1983 — L’expérience qui a tué le libre arbitre [Bureau du Bizarre]
Plongeons dans des expériences dérangeantes dont les résultats pourtant publiés n’ont jamais vraiment été apportés à la connaissance du public. Il faut dire qu’ils nous racontent une histoire qui ne colle pas du tout avec nos intuitions sur ce qu’est la conscience et le libre arbitre.
Il est encore temps pour vous de renoncer à écouter ce que je vais vous raconter. Ou peut-être n’en avez-vous pas vraiment e pouvoir : la décision a déjà été prise, quelque part dans votre cortex.
Les neurosciences s’intéressent à d’innombrables questions sur le fonctionnement du cerveau. Parmi elles : qu’est-ce qui en nous est le véritable acteur de nos décisions ? Y a-t-il un centre de gravité neurologique qui arbitre, délibère et serait la source de nos actes ? Nous imaginons facilement une sorte de petit pilote aux commandes de notre esprit, un modèle réduit de nous-même… Mais si lui-même n’a pas de cerveau et qu’il est une partie de notre cerveau, comment fonctionne-t-il ? Cette énigme récalcitrante est explorée par des neurophysiologistes depuis plus de soixante ans. Les connaissances progressent, et elles ne sont pas tendres avec nos idées reçues.
Du signal cérébral à la question du vouloir
Au milieu des années 1960, les neurophysiologistes Hans Helmut Kornhuber et Lüder Deecke, de l’université de Fribourg, cherchent à comprendre comment le cerveau se prépare à une action volontaire.
Leur protocole est simple : ils demandent à des sujets immobiles d’exécuter, à intervalles irréguliers, un mouvement du doigt « quand ils en ont envie ». Pendant ce temps, un électroencéphalogramme enregistre les variations du potentiel électrique cortical.
En superposant des centaines de ces enregistrements, ils observent un phénomène étonnant : environ une seconde avant chaque mouvement, le signal moyen montre une lente montée d’activité dans la région motrice du cerveau. Ce n’est pas un artefact, ni une anticipation consciente : c’est un potentiel de préparation — en allemand Bereitschaftspotential —, autrement dit une activation neuronale qui précède toute décision déclarée.
Leur découverte, publiée en 1965, marque une étape clé, le premier indice que l’initiative motrice du geste prend forme avant que le sujet n’en ait conscience (Kornhuber & Deecke, 1965).
Vingt ans plus tard, le physiologiste américain Benjamin Libet reprend le fil de cette énigme.
Plutôt que de se contenter du signal moteur, il veut savoir à quel moment précis le sentiment de “vouloir agir” apparaît dans l’esprit. Son dispositif, devenu emblématique, associe trois mesures :
- L’électroencéphalogramme (EEG), qui détecte le début du potentiel de préparation — cette pente ascendante repérée par Kornhuber et Deecke.
- L’électromyogramme (EMG), qui indique le moment exact où le muscle se contracte.
- Et un repère subjectif : la fameuse (pour will, la volonté), que le participant signale en observant une horloge dont l’aiguille tourne rapidement et en notant sa position quand il a ressenti l’intention d’agir.
Les résultats sont saisissants. En moyenne, le potentiel de préparation commence environ 550 millisecondes avant le mouvement, tandis que le sentiment conscient d’intention — le W — n’apparaît que 200 millisecondes avant la contraction musculaire (Libet et al., 1983).
Autrement dit, le cerveau initie la séquence motrice bien avant que la conscience ne se déclare volontaire.
La volonté sous observation : quand la conscience perd son trône
L’expérience de Libet fut d’abord reçue comme une curiosité méthodologique, avant de provoquer un séisme conceptuel. Car derrière ses chiffres se cache une idée vertigineuse : notre impression d’être à l’origine de nos gestes ne correspond pas à la chronologie réelle.
Le cerveau s’active, la décision émerge, puis seulement vient le sentiment subjectif du vouloir — comme si la conscience arrivait après l’acte, mais se l’attribuait tout de même.
Cette inversion du temps apparent, Daniel Wegner en fera le cœur d’une théorie entière. Dans The Illusion of Conscious Will (2002), il soutient que le « sentiment de volonté » n’est pas la cause de l’action, mais un effet secondaire, une construction a posteriori qui nous donne l’illusion d’être les auteurs de nos choix.
