Pour une vraie critique environnementaliste

 Une défense environnementaliste en quête de rigueur

Les médias spécialisés dans l’écologie sont désormais sur internet des entités à part entière. De la même manière qu’il y a spécialisation de la critique politique, culturelle ou économique, il y a aussi une critique écologique, qui est d’ailleurs de plus en plus répandue sur la toile. Les commentaires prenant la défense de l’environnement sont également devenus monnaie-courante à la suite d’articles qui parfois n’ont pas grand-chose à voir avec la nature.

Pourtant cette critique écologiste et cette défense environnementaliste sont bien souvent immatures, caricaturales voire parfois totalement mensongères et manipulatrices. Vouloir défendre et préserver l’environnement est évidemment une bonne chose, mais le faire n’importe comment est bien souvent davantage source de discrédit que d’accomplissement de l’objectif recherché. Nous allons ici voir sous différents aspects la manière dont la défense écologique actuelle se tire elle-même une balle dans le pied quand il s’agit de sourcer et d’appuyer ses propos. Pour se faire, nous allons utiliser l’un des sujets les plus récurrents dans ce milieu : Monsanto.

monsanto-corn

L’écologie aussi peut manipuler les chiffres

Les constantes et virulentes attaques faites contre Monsanto n’auront certainement échappé à personne. Pourtant, un nombre significatif de ces critiques sont soit erronées, soient totalement mensongères. Il y a quelques mois, une vidéo réalisée par Datagueule a été reprise de nombreuses fois sur les réseaux sociaux, avec plus de 400 000 vues sur sa version Youtube[1]. Elle y présente de nombreux faits sur Monsanto mais la rigueur des informations données est loin d’être toujours présente. Par exemple, la vidéo affirme que 90% des semences transgéniques mondiales sont produites par Monsanto.

Or, ce chiffre est erroné, ou du moins manipulé. Les parts de marché, c’est-à-dire les ventes réalisées par Monsanto au niveau mondial et sur l’ensemble des semences sont de moins de 5%[2]. Mais la vidéo parle de la production des graines, pas de leurs ventes. La vérité est que 90% des graines OGM produites utilisent des technologies mises au point ou appartenant à Monsanto mais ne sont pas forcément produites par cette dernière. Ainsi, dans ce chiffre, une entreprise indépendante produisant des graines qui sont sous licence Monsanto est comptabilisée comme s’il s’agissait de la production de Monsanto. C’est évident un raccourci grossier. Le but ici est de présenter Monsanto comme un empire attiré uniquement par les profits, dominant le monde et les agriculteurs, peu importe que ce soit vrai ou non. Il s’agit de la stratégie habituelle du recours à l’émotionnel plutôt qu’au rationnel.

Traitement d’exception

Plus loin dans la vidéo, il est fait mention du passé de Monsanto qui a participé à la production de l’agent orange, produit utilisé par l’armée américaine et responsable de milliers de malades et de morts. Toutefois, ce Monsanto-là n’existe plus et n’a plus rien à voir avec le Monsanto actuel[3]. La firme a en effet connu de nombreuses restructurations, avec des branches créées tandis que d’autres étaient fermées. En outre, même s’il s’agissait vraiment de la même entreprise, elle n’était pas la seule à produire l’agent orange, alors pourquoi ne critiquer que celle-ci et pas les autres ? Et pourquoi subitement ce détail du passé resurgit alors qu’il n’a rien à voir avec l’impact écologique actuel ? Qu’on prenne en compte le passé des entreprises, pourquoi pas, mais alors pourquoi presque personne ne s’émeut, par exemple, du lien entre IBM et les nazis durant la seconde guerre mondiale ? On touche ici plus à un argument ad hominem qu’à une critique pertinente. Bien d’autres données dans cette vidéo sont en fait des approximations.

