Le triomphe du Storytelling

Ceci ne sera pas le dernier article sur Idriss Aberkane, car il s’agit d’un cas beaucoup plus intéressant qu’il peut sembler qu’au premier abord. Ici nous allons nous intéresser à sa manière de répondre aux critiques, mais bientôt nous reviendrons sur ses « travaux » pour voir quelle vision de la science l’anime. Autant vous lâcher le morceau tout de suite : nous ne partageons pas cette vision.

Cet article aura deux parties, d’abord un passage en revue de l’histoire racontée par Idriss Aberkane et sa traduction en version réaliste, puis je vous proposerai une réflexion sur le succès de cette histoire, ce qu’elle dit de notre rapport aux faits et aux histoires.

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Une réaction habile face à la polémique

Aux critiques et questions suscitées par son CV et le contenu jugé peu scientifique de ses conférences disponibles en ligne, Idriss Aberkane n’a pas répondu. Il a simplement réagi en publiant une nouvelle forme d’autofiction dans laquelle il se présente comme un héros de la science et corrige imperceptiblement, sans jamais les reconnaître, les grossiers bidonnages des versions antérieures de son CV.

Sa seconde réaction, est de bloquer sur twitter les comptes des gens un peu trop sceptiques à son égard. Toute interaction a donc été par lui refusée, et il ignore purement et simplement les critiques au lieu d’y apporter des réponses argumentées. Il impose un discours duquel il n’est pas permis de discuter avec lui. Le but est sans doute de décourager la critique en empêchant le débat, afin d’étouffer la polémique. Cela ne saurait nous interdire de continuer à disséquer cet intéressant cas d’école.

Tout d’abord disons une chose : Idriss Aberkane n’est pas un imbécile. Il a été un étudiant brillant et a obtenu de vrais diplômes. Il eut pu choisir, peut-être, avec le goût de l’effort et de l’abnégation, une carrière de chercheur. Mais il a moins un profil de chercheur que de chercheur de diplômes, et il feint admirablement bien de ne pas comprendre l’inadéquation mise en exergue sur les réseaux entre ses prétentions d’expertise, d’excellence et ses véritables publications et réalisations. Ce qui sera questionné ici, ce n’est pas l’intelligence de monsieur Aberkane, ni son talent à dire des choses enthousiasmantes, à captiver son auditoire, mais la confiance que l’on peut concéder à ses dires une fois examinée la véracité d’un certain nombre de ses affirmations. Ce qui est questionné ici, c’est la valeur de sa parole.

Avant de questionner le fond, dissipons le nouveau nuage de fumée jeté le 31 octobre vers 23h sur son site http://idrissaberkane.org (peu d’éminents chercheurs ont assez d’égo pour posséder un site avec leur nom suivi d’un « .org »). Les lecteurs pourront consulter in extenso ce qu’il appelle « une sorte de constitution professionnelle ». On ne va pas s’arrêter sur tous les points, car nul ne l’accuse de mentir sur tous les détails de son parcours.

Idriss Aberkane a-t-il déjà publié un article scientifique ?

Nous avons publié il y a peu le résultat d’une petite enquête au sujet d’un extrait de cette réaction du 31 octobre. Dans le but de vérifier une allégation de statut de « co-auteur final » nous avons découvert que le seul article universitaire d’Idriss Aberkane… n’existe pas réellement. C’est en fait un poster de congrès, et ce qu’il dit à son sujet est inconciliable avec les faits.

Fact-checking, le retour

En 2005 j’ai obtenu un DEUG Biologie option chimie Mention Très Bien de l’Université Paris-Sud d’Orsay (l’ancêtre de Paris-Saclay) top 1%, sept lettres de recommandation, et effectué deux stages dont un dans une équipe du CNRS avec laquelle j’ai dû signer un contrat de propriété intellectuelle couvrant la durée du stage. »

4ème sur 209, c’est un excellent résultat, mais ça ne fait pas le top 1%. Alors pourquoi le dire ?

J’ai été admis par concours sur dossier comme prédoctorant à l’Ecole Normale Supérieure…

Notons la confusion de la formule : « par concours sur dossier » semble dire qu’il a passé le concours d’entrée, voie royale. La réalité est qu’il a été admis sur dossier (ce n’est pas donné à tout le monde il était donc un bon étudiant). La distinction (qu’elle soit légitime ou non) réside en ce que les élèves admis au concours peuvent se dire « Normaliens », et les autres non.

Il s’agit d’un texte en réaction à des accusations de bidonnage de CV, alors pourquoi ne pas faire le choix de la clarté et préférer au contraire une formulation pouvant prêter à confusion ?

