passages copiés dans au moins cinq textes d’opinion et chroniques datant de 2012 et 2013.

Un cas est particulièrement accablant. Où va le monde, présenté à un concours d’écriture de Radio-Canada et récompensé par un prix du public en 2012, reprend la préface du Matin des magiciens, publié en 1960 par Louis Pauwels et Jacques Bergier. On y retrouve des phrases presque identiques, la même progression autobiographique, avec certains détails personnels remplacés. Un prix a donc récompensé, sous le nom d’Orélien, un texte largement emprunté à un autre auteur.

Nous allons devoir faire bien attention à ne pas tout mélanger. Il est d’ores et déjà légitime de se demander quelle aide un écrivain peut demander à une IA ? Que doit-il déclarer à son éditeur et à ses lecteurs ? Le débat est ouvert. Mais le plagiat, lui, est une pratique connue et indéfendable. Les textes anciens désormais vérifiés montrent une appropriation répétée du travail d’autrui. Nous ne savons toujours pas comment C’était ça ou mourir a été rédigé ; mais nous avons des raisons supplémentaires de suspecter une magouille. Et du reste l’existence des plagiats me semble suffisante pour justifier qu’on demande des comptes aux organisateurs de prix réputés dans leur manière de choisir les auteurs ajouté à leurs listes de sélection.

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Les prix devront expliquer leurs choix

Le Salon du livre de l’Estrie a retiré à Orélien son titre d’invité d’honneur en raison des plagiats révélés. Le 25 septembre, l’Académie Goncourt a supprimé C’était ça ou mourir de sa première sélection. Son communiqué cite les plagiats et juge que le roman est, « selon toute vraisemblance », très largement le produit d’une IA. Deux jours plus tôt, le président de l’Académie, Philippe Claudel, disait avoir aimé le livre sans soupçonner un tel recours à sa lecture. La Fnac présente toujours Orélien comme son lauréat ; je n’ai trouvé, à l’heure de cette vérification, aucune annonce de retrait par les jurys du Renaudot, du Femina ou du Médicis, ni de nouvelle réponse publique de Grasset à la décision du Goncourt.

Le jury du prix Strasbourg Espoir CIC, déjà attribué à Orélien en août, s’est réuni en urgence et a décidé à la majorité de remettre finalement le prix à Amandine Agic, pour D’un pays qui n’existe plus.

Cette décision de l’Académie Goncourt, elle laisse totalement sans réponse la question des critères de sa sélection. Qu’avait-elle distingué dans ce texte ? La Fnac parlait d’une grande voix littéraire. Ses jurés, comme ceux des autres prix, peuvent défendre leur lecture et montrer les qualités qu’ils voient au roman. Ils ne sont évidemment pas tenus d’avoir anticipé une enquête sur les textes anciens de l’auteur. Mais lorsqu’une prose est à ce point célébrée, un auteur encensé, il faut se demander si cela est corrélé à une qualité réelle du texte.

Je peux comprendre que le récit d’un exilé haïtien soit profondément touchant, et que le parcours de son auteur attire l’attention sur le livre. Ces éléments ont certainement influencé l’accueil réservé au roman ; mais jusqu’à quel point ? Je ne vais pas réclamer des tests randomisés en double aveugle dans la critique littéraire, mais il me semble que la qualité des phrases doit pouvoir se défendre pour elle-même. Quand je lis du Racine, du Flaubert ou du Victor Hugo, je saisis la distance qui me sépare de leur talent, le doute s’éteint de lui-même. Mais si le texte est une succession de formules calamiteuses, répétitive, ternaires, téléphonées et pataudes, de comparaisons pseudo-profondes et de pirouettes approximatives, le soupçon pèsera sur les conditions dans lesquelles s’exerce la grand-messe des récompenses mondaines. Que vaut encore le jugement littéraire de ce petit monde ?

Il faudrait par ailleurs oser dire que le racisme n’est pas toujours absent de certaines postures qui s’en défendent. La défense automatique, presque réflexe, du roman d’Orélien qui consiste à le soustraire aux critiques qui sembleraient légitime envers un auteur blanc est une insulte aux auteurs noirs qui n‘ont pas volé leur succès, qui n’on pas menti sur leur travail. Cette condescendance là est quasiment une double peine.

Roselyne Bachelot a dit dans C à vous qu’elle avait aimé le roman et lancé : « Tant pis s’il est écrit par IA ! » C’est une position défendable pour une lectrice qui juge d’abord l’effet du livre sur elle. Elle ouvre cependant une question que les prix ne peuvent plus éluder. Peuvent-ils couronner un texte largement généré ? Si oui, avec quelles limites ? Si non avec quelles garanties ?