Monsanto, un parfait chiffon rouge

La manière de ne choisir que les informations qui vont dans notre sens au moment où cela nous arrange s’appelle en rhétorique du cherry-picking. [Et cela est une forme de biais de confirmation, ndr]. Se focaliser sur des informations partielles et non représentatives de l’ensemble du sujet est une pratique qui est plus généralement utilisée lorsqu’il s’agit de parler des producteurs d’OGM ou de pesticides. Par exemple, il y a plus de mille entreprises différentes à travers le monde qui vendent des graines OGM, mais bien rares seront les personnes capables de citer le nom d’une seule entreprise de ce secteur hormis Monsanto[4].

Dans ce milieu, on retrouve d’autres géants comme DuPont ou Syngenta, ils ne sont que très rarement cités par les défenseurs de l’environnement qui émettent des critiques à l’encontre des OGM ou pesticides. Leur implication dans ce domaine est pourtant particulièrement importante. Cette critique sélective n’est toutefois pas surprenante. S’indigner contre les multinationales agressives est facile, comprendre qui fait quoi, comment et pourquoi requiert à l’inverse un peu plus d’efforts. Monsanto a donc émergé comme chiffon rouge sur lequel on crache à tout va, tout le temps et finalement sans savoir pourquoi. Monsanto est-elle une entreprise pire que les autres ? Non.

Lutte écologique contre-productive

Il ne s’agit pas de défendre cette entreprise, il s’agit au contraire de faire prendre conscience qu’en se focalisant toujours sur le même ennemi à abattre, généralement avec des critiques infondées ou mal interprétées, on finit par avoir une action contre-productive. Pendant que tout le monde a les yeux rivés sur Monsanto, personne ne s’intéresse aux autres entreprises de ce secteur, aux vraies données ni aux études de fond.

Ce n’est pas en caricaturant ce qu’on combat qu’on parvient à le vaincre. Faire passer Monsanto pour un horrible monstre sanguinaire qui va jusqu’à endetter les paysans n’est pas pertinent ni utile. Ainsi, le mythe selon lequel il y aurait eu une vague de suicides chez les paysans indiens à cause des produits de Monsanto est largement contraire aux faits[5]. L’important taux de suicides parmi cette tranche de la population existait déjà bien avant l’introduction du coton OGM vendu par Monsanto. La vérité est toute autre puisque le coton transgénique a permis d’augmenter les rendements et le niveau de vie des paysans indiens[6] [7] [8] [9].

GMHero

 

Le cas du Dr. Moore

Récemment est apparue une actualité, reprise sans critiques sur les réseaux sociaux : le pesticide le plus utilisé au monde et produit par Monsanto est cancérogène. Comme toujours, on a assisté à une transformation de l’indication d’origine, qui était au conditionnel et très réservée, pour obtenir une affirmation absolue et sans retenue. En vérité, l’agence du cancer de l’Organisation Mondiale de la Santé a indiqué qu’il était possible que ce pesticide soit cancérogène mais que leur indication ne se basait que sur des données limitées. Pour une certaine presse par contre, pas besoin de pincettes, seul le mot cancérogène sera retenu.

Le dernier cas en date de cet « anti-Monsanto » à tout prix est aussi ridicule que désespérant. On retrouve lors d’une interview le Dr. Patrick Moore, présenté comme lobbyiste pour Monsanto, qui indique que boire du glyphosate n’est pas dangereux pour la santé. Le journaliste qui l’interview lui propose alors un verre de ce produit, amenant à une rétractation de Moore. Il était assez stupide de la part de Moore d’affirmer que boire un tel produit n’est pas dangereux, une telle affirmation est en effet tout à fait fausse. Le glyphosate est réellement dangereux s’il est ingéré [10]. Mais pour tous, cette vidéo est une preuve de l’hypocrisie de Monsanto qui voudrait faire ingérer aux autres ce qu’elle ne veut pas boire elle-même. Bien que Moore puisse être défini comme un lobbyiste, il n’est pas et n’a jamais été employé par Monsanto.[11] Ce que dit Moore n’engage donc aucunement Monsanto. On se sert de ses propos pour attaquer indirectement l’entreprise américaine avec une forme de déshonneur par association.