J’ai ensuite été invité en 2006 comme assistant de recherche rémunéré au département de psychologie expérimentale de l’Université de Cambridge, co-auteur final d’une publication en psychoacoustique. Je retournerai à Cambridge comme assistant de recherche en 2009, cette fois pour étudier des données de MagnétoEncéphaloGraphie (MEG). » Dominance region for pitch at low fundamental frequencies: Implications for pitch theories », Brian C.J. Moore, Brian Glasberg, Idriss Aberkane, Samantha Pinker, Candida Caldicot-Bull in The Journal of the Acoustical Society of America (Impact Factor: 1.5).01/2007.Cambridge

 

Le mot « invité » est intéressant. Il y avait probablement le mot « guest » ou « invited » sur sa convention, son badge ou son trousseau de clef, cela ne veut pas dire que sa présence a été sollicitée par le laboratoire, or c’est exactement ce que semble dire le paragraphe ci-dessus. Il s’agissait d’un stage d’été de 2 ou 3 mois. Que suggère Idriss Aberkane quand il précise qu’il a été invité et qu’il a été rémunéré : que d’autres ne le sont pas, et que son cas est exceptionnel. Ce n’est pas tout à fait exact.

Quant au terme co-auteur final, il est celui qui nous a mis sur la voie d’un scoop : l’article dont il se vante n’est pas un article mais un abstract de poster. Idriss Aberkane ne figure pas dans la liste des auteurs du papier final qui sortira en 2012, preuve que son implication n’a pas été cruciale dans ces travaux, et qu’en l’espèce il a commis un mensonge peu habile.

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J’ai été invité à l’Université de Stanford en 2006, d’abord comme “Visiting Scholar” (que l’on traduit souvent comme chercheur invité) par le Professeur…

Là encore il se dit « invité », et on est en droit de faire remarquer que ce n’est pas vraiment comme ça que ça marche ; c’est certainement lui qui a fait les démarches pour se rendre là-bas (comme c’était son droit). Aucun document fourni n’atteste en tout cas la thèse de l’invitation spontanée par Stanford telle qu’implicitement rapportée par Idriss Aberkane. Mais peut-être peut-il produire le nom de la personne qui l’y aurait « invité » pour rendre sa version crédible, s’il y tient.

– j’ai donné trois conférences à l’Université –

Conférence est un mot plus vendeur mais moins exact que séminaire, mais séminaire était le bon mot à employer. Un as de la communication peut-il involontairement faire autant d’erreurs qui vont toujours dans le sens de donner une image plus flatteuse et importante de sa personne ?

Les chercheurs industriels professionnels, en général, publient très peu en dehors de leurs produits finis ou de leurs brevets, mais je suis contre le brevet logiciel.

C’est souvent vrai. Cela dit, Idriss Aberkane publie beaucoup. On compte 25 publications dans son CV : trois thèses, un article qui n’en est pas un… et des tas de publications sans valeur universitaire reconnue, sans lien avec sa recherche industrielle. On est plutôt dans du discours en sciences sociales molles. Notez que là encore l’effet produit par une telle liste est une confusion profitable à monsieur Aberkane ; elle donne l’illusion d’une grande productivité universitaire. Le but d’un CV est-il de faire illusion ?

Je suis enseignant chargé de cours à l’école CentraleSupélec (Université Paris-Saclay) depuis 2011

Rappel : sur son CV et sur son site, il se disait professeur (un grade qu’il n’a pas) ce qui a forcé l’école Supélec à démentir officiellement son statut d’enseignant-chercheur. M Aberkane ne revient nullement sur cette usurpation-là (qui n’est vraiment, vraiment pas innocente quand on sait de quoi on parle), comme si cela n’était l’une des raisons pour lesquelles son CV a attiré les foudres des gens attachés à la probité des scientifiques.

j’ai dirigé un si grand nombre de mémoires de Mastère Spécialisé (formation sélective inscriptible uniquement après un Mastère) que je ne peux m’en souvenir de tête.

Son CV mentionnait qu’il avait dirigé « plus d’une vingtaine de thèses de master » or l’utilisation du mot est rare dans le cas d’un master et on le réserve d’ordinaire au doctorat. Par anglicisme il peut s’employer, mais alors il prête à confusion. Quelle surprise que ce soit le choix de la confusion encore une fois qui ait prévalu dans ce texte.

J’ai d’ailleurs été stagiaire dans un laboratoire du CNRS dès 2005 et ce n’était pas pour apporter des cafés mais faire de la recherche.

Comme des milliers d’étudiants ! Tous ne prétendent pas avoir été « chercheurs » juste parce qu’ils ont été « stagiaires ». Mais il fallait qu’Idriss Aberkane se juge plus digne qu’eux de cette adresse.

Le premier doctorat (Thèse rédigée en anglais)  a fait suite à mon éducation militaire comme officier de marine de réserve, il portait sur la géopolitique de la connaissance, au Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Paris.

Seules les écoles doctorales des universités peuvent délivrer des diplômes de doctorat. Le titre « PhD » pour Philosophiæ doctor est moins encadré. Idriss Aberkane peut donc vraisemblablement se dire PhD du Ceds, mais pas revendiquer un doctorat. Cela ne l’empêche pas de nous dresser un véritable panégyrique à la gloire de ce travail :

« Le mérite et l’originalité de ce doctorat ont donné lieu à une publication soumise à la revue d’un comité éditorial de trois personnes, “Noopolitique: le pouvoir de la connaissance” chez Fondapol, puis à sa republication aux Presses Universitaires de France. Fait rarissime, cette publication a été traduite en Chinois, Coréen et Anglais (voir site de Fondapol) »

La Fondapol est un think tank qui produit des analyses, des études, des points de vue. Même si elle possède des comités éditoriaux, leurs publications ne sont pas équivalentes à des revues scientifiques expertisées par les pairs. C’est cependant l’impression que donne le phrasé d’Idriss Aberkane, qui gauchit la vérité juste assez pour permettre aux gens de croire qu’il jouit d’une reconnaissance académique dont il est dénué.

