Paris-Saclay, Polytechnique, plagiat : les pièces inédites de mon procès contre Idriss Aberkane
Compte rendu de l’audience du 22 juin 2026 — Tribunal de Paris
Affaire Idriss Aberkane contre Thomas C. Durand
Le 22 juin 2026, j’ai comparu devant le tribunal de Paris dans le cadre d’une poursuite en diffamation engagée par Idriss Aberkane en raison de mes propos sur le plagiat allégué de sa thèse dans une vidéo du 2 avril (disponible ici et visionnée durant l’audience).
Notre affaire est prise à l’audience vers 15h30, je suis appelé à la barre en qualité de prévenu. On m’a demandé quelques informations, puis on m’a invité à expliquer mon travail. J’ai exposé que mon activité consiste à promouvoir l’esprit critique, ce qui implique plusieurs dimensions. Pour exercer son esprit critique, il faut des connaissances, des compétences et des dispositions. Mon engagement consiste à tenter d’agir sur ces trois plans.
- Œuvrer au partage des connaissances consiste à parler de science, à partager des découvertes, à inviter des chercheurs et des chercheuses, à donner envie d’apprendre. La science a une dimension technique, parfois difficile, mais elle ouvre aussi l’esprit et donne accès à des questions passionnantes.
- Les compétences méthodologiques concernent la capacité à évaluer la qualité des informations et notamment savoir repérer des sophismes, comprendre la différence entre un discours construit sur des sources solides et un discours appuyé sur une autorité personnelle, un exotisme de façade, un appel à la croyance ou un appel à l’ignorance.
- Les dispositions intellectuelles concernent l’envie de s’intéresser à ces outils, de les rendre accessibles, appétents, utilisables. J’ai replacé cette démarche dans la continuité d’Henri Broch, qui utilisait notamment le paranormal comme objet pédagogique pour examiner la manière dont se construit une connaissance, et pour distinguer celle-ci d’une croyance ou d’un discours pseudo-savant.
Dans cette boîte à outils du penseur critique, le débunkage occupe une place importante : on prend un cas précis et l’on montre ce qui pose problème, ce qui manque de fiabilité, ce qui relève d’un écart entre le discours public et les faits documentés.
C’est dans ce cadre que je me suis intéressé à Idriss Aberkane. Lorsqu’un discours repose largement sur l’image du génie académique, sur l’accumulation de diplômes, de doctorats et de titres, il entre pleinement dans mon champ d’action d’examiner la solidité réelle de cette image. Si je détecte un décalage entre le discours et la réalité, je considère que mon rôle consiste à le dire. C’est ce que j’ai commencé à faire dès 2016, avec des articles consacrés au CV d’Idriss Aberkane, lorsque plusieurs éléments de ce CV ont été contestés.
Sus au zététicien !
Lorsque c’est au tour de la partie adverse[1] de prendre la parole à la barre, le mot « zététique » est utilisé contre moi comme s’il constituait une sorte d’engagement à vérifier personnellement toute chose jusqu’à l’absurde. Idriss Aberkane s’en est saisi pour me présenter comme un « zététicien » qui aurait trahi ses propres principes. Son avocat a repris cette ligne dans sa plaidoirie : puisque je revendique l’art du doute, j’aurais dû comprendre que Polytechnique, le comité d’éthique et Benoît Deveaud avaient mal travaillé, ou même qu’ils s’en prenaient à Idriss Aberkane pour des raisons personnelles.
Cette manière de présenter les choses inverse le sens de la démarche critique. La zététique ne consiste pas à substituer son intuition personnelle à l’expertise disponible. Elle consiste d’abord à douter de ses propres certitudes, à mesurer son niveau réel de compétence, puis à se tourner vers les sources les plus solides. Dans ce dossier, je n’avais aucune raison de m’improviser expert de l’écosystème disciplinaire de la thèse d’Idriss Aberkane. Mon rôle consistait à examiner les éléments accessibles, à identifier le problème, puis à m’appuyer sur l’avis des personnes les plus compétentes pour juger ce travail dans son contexte académique.
