Evrard & Rabeyron, 2012 |Psychanalyse, télépathie et refuge clinique du psi
Critique de : Evrard, R., & Rabeyron, T. (2012). Les psychanalystes et le transfert de pensée : enjeux historiques et actuels. L’Évolution psychiatrique, 77(4), 589–598. https://doi.org/10.1016/j.evopsy.2012.05.002
Depuis ses menaces de procès pour avoir critiqué ses déclarations sur France Inter, je reviens sur le parcours de Renaud Evrard, universitaire et membre du comité Para, mais hélas ennemi de plus en plus déterminé du scepticisme scientifique.
Voir mes autres billets :
- Renaud Evrard | Une drôle d’étude pour défendre la psychanalyse
- Renaud Evrard | Les réseaux d’une science « alternative »
- Renaud Evrard | Compromission intellectuelle et bullshit — « L’expérience qui prouve que le passé est modifiable »
- Evrard & Rabeyron, 2012 |Psychanalyse, télépathie et refuge clinique du psi
- Renaud Evrard chez Brice Perrier : quand la science sert de vernis aux récits extraordinaires
Critique méthodique d’une réhabilitation insidieuse
L’article de Renaud Evrard et Thomas Rabeyron, « Les psychanalystes et le transfert de pensée : enjeux historiques et actuels », publié en 2012 dans L’Évolution psychiatrique, se présente comme une revue de littérature sur la place du « transfert de pensée » dans l’histoire psychanalytique. Les auteurs annoncent d’emblée leur angle : ce concept possède une origine marginale, issue des sciences psychiques de la fin du XIXᵉ siècle ; Freud l’aurait extrait des « ténèbres de l’occultisme » comme un « noyau véridique » ; il aurait ensuite joué un rôle heuristique dans la théorisation du transfert et du contre-transfert ; enfin, il conserverait une pertinence pour des enjeux cliniques et théoriques actuels.
L’article vaut comme histoire des liens embarrassants entre psychanalyse, métapsychique et télépathie. Il devient beaucoup plus fragile lorsqu’il transforme cette histoire en ressource pour maintenir aujourd’hui le « transfert de pensée » comme objet clinique fécond.
Une histoire utile des compromissions intellectuelles de la psychanalyse
Le texte fait un travail historiographique intéressant. Freud, Ferenczi, Jung et plusieurs analystes du début du XXᵉ siècle ont effectivement fréquenté les marges de la recherche psychique. L’article rappelle que Freud a d’abord proposé des explications psychologiques ordinaires pour certains rêves prétendument prémonitoires, notamment la reconstruction après coup ou la paramnésie, avant de développer un intérêt croissant pour la télépathie.
Cette partie est utile. Elle montre que la psychanalyse s’est constituée dans un environnement où l’hypnose, le spiritisme, la métapsychique, les automatismes, la suggestion et les théories de l’inconscient circulaient ensemble. Elle rappelle aussi que les frontières disciplinaires actuelles ont été reconstruites après coup. La télépathie et le « transfert de pensée » appartiennent réellement à cette histoire.
Mais cette histoire ne peut pas produire une preuve. Le fait que Freud ou Ferenczi aient pris ces phénomènes au sérieux éclaire leurs présupposés, leur époque, leurs hésitations théoriques, et parfois leurs faiblesses épistémiques. Il ne dit rien sur l’existence d’une transmission d’information entre deux esprits sans canal sensoriel.
Le mécanisme de sauvetage : abandonner l’occultisme, préserver un noyau psi
Le geste freudien rapporté par l’article mérite une attention particulière. Freud semble prêt à abandonner une grande partie de l’occultisme — apparitions, divination, croyances superstitieuses — tout en sauvant la télépathie comme reste plausible. Evrard et Rabeyron écrivent qu’à partir de 1909 Freud en vient à accepter l’idée d’un « noyau de vérité » des faits occultes, constitué par la télépathie.
Ce mécanisme est classique : on sacrifie la périphérie la plus discréditée pour préserver un cœur plus abstrait, plus difficile à saisir, moins immédiatement ridicule. L’occultisme ordinaire peut être traité comme une illusion, un récit reconstruit, une superstition, mais on sauve la télépathie, tel un résidu noble, susceptible d’être intégré à une théorie de l’inconscient.
L’article reproduit en partie ce schéma. Les auteurs sont trop subtils pour défendre un occultisme frontal. Ils proposent plutôt de conserver le transfert de pensée comme objet marginal, complexe, théoriquement fécond, capable d’éclairer la transmission psychique, l’intersubjectivité, le transfert et le contre-transfert. Et ainsi le paranormal s’invite dans le registre de la clinique.
La distinction décisive : vécu télépathique et hypothèse télépathique
Une approche rationnelle des phénomènes psychique doit éviter de mélanger les registres.