Ce doctorat n’a donc malheureusement donné lieu à aucune publication universitaire permettant de valider le travail du doctorant. On a dit dans un article précédent l’étrangeté de la composition du fort restreint jury de thèse.

SECRET STORY

Le deuxième doctorat est en Littérature Comparée et Études Méditerranéennes à l’Université de Strasbourg.

Une thèse de 259 pages abondamment illustrée dont le résumé déborde d’analogies entre le cerveau et le monde littéraire. À toutes fins utile précisons que l’analogie est l’outil favori des pseudosciences, qu’elle est utile en médiation scientifique, mais qu’elle ne peut jamais être un mode de description du réel dans le cadre d’un travail scientifique.

Un article entier sera réservé à l’analyse de cette thèse, tant on y trouve d’extraits qui témoignent d’une prétention hallucinante à révolutionner la science, à en rejeter les codes, à en mépriser la démarche. Pour le dire en trois mots, Idriss Aberkane y développe une pensée mystique, scientiste et relativiste qui devrait faire bondir n’importe quel épistémologue.

  • Extrait du résumé : « Ainsi comme il existe une cartographie dynamique des connexions cérébrales, la connectomique, il existe une connectomique des littératures et une biologie des littératures. Une partie du corps calleux des littératures, le faisceau de connexions directes entre Orient et Occident, est la « chaîne de la gâtine », un linéament de textes qui se fascinent pour l’interaction entre le monde et la conscience.»

et le troisième [doctorat], donc à l’école Polytechnique, a pour objet la neuroergonomie et la bio-inspiration logicielle appliquée, dont un chapitre a donné lieu, aussi, à une publication sous comité éditorial chez Fondapol, puis republication aux Presses Universitaires de France, traduite encore une fois en Chinois, Anglais et Coréen.

Nous nous bornerons à dire que cette thèse (obtenue à l’Université Paris-Saclay et non à Polytechnique) n’a pas non plus été l’occasion pour Idriss Aberkane de publier enfin un article dans une revue scientifique, comme c’est la règle pour valoriser un travail de recherche. On peut légitimement penser qu’il n’y a pas eu de véritable travail de recherche derrière la rédaction de ce mémoire. Le titre le souligne d’ailleurs de manière singulière par sa formulation très vague : « Neuroergonomie et Biomimétique logicielle pour l’économie de la connaissance: Pourquoi? Comment? Quoi? »

Idriss Aberkane ne s’est jamais soumis à l’examen de ses travaux par des pairs.

Sur les entreprises qu’il aurait créées et qui auraient planté plus de 10 000 arbres au Sahel, ne disons rien. Nous n’avons pas le temps de vérifier ces informations. Cela peut être vrai, et cela indique le talent d’entrepreneur de l’individu, sans rien dire sur ses connaissances dans les domaines où il se dit expert. Cela peut aussi être faux pour autant que nous le sachions.

Déontologiquement et légalement, il n’est pas possible d’être dirigeant d’entreprise et fonctionnaire titulaire en même temps. En créant et dirigeant ma première entreprise sociale en 2009, juste avant de me lancer dans mes recherches doctorales, et en sachant que j’en créerait deux autres par la suite, je savais donc que je ne ferai jamais carrière comme fonctionnaire-chercheur et c’est pour cette raison que j’ai choisi la recherche industrielle et appliquée, un secteur où le professionnel ne publie quasiment jamais ses travaux.

C’est inexact. Il existe des procédures facilitées pour qu’un chercheur CNRS puisse monter et diriger une entreprise. En fonction du temps consacré et des revenus perçus, ça peut exiger de se mettre en disponibilité totale ou partielle. La manière dont Idriss Aberkane présente la chose laisse croire qu’il avait toutes les chances d’avoir un poste au CNRS mais qu’il a décliné cette possibilité car un choix s’imposait à lui. Inexact. Ajoutons que dans le privé aussi règne le publish or perish, et que c’est un faux semblant d’expliquer de cette manière l’absence de publication.

Dans une version datée du 3 octobre, le point suivant a été ajouté, probablement en raison de ma propre insistance sur les réseaux sociaux à lui demander qui l’avait nommé « Ambassadeur du Campus Numérique de Systèmes complexes Unesco Unitwin ».

Je suis également « Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire » du Complexe Systems Digital Campus (CS-DC) UNESCO UniTwin. ambassadeur-unesco-unitwin

Que constate-t-on ? Qu’un tel titre n’existe nulle part ailleurs dans le monde académique. Idriss Aberkane est le seul à le posséder. Qu’il est délivré par Pierre Collet, un chercheur en informatique qu’on retrouve dans le jury non pas d’une mais de deux thèses d’Idriss Aberkane en Littérature et en Sciences de Gestion. Si vous avez le mot complaisance sur le bout de la langue, on ne nous en blâmera pas. On se demande au nom de quels travaux ce titre lui est accordé.