L’expérience quotidienne nous fait confondre corrélation et causalité : parce que nous pensons à un geste avant qu’il ne se produise, nous en concluons que notre pensée l’a provoqué. En réalité, écrit Wegner, l’action et l’intention consciente ont des causes communes, mais l’une n’engendre pas nécessairement l’autre. Nous sommes les narrateurs de notre conduite, presque des spectateurs, des enfants sur le siège passager qui imaginent tout contrôler.
Ce soupçon d’auto-illusion n’est pas né avec la neurophysiologie, de nombreux travaux ont mis en évidence que nous nous abusons sur les causes d e nos choix et décisions.
Par exemple, en 2005, Petter Johansson et ses collègues ont montré à des volontaires deux visages et leur ont demandé lequel ils trouvaient le plus attirant. Après le choix, les chercheurs intervertissaient secrètement les photos et présentaient aux participants celle qu’ils n’avaient pas sélectionnée, en leur demandant d’expliquer leur préférence. Dans la majorité des cas, personne ne remarquait la supercherie, et chacun développait un raisonnement cohérent pour justifier un choix qui n’était pas le sien (Johansson et al., 2005).
Si nous pouvons justifier sans aucun problème d’avoir fait un choix qui n’a pas eu lieu, alors peut-être est-ce le mode de fonctionnement par défaut de la conscience : une narration rétrospective de ce que le cerveau a déjà produit. La neuropsychologie des cerveaux divisés (split-brain) porte plus loin encore cette découverte.
L’expérience des cerveaux fendus
Chez certains patients épileptiques, on sectionnait autrefois le corps calleux, le faisceau qui relie les deux hémisphères. Après cette opération, l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche ne communiquent plus (ou très peu). Or, en vision, chaque hémichamp visuel projette vers l’hémisphère controlatéral : ce qui est présenté à gauche est traité par l’hémisphère droit ; ce qui est présenté à droite par l’hémisphère gauche. Chez la plupart des droitiers, le langage explicite est surtout pris en charge par l’hémisphère gauche.
Des situations expérimentales permettent alors d’interroger ce qui se passe dans chaque hémisphère. On affiche deux images simultanées, séparées au centre de l’écran pour que chacune tombe dans un hémichamp distinct :
- à droite (donc vers l’hémisphère gauche, “parleur”) : une patte de poulet ;
- à gauche (donc vers l’hémisphère droit, muet) : un paysage enneigé.
On demande aussitôt au patient de pointer avec chaque main l’objet qui « va avec » l’image vue :
- la main droite (contrôlée par l’hémisphère gauche) pointe naturellement une poule (ou un poulet) — cohérent avec la patte de poulet ;
- la main gauche (contrôlée par l’hémisphère droit) pointe une pelle — cohérente avec la neige (on dégage la neige avec une pelle).
On questionne oralement le sujet : « Pourquoi avez-vous choisi la pelle ? » — Évidemment, le problème est que la raison du choix de la pelle (la neige) n’a été perçue que par l’hémisphère droit, qui ne parle pas.
Résultat : l’hémisphère gauche, qui parle mais n’a pas vu la neige, invente une justification plausible : « Pour nettoyer le poulailler. » Il fabrique un lien poule → pelle qui sauve la cohérence de l’ensemble, tout en ignorant la véritable cause (la neige) à laquelle il n’a pas eu accès.
Cette expérience célèbre de Michael Gazzaniga démontre que la sélection d’une action (la pelle) peut être déclenchée par des informations inaccessibles au système verbal conscient. Interrogée après coup, la partie « narrative » du cerveau (hémisphère gauche) fournit une explication qui n’est pas la cause réelle, mais une rationalisation. Gazzaniga a nommé ce mécanisme l’« interprète » : un module qui relie, raconte et justifie, afin de maintenir une histoire cohérente du moi (Gazzaniga, 2005).
La chronologie de la volonté
Dans l’expérience de Libet, l’EEG révèle qu’une préparation motrice précède le sentiment d’intention ; dans le split-brain, une action peut être déterminée par des signaux non accessibles à la conscience verbale, qui reconstruit ensuite un motif crédible. Dans les deux cas, la chronologie réelle de la décision et la chronologie ressentie se désaccordent : la conscience n’initie pas nécessairement l’acte ; elle le commente et le légitime après coup.
Les expériences de Libet n’étaient qu’une ébauche : un électroencéphalogramme et un doigt qui bougeaient à quelques centaines de millisecondes d’écart. Mais qu’arrive-t-il lorsqu’on regarde plus profondément dans le cerveau ?