La manière dont cette vidéo a été reprise et diffusée est regrettable. Il est parfaitement évident que Moore a tenu ses propos pour souligner explicitement que le glyphosate n’est pas dangereux dans son usage, il ne s’attend évidemment pas à ce qu’on puisse vraiment en boire. Bien que ce ne soit pas très malin de faire au journaliste une telle proposition, prendre au pied de la lettre qu’on peut boire un tel produit n’est pas beaucoup plus pertinent. Encore une fois, il n’est pas question ici de dédouaner Moore mais de recalibrer les critiques qui lui ont été faites et qui sont souvent hors propos ou infondée.

Éviter les raisonnements simplificateurs

En outre, cette preuve de la malveillance de Monsanto n’en est même pas une. Si on demandait à un producteur bio de manger son compost biologique, est-ce qu’on serait outré s’il refusait ? Bien sûr que non. Pourtant quelques restes de légumes compostés ne vont pas vous tuer. Quelle est la différence ici ? La vidéo n’a pas été diffusée parce qu’elle est une preuve d’un quelconque danger du produit incriminé, elle a été diffusée simplement parce qu’il s’agit de Monsanto.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur l’absence d’esprit critique véritable ou d’approches pertinentes dans le milieu écologiste. De l’éternel dualisme naturel = bon / chimique = mauvais[12] en passant par les thérapies naturelles et alternatives forcément meilleures que la médecine conventionnelle jusqu’aux approches pseudo-scientifiques en ce qui concerne la nutrition, la défense de l’environnement est littéralement plombée par de multiples non-sens, d’approches dénuées de la moindre critique voire de promotions de pratiques dangereuses et parfois sectaires. Il est en outre bien trop facile de se considérer comme écologiste simplement en critiquant Monsanto sur internet tout en conservant intact son mode de vie qui, lui, offense très certainement au quotidien l’environnement.

monsanto

Pour une défense raisonnée de l’environnement

Arrêtons de tirer à tout va sur tout ce qui nous semble en surface critiquable, cherchons à critiquer ce qui peut et doit vraiment l’être et essayons de remettre en question ce que l’on considère comme acquis. Sans cela, la critique environnementaliste restera cantonnée à une simple chasse aux sorcières superficielle qui aura davantage pour but de divertir ceux qui s’y adonnent que de véritablement parvenir à préserver l’environnement. Commençons par nous en remettre aux vraies recherches scientifiques dans ce domaine plutôt qu’à des articles sensationnalistes, privilégions les alternatives concrètes plutôt que les buzz éphémères. Mais surtout, continuons de vérifier les sources, les données et les arguments, de manière la plus neutre possible, sans nous laisser aller à l’émotionnel ou à l’idéologie. Seule une approche véritablement argumentée et réfléchie permettra d’avoir la crédibilité suffisante pour défendre efficacement l’environnement face aux comportements qui lui sont néfastes. Cette défense rigoureuse existe, par exemple chez les végétariens (et autres végan), où certains individus utilisent des données solides et scientifiques pour défendre la cause animale ou le végétarisme tout en s’efforçant de limiter les arguments peu rigoureux ou jouant trop sur l’émotionnel. Il serait appréciable que cette approche se généralise.

Par Frédéric Drago.

NDR : Cet article nous a été soumis spontanément par son auteur pour participer à la critique des rhétorique employées par certaines personnes dont nous partageons les valeurs et les objectifs, mais pas les méthodes de communication.


Références

[1]https://www.youtube.com/watch?v=8gJn4EhlsY0

[2]https://gmoanswers.com/ask/what-participation%C2%B4s-percentage-monsanto-american-seed%C2%B4s-general-market-and-gm-seeds-and-world

[3]http://www.quora.com/Is-Monsanto-evil/answer/Franklin-Veaux?srid=y5k&share=1

[4]https://gmoanswers.com/ask/what-participation%C2%B4s-percentage-monsanto-american-seed%C2%B4s-general-market-and-gm-seeds-and-world

[5] http://en.wikipedia.org/wiki/Farmers%27_suicides_in_India#/media/File:Bt_Cotton_Hectares_and_Farmer_Suicides_Time_Trend_India.png