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Contactés, les présidents des jurys de thèse et le Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Paris n’ont pas donné suite à notre courrier leur demandant des informations sur la qualité de ces thèses, notamment l’accès aux rapports de soutenance qui contiennent les critiques académiques adressées au manuscrit et à la soutenance orale par les rapporteurs, normalement membres du monde universitaire.

Une mystification.

La réaction du 31 octobre est une autofiction. Idriss Aberkane nous raconte une success story à laquelle on croit volontiers, car c’est une belle histoire. Les thématiques sont exaltantes, les décors sont étincelants, les ambitions sont à la mesure de l’excellence des références, et les diplômes sont à la démesure de ces ambitions empressées. On a quelqu’un de brillant qui nous parle d’échec (celui de l’école), lui qui n’a connu que des réussites ; qui nous promet de « libérer notre cerveau » lui qui de toute évidence utilise si bien le sien. On veut y croire, même quand certains faits ne cadrent plus, même quand on comprend qu’il y a des arrangements avec la réalité, car après tout quel héros est totalement parfait ? Les exagérations peuvent sembler pardonnables dans un monde féroce où les vraies vocations, les vraies valeurs ont maille à partir avec les conflits d’intérêt et l’immobilisme intellectuel. Le plan marketing consiste à nous parler d’un pouvoir d’achat égal pour tous : celui de la connaissance qui ne dépendrait que du temps et de l’attention, et ce au mépris de tout ce que la sociologie et la psychologie nous disent sur les déterminismes sociaux et sur l’inégalité radicale entre les humains qui ne s’effaceront pas d’un vœu pieux. Mais c’est gaiement qu’avec lui nous nions des réalités indésirables pour nous cramponner à l’espoir que la science a les réponses à tout, surtout quand elle est mise en équations.

Ф(k) α At

Le flux de connaissance (k) est proportionnel au temps (t) et à l’attention (A)

Cette équation est une profondité, selon le mot inventé par Daniel Dennett (deepity en anglais). Une profondité est une proposition qui peut avoir au moins deux sens. L’un est vrai mais trivial ; l’autre semble profond mais il est essentiellement faux et serait bouleversant s’il était vrai.

Ici, ce que nous dit-on ? Que le flux de connaissance dépend du temps disponible et de l’attention consacrée. C’est une évidence qui n’a pas besoin d’une équation : c’est à la fois vrai et trivial, et donc ça n’a aucun intérêt. Sans temps ou sans attention, nulle connaissance n’est transmise, personne ne l’ignorait.

Mais l’équation dans son contexte semble dire autre chose : du temps et de l’attention, tout le monde en a, et on peut transformer les millions d’heures passées sur les jeux vidéos en un immense flux de connaissances qui va alimenter l’économie (il parle de le transformer en « cash flow »). Cela est bouleversant si c’est vrai, mais c’est faux. Les individus ne sont pas maîtres du temps qu’ils peuvent consacrer à des serious game, ils subissent d’innombrables contraintes dans leur vie quotidienne qui ôtent à certains la simple possibilité de consacrer du temps à ces activités ; et leurs parcours personnels aboutissent à des inégalités cruelles sur la quantité d’attention dont sont capables les uns et les autres. Pour rendre compte du réel, il faudrait une équation autrement plus complexe que celle proposée par Idriss Aberkane, et jamais soumise par lui à la critique de la communauté scientifique. Les « pauvres » et les « chômeurs » ne sont pas réellement plus riches de temps et d’attention que les autres, mais on nous dit le contraire, et on veut le croire, car cela rend possible la belle histoire qui nous est narrée.

Il y a un coté e=mc² dans cette petite équation qui, sous une forme toute simple, nous donne l’illusion d’avoir compris une chose compliquée. Rien d’étonnant à ce que la séduction opère. Donner l’illusion de rendre plus intelligents des gens à qui vous voulez vendre l’idée que vous savez comment rendre tout le monde plus intelligent est en effet prodigieusement futé.

Chalkboard drawing - From Story to Success

Cachez ce scientisme !

Idriss Aberkane a un discours scientiste déconnecté des réalités de la démarche scientifique et du corpus de connaissance des sciences cognitives et sociologiques. Mais pour certains, ça n’a aucune importance puisqu’ils sont touchés, émus par ce qu’il leur dit. Il leur dit des choses qui ressemblent à de qu’ils veulent entendre, et que d’autres pourraient dire en respectant davantage les faits et la rigueur scientifique qui permet d’isoler et de corriger une éventuelle erreur. Mais Idriss Aberkane est passé avant, il est passé partout, sur toutes les ondes, et désormais c’est lui le propriétaire des concepts de « neurochronologie », « neuronaissance », « neurofascisme », « neurodatasome » dont certains sinon tous sont dénués de véritable définition et de toute validation par le processus de la revue par les pairs, processus qui permet aux scientifiques d’éprouver la solidité de leurs concepts avant toute éventuelle promotion. Le chercheur en neurosciences cognitives Sebastian Dieguez a spontanément inventé le terme de « neuro-impasse » pour parler de ce vocabulaire (communication personnelle).