Le comité d’éthique réuni par Polytechnique avait précisément cette compétence. Il réunissait les ressources épistémiques et institutionnelles pertinentes pour évaluer ce travail précis. M’en remettre à son analyse, surtout lorsqu’elle conclut unanimement à l’existence d’un plagiat, relève pleinement de l’art du doute : je dose mon incertitude, je reconnais mes limites, et je m’appuie sur l’avis le mieux fondé disponible au moment où je parle.
J’espère, et je crois, que cette démarche a été clairement comprise par le tribunal.
Parfum de complotisme
L’avocat d’Idriss Aberkane n’était pas Maître DiVizio. La stratégie était plus prudente, mais bien vite le propos a fini par ressembler à ce qui était attendu. L’accusation a concentré une large part de sa plaidoirie sur Polytechnique, le comité d’éthique et Benoît Deveaud. Mais je dois quand même vous dire que j’ai eu le sentiment d’assister, en partie, au procès de Polytechnique plutôt qu’au procès de mes propos. Si l’on suit jusqu’au bout la logique de la plaidoirie adverse, c’est bien l’avis du comité d’éthique qui était visé, et l’on m’a traîné en justice pour rien.
La stratégie adverse revenait à soutenir que Polytechnique aurait cherché à prendre ses distances avec Idriss Aberkane, et que l’accusation de plagiat serait liée à cette volonté institutionnelle. À mes yeux, cette lecture relève d’une forme de théorie du complot appliquée au fonctionnement académique. Une grande école qui a délivré un diplôme à une personne ensuite devenue encombrante a, en général, intérêt à éviter les vagues. Si le diplôme a été obtenu honnêtement, l’institution poursuit son travail et passe à autre chose. Elle a peu d’intérêt à entrer dans une guerre ouverte avec quelqu’un qui a bâti une partie de son image publique sur l’affrontement avec le « système ». L’idée que Polytechnique aurait voulu détruire Idriss Aberkane en contestant son doctorat me paraît invraisemblable pour quiconque connaît un peu le fonctionnement du monde académique. Les institutions académiques ont plutôt tendance à se protéger, à temporiser, à limiter le bruit public. Le tribunal appréciera.
Mais il y a plus.
Idriss Aberkane m’a présenté comme le moteur d’une opération d’influence. À l’entendre, le fait que Paris-Saclay emploie des termes proches de ceux que j’utilise constituerait un indice de coordination. On a dit de moi devant un tribunal que j’avais placé des mots dans la bouche du président de Paris-Saclay ; c’est un peu flatteur, mais cela devrait éclairer chacun sur le rapport au réel qui caractérise le plaignant.
Car il manifeste une très étrange façon de raisonner. Les personnes qui parlent d’intégrité scientifique emploient le vocabulaire de l’intégrité scientifique, et l’on va donc retrouver les mêmes expressions et les mêmes préoccupations sans que cela prouve qu’il y a machination. On ne peut pas s’étonner de retrouver un lexique commun chez ceux qui prennent au sérieux les mêmes normes. Ce passage m’a frappé parce qu’il révèle une difficulté plus profonde : Idriss Aberkane semble traiter les principes académiques comme des armes rhétoriques utilisées contre lui, plutôt que comme des normes partagées. Quand plusieurs acteurs indépendants parlent de plagiat, de reproduction illicite, d’intégrité scientifique ou de valeur académique d’une thèse, il y voit une concertation. J’y vois au contraire le signe que ces acteurs parlent le langage ordinaire de la probité savante, et il semble que cette langue soit étrangère à mon contradicteur.
