Zététique & Autocritique – La Conjuration Open Source #2

Enregistré sur le campus de l’Université de Grenoble le Samedi 17 mars 2018.

La Conjuration Open Source est une conversation publique entre plusieurs acteurs du monde de la pensée critique afin de comparer les approches, les sensibilités, les priorités des uns et des autres. Puisqu’aucun dogmatisme n’est possible en la matière, seul le débat permet de dégager les idées qui méritent d’être soutenues et creusées.

Petit éditorial

Existe-t-il un mot pour mettre d’accord tous les sceptiques sur l’étiquette qu’ils doivent porter ? On en doute assez pour renoncer à l’exercice.

Il y a le mot « Zététique » qui est l’art du doute. Un effort constant pour se rappeler que l’alternative est féconde, que l’on doit rester ouvert à de meilleures explications sur le monde.

Il y a le scepticisme dont le sens est très proche : le sceptique c’est celui qui « sait » que ses connaissances sont fragiles, qui refuse le dogmatisme et toute forme de pensée arrêtée.

Le rationaliste estime que l’exercice de la raison est le meilleur moyen d’éclairer nos actions, nos choix, nos réflexions.

Le scientifique c’est celui qui fait profession d’appliquer une méthode fondée sur le scepticisme et sur l’empirisme pour tester des connaissances et en produire de nouvelles.

Chacun d’entre nous se reconnait plus ou moins dans ces termes ou dans d’autres. En tout, il n’y a pas, il ne peut pas y avoir d’Eglise du scepticisme, de Haute Autorité de la Zététique, de dogme scientifique, ni de secte rationaliste. L’exercice de l’esprit critique ne peut se pratiquer que dans la libre circulation des idées, et leur libre critique. Bref, c’est une forme de conjuration publique, ouverte, Open Source, dans laquelle existent diverses sensibilités, dont aucune ne peut prétendre être la voie de la pureté devant guider le monde vers la lumière.

Nous sommes justement réunis ensemble pour tenter un exercice d’autocritique sur la manière dont nous tentons de pratiquer et de partager l’esprit critique dans notre travail. J’aimerais que chacun décrive en quelques mots son apport personnel, sa pratique, sa conception de ce qu’est l’esprit critique.

 

2 réponses
  1. miadfernando
    miadfernando dit :

    Il est clair que l »islam se portait beaucoup mieux quand il avait plus d »une vingtaine d »écoles et pas seulement les quatre sunnites actuelles, la chiite et l »ibadite. Mais il faut savoir aussi que le recul du mutazilisme est dû au fait que ses partisans au pouvoir ont cherché à l »imposer par la force et pas par la discussion rationnelle. Il ne suffit donc pas de se décréter rationaliste pour l »être ce que le discours laïciste moderniste dominant actuellement a encore une fois prouvé. La liberté de conscience doit aller de pair avec la recherche d »une discipline collective, ce qu »aucune école ne maîtrise a priori, sans effort et sans humilité. Quant à recevoir les grâces d »un être humain décédé, cela reste plus que discutable car pourquoi s »adresser à un humain alors qu »on peut s »adresser directement à la perfection suprême.

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  2. Sébastien C
    Sébastien C dit :

    J’ai beaucoup aimé cette vidéo, en particulier parce que les critiques que j’avais à faire aux zététiciens (même si vous ne vous en réclamez pas, vous en êtes les représentants) sont ici formulées. Cela signifie qu’elle vous sont connues, et peut-être (ou peut-être pas) essaierez vous de les corriger.
    Je tiens quand même à insister sur la critique de Vled Tapas, à propos du le « sophisme du sophisme ». Bien qu’il semble vous être connu, j’ai la sensation qu’il est vraiment courant (et pas que chez les autoproclamé zététiciens des réseaux sociaux, mais aussi sur ce blog). Notez que je n’affirme pas, je dis que j’en ai la sensation. Et si moi, qui suis un de vos soutiens, je le ressens ainsi, j’imagine que cette sensation est encore plus forte chez vos contradicteurs, un peu comme si, en posant une question à un enseignant, celui-ci me répondait que j’ai mal posé la question (mais sans répondre à la question elle même).

    Quoi qu’il en soit, ce genre d’autocritique est assez unique chez l’ensemble des influenceurs, et il est très précieux. D’ailleurs pour répondre à une des questions du public, en quoi la méthode scientifique est meilleure, peut-être justement parce qu’elle est la seule à se livrer à ce genre d’autocritique.

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