 

La gueule de l’expertise

Sur Franceinfo, le chercheur en IA Jean-Gabriel Ganascia, habitué des plateaux TV où il professe de très nombreuses certitudes souvent en décalage avec la réalité du fonctionnement et des développement des IA depuis quelques années, via dire ex cathedra la vérité sur l’incapacité des LLM à produire le roman d’Orélien.

Il cite « C’était ça, la magie de Ti-Samson. Il ne mentait pas. Il décalait la réalité jusqu’à ce qu’elle épouse ses espérances. Il n’achetait pas de mensonges : il les louait à crédit, avec des intérêts de naïveté. »

Puis il conclut : « Je n’arrive pas à imaginer une seconde que des logiciels d’IA […] puissent générer [cela]. » Il évoque même, dans l’hypothèse d’un recours à l’IA, une « maîtrise extraordinaire ». Voilà ce qui me sidère : l’exemple qu’il choisit pour écarter cette hypothèse présente justement plusieurs des procédés que reconnaissent les utilisateurs réguliers de ces outils. Deux oppositions bien rangées, puis une métaphore financière filée jusqu’aux « intérêts de naïveté ». Ganascia peut trouver la phrase belle ; son goût ne lui permet pas de déclarer qu’une IA ne saurait la produire.

Il insiste sur LinkedIn. Cette fois, il cite un autre passage qu’il juge « bouleversant » :

« Je n’étais pas triste. Non. La tristesse, on l’a depuis longtemps enterrée, chez nous. On n’a plus de place dans le cœur pour elle. Ce que j’avais, c’était le goût du néant, le goût de l’injustice quotidienne. Le goût des jours qui passent sans te reconnaître. J’errais dans Santiago comme un débris que la ville refusait de ramasser. Je regardais les vitrines sans y voir mon reflet. J’entendais les conversations sans qu’aucune me concerne. J’étais un e muet, une lettre échappée d’un mot mal tapé, un accent inutile. »

Il ajoute : « Si un chatbot aide un “e muet, une lettre échappée d’un mot mal tapé, un accent inutile” à écrire aussi bien, alors encourageons les… Mais, j’en doute fort. »

Ganascia engage ici son jugement d’expert pour écarter une possibilité technique à partir de son émotion de lecteur. Les analyses convergentes de Pangram et de Lucide ne reconstituent pas à elles seules la fabrication du roman. Elles rendent toutefois son assurance publique difficile à défendre. Sur quoi reposait-elle ?

 

Le contenu

Il faut maintenant regarder les phrases elles-mêmes. D’autres lecteurs en ont relevé bien avant et pendant la polémique. Vous relèverez le rythme ternaire obstiné et l’usage répété du mot « comme » et les images bancales, approximatives, qui peuvent passer pour de la poésie.

Commençons avec ce qu’on trouve dans les trois premiers paragraphes :

« J’ai ri comme un idiot, un imbécile fini, un fou à l’élastique trop tendu. Pas un rire joyeux ni même un rire nerveux, comme celui qu’on pousse quand on évite une bouse de vache dans la rue. Un rire sec, maigre, tordu comme un arbre qui a grandi dans une ruelle sans soleil. » [C’est la deuxième phrase du roman]
« C’était un cendrier géant, un cimetière sans tombes, un théâtre absurde où les rôles changeaient à chaque rafale. »
« un salaire qui suffisait à acheter du riz, du savon et trois cauchemars par semaine. »
« ma chemise bleue, celle des jours sérieux. »
« quand les balles se mettent à parler, on ne leur coupe pas la parole en fuyant au hasard. Fuir sans direction revient souvent à exposer son dos à la mort. J’étais figé, retenu par une peur si dense qu’elle semblait avoir son propre poids. J’ai attendu plus d’une heure, un morceau de temps étiré comme un linge trempé que l’on tord sans fin… »
« Puis les flammes ont sauté d’un toit à l’autre comme des enfants en colère. »

Ailleurs dans le livre, les internautes ont signalé d’autres formules du même tonneau :