[6]http://articles.latimes.com/2013/jun/06/science/la-sci-sn-gmo-cotton-better-diet-indian-farmers-20130606

[7]http://www.ids.ac.uk/files/Briefing9.pdf

[8]http://www2.warwick.ac.uk/newsandevents/pressreleases/gm_crop_produces

[9]http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00220380903002954#.UlB8FhA7enk

[10]http://www.forbes.com/sites/matthewherper/2015/03/27/no-its-not-safe-to-drink-weed-killer-on-camera-but-who-cares/

[11]http://www.newsweek.com/patrick-moore-scientist-who-offered-and-then-refused-drink-glyphosate-weed-317289

[12]https://www.youtube.com/watch?v=bHc-xz1yNUs

21 réponses
    • Frédéric Drago
      Frédéric Drago dit :

      Merci, ça permet de bien compléter avec des aspects assez différents de ce que j’ai abordé dans l’article. 🙂

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      • Richard
        Richard dit :

        J’ai vu un « pour se faire » au lieu de « pour ce faire ». Don’t thank me 😉
        Enfin quelqu’un qui comprend pourquoi je (±végane) refuse les arguments jouant sur l’émotionnels, et privilégie le raisonnement logique.

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  1. Looping
    Looping dit :

    « Si on demandait à un producteur bio de manger son compost biologique, est-ce qu’on serait outré s’il refusait ? Bien sûr que non. »

    Bien sûr que non. Mais pour que la comparaison soit juste, encore faut il que le producteur disent que son compost soit comestible.

    Il est difficile de démêler le faux du vrai des critiques envers Monsento, tant les rumeurs et contrevérité se rependent tel une traînée de poudre.

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    • Frédéric Drago
      Frédéric Drago dit :

      C’est vrai, vous indiquez une nuance qui me semble juste bien que l’exemple de Moore avait surtout pour but de mettre en avant la manière démesurée dont les gens se sont emparés de son refus.

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  2. 2nilamalis
    2nilamalis dit :

    Evidemment d’accord sur le principe de la nécessité d’un argumentaire, scientifique ou comptable, rigoureusement étayé.
    Cela dit, l’émotionnel est un outil de communication universel incontournable quand il s’agit d’éveiller les consciences.

    Que Monsanto produise, ou touche des royalties sur 90% des OGM, est-ce vraiment opposable ?
    Citer l’agent Orange, c’est rappeler que l’industrialisation des biocides et des engrais azotés, est d’origine militaire, et non humanitaire.

    Monsanto n’est bien sûr pas seul, on pourrait citer les Big Six, Monsanto, Bayer, Syngenta, BASF, Dupont, Dow Chemical, pour faire bonne mesure,
    mais d’un point de vue stratégique (ou tactique, c’est selon), le choix de l’assaut ciblé sur le plus fort, en comptant sur un effet domino, plutôt que s’éparpiller, est sensé.

    Quant au cas Moore, un lobbyiste condescendant descendu pour s’être pris les pieds dans le tapis, on aurait tort de se priver…

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    • Frédéric Drago
      Frédéric Drago dit :

       » l’émotionnel est un outil de communication universel incontournable quand il s’agit d’éveiller les consciences. »
      Je suis tout à fait d’accord. Certaines personnes sont totalement hermétiques au rationnel et ont besoin de l’émotionnel pour assimiler certaines idées. Donc le problème n’est pas tellement qu’il y ait de l’émotionnel, le problème c’est qu’il y en a trop. C’est souvent de l’indignation facile qui finalement n’amène à rien de bien concret.

      « Citer l’agent Orange, c’est rappeler que l’industrialisation des biocides et des engrais azotés, est d’origine militaire, et non humanitaire. »
      Les fusées aussi sont d’origine militaire, on a pourtant pu faire des choses incroyables et formidables avec elles. 🙂

       » le choix de l’assaut ciblé sur le plus fort, en comptant sur un effet domino, plutôt que s’éparpiller, est sensé. »
      Je comprends l’idée mais je doute que ce soit pertinent. Se focaliser sur une seule cible, c’est au final scruter ses moindres faits et gestes et tout surinterpréter. Pour critiquer, il faut de la matière, et rester sur un cas particulier, même s’il représente la majorité du secteur, ne me semble pas pertinent pour faire une critique fondée.