Petite mise en scène
L’avocat adverse a présenté un très très volumineux pavé, un exemplaire imprimé recto, qu’il a placé devant moi à la barre. On a bien senti l’argument silencieux du « c’est la taille qui compte ». On m’a demandé de lire un passage. J’ai refusé. Je n’étais pas là pour prendre part aux démonstrations d’un avocat ni pour réciter la prose d’Idriss Aberkane sur commande. Du reste, j’ai noté que la tentative a agacé la présidente qui m’a expressément rappelé mon droit de garder le silence.
On me demande surtout si j’ai lu cette thèse. Je réponds non, et commence alors une comédie sur le scandale d’un zététicien qui n’a pas lu la thèse et ne devrait donc pas en parler.
Je me permets une courte mise au point. Ce reproche repose sur une conception naïve de la vérification. Je n’ai pas besoin d’aller mesurer moi-même les pyramides pour savoir que les prétentions de Jacques Grimault sur l’égyptologie sont absurdes ; je me tourne vers les travaux des spécialistes du domaine et, quand cela est nécessaire, vers leur analyse directe du discours concerné. De la même manière, je n’ai pas besoin de lire seul toute la thèse d’Idriss Aberkane pour savoir ce que vaut l’avis d’un comité compétent ayant examiné le dossier dans son cadre académique. Mon travail n’est pas celui d’un juge disciplinaire, d’un directeur de thèse ou d’un expert du champ concerné. Ma mission consiste à faire de la médiation critique : repérer la structure d’un discours d’autorité, exposer les éléments documentés qui le fragilisent, puis transmettre au public l’analyse des sources les plus compétentes. Pour me faire condamner, Idriss Aberkane est obligé de nier la réalité de mon travail et la prudence qui caractérise ma démarche.
Scoop à la barre !
Un élément important de l’audience tient aux deux pièces produites par Idriss Aberkane, issues de Paris-Saclay : un procès-verbal d’audition et une lettre du président de l’université. Ces documents m’ont été communiqués très tardivement, juste avant l’audience. Ils révèlent qu’une commission ad hoc a été constituée à Paris-Saclay en avril 2025, après ma vidéo. On apprend qu’Idriss Aberkane a été entendu par cette commission le 20 juin 2025, avec son avocat et une assistante paralégale. Il y aurait alors affirmé qu’il s’agissait de la première fois où il pouvait s’exprimer. Or, dans l’histoire antérieure du dossier, il avait refusé de répondre aux courriers et aux invitations du comité de Benoît Deveaud. Il avait donc lui-même écarté la possibilité d’être entendu par le comité de Polytechnique, parce qu’il contestait son autorité à donner un avis sur son travail.
Le second document est un courrier du président de Paris-Saclay, daté du 11 juillet 2025. La partie adverse l’a présenté comme une preuve que mes propos seraient faux, parce que Paris-Saclay y indique que la thèse d’Idriss Aberkane ne sera pas retirée. Mais cette présentation tronque le sens du document. L’avocat adverse a surtout retenu le passage où la commission conclut que la reproduction du CEF dans la thèse, « en l’absence de volonté d’appropriation du travail d’autrui », ne permet pas de considérer « qu’une fraude, au sens de l’article L.241-2 du code des relations entre le public et l’administration est caractérisée ». Pris isolément, ce passage donne l’impression que l’affaire serait réglée.
Il suffit pourtant de lire la suite pour comprendre que le courrier dit presque l’inverse de ce qu’Idriss Aberkane voudrait lui faire dire.
Lisons ensemble : « Cette commission, composée d’experts, a travaillé en totale indépendance, avec le concours juridique de la direction des affaires juridiques et institutionnelles de l’Université. »
Puis vient le passage que la partie adverse a mis en avant : « La commission conclut que la reproduction du CEF dans votre thèse, en l’absence de volonté d’appropriation du travail d’autrui, ne permet pas de considérer qu’une fraude, au sens de l’article L.241-2 du code des relations entre le public et l’administration est caractérisée, et n’est donc pas de nature à conduire au retrait du diplôme. »
C’est le paragraphe utile à Idriss Aberkane : Paris-Saclay écarte le retrait du diplôme au titre de cette qualification juridique précise. Je ne peux pas émettre là-dessus un avis juridique solide. Ce point administratif ne sera pas tranché par le tribunal qui juge mes propos. Je lance un appel aux juristes administratifs : je suis très preneur d’une analyse permettant de comprendre si l’article L.241-2 du code des relations entre le public et l’administration constitue bien le fondement pertinent — ou le fondement nécessaire — pour établir une irrégularité (et notamment un « plagiat ») susceptible de conduire au retrait d’un diplôme.
Je fais une petite parenthèse sur le plagiat — Ce texte du code des relations entre le public et l’administration ne définit pas le plagiat académique ; il fixe les conditions dans lesquelles un acte administratif, ici la délivrance d’un diplôme, peut être retiré lorsqu’il a été obtenu par fraude. L’avocat d’Idriss Aberkane a rappelé lui-même qu’il n’y avait pas de définition légale du plagiat. Le fait que Paris-Saclay écarte ce fondement précis ne signifie donc pas que le plagiat académique disparaît. Pour apprécier ce point, il faut se tourner vers les normes de l’intégrité scientifique ; l’Office français de l’intégrité scientifique, département du HCéres, définit dans son vade-mecum le plagiat comme l’appropriation d’idées ou de contenus sans crédit approprié ; la Charte française de déontologie des métiers de la recherche classe le plagiat parmi les manquements les plus graves.
Continuons la lecture de la lettre du président Galap, car immédiatement après le paragraphe cité plusieurs fois devant le tribunal est écrit : « Toutefois, la commission souligne que le référencement du CEF ne respecte pas les normes de citation de source usuellement observées et que le chapitre 13 de la thèse constitue une reproduction illicite d’un document en accès libre au sens de l’article L.122-4 du code de la propriété intellectuelle. »
Paris-Saclay écarte le retrait du diplôme, mais confirme que les normes de citation ont été violées et que le chapitre 13 constitue une reproduction illicite. Sur la matérialité académique du problème, le courrier est clair, et le paragraphe suivant aggrave encore cette lecture : « La méconnaissance des bonnes pratiques et la reproduction illicite d’un document sont des manquements graves qui nuisent à la qualité de votre thèse, à votre réputation ainsi que celle de l’université Paris-Saclay. »
Le président ajoute : « C’est pourquoi, je ne peux que fermement les réprouver et que j’ai décidé de mettre un terme à la diffusion électronique de votre thèse comme le contrat de diffusion électronique de la thèse m’y autorise. » Ce n’est pas une décision que l’on prend à l’encontre d’un manuscrit de thèse sans de sérieux manquements.
Enfin, le courrier se termine par une déclaration qui a tout de la répudiation : « Fortement attaché à l’éthique et à la qualité des travaux académiques, l’honnêteté intellectuelle et le respect du travail d’autrui sont des valeurs que je défends ardemment au nom de notre communauté universitaire. L’excellence académique ne peut rayonner que par l’effort d’un travail original et rigoureux. » Puis : « L’Université portera évidemment dans ce contexte la plus grande attention à vos communications à venir et se gardera la possibilité d’engager toute procédure en cas de manquement constaté pouvant juridiquement faire l’objet de suites. »
Une telle formule, dans un courrier de président d’université, n’a rien d’une réhabilitation. C’est un avertissement. Ce document n’est donc pas le certificat d’innocence académique qu’Idriss Aberkane présente au tribunal… mais se garde bien de révéler au public.
Notez qu’Idriss Aberkane s’est vanté à la barre que sa thèse est encore disponible en ligne. Vérification faite : c’est exact. La décision du président de Paris-Saclay relative à l’arrêt de sa diffusion électronique de juillet 2025 est toujours sans effet en juin 2026.