« Mes lèvres étaient sèches comme un évangile sans foi. »
« Petit, sec, l’œil noir comme l’oubli, la voix douce comme du thé amer. »
« Un gars maigre, sec comme un clou rouillé. »
« Une marque invisible logée quelque part entre la peur et la lucidité. »
« Puis il m’a dit : Je vais tenter par Ouanaminthe. Il y a un gars qui peut me faire passer. Ce n’est pas un visa. C’est un passage. Une ouverture. »
« Il avait cette manière de rire sans les dents. Pas parce qu’il lui en manquait. Mais parce que montrer les dents, ici, c’est dangereux. Ça peut être pris pour une provocation, une revendication, une preuve de vie. »
« J’avais la fièvre. La vraie. Celle qui ne prévient pas, qui monte comme un mensonge bien raconté. »  (Ça ne veut rien dire.)
« Des bras pour les champs de canne à sucre. On leur donnait un numéro, pas un nom. Une machette, pas une promesse. On les débarquait à La Romana ou à San Pedro de Macorís comme du bétail nourri aux illusions. »
« Claritza, par exemple, lavait des bouteilles le jour et des regards la nuit. Elle avait des doigts fins, une bouche fière et une voix douce comme les mensonges qu’on se raconte pour tenir. »
« La République dominicaine, pour moi, c’était un vestibule. Pas encore un exil. Pas non plus un refuge. Plutôt un sas. Une antichambre d’Haïti, un purgatoire où il est encore permis d’espérer un retour – même si le retour, comme la foi, est parfois un mirage qui s’étire. À Dajabón, la frontière était une respiration. Une inspiration haïtienne, une expiration dominicaine. Une marée humaine qui se gonfle et se vide, comme si l’île elle-même, fatiguée d’être coupée en deux, essayait de faire respirer à l’unisson ses deux poumons. Le marché frontalier était son cœur battant. Là, les voix et les langues s’entremêlaient : le créole s’accrochait à l’espagnol, l’espagnol mordait le créole, et au milieu de ce mélange de cris, de poussière et de volaille, l’économie du désespoir tenait debout. »
« Je cirais encore mes chaussures chaque matin. Pas pour qu’elles brillent. Seulement pour me rappeler que j’existais encore. Un jour, j’ai vu un enfant haïtien traverser la rivière à la nage, un panier vide sur la tête. Il riait. Il riait comme si l’eau ne portait pas la mémoire du sang. En le voyant, je me suis dit que la vie continuait malgré tout. Même ici, dans cette antichambre de la misère, il restait des éclats d’espoir. Des grains de lumière. Des respirations d’avenir. »
« j’irais vers la république voisine, vers la ligne, vers l’entre-deux. Pas parce que j’avais un plan, ni parce que quelqu’un m’attendait là-bas. Simplement parce que j’avais entendu dire qu’on pouvait passer. »

On peut aimer cette prose. On peut même la juger digne de prix littéraires. Mais qu’on ne vienne pas m’expliquer que ces phrases dépassent les capacités d’un modèle de langage actuel.

Un reste d’innocence ?

Reste une autre possibilité : Orélien aurait écrit lui-même un texte imprégné des tournures de ChatGPT. L’usage massif de l’IA pourrait bel et bien changer notre manière d’écrire. Mais en l’espèce je vais citer derechef le travail de Monsieur Phi. Il est remonté aux publications anciennes d’Orélien, en aout 2023, quelques mois après la mise à disposition de GPT-4. Le texte promet une « quête inlassable de la vérité », évoque une « bouée dans l’océan tumultueux du web » et enchaîne les formules générales sur les défis de l’époque. Il montre ensuite deux publications Facebook de 2025, dont la prose lui paraît plus souple, mais toujours caractéristique des modèles de langage. Enfin vient le roman de 2026, dont il a surligné les rythmes ternaires, les oppositions et les comparaisons à répétition.

Cette chronologie plaide pour l’accusation : après les plagiats dans des textes antérieurs à ChatGPT apparaissent des publications dont le style évoque les outils disponibles à leur époque. Chacun se fera un avis.

Restons humains

N’oublions pas ce qui est arrivé à Jason Arday. Ce professeur de sociologie à Cambridge était devenu un symbole : un universitaire noir au parcours présenté comme exceptionnel, que son institution et les médias avaient porté aux nues. Puis les accusations de plagiat et les contradictions de sa biographie ont surgi. Ceux qui avaient fait de lui un emblème ont défendu leur récit ; parmi ceux qui l’attaquaient, certains ont versé dans le racisme et la haine. Arday est mort le 14 août, il y a moins de deux mois. J’ai raconté cette affaire ici :

Avons-nous retenu la leçon ?

Thélyson Orélien a plagié. Tout indique qu’une IA a écrit une large part de son roman, malgré ses dénégations. Il mérite probablement l’oubli et la honte, mais pas le harcèlement. Le monde littéraire, lui, doit maintenant choisir : continuer à nier ce qu’il a sous les yeux pour sauver la face, éviter de revenir sur ses méthodes et refuser de reconnaître des accusations fondées parce que des racistes les ont aussi reprises ; ou admettre ses erreurs et répondre de ses choix.

Les jurys vont devoir dire ce qu’ils récompensent, ce qu’ils attendent d’un auteur et quelle place ils accordent à l’IA. Ce sera peut-être l’occasion d’injecter un peu de rationalité, de méthode et donc de crédibilité dans les prix littéraires.

 

Acermendax
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