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  3. Nico
    Nico dit :

    (tout d’abord, je tombe sur cet article par le flux rss du café des sciences, et j’aperçois pas mal de titres qui m’intéressent, je sens que ça va me plaire)

    « dont nous partageons les valeurs et les objectifs, mais pas les méthodes de communication. »
    Je suis bien souvent dans ce cas, et autant que possible j’essaie d’en discuter avec les personnes concernées.

    Mais ce qui me dérange un peu dans cet article (et les autres de ce type), c’est qu’à la fin on a l’impression que Monsanto n’a rien à se reprocher et que les écolos sont des anti-OGM/anti-sciences ou de parfaits couillons qui n’ont aucun argument valable. Oui il y a beaucoup de slogans inexactes voir faux, mais ne pas citer ceux valides me semblent être un « biais de confirmation » en quelques sortes (je dois sans doute lire le reste du site pour en savoir plus sur ces concepts 😉

    Par exemple, il y a quelques semaines, il y avait une « marche contre Monsanto » organisée à travers le monde. Dit comme ça, ça parait caricatural. Mais en lisant un peu plus, le reste parle d’agriculture bio et/ou paysannes (à l’opposé de grandes exploitations), de circuit court (à l’opposé de grande distribution), production local (à l’opposé de fruits venant de l’autre bout de la planète, ou même d’Espagne). L’ennemi n’est pas (que) Monsanto et d’ailleurs la manifestation n’oubliait pas de citer quelques autres (« Syngenta, Limagrain, BASF, Pionner, Bayer »).

    Monsanto en est un symbole. Une lutte a besoin de symbole.

    Concernant les OGM, aujourd’hui le principal argument que je retiens est que cette technologie est, de fait, entre les mains de grands groupes et qu’elle leur donne un pouvoir immense de contrôle du marché et de ses clients, les producteurs. L’autre argument est un peu similaire à ce que je reproche à l’industrie pharmaceutique ou beaucoup d’autres domaines : que d’opacité !

    Ce qui m’amène à cette phrase : « Le but ici est de présenter Monsanto comme un empire attiré uniquement par les profits, dominant le monde et les agriculteurs »
    Si Monsanto dispose des brevets sur 90% des graines à travers le monde, si la citation « Nous ne pouvons nous permettre de perdre un seul dollar » est exacte, alors permettez moi de dire que oui, Monsanto est un empire attiré uniquement par les profits, tentant de dominer le monde et les agriculteurs 😉

    Tout ça pour dire : toute lutte peut être décrédibilisée en retournant certains faux arguments (on en trouvera toujours) et il est bon, comme c’est fait ici, de les recadrer. Mais n’oublions pas les bons arguments. Ne biaisons pas le raisonnement des lecteurs 🙂

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    • Frédéric Drago
      Frédéric Drago dit :

       » il y a beaucoup de slogans inexactes voir faux, mais ne pas citer ceux valides me semblent être un « biais de confirmation » »
      C’est pour cette raison qu’on a mis une petite référence à la fin de l’article aux quelques personnes qui ont une argumentation rigoureuse, comme certains que je connais dans le milieu végétarien. Il n’est évidemment pas question de tout rejeter dans le milieu écologique, heureusement. 🙂

      Je n’ai pas eu le même ressenti que toi sur la « marche contre Monsanto ». Celle-ci m’a paru au contraire être un rassemblement de poncifs et slogans souvent faux par exemple en associant systématiquement les OGM à la mort. Personnellement je serais ravi si les exemples que tu donnes sur les alternatives agricoles, les circuits courts etc. étaient plus répandus, mais je crois qu’actuellement ce n’est malheureusement pas le cas. 🙁

      Après, la question de l’opacité ou du pouvoir donné à des entreprises privées, c’est un débat un peu différent, c’est plus social/économique/politique. Mais je crois que c’est ici qu’on peut finalement trouver les arguments les plus intéressants, au lieu de rester dans les habituelles OGM = caca.