Le Syndrome de Galilée n’est pas un cliché pour rien : nous adorons l‘histoire du génie solitaire qui doit s’opposer à la médiocrité ambiante. On la retrouve dans la plupart des films à succès qui abordent de près ou de loin le monde scientifique. La manière dont la science est présentée dans la culture populaire et dans certaines formes de vulgarisation alimente cette idée fausse que la science progresse par les coups de boutoir que donnent des héros de comics contre les certitudes indéboulonnables de savant poussiéreux hostiles aux idées nouvelles.

En vrai, la science, c’est une démarche collective. Les génies qui vivent parmi nous ont assez d’intelligence pour travailler en équipe. Ils ont le talent de se faire comprendre par les experts de leur domaine, au minimum par les moins obtus (car oui il y a des scientifiques obtus, fermés et sclérosés, pourquoi le nier ?) car c’est le meilleur moyen de faire avancer les choses et de déboucher sur de vraies découvertes. La révolution de nos modes de vie, de l’école, de la connaissance ne viendra pas de l’initiative d’un coach de développement durable auteur d’un livre dopé aux analogies douteuses, même s’il est bardé de quatorze doctorats en tétrapilectomie, mais d’un processus bien plus complexe qui implique que les gens s’approprient la méthode qui produit de la connaissance afin de mieux distinguer le savoir de la simple idéologie, afin de mieux respecter ce savoir et de le transmettre, afin de faciliter l’émancipation des individus grâce à l’amélioration de la société.

Ce paragraphe que vous venez de lire, enthousiaste, enivrant peut-être, n’est pas moins vrai que tout ce que vous pourrez lire chez Idriss Aberkane. La différence en est que l’auteur d’icelui ne prétend pas être l’individu par qui viendra la délivrance de notre si désespérante condition humaine. Inventer des mots et aligner des bons sentiments peut suffire à faire un écrivain, et les écrivains sont des gens utiles. Mais l’écrivain qui se veut au moins un peu scientifique ne le sera qu’à la condition de respecter ce qui fait qu’une connaissance est une connaissance.

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La science, ce n’est pas l’art de raconter des histoires, c’est la méthode autocorrectrice qui propose des modèles réfutables sur le fonctionnement du monde. Dans la course à la séduction, la science perdra toujours contre le storytelling, alors changeons le game.

20 réponses
  1. Ced
    Ced dit :

    Excellent article qui dépasse, de très loin, les cancans et invectives à l’égard d’une personne précise. Aberkane a menti et nombreux sont ceux qui le savent et s’en moquent. C’est bien là le problème. Ceux qui ne sont pas gênés pas le mensonge de l’auteur, continuent de justifier leur intérêt pour le livre car 1) ils ont « enfin » pu réfléchir et donc « libérer » leur cerveau, jusqu’ici englué dans les futilités de notre bas monde 2) au fond, le livre d’Aberkane a été une porte d’entrée sur un monde qu’ils ne connaissent absolument pas : celui des sciences.

    La plupart des adultes qui n’ont jamais étudié quoique ce soit de scientifique, qui savent à peine ce qu’est une molécule, ou encore appliquer correctement une bonne règle de trois, ou même donner la définition du mot lithosphère se régalent car ce bouquin leur donne un accès au monde des sciences qui leur a été refusé jusqu’ici, notamment à l’école. Aberkane a très bien compris comment canaliser les frustrations des lecteurs et les transformer grâce à un double tour de passe-passe : la poudre de perlinpinpin scientiste (un peu comme quelqu’un qui visionnerait une vidéo de 5minutes sur un sujet appartenant à la chimie et se sentirait pousser une blouse et un Nobel. Ne rigolez pas j’en connais). Le second ressort est plus pervers. Il prétend éclairer des gens en convoquant des éléments qui n’ont pseudo scientifiques ou qui y ressemblent (funny fact) pour appâter le chaland et lui faire croire que (exemple du livre) le calculateur prodige dont le livre parle, c’est le lecteur. Au fond, le livre n’apprend pas grand chose sur le monde des neurosciences cognitives et n’apprend rien du tout de novateur sur les grands concepts convoqués. En lisant des ouvrages consacrés à l’économie bleue, des ouvrages de vulgarisation d’Etienne Klein, ou des vidéos de 30 minutes d’un « vrai » neuroscientifique, on en apprend « réellement » plus qu’avec des anecdotes sur les synapses, ou un pseudo résumé d’un demi article mal assimilé de Dehaene!
    Les sciences ce sont de la sueur, du temps, du travail, des efforts constants pour tenter d’y comprendre quelque chose. Aberkane parvient à séduire ceux qui ne veulent pas fournir l’effort de comprendre. Je ne connais aucun scientifique qui lui accorde du crédit. Quand à Tisseron (médecin psychiatre ayant préfacé son livre) et bien…allez donc lire ce qu’il écrit pour vous faire une idée.Ced

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  2. Adrien Defossé
    Adrien Defossé dit :

    Juste une remarque: « (il parle de les transformer en « cash flow ») » que la phrase soit relative aux heures ou aux connaissances que celles-ci sont supposés produire.
    Désolé pour le chicanage, mais j’ai cru comprendre que vous y étiez plutôt ouvert (et c’est bien).