Un vécu télépathique existe dès qu’une personne éprouve une expérience comme transmission de pensée : rêve prémonitoire, impression qu’un thérapeute devine une pensée, sentiment de recevoir un message, coïncidence investie d’un sens, perception d’une communication avec un mort ou un absent. Ce vécu peut avoir une importance clinique. Il peut traduire une angoisse, un deuil, une fragilité des frontières du soi, une dynamique transférentielle, une dissociation, une recherche de sens, ou un biais interprétatif.
Une hypothèse télépathique, elle, affirme une chose autrement plus lourde : une information passerait d’un esprit à un autre sans médiation sensorielle connue. Cette affirmation relève au domaine des protocoles expérimentaux, du contrôle des biais, des réplications indépendantes, de la neurobiologie et de la physique de l’information. Elle porte un fardeau de preuve élevé, car elle suppose un mécanisme absent des modèles connus du cerveau et de la communication.
Malheureusement, l’article circule entre ces deux niveaux. Il part d’un objet historique, passe par Freud et les débats psychanalytiques, rejoint la transmission psychique, puis conclut sur des questions actuelles : rapports entre suggestion et transfert, possibilité que le transfert de pensée constitue une « modalité intersubjective spécifique », accueil clinique des expériences spontanées de télépathie.
La prudence de cette conclusion a son importance. Les auteurs ne proclament pas que la télépathie existe. Ils formulent des questions ouvertes. Mais ce dispositif rhétorique maintient l’hypothèse en circulation : l’énoncé fort disparaît, l’insinuation demeure, et le psi reste disponible, justifié dans la pratique clinique.
Ellis : une objection forte, une dramatisation historique discutable
Le passage consacré à Albert Ellis est révélateur. Evrard et Rabeyron rapportent qu’Ellis ramenait les exemples de télépathie analytique à des coïncidences, à la loi des grands nombres et à la suggestion de l’analyste. Ils ajoutent que cette controverse fut importante pour le découpage du champ psychothérapeutique américain, puis écrivent qu’Ellis quittera la psychanalyse « notamment suite à cette controverse » pour fonder sa propre école de thérapie cognitive émotivo-rationnelle.
Ce point appelle une réserve. La rupture d’Ellis avec la psychanalyse s’explique par un ensemble de facteurs : son jugement d’inefficacité clinique, son rejet de la passivité analytique, ses influences philosophiques, stoïciennes, sémantiques et cognitives. La controverse sur la télépathie analytique appartient à ce climat, mais l’ériger en cause structurante revient à donner au débat psi un poids historique probablement excessif. L’article dramatise ainsi la querelle : Ellis devient la figure de la raison anti-occulte, et la télépathie analytique gagne une importance dans la généalogie des psychothérapies qu’elle ne mérite peut-être pas.
Sur le fond, l’objection d’Ellis demeure pourtant centrale. Une cure analytique produit une masse considérable de matériaux : rêves, affects, associations, silences, lapsus, reconstructions, interprétations. Dans un tel volume, des concordances étonnantes apparaîtront fatalement. Un analyste favorable à l’idée de télépathie risque de retenir les réussites, d’oublier les échecs, de surinterpréter les coïncidences, puis de convertir une impression de sens en indice clinique.
Les exigences d’Ellis — contrôle de la suggestion, des croyances préalables, des facteurs affectifs, du symbolisme et des reconstructions — rappellent une distinction essentielle. La clinique peut travailler sérieusement les vécus de télépathie : elle peut écouter ce qu’ils signifient pour le patient, repérer leur fonction dans une histoire personnelle, analyser la part de transfert, d’angoisse, de deuil, d’attente ou de reconstruction narrative. Elle peut même jouer un rôle protecteur en évitant que ces vécus soient captés par des médiums, des thérapeutes « intuitifs » ou des entrepreneurs du paranormal. Mais cette compétence clinique porte sur l’expérience vécue, pas sur l’authentification d’un transfert réel d’information. Dès qu’il s’agit d’établir qu’une pensée a été transmise sans canal sensoriel connu, on quitte le registre du soin pour entrer dans celui de la preuve expérimentale. Le problème de l’article d’Evrard et Rabeyron tient précisément à cette porosité : il mobilise la finesse clinique pour maintenir ouverte une hypothèse qui réclamerait des contrôles d’un autre ordre.
Devereux : un relativisme séduisant, une confusion de niveaux
La réponse de Devereux à Ellis possède une vraie séduction clinique. Dire qu’un phénomène existe par rapport à un cadre qui le formalise rappelle une évidence des sciences humaines : un rêve, un symptôme, une plainte, un récit traumatique ou une expérience d’étrangeté changent de sens selon le dispositif d’écoute et d’interprétation. L’observation clinique transforme toujours ce qu’elle observe.