Exceptio veritatis
Le calendrier des documents est essentiel. Ma vidéo date d’avril 2025. Le procès-verbal d’audition et le courrier du président de Paris-Saclay sont postérieurs à cette vidéo. Au moment où je prends la parole publiquement, la commission ad hoc de Paris-Saclay n’a pas encore rendu de décision. Le courrier de juillet 2025 n’existe pas encore.
La seule autorité académique à s’être exprimée est alors le comité d’éthique de Polytechnique, qui s’est prononcé à l’unanimité sur l’existence du plagiat. Benoît Deveaud a d’ailleurs rédigé un témoignage très clair, versé au dossier, qui confirme le sens et la portée de ce travail d’analyse. Ce témoignage soutient directement l’exception de vérité plaidée par ma défense : je me suis exprimé en m’appuyant sur une conclusion académique compétente, explicite et documentée. Et les nouveaux éléments ajoutés au dossier quelques heures avant l’audience ne démentent pas mes propos. C’est pourquoi sur la question du plagiat mon avocat a plaidé l’exception de vérité, qui permet de faire écarter une condamnation lorsque la vérité des faits allégués est établie. Sur les autres propos qui me sont reprochés, nous avons plaidé que certains ne sont simplement pas diffamatoires mais relèvent du jugement de valeur, et bien sûr la bonne foi puisque le cœur du débat portait sur la base factuelle suffisante à ma disposition avant ma vidéo du mois d’avril 2025. L’expression « délinquant de la connaissance », par exemple, a été replacée dans son contexte par Madame la procureure : il s’agit d’une formule empruntée à l’IRAFPA, employée dans un sens critique et intellectuel, et non dans un sens juridique.
Je suis gêné par la tentative de la plaidoirie adverse de faire porter la majorité des débats sur Polytechnique et sur ses intentions supposées. J’aurais aimé que des représentants de l’école soient présents pour entendre ce qui s’est dit à leur sujet.
Plagiat ou pas : le vrai enjeu
Au-delà du procès, la situation du plagiat de la thèse se complique. Paris-Saclay refuse le retrait du doctorat, tout en reconnaissant dans son courrier l’existence d’une reproduction illicite, ce qui, dans le langage ordinaire du monde académique, relève de ce que l’on appelle… un plagiat.
Ce document de juillet 2025, Idriss Aberkane l’avait depuis près d’un an. Il avait donc, s’il le jugeait décisif, toute latitude pour le rendre public et s’en servir afin de répondre aux accusations de plagiat. Il a choisi de le garder pour l’audience, comme une pièce sortie au dernier moment pour emporter la conviction du tribunal. Ce choix s’explique assez bien dès lors qu’on lit la lettre en entier, comme nous l’avons fait plus haut.
L’absence de retrait du diplôme n’efface pas le constat de reproduction illicite ni la sévérité du jugement académique. Et d’ailleurs le retrait de sa thèse n’est pas une fin en soi pour moi. Je peux parfaitement vivre ma vie sans qu’il perde ses diplômes. J’ai rempli ma mission : alerter, documenter, montrer les écarts entre l’image publique et la réalité académique disponible.
Si le courrier de Paris Saclay blanchissait réellement Idriss Aberkane, on comprendrait mal qu’il ait attendu près d’un an pour le produire. En le versant au dossier, il lui donne désormais une existence publique, et chacun pourra constater que Paris-Saclay refuse le retrait du doctorat tout en formulant un jugement sévère sur la probité du texte. Le problème dépasse donc mon procès ; il dépasse même le seul cas Idriss Aberkane, ce que j’ai rappelé au tribunal. Il concerne la capacité du monde académique à défendre ses propres règles lorsqu’un titulaire de doctorats contestés utilise ses titres comme instrument d’autorité publique, puis comme levier judiciaire contre ceux qui documentent la fragilité de ses travaux.
Une thèse n’est pas seulement un document administratif permettant d’obtenir un titre. C’est une contribution à la connaissance, soumise à des exigences d’originalité, de probité, de citation, de publication et d’évaluation. Lorsqu’une personne s’affranchit de ces exigences, puis mobilise ses diplômes pour intimider ou poursuivre ceux qui documentent ces manquements, le monde académique devrait répondre clairement. La plupart des doctorants consacrent des années à produire une contribution originale par amour de la recherche, avec une exigence intellectuelle réelle. Lorsque les institutions laissent s’installer l’idée qu’un diplôme suffit à protéger un discours, même après une reproduction illicite reconnue, elles envoient un signal désastreux : avec assez d’argent, assez d’aplomb et assez de quérulence, un imposteur peut intimider ceux qui rappellent les règles.
Le monde académique et le monde judiciaire devront bien trouver une réponse commune à ces usages abusifs des titres universitaires, car le public reste exposé aux « délinquants de la connaissance » lorsque les institutions renoncent à défendre clairement leurs propres règles.
Qui vivra verra
Au terme de ce compte rendu, je ne vais pas pronostiquer les conclusions des juges. Ma défense repose sur la vérité de mes propos et sur ma bonne foi concernant une question d’intérêt général sur laquelle je suis en position de jouer un rôle utile dans le débat public. La chronologie, les avis disponibles au moment de ma vidéo, le rôle du comité d’éthique de Polytechnique, les nuances du courrier de Paris-Saclay et le contexte général de mon activité de débunkage me paraissent essentiels pour comprendre la stratégie à l’œuvre. Cette plainte s’inscrit dans une logique de procédure bâillon : elle vise à déplacer devant les tribunaux un débat d’intérêt général sur la crédibilité académique d’un acteur influent des médias alternatifs.
Les tribunaux ont pour mission de se montrer particulièrement protecteurs de la liberté d’expression dans un tel contexte.
Acermendax
[1] Si en matière pénale, le procureur est l’autorité de poursuite, en matière de presse, il est surtout là pour aiguiller le tribunal sur des considérations juridiques.
Pour aller plus loin
Quelques travaux pour comprendre
L’Imposture académique
- — Qui parle pour la science ? Idriss Aberkane ?
- — Idriss Aberkane à l’épreuve des faits
- — Idriss Aberkane a menti
- — Le triomphe du Storytelling
- — Idriss Aberkane, icône d’une fausse ère
- — Le CV Hypertruqué d’Idriss Aberkane
- — Le bluf et le deshonneur d’Idriss Aberkane
- — Le LEGENDAIRE Idriss Aberkane
- — IDRISS J. ABERKANE : Le cas de la thèse en littérature comparée
- — Vidéo — Un doctorat plagié à l’Université Paris-Saclay |Idriss Aberkane
La désinformation scientifique
- — Conférence d’Idriss Aberkane – Fact checking
- — Bullshitez votre cerveau et libérez votre bullshit : La méthode Aberkane et l’effet « Gourou inverse ».
- — Masterclass en imposture : Idriss Aberkane & Didier Raoult
- — Chouard, Résimont Aberkane, etc : Désinformation et complotisme
- — « Blanchiment de fausse information» par Idriss Aberkane ?
Comportements harcelant et et autres malversations
- — Enquête financière sur les entreprises d’Idriss Aberkane
- — Idriss Aberkane a-t-il piégé l’Express ?
- — Aberkane : le goût du scandale
- — Vidéo — Première audience (Concurrence déloyale) Aberkane Delavier Psyhodelik
- — Vidéo — La plainte délirante cachée depuis 2022 | DiVizio+Aberkane
- — Vidéo — Dingueries complotistes signées Raoult & Aberkane
- — Vidéo — Aberkane & di Vizio – Procédure bâillon à UN MILLION d’euros
- — Vidéo — Idriss Aberkane : deux ans de prison



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