    D’un autre côté, j’avoue ne pas bien comprendre en quoi le cas d’Idriss Aberkane est particulièrement intéressant/problématique. Excusez cette incompréhension mais je n’avais personnellement jamais entendu parler de lui avant vos premiers articles sur le sujet ce qui tend à me faire fortement relativiser l’impact médiatique du monsieur. Et il m’est d’autant plus difficile d’appréhender le problème que la plupart des recherches que j’effectue sur lui me renvoient à la polémique qui l’entoure ou à son livre.
    Pour offrir une comparaison facile, je comprends l’intérêt du cas Grimault au vu de l’importante communauté qui le suit (ou du moins le suivait). D’autant plus que cette communauté ne semblait de toute évidence pas être en mesure d’accepter l’imposture scientifique que représentait son travail.
    En ce qui concerne Aberkane en revanche, je n’ai pas pu trouver quelqu’un pour le défendre sinon par pure provocation. Et le plus grave semble tout au plus être l’incapacité de plusieurs grands médias ayant relayé son message d’avouer leur manque de déontologie sur la question (puisque n’ayant pas exécuté leur rôle de filtre critique sur les informations qu’ils relaient). Bref, c’est fâcheux mais pas particulièrement nouveau et un article sur ce défaut de la presse me semblerait finalement plus constructif qu’une série sur le seul cas Aberkane.

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    • pw
      pw dit :

      @Adrien Defossé : Ce que vous dites prouve justement l’utilité publique de cette démarche. Aberkane a fait la Une de plusieurs magazines (dont Le Point), il a eu le droit a des portraits flatteurs dans la presse nationale, il a été invité dans plusieurs émissions de télévision, il est en passe de devenir ce que les médias appellent un « bon client » avec éventuellement le statut « d’expert ». Il y a donc fort à parier que nombre de gens intéressés par son propos vont effectuer des recherches sur le web. Il est donc indispensable qu’ils trouvent des articles critiques au cours de leurs recherches : c’est exactement ce qui vous est arrivé. Et c’est bien. Si personne ne prenait le temps de démystifier Aberkane vos recherches tout comme celles de tous les curieux qui voudraient en savoir plus sur Aberkane n’aboutiraient à rien d’autre que les articles d’auto-glorification écrits par Aberkane lui-même 😉 Si en faisant vos recherches vous trouvez essentiellement des articles critiques c’est donc que cet article est utile : well done ! 😉

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    • jeiaz
      jeiaz dit :

      Adrien,

      Je crois que le fait que tu ne le connaissais pas auparavant te fait un peu trop relativiser son impact médiatique (il m’avait également échappé jusqu’à quelques jours avant le premier article de Mendax, mais nos deux cas particuliers mis ensemble ne font évidemment pas une vérité générale).

      Regarde un peu sur Youtube (https://www.youtube.com/results?search_query=idriss+aberkane) les émissions très grand public où il est invité. Ce mec à une vraie présence. Et plus, une stratégie, au vu des enquêtes qui sortent ici. C’est donc quelqu’un qu’il est pertinent de critiquer pour ne pas le laisser répandre des sornettes. D’autant plus que, par rapport à un Grimault, sa parole touche des gens, et acquière une valeur auprès d’eux (du fait de l’apparent sérieux et de l’audimat des médias qui l’invitent, notamment), qui ne se laisseraient pas séduire par une théorie des pyramides aliens. C’est quelqu’un qui peut devenir un « expert » télévisuel récurrent dans les domaines de l’éducation, des neurosciences ou ce qu’il inventera plus tard. Igor et Grishka ont aussi commencé quelque part.

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  3. Lupin
    Lupin dit :

    C’est moche à dire, mais la comparaison avec Jacques Grimault, sur plus d’un point, me paraît en effet pertinente 😉 L’article touffu d’auto-promotion est à ce titre hallucinant. Grimault, au moins, noyait les mensonges et les propositions invérifiables dans tout un tas de conférences, d’articles et de vidéos ; il fallait aller à la pêche pour se rendre compte à quel point tout mis ensemble (et parfois simplement chaque élément pris isolément) n’avait aucun sens… Là, entre son CV dopé aux hormones et l’article rédigé à sa propre gloire, IA nous sert sur un plateau tous les moyens de ne lui accorder aucun crédit. M’enfin, on vient tout juste d’avoir une preuve de plus, cette nuit, que dans cette ère de post-vérité, la réalité n’intéresse plus personne.

