Vos avis sur ‘X’ est-il bien rationnel ?

Rétrospective 2018

Je me livre ici à une rétrospective personnelle de mon année 2018. Ce petit bilan est une manière de rendre compte à celles et ceux d’entre vous qui, par votre participation financière, contribuez à rendre possible une bonne partie de ce qui suit.

En 2018, j’ai sorti mon livre sur « l’Ironie de l’évolution » qui a reçu un accueil critique formidable. J’ai pu m’entraîner à prendre la parole sur les grandes antennes de radio. Verdict : il me reste du travail. Pour accompagner ce livre, j’ai présenté ma conférence « Maudite théorie de l’évolution » une demi-douzaine de fois de Chartres à Montpellier (chez le Cercle Zététique).

J’ai donné des formations « Zététique et autodéfense intellectuelle » à l’Université de Lorraine, à celle de Paris Orsay, à l’ITIRI de Strasbourg, à l’EISTI de Cergy, à l’IUT de Lunéville et auprès d’un public de professionnels à Nancy et Toul. Et je suis intervenu dans des lycées, à Armentières, à Dreux, ainsi que dans une prison pour parler de zététique avec des détenus.

En 2018, la TeB a participé à des conventions un peu partout en France, du Play Azur de Nice à la Kamo Con de Dijon en passant par le Japan Festival de Tours. Nous avons même passé plusieurs jours à Grenoble pour le Festival de Géopolitique que nous avons couplé avec deux épisodes de la Conjuration Open Source qui nous ont permis d’échanger avec d’autres acteurs du monde du scepticisme scientifique et d’illustrer la variété des positions, des opinions, des méthodes, loin d’être un bloc monolithique, le scepticisme est une famille de pensée solidaire mais critique d’elle-même. Et nous avons présenté notre film « Les lois de l’Attraction Mentale » à divers endroits, souvent sur des campus universitaires.

En 2018, la TeB a été invitée par Astronogeek à participer à l’expérience du Crop Circle de Sarraltrof, et notre épisode « Les Glyphes de la Nuit » a été l’un des moments forts de la chaîne.

J’ai co-animé 13 Tronche en Live avec des invités dont je suis fier : Joël Swendsen, Nathalie Nadaud-Albertini, Adrien Gontier, Michelle Mielly, Ludovic Jeanne, Didier Gourier, Etienne Klein, Jean-Philippe Uzan, Sebastian Dieguez, Amélie Vialet, Bernard Godelle, Nathan Uytendaele, Astronogeek. Hygiène Mentale. Defakator. Un Monde Riant. Francine Cordier. Patrice Seray, Grégoire Perra et Elisabeth Feytit. Nous nous sommes même déplacés à Tautavel à l’invitation du Musée, et l’expérience était géniale. Nous espérons bien renouveler l’opération dans un musée ou dans un autre.

En 2018, nous avons commencé à réaliser des annonces de live plus artistiques (voire trop artistiques, voire absurdes) sous la direction de Guillaume.

En 2018, j’ai participé au Salon de l’Enseignement, au Festival du film de Sécurité, et à la Fête de la Science de Nantes avec une conférence et un atelier sur les perceptions. Je suis allé en Suisse à l’invitation de l’association de la Libre Pensée Romande.

J’ai visité le site d’enfouissement de déchets nucléaires de Bures, et sur le plan technique j’ai été très impressionné par l’ampleur du projet et le sérieux des études réalisées tout au long du processus (le plan socio-politique est une toute autre affaire).

À l’occasion du Festival Pariscience, j’ai rencontré Bill Nye à l’Institut de Physique du Globe de Paris, et c’était assez génial. J’ai sa carte. Il ne me reste plus qu’à trouver quoi lui proposer et à lui écrire pour mitonner une intéressante interview… J’ai présenté une mini conférence devant l’honorable assemblée des 50 ans de l’AFIS au Palais de la Découverte à Paris.

Il fallait que je partage ça avec vous !

En 2018, j’ai suivi de très près la polémique autour de l’homéopathie suite à la publication d’une tribune dans le Figaro (bravo à Asclépios, Primum Non Nocere et à tous les autres). Sur La Menace Théoriste, j’ai écrit au sujet de l’Effet Mathieu, des « Fake Med », de l’allopathie, du cas Idriss Aberkane, de la connerie… Et j’ai proposé le concept de la Triade zététique.