      Et finalement, l’article n’a pas pour but de faire croire que Monsanto est un saint. 🙂 Ca reste une entreprise et évidemment ils cherchent le profit. La citation que tu donnes venant de l’article avait uniquement pour but de mettre en avant la manière caricaturale de présenter Monsanto. Cette entreprise ne domine pas plus le monde que les entreprises pétrolières, les grands groupes informatiques ou je ne sais quoi d’autre.

      Répondre
      • Nico
        Nico dit :

        Nous sommes certainement d’accord sur presque tout. J’ai un réflexe qui me fait contredire quasi systématiquement l’argumentaire des autres si j’y vois quelque chose qui me dérange ; même si sur le fond je suis complètement d’accord.

        Sur la marche contre Monsanto, c’est vrai qu’on retrouvait beaucoup de slogan catégoriquement anti-ogm, ogm=mort, etc. Mais ce n’est pas à mes yeux une raison suffisante pour rejeter ce type de manifestation. Au moins pour cette raison : ce sont seulement ces personnes qui vont agir en premier. S’ils ont « raison » (peut être pas par le bon raisonnement), d’autres, plus raisonnés, suivront. C’est, il me semble, j’espère, ce qui commence doucement à se passer sur ces questions écologiques (circuit court, agriculture respectueuse de l’environnement et des agriculteurs…).
        Ensuite, d’autres s’emparent de la question, qui petit à petit se généralise, et les premiers restent marginaux.

        De manière général je me dis que les extrêmes servent à ça. Pour le meilleur et pour le pire. Ce qui me rappelle une citation d’un film (que je ne saurai retrouver, repris dans une chanson de Troublemakers) :
         »
        Chaque fois que quelque chose a bougé dans ce monde ça a toujours été pour le pire. Voila pourquoi personne ne bouge ; personne n’ose provoquer l’avenir. Faudrait être fou pour provoquer l’avenir. Faudrait être fou pour risquer provoquer un nouveau 19, un nouveau 14, un nouveau 37…
        – Alors il ne se passe jamais plus rien ?
        – Si, parce qu’il y aura toujours des fous et des cons pour les suivre et des sages pour ne rien faire.
         »
        Un peu pessimiste. Si les sages suivent les fous, peut être que les cons se tairont 🙂

        Répondre
        • Nico
          Nico dit :

          PS: pour reprendre les remarques d’un autre commentaire : la raison et la science ne peuvent débattre en vase clos (ou en vain). La politique, la question social, l’économie et l’émotion sont inévitables. Se rabattre systématiquement sur l’argument « les ogm ne sont pas démontrés dangereux » (ce qui est sans doute vrai) pour justifier et autoriser les ogm ne suffit pas. C’est en tout cas mon avis.
          Tout comme expliquer et prouver que le réchauffement climatique est une réalité ne suffit pas (à mon grand désarroi).

          Répondre
          • Frédéric Drago
            Frédéric Drago dit :

            « Se rabattre systématiquement sur l’argument « les ogm ne sont pas démontrés dangereux » (ce qui est sans doute vrai) pour justifier et autoriser les ogm ne suffit pas. »

            Oui je suis plutôt d’accord avec ça. Sur tout sujet il est nécessaire de voir la question dans sa globalité avec du recul en prenant en considération toutes les facettes du problème.
            J’espère que tu as raison en disant que l’action déclenchée par l’émotionnel ou l’indignation amènera par la suite une action plus réfléchie. Mais là comme ça sans vérifier, je ne sais pas si l’histoire confirme cette vision. 🙁

  4. Guts
    Guts dit :

    Bonjour

    Message rapide car taff. Article très intéressant.