Mais Devereux, tel qu’il est mobilisé par l’article, pousse ce principe trop loin. Evrard et Rabeyron rapportent son idée selon laquelle les phénomènes existeraient par rapport à un cadre, ce qui ouvrirait un accès psychanalytique aux occurrences de transfert de pensée. Ils présentent son modèle comme une forme de neutralité : l’analyste ne peut pas affirmer a priori que deux événements sont liés de façon paranormale, mais il peut les relier analytiquement.
Le problème se situe dans la confusion de niveaux. Comme dit plus haut, pour un vécu, le cadre clinique est pertinent. Pour une prétention causale — une information transmise entre deux cerveaux sans canal connu — le cadre clinique ne suffit plus. On passe d’un constructivisme méthodologique légitime à une hypothèse réaliste forte. La télépathie, si elle existe, doit produire des effets mesurables au-delà du langage qui l’accueille. Le cadre analytique peut donner sens à une impression de transmission ; il ne peut pas établir le transfert d’information.
Le lieu de publication : un espace clinique plutôt qu’un espace de test
Le choix de L’Évolution psychiatrique pour publier ce travail mérite qu’on s’y arrête. La revue est ancienne, créée en 1925, intégrée à ScienceDirect et située dans le champ large de la psychiatrie, de la psychologie clinique et des sciences humaines en santé mentale. Elsevier la présente comme une revue destinée aux praticiens, chercheurs et étudiants intéressés par la psychiatrie dans un sens étendu.
Une telle revue clinique et psychanalytique permet d’aborder la télépathie comme histoire, expérience vécue, objet transférentiel ou problème théorique. Elle impose une pression expérimentale moindre qu’une revue consacrée à la psychologie expérimentale, à la cognition ou à la méthodologie statistique.
Le choix du terrain a donc un effet. La télépathie y entre par la porte de l’histoire et de la clinique, plutôt que par celle de la réflexion expérimentale, et c’est un peu le double jeu qu’il faut relever ici. L’hypothèse psi gagne un espace hospitalier au moment même où le terrain expérimental reste incapable de lui fournir une assise robuste.
Le test expérimental : du Ganzfeld à l’échec de réplication
Avant de réhabiliter le transfert de pensée comme objet clinique ou théorique, il faut rappeler ce que la recherche expérimentale a réellement produit. La télépathie n’a pas seulement été écartée par préjugé rationaliste ; elle a été testée pendant des décennies, avec des dispositifs censés réduire les biais sensoriels et favoriser l’apparition d’un effet psi. Le plus célèbre est le Ganzfeld, où un « récepteur », placé dans un état d’homogénéisation sensorielle, doit identifier une cible supposément transmise mentalement par un « émetteur ».
Le moment le plus favorable aux défenseurs du psi est l’article de Bem et Honorton publié en 1994 dans Psychological Bulletin. Les auteurs y défendent l’idée que les résultats obtenus avec la procédure Ganzfeld justifient de porter ces données à l’attention de la psychologie académique, car ils y voient une preuve réplicable d’un processus anomal de transfert d’information. Leur article définit explicitement le psi comme un transfert d’information ou d’énergie inexpliqué par les mécanismes physiques ou biologiques connus.
La réponse critique de Ray Hyman paraît dans le même numéro de Psychological Bulletin. Hyman reconnaît que les expériences autoganzfeld sont méthodologiquement supérieures à beaucoup de travaux antérieurs, mais il conteste l’interprétation psi. Il souligne notamment l’insuffisance des contrôles de randomisation et la possibilité que les résultats relèvent d’artefacts méthodologiques plutôt que d’un phénomène paranormal.
Le point décisif vient ensuite avec Milton et Wiseman, en 1999. Leur article ne se contente pas de produire une méta-analyse concurrente de celle de Bem et Honorton : il examine 30 études Ganzfeld publiées après cette synthèse, issues de sept laboratoires indépendants, et donc la capacité du protocole à produire des réplications convaincantes. Le résultat est défavorable : les nouvelles études ne confirment pas l’effet principal d’un score supérieur au hasard, et les auteurs concluent que la technique Ganzfeld ne fournit alors pas une méthode réplicable de production d’ESP en laboratoire.
L’enjeu n’est pas simplement qu’une méta-analyse sceptique s’opposerait à une méta-analyse favorable, mais que, lorsque l’on regarde les études postérieures censées confirmer l’effet, la promesse de réplication ne tient pas. Pour une hypothèse aussi coûteuse — transmission d’information sans canal sensoriel connu et sans mécanisme neurobiologique ou physique identifié — un signal statistique fragile ne suffit pas. Il faut un phénomène stable, prédictif, robuste aux changements d’équipes, de protocoles et de laboratoires.