Au début des années 2000, la neuroimagerie fonctionnelle permet enfin d’explorer, en temps réel, les zones qui s’activent avant une décision. C’est dans ce contexte que Chun Siong Soon, John-Dylan Haynes et leurs collègues à Berlin mettent au point un protocole devenu célèbre (Soon et al., 2008).
Ils demandent à des volontaires d’appuyer, quand ils le souhaitent, sur un bouton gauche ou droit, pendant que leur cerveau est scruté par IRMf. Leur objectif : déterminer si un algorithme peut prédire le choix avant que le participant n’en prenne conscience. Et les résultats sont frappants.
L’analyse révèle que certaines zones du cortex préfrontal et pariétal portent la trace du futur choix jusqu’à sept secondes avant que le sujet ne rapporte son intention consciente. Sept secondes !
Certes, la précision de la prédiction ne dépasse pas 60 % — mais cela suffit à démontrer que des motifs neuronaux préfigurent la décision bien avant que la conscience n’entre en scène.
L’esprit conscient, ici, ne commande pas : il hérite d’un mouvement déjà lancé. Ces travaux prolongent l’intuition de Libet : la volonté est post-datée. Loin d’être le point de départ de la chaîne causale, elle en occupe les derniers étages.
Les travaux de Patrick Haggard, poursuivis en collaboration avec Angela Sirigu, ont permis de décomposer finement ce que nous appelons une décision volontaire. Ils ont montré qu’elle ne constitue pas un événement unique, mais une séquence à plusieurs niveaux, que l’on peut étudier séparément :
1- Le “quand” agir (when) : il s’agit du moment précis où l’impulsion motrice est déclenchée.
Cette phase est largement préparée de manière inconsciente : le cerveau accumule silencieusement de l’activité jusqu’à franchir un seuil qui enclenche le geste, souvent sans qu’aucun signal conscient ne l’annonce.
2- Le “quoi” faire (what) : c’est le contenu de l’action — lever la main, appuyer sur un bouton, saisir un objet. Là encore, la planification motrice s’élabore avant la prise de conscience du choix ; les régions prémotrices configurent le mouvement tandis que la conscience n’en perçoit qu’un résumé.
3- Le “si” agir (whether) : c’est la seule composante où l’intervention consciente reste tangible. Le sujet peut encore, dans une courte fenêtre temporelle, inhiber l’action qui s’apprête à se produire — l’équivalent du « veto » de Libet. Mais cette inhibition, elle aussi, repose sur des circuits automatiques, et son efficacité se limite à une fraction de seconde.
Ainsi, la conscience ne préside pas à la genèse du geste : elle s’invite à la fin, non comme une instance de commandement, mais comme un contrôle de qualité, une approbation symbolique d’un processus déjà en marche. Ce n’est pas elle qui appuie sur la gâchette ; c’est elle qui assume le tir après coup.
Pour suivre mon travail plus facilement :
Le veto, dernière ligne de défense
Face à l’accumulation des données suggérant que le cerveau prépare nos gestes avant que nous en ayons conscience, certains philosophes ont voulu sauver une parcelle de liberté : si nous ne décidons pas d’agir, pouvons-nous au moins décider de ne pas agir ?
Benjamin Libet lui-même avait proposé cette échappatoire : peut-être la conscience n’est-elle pas l’instigatrice du geste, mais elle disposerait d’un droit de veto, d’une brève fenêtre lui permettant d’interrompre un acte déjà amorcé (Libet, 1985). La volonté ne serait plus l’étincelle première, mais un filtre final, un dernier garde-fou entre l’élan neuronal et l’action accomplie. Et là se trouverait le véritable degré de liberté de notre conscience. « Un homme ça s’empêche » disait déjà Camus.
En 2016, Matthias Schultze-Kraft et ses collègues ont mis cette hypothèse à l’épreuve avec une ingéniosité remarquable. Leur dispositif reposait sur un neurofeedback en temps réel : pendant que les participants attendaient pour bouger un doigt, un ordinateur analysait en continu leur activité cérébrale. Dès que le logiciel détectait la signature neuronale annonçant un mouvement imminent — ce fameux potentiel de préparation —, il affichait un signal visuel d’alerte : « Stop ! ».
Les résultats furent sans appel. Lorsque l’avertissement survenait plus de 200 millisecondes avant la contraction musculaire, le participant pouvait encore suspendre le geste. Mais au-delà de ce délai, plus aucune inhibition n’était possible : le mouvement se déroulait quoi qu’il en soit.
En dessous de cette frontière temporelle, les mécanismes moteurs deviennent autonomes, comme si la décision avait déjà quitté la sphère du contrôle conscient. Le « veto » existe donc, mais il est étroit, tardif et dépendant de circuits d’inhibition eux-mêmes en grande partie automatiques.
Ces travaux ont quelque chose de perturbant. La conscience ne règne plus sur nos actions comme une souveraine, mais elle est tout au plus un frein d’urgence, une sorte d’ultime système de vérification et d’authentification de la décision.
Le libre arbitre, dans cette perspective, ne serait pas la capacité de choisir librement une action, mais celle — plus modeste — d’empêcher ce que le cerveau s’apprête à faire.
La liberté à hauteur de cerveau
L’expérience de Libet, et toutes celles qui ont suivi, ont détruit la fiction d’un esprit souverain trônant au-dessus du cerveau, dépositaire d’un vouloir pur, capable de trancher hors de toute causalité. Alors, bien sûr, le libre arbitre n’a pas vraiment été aboli par ces travaux, notamment parce qu’il n’existe pas de définition consensuelle définitive de cette notion. En revanche, certaines conceptions métaphysiques sur la nature de l’esprit ont pris du plomb dans l’aile : la chronologie observée — activité neuronale d’abord, intention consciente ensuite — est difficile à concilier avec le dualisme.
Si une âme indépendante gouvernait nos gestes, alors le contenu de notre conscience et de notre volonté devrait se mouvoir en amont des ondes cérébrales : or c’est toujours l’inverse. La conscience est à la traîne du cerveau agissant. Elle émerge comme une fonction de contrôle, de cohérence et d’apprentissage : un système intégré qui surveille, évalue et ajuste les automatismes produits par d’autres circuits.
Autrement dit, ce que nous appelons volonté est un processus distribué : des réseaux sensorimoteurs déclenchent, le cortex préfrontal cadre, et la conscience raconte après coup afin de maintenir la continuité narrative du moi. La philosophie classique voyait dans cette continuité la marque de notre autonomie ; la neuroscience moderne y voit la signature d’un système d’interprétation, fruit de l’évolution, utile pour la mémoire, la planification et la responsabilité sociale.
La liberté n’est plus un décret métaphysique : elle devient une compétence biologique, fragile, partielle, mais, tout de même, encore irréductible.
Le recul sur la conscience ?
Les expériences que nous venons de parcourir n’ont pas résolu le mystère de la conscience. Mais elles dénotent indéniablement des progrès en ce sens.
En quelques décennies, la science a appris à chronométrer une intention, à la prédire avant qu’elle n’émerge, à la dissocier d’un geste, à la perturber par une électrode, à l’interrompre — parfois — par un signal d’alerte. Là où régnaient des certitudes philosophiques et des intuitions tenaces, elle a introduit des protocoles, des délais mesurables, des résultats reproductibles.
Et ce qui s’est passé, nous devons l’accepter : les faits déplacent les frontières de ce que nous croyions évident. Ces travaux audacieux et ingénieux rendent de plus en plus coûteuse l’idée que la conscience serait une entité souveraine, indépendante, à l’abri de toute investigation. À mesure que les données s’accumulent, certaines conceptions du libre arbitre cessent d’être des hypothèses fécondes et deviennent des postulats périmés.
Si tout cela nous indique une seule chose, c’est que rien n’indique que la conscience soit un mystère destiné à rester éternellement hors de portée. Rien ne garantit non plus que ce que nous découvrirons nous plaira.
Libre à nous de décider de nous plonger dans les nouvelles questions que ces travaux font émerger, ou au contraire de nous détourner des résultats qui contredisent nos certitudes. C’est peut-être notre libre arbitre qui se rebiffe pour exister comme si 1983 n’avait pas eu lieu.
Acermendax
Références
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- Schurger, A., Sitt, J. D., & Dehaene, S. (2012). An accumulator model for spontaneous neural activity prior to self-initiated movement. Proceedings of the National Academy of Sciences, 109(42), E2904–E2913. https://doi.org/10.1073/pnas.1210467109
- Soon, C. S., Brass, M., Heinze, H.-J., & Haynes, J.-D. (2008). Unconscious determinants of free decisions in the human brain. Nature Neuroscience, 11(5), 543–545. https://doi.org/10.1038/nn.2112



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