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  4. damdamien
    damdamien dit :

    Par ailleurs, sur la seule « équation » qu’il présente (Ф(k) α At), il y a dès le début une incompréhension fondamentale de la notion de « flux » : un flux, par définition, c’est quelque chose par unité de temps. C’est une intensité, un débit, bref, un truc tout sauf quelque chose qui augmente par rapport au temps. Sauf si on se dire que plus on vieillit (t représentant l’âge de la personne), plus le nombre de choses que l’on apprend par unité de temps avec la même attention augmente, et que cette augmentation est proportionnelle à l’âge. Pas du tout sûr, au contraire, un bébé va apprendre beaucoup de choses avec peu d’attention. Et puis je pense que dans ses explications, IA explique bien que ce t, c’est le temps passé à faire quelque chose, pas l’âge.

    Pour rendre le truc moins foireux, on pourrait dire que l’accroissement de la connaissance est proportionnel à ce truc. Sauf que cela voudrait dire que l’attention est constante dans le temps. Si elle varie, il faut faire une intégrale. Un poil trop complexe pour étaler cela dans une TedX.

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  5. SAK
    SAK dit :

    J’attends avec impatience le volet sur la critique de fond. J’ai moi même quelques critiques sur le contenu du « discours » d’aberkane. Je peux vous les communiquez si vous le désirez.

    Répondre
  6. SAK
    SAK dit :

    Effectivement les publi fondation FONDAPOL ne peux pas vraiment compter comme une publication de production intellectuelle « revue par les pairs » etc etc. Tiens d’ailleurs, Idriss Aberkane avait fortement soutenu D. Reynié durant sa campagne pour les élections régionales, sur twitter et via ses chroniques dans le Point. http://www.lepoint.fr/invites-du-point/idriss-j-aberkane/que-signifie-la-candidature-de-dominique-reynie-30-04-2015-1925314_2308.php

    Tout en asseyant sa légitimité « scientifique » sur ses publications chez FONDAPOL, dirigé par ah tiens, qui? Dominique Reynié. http://www.fondapol.org/la-fondation/lequipe-fondapol/

    Bon, à sa décharge, les cas navrant de conflits d’intérêt se retrouve très (trop) souvent dans le monde de la publication scientifique. Mais ça fait pas clean.

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  7. Ced
    Ced dit :

    Tout cela est bel et bon mais son public se moque complètement de la vérité scientifique et de la véracité de son CV. De plus, il suffit de voir le commentaire laconique d’Aberkane sur sa page FB, je cite : « Pour rappel, la liste des preuves de ce que la totalité de mon CV est parfaitement exacte: la rumeur court mais la vérité marche. Et la grande leçon de la Terre, c’est qu’elle se réjouit et absorbe les ordures qu’on lui jette ». Quel toupet. Personne n’a discuté les preuves apportées récemment mais le CV bidonné du départ et d’ailleurs très largement modifié (et les captures d’écrans restent cher M. Aberkane, vous l’apprendrez à vos dépends lors de votre prochain passage tv s’il y a…) et le fond de ses « travaux » sont une farce. Sa thèse en littérature n’a même pas le niveau d’un mauvais M1 de lettres modernes. J’ai lu son intervention orale sur la « conceptique » il y a des contresens énormes sur Cantor et Hilbert dans toutes les pages! Comment de telles choses ont elles pu passer?? Je vous le dis depuis le début ce type est cynique au dernier degré. Il vend du papier et s’adresse à tous ceux qui ne sont pas universitaires pour faire passer ces bêtises.

    Votre article est excellent car il pointe le problème de fond soulevé par cette petite affaire : les gens comme lui réécrivent la vérité et se moquent de tout. Il prétend maintenant qu’il est attaqué en raison des preuves de son cv alors qu’il sait parfaitement qu’il a menti depuis le début en se prétendant normalien, issu d’un M2 du cogmaster, Professeur à Stanford, Supélec, neuroscientifique et j’en passe et des meilleurs! Pourtant tout ce dispositif était INADMISSIBLE. Les écoles auraient pu porter plainte pour usurpation de titre. Quelles preuves apporte t-il des pseudo titres qu’il se donnait depuis le début et qui lui valent encore les foudres des presses sérieuses? C’est facile : rien du tout.

    Oui la terre absorbe les ordures M. Aberkane, heureusement pour vous.

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    • Acermendax
      Acermendax dit :

      Si vous estimez important de rendre publiques les incohérences dont vous parlez sur Cantor et Hilbert, n’hésitez pas à les envoyer ici : menacetheoriste@gmail.com.
      Ce monsieur aborde trop de chose pour que je puisse analyser et réfuter tout : je ne me prétends pas suffisamment connaisseur de tant de domaines.