    On parle de « glyphosate » et pas « glysophate ».
    Pour rester dans le ton de l’article: merci de faire preuve de plus de rigueur scientifique 🙂

    Répondre
  5. Peu importe
    Peu importe dit :

    Autant je suis tout à fait d’accord pour dire que s’attaquer à des symboles n’est pas une bonne chose (de mon expérience de militant révolutionnaire, quand on s’attaque à des symboles, en général on a tendance à exonérer les autres. Comme les gens qui boycottent McDo autour d’un Quick), autant cette façon d’exonérer Monsanto de toutes critiques est assez malhonnête. Monsanto est une multinationale dans une société capitaliste. Il est évident que son but c’est de faire du profit, par tous les moyens.

    La façon de citer la vidéo où le type (présenté comme un lobbyiste monsanto, c’est ptét faux, mais c’est vraiment marginal) fait le malin en disant qu’on peut boire son pesticide sans soucis puis s’énerve quand on lui propose comme de la manipulation est malhonnête. C’est partiellement dit dans l’article : c’est lui qui se met dans le merde tout seul, l’agriculteur bio il est pas con, il dit pas qu’on peut bouffer son fumier sans soucis. Du coup Moore propose, on lui dit ok, il s’énerve, qui est malhonnête ? Qui ment ? Celui qui dit qu’on peut en boire ou celui qui dit qu’on a qu’a essayer ?

    Sur la vidéo de DataGueule, le débat sémantique sur le terme « produit » est à mon sens anecdotique, certes on peut comprendre « produit » comme le fait de vendre, mais l’acception qu’ils utilisent se justifie facilement. Et sur une vidéo de 3 minutes, citer un seul chiffre c’est la définition même du cherry piking. DataGueule fait régulièrement des vidéos sur des entreprises en particulier (Amazon ou H&M par exemple), moi non plus je suis pas fan à dire vrai, comme dit, ça donne l’impression que H&M c’est pas bien mais que Zara c’est cool. Mais de l’autre coté, pointer du doigts une entreprise en particulier et ternir son image ça peut pousser cette entreprise à vouloir s’améliorer, de peur de perdre des clients. C’est une question de stratégie politique, et à mon sens c’est pas vraiment le lieu d’en discuter.
    Sur le fait de rappeler l’agent Orange, c’est facile à expliquer : certes il y a eu des changements, mais pour une vidéo de présentation (plutôt à charge) sur une entreprise, je vois pas pourquoi on ne citerait pas ce fait, pas si lointain. Je suis prêt à mettre ma main au feu que si DataGueule faisait une vidéo sur IBM, ils parleraient des nazis.

    Je suis d’accord avec votre conclusion sur le « il y aurait beaucoup à en dire » sur les dérives mystiques dans l’écologie, il aurait peut-être fallu développer cette partie.

    Je pense qu’il faut ajouter une critique politique de cette forme d’écologie idéaliste (idéaliste au sens de « basée sur des idées plaquées aux faits » opposé à une vision matérialiste). On pourrait dire que cette écologie ne remet en aucune façon en question le mode de production capitaliste qui pousse, par essence, à avoir une vision à court terme du profit avant tout. A partir du moment où cette écologie se passe d’analyse globale du fonctionnement de notre société, à mon sens, elle ne peut pas aller au bout de sa critique : le jour où les entreprises bios auront 30% des parts de marché, seront-elles plus sympas que Monsanto ? Ne vont-elles pas elles aussi faire du lobbying pour assouplir les conditions de bio ? Leurs patrons ne vont-ils pas s’en mettre plein les fouilles devant des millions de personnes qui meurent de faim ? Si Monsanto met la clef sous la porte, n’y aura-il pas 20 autres Monsanto ? Et le bio c’est une chose, mais même si le bio fait 30% de parts de marché, qu’est-ce qui empêchera Telentreprise de déverser ses eaux usées dans les cours d’eau potable ?
    Je m’égare, mais j’avoue que j’ai toujours du mal à comprendre pourquoi les gens ne vont pas au bout de leur raisonnement.

    Bref, je suis d’accord sur le constat global, pas sur les exemples ni sur l’analyse :).

    Répondre
  6. Antony
    Antony dit :

    Pour une vrai critique rationaliste.