Cette difficulté pèse directement sur l’article d’Evrard et Rabeyron. La clinique peut accueillir des vécus de télépathie, les comprendre, les contextualiser, parfois les désamorcer. Elle ne peut pas compenser l’absence d’un effet expérimental robuste. Faire revenir le transfert de pensée par la porte de la clinique revient donc à déplacer le problème vers un espace où les standards de preuve portent sur le sens d’une expérience, pas sur l’existence objective d’un transfert d’information.
La clinique comme zone de requalification du paranormal
La section consacrée à l’actualité clinique procède par transitions successives. Elle part de la transmission psychique inconsciente, des théories de la perméabilité du moi, des enveloppes psychiques et de l’intersubjectivité. Jusque-là, le terrain peut rester cliniquement défendable : des patients vivent des impressions d’intrusion, de contamination psychique, de porosité subjective ou de communication intense avec autrui.
Puis le texte franchit progressivement un seuil. Les auteurs évoquent des contenus « apparemment hétéropsychiques », des productions étranges d’une précision parfois étonnante, puis rapprochent ce champ de la psychologie des expériences exceptionnelles, des hallucinations télépathiques ou véridiques, des sorties hors du corps, des possessions et des enlèvements extraterrestres. Ils concluent que ces expériences impliquent fréquemment des formes de communication qui « réactivent l’idée d’un transfert de pensée » et peuvent mener à des « hypothèses novatrices ».
Le problème ne vient pas du fait que l’article prenne ces récits au sérieux. Une clinique digne de ce nom doit pouvoir entendre des expériences interprétées comme paranormales, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans un deuil, une angoisse, une fragilité identitaire ou une histoire traumatique. Mais il est bien discutable que cette écoute serve à maintenir, en arrière-plan, l’idée d’une transmission réelle de pensée. L’article part de vécus subjectifs parfaitement recevables comme matériau clinique, puis les inscrit dans un continuum où la télépathie redevient une possibilité théorique. Ce qui devrait rester une expérience à comprendre devient l’indice possible d’un phénomène à reconnaître. Sommes-nous face à une exploitation des cas cliniques visant à valider une option métaphysique marginale ?
Un article inscrit dans une trajectoire parapsychologique
Renaud Evrard est cofondateur, en 2009, du Centre d’information, de recherche et de consultation sur les expériences exceptionnelles — CIRCEE —, consacré précisément aux expériences interprétées comme paranormales ou extraordinaires. L’article de 2012 appartient à une trajectoire institutionnelle déjà constituée autour des expériences exceptionnelles. Il montre que la question n’est pas seulement historique. Elle participe d’un programme plus large : donner une place clinique, académique et théorique à des expériences souvent interprétées en termes psi.
Le papier produit donc un effet d’entrisme conceptuel. L’hypothèse psi gagne une place dans un espace clinique et théorique, sans passer par les standards de preuve requis pour une affirmation empirique sur la télépathie. Elle arrive sous forme d’histoire, de vécu, de prudence, de question ouverte, de transmission psychique. Elle ressort avec un vernis de crédibilité académique.
Conclusion
L’article d’Evrard et Rabeyron mérite lecture comme document d’histoire intellectuelle. Il montre que la psychanalyse a longtemps entretenu avec la télépathie une relation de fascination, de gêne et de recyclage théorique. Il éclaire un angle réel de l’histoire freudienne.
Quand cette histoire devient une ressource pour la clinique actuelle, il y a effraction dans le registre épistémique. Le texte maintient le transfert de pensée comme objet marginal mais fécond, susceptible d’éclairer la transmission psychique et l’intersubjectivité. Cette réhabilitation avance à couvert, par questions ouvertes plutôt que par affirmations frontales.
En définitive, la publication montre comment le psi peut survivre dans les marges d’un discours clinique quand il échoue à s’imposer comme fait expérimental. C’est moins une démonstration qu’un refuge conceptuel. Et c’est le signal d’une démarche qui louvoie entre les registres, faute d’assumer son objectif.
Acermendax
Références
- Bem, D. J., & Honorton, C. (1994). Does psi exist? Replicable evidence for an anomalous process of information transfer. Psychological Bulletin, 115(1), 4–18. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.4
- Evrard, R., & Rabeyron, T. (2012). Les psychanalystes et le transfert de pensée : enjeux historiques et actuels. L’Évolution psychiatrique, 77(4), 589–598. https://doi.org/10.1016/j.evopsy.2012.05.002
- Hyman, R. (1994). Anomaly or artifact? Comments on Bem and Honorton. Psychological Bulletin, 115(1), 19–24. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.19
- Milton, J., & Wiseman, R. (1999). Does psi exist? Lack of replication of an anomalous process of information transfer. Psychological Bulletin, 125(4), 387–391. https://doi.org/10.1037/0033-2909.125.4.387



Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !