Astrologie – Tronche en Live #18 (Serge Bret Morel)

Invitée : Serge Bret Morel, Secrétaire de l’Observatoire Zététique. Ex astrologue.

Emission enregistrée le 26 janvier 2016.

Editorial

Les étoiles ont une forte influence sur l’humanité.

Avant les télécommunications, le GPS et les chaînes documentaires, avant les librairies, la cartographie, avant même l’écriture, les étoiles étaient déjà là. Déjà, elles brillaient, et déjà leur mouvement dans la nuit permettait de s’orienter dans le monde. Et leur position sur l’horizon au cours de l’année permettait même de prévoir les grands changements saisonniers.

Les étoiles étaient le premier calendrier, et l’humain si friand d’histoires où il se donne le premier rôle a gardé en mémoire ce grand cycle astronomique en créant des légendes, en peuplant le ciel de créatures dont les exploits ou les trahisons expliquaient les événements ici-bas. Et de génération en génération ces légendes ont forgé les astérismes, les constellations que nous connaissons aujourd’hui.

Au milieu de cette voute étincelante qui a été le spectacle le plus impressionnant présenté aux yeux humains durant des centaines de siècles, il y avait des étoiles pas comme les autres. Dans l’immobilité générale, ces astres-là allaient et venaient, et parfois décrivaient des trajectoires étonnantes, stupéfiantes. Ces astres furent nommés les vagabonds : les planètes. Et leurs mouvements si particuliers, cycliques eux aussi, apportaient une complexité à la configuration du ciel et permettaient de se souvenir d’une date reculée ou d’en prévoir une à venir.

L’astrologie de ce temps-là était totalement confondue avec l’astronomie. On ne savait rien sur la nature des étoiles, rien sur celle des planètes, on ignorait évidemment la forme de notre galaxie ou qu’il pouvait en exister des milliards d’autres. Dans la profonde ignorance de ce temps-là, se tourner vers les étoiles pour savoir où et quand on était, confinait au génie, et il a fallu beaucoup d’intelligence pour fabriquer les légendes qui, des millénaires durant, décriraient fidèlement les mouvements du ciel.

 

Aujourd’hui, bien sûr, nous restons très ignorants, mais des générations passées et de leur travail acharné, nous avons hérité des connaissances et une méthode pour les améliorer. Nous pouvons toujours nous émerveiller devant la beauté du ciel, mais nous disposons d’outils pour décrire l’univers plus efficacement qu’avec des légendes.

Et surtout nous avons les mathématiques, les statistiques, la science pour nous permettre de vérifier si les natifs du capricorne sont plus enclins à se noyer que les Balances, si les sagittaires sont plus athlétiques que les Gémeaux ou si les Taureaux sont plus productifs dans les métiers agricoles que ne le sont les Cancers. On peut calculer l’effet de la position de telle planète sur les comportements, sur la santé, sur la fortune de telle ou telle partie de la population. On peut vérifier la précision des prédictions des astrologues, on peut tester les raisons pour lesquelles les gens se reconnaissent dans tel ou tel horoscope.

Et tout cela a été fait.

L’absence totale de validité de l’astrologie est un fait avéré dans le monde de la science. L’affaire est pliée depuis bien longtemps : la divination, ça ne fonctionne pas. La divination, ce n’est pas la raison pour laquelle les légendes et les constellations ont pu être transmises au fil des âges. L’astrologie d’aujourd’hui est l’indigne héritière d’une technologie qui a permis à nos ancêtres de se placer dans le temps et dans l’espace, de comprendre l’univers au moins assez pour passer la mauvaise saison et migrer dans la bonne direction.

Il faut respecter la manière dont nos lointains parents ont réussi à coder des connaissances dans le seul support à leur disposition, l’écran étincelant de la nuit. Et c’est manquer à l’hommage qu’on leur doit de mélanger leur savoir ancien avec les salmigondis des diseurs de bonne aventure, les platitudes des scribouilleurs d’horoscopes, les fadaises et fariboles d’un Paco Rabanne, ou les divagations d’un Nostradamus.

Et ce soir, nous avons un expert du domaine pour mesurer avec lui combien l’astrologie est déconnectée de la réalité, et s’avère encore plus absurde, plus absconse, plus désordonnée encore que l’image que s’en peut faire une personne pourtant sceptique et avisée. Notre invité est Serge Bret-Morel, naguère astrologue lui-même pour des raisons peut-être liées à ce qui a été dit au début de cet éditorial, mais désormais sceptique et auteur d’un ouvrage à paraitre bientôt qui présente une analyse critique de l’astrologie.

7 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.