    Une défense de l’esprit critique en quête de rigueur.

    Les médias spécialisé dans la culture scientifique et l’esprit critique sont désormais des entité à part entière. Pourtant cette critique rationaliste et cette défense de l’esprit critique sont bien souvent immature caricaturales voire parfois totalement mensongères et manipulatrice….

    Vous voyez probablement ou je veux en venir. Si vous convoquez un peut de science humaine, notamment l’analyse des média, on ne peut que constater que cet article se positionne à charge contre les dits « média spécialisé dans l’écologie ».

    De quels médias s’agit-ils ? Le site Reporterre ? le site de l’INRIA ? le site de l’UVED ? de l’ADEME ? Bref la généralisation et l’imprécision commencent mal l’article.

    Répondre
  7. ecolami
    ecolami dit :

    Les débat sur les OGM est pollué depuis toujours par des considérations financières. Tout ça parce que cette technique a été mise à profit (c’est le cas de le dire!) par des sociétés privées. Si cela n’avait pas été le cas, que les organismes génétiquement modifiés aient été gratuits, financés par des fonds publics le débat aurait pris une autre tournure et il n’est même pas sûr qu’il ait eu lieu.
    Se passer des OGM est d’autant plus facile que les produits phytosanitaires sont assez nombreux et efficaces. Le recours aux OGM a pour but de limiter le recours aux phytosanitaires à un nombre réduit de produits. La configuration des variétés résistantes à UN herbicide a pour conséquence (et avantage pour le fabricant) de s’assurer une clientèle captive (dans la mesure ou l’herbicide est encore protégé par un brevet, ce qui n’est PLUS le cas pour le Glyphosate) qui achètera à la fois la semence et l’herbicide. Les OGM sont ils dangereux ou toxique pour l’homme? Pour le savoir considérer le nombre de personnes et la durée d’exposition a cette alimentation. Ce sont des centaines de millions de personnes exposées depuis plusieurs dizaines d’années et malgré tout ça la question de la toxicité se poserait encore, n’ayant pas encore pu être établie? Donc cette question ne se pose plus. Que l’on ait des craintes de dissémination de la modification génétique est davantage fondée. Donc on redouterai la dissémination de la résistance a UN herbicide, obligeant d’en arrêter la fabrication… Dans un autre registre les modifications pour empêcher la plante d’être attaquée par un ou des prédateurs suite à l’ajout de la toxine bactérienne BT peut être plus préoccupante si la dissémination concerne d’autres plantes et donc d’autres prédateurs de ces plantes (insectes). Un autre aspect a prendre en compte est la localisation dans la plante de la modification: par exemple, Est-ce que la toxine bactérienne BT est secrété dans une partie comestible (graine, par exemple) ou non.
    En résumé cesser d’employer des semences OGM fera l’affaire des fabricants de graines ordinaires et des multiples fabricants de phytosanitaires qui pourront vendre une plus grande variété de produits.

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  8. Aglae
    Aglae dit :

    La phrase suivante est maladroite :
    « En vérité, l’agence du cancer de l’Organisation Mondiale de la Santé a indiqué qu’il était possible que ce pesticide soit cancérogène … »

    Le CIRC définit des catégories avec les intitulés suivants:
    Catégorie 2A : cancérogène probable pour l’homme.
    Catégorie 2B : cancérogène possible pour l’homme.

    L’utilisation du mot « possible » peut laisser penser que le glyphosate est classé dans le groupe 2B alors qu’il est classé dans le groupe 2A.
    Je sais bien que le mot « possible » est un mot courant de la langue française avant d’être un mot appartenant à l’intitulé d’une classification du CIRC.
    Mais, vu que la phrase que j’ai cité parle justement de la classification du CIRC, il me semble plus judicieux d’utiliser le mot « probable ».

    Répondre
  9. phimbac
    phimbac dit :

    Quand même, s’efforcer autant de réhabiliter Monsanto comme « juste une boîte comme une autre », c’est un choix que font pas mal de sceptiques et qui me laisse toujours autant sceptique de ces sceptiques…

    Répondre

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