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  8. ced
    ced dit :

    C’est tout simplement hallucinant. Je pourrais y passer des heures tellement tout cela est aberrant. Cela dit je comprends mieux son rapport à la vérité maintenant… http://www.academia.edu/1576691/VALORISATION_DU_BACKGROUND_DANS_LAPPRENTISSAGE_DES_MATHEMATIQUES_APPROCHE_CONCEPTIQUE

    Faisons simple. Pour commencer, le type s’auto cite trois fois sur quatre pages et 1/2. À moins d’être Jean Pierre Changeux, le procédé est assez étonnant quand on est personne. Mais ce qui l’est davantage c’est la valeur épistémologique de la proposition de départ au point 2 (je cite) : « Le modèle conceptique est hérité notamment de G. Cantor (1899) D. Hilbert (1899, 1901) K. Gödel(1974) et F. Varela (1987) ». Et de poursuivre : « Nous supposons qu’il existe une collection de tous les concepts possibles. Cette collection qui n’est ni un ensemble ni une catégorie, contient au moins tout ce qu’il est possible d’énoncer, donc en particulier les mathématiques connues et inconnues mais énonçables. (…). Nous appellerons cette collection Univers Conceptique. Je me demande bien comment il est possible qu’un gars comme Godel soutienne une chose pareille lui qui établit dans son premier théorème que les rapports fondamentaux en logique entre vérité et prouvabilité sont formellement incompatibles!

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  9. SAK
    SAK dit :

    Suite du storytelling: France24 offre une tribune à Idriss Aberkane qui déroule sa fiction. http://www.france24.com/fr/20161711-idriss-aberkane-liberez-votre-cerveau-economie-neuroeconomie-marketing-trump
    – Mensonge de nouveau sur la validité des trois doctorats
    – mystification à nouveau sur la notion de chercheur invité et d’enseignant.
    – Mensonge sur l’absence de critiques du CONTENU de ses « travaux »
    – écran de fumée sur le lien étroit, voire consubstantiel entre CV et travaux pour un chercheur.

    Sa morgue commence à m’échauffer les oreilles. Si au moins c’était contrebalancé par une créativité et une production intellectuelle de premier plan…

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  10. Ced
    Ced dit :

    Ce gars mérite franchement une médaille. Il a le culot de dire « mon CV c’est la partie la plus solide de mon livre »…. J’imagine donc la validité scientifique de l’ouvrage… C’est un sacré cynique en tout cas. Il doit bien mépriser son public pour arriver à mentir à ce point là en regardant les gens droit dans les yeux.

    La conclusion de tout cela est très simple : vous pouvez vous faire passer pour n’importe qui, ça passe. Les preuves tout le monde s’en tape et c’est bien triste car ça en dit long sur l’intérêt réel des sciences exactes dans notre petite France. Les masseurs, sophrologues, marabouts et autres charlatans ont de beaux jours devant eux. Le pékin moyen aura toujours plus de doute face à son médecin que devant son rebouteux qui déballe ça séduisante camelote. C’est évident. Aberkane le sait.

    Aberkane a menti comme un arracheur de dents. Il y a encore deux mois de cela, tout le monde criait au scandale et à la diffamation, quand on pointait les anomalies de son parcours et de ses « recherches ». Lui criait haut et fort qu’il était ancien de l’ENS, Pr à Stanford, Docteur en neurosciences, Ambassadeur etc. Il a tout modéré sur son PROPRE SITE, et ça il ne s’en vante absolument pas et pourtant il a le culot de dire que tout son CV et les preuves qu’il amène sont vraies! Des preuves qui ne répondent jamais aux questions posées! Imaginez qu’un type disent qu’il est agrégé de sciences physiques et qu’on découvre qu’il mente. Une semaine après, ce même type sort un diplôme de M1 en physique et dit « vous voyez bien que j’ai un M1! Donc je ne mentais pas! ». Aberkane fait exactement la même chose en convoquant des preuves sans rapport avec ce qui lui était reproché.

    Vous le critiquez, il y a 5 personnes, dans la journée, qui s’agenouillent devant son livre et lui donnent 5 étoiles sur Amazon. Vous produisez un article contre lui, il remonte son site sur le classement Google. En tapant Aberkane, aucun des articles amenant de la controverse n’apparaissent dans les deux premières pages. En faisant des captures d’écrans de son site, on s’aperçoit que son site est modéré plusieurs fois/jours. C’est un grand enfumage.

    La solution : amenez le sur un plateau tv avec des journalistes, un vrai normalien, un vrai cognitiviste. Il se fera démonter en deux secondes. Quel journaliste, scientifique visible, aura le cran de le traiter de menteur droit dans les yeux en lui disant qu’il ne répond jamais aux questions qu’on lui pose? Qu’il ne démontre rien? Qu’il prouve du vent? Qu’il ment encore et encore?

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  11. benjamin pitorre
    benjamin pitorre dit :

    Bonjour

    Quand je lit ce genre d’article une question me vient sur la place des scientifiques dans le mass-media .
    Je comprend que les chercheurs n’ont pas forcement du temps a perdre pour des show télé et résumé leur thèse en 1 min pour un profane sans être chiant est difficile , mais ils laissent la place des personnes moins qualifié voir des fraudeurs (la même situation existe chez les philosophes)

    Une valorisation du role de vulgarisateur dont le but est de faire le lien entre le monde scientifique et le mass-media me semble être une urgence absolue.

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    • ce
      ce dit :

      Ça existe déjà mais un Aberkane est « plus marrant » à écouter qu’un Jérôme Sackur ou qu’un Lionel Naccache.

      Répondre

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