En 2018, la TeB est passée sur Canal+ dans un sujet malheureusement intitulé « Vidéos complotistes : La guerre est déclarée ». J’ai enregistré une vidéo avec Julien Pain sur les rumeurs et théories du complot dans le décor du journal de France 3. La presse a un peu plus parlé de notre travail que les années passées.

Deux épisodes de la Minute Sapiens ont été mis en ligne par Maxime Ginolin. La production de ces petites vidéos demande beaucoup de travail et de talents, et Maxime doit jongler entre de multiples projets, mais les prochains épisodes devraient voir le jour en 2019, bientôt.

En 2018, j’ai continué à mettre à jour la liste des programmes de l’audiovisuel public qui maltraitent la science (#VigiSciences). Cette liste est restée sans réponse, malgré le soutien et le relai d’élus régionaux.

En 2018, j’ai inauguré un nouveau format, les Entretiens Epistémiques. Le premier invité s’est défilé, un problème technique a frappé la deuxième émission… Et de manière générale le titre ne convient pas au concept. La copie sera revue pour 2019.

Nous n’avons pas pu débattre avec un homéopathe, tous ceux qui ont été contactés ont fini par refuser. Nous n’avons pas pu débattre avec Thierry Casasnovas, chantre des antivax, malgré de nombreux efforts et concessions lors d’échanges de courrier privés qu’il nous a interdit de partager avec vous.

En 2018, notre équipe a été insultée, caricaturée, conspuée par des tas de gens, parfois en vidéo… Mais nous avons aussi , et surtout, reçu des messages d’encouragement, des témoignages de l’effet positif de notre travail, des suggestions… par centaines. La chaîne a eu 4 ans en novembre, et vos messages à cette occasion nous ont mis du baume au cœur.

J’ai dû bannir des gens de mes pages et réseaux malgré mon désir de ne pas créer une bulle de filtre autour de moi. Certains comportements 100% antagonistes sont de toute façon plus aptes à créer de la réactance qu’une saine remise en question. J’ai passé beaucoup trop de temps à avoir des échanges stériles sur les réseaux, mais c’est la rançon de nombreuses heures à lire des commentaires, des critiques, des débats très stimulants auxquels je vous encourage à participer.

J’ai polémiqué sur Twitter, mais moins qu’en 2017.

En 2018, j’ai probablement oublié de répondre à 4 ou 5 mail et à une quarantaine de messages sur les réseaux. J’espère que personne ne m’en veut et que les gens savent qu’ils peuvent me relancer sans complexe.

En 2018, j’ai signé pour la publication de « Quand est-ce qu’on biaise ? » avec Olivia Recasens. Bientôt il vous appartiendra de décider de la carrière de ce livre. La « suite » de l’Ironie de l’évolution, un petit livre sur les arguments anti-évolution et les réponses qu’on peut leur apporter doit toujours sortir au Seuil… un jour. J’ai envoyé le manuscrit d’un livre sur l’homéopathie à une très bonne maison d’édition dédiée à la culture scientifique. Le premier retour est très positif… Vous en saurez plus quand ce sera possible.

Et puis j’ai écrit une chanson pour la TeB. Vled s’est chargé de l’arrangement musical et d’une bonne partie du chant. Pour l’écouter, il faudra attendre 2019. D’ici là, c’est secret, gardez ça pour vous. Ça va s’appeler « L’esprit ouvert ».

Bref, en 2018, j’ai eu la chance de faire des choses très variées, très stimulantes, de rencontrer des gens passionnants et de travailler avec une équipe globalement bénévole qui rend tout cela possible.

Alors oui en 2018, nous n’avons pas tourné toutes les vidéos que nous aurions voulu tourner. Ni publié tout ce qui a été tourné. Je n’ai pas écrit tous les scripts que je voudrais avoir terminé. Et j’aimerais qu’il en soit autrement. Mais si l’année a un bilan plutôt positif, c’est aussi grâce à toutes les activités qui se font autour des vidéos, et dont certaines sont indispensables pour financer l’ASTEC qui produit ces vidéos. Tout ceci étant dit, 2019 a toutes les chances d’être une année plus productive et cela me réjouit.

Acermendax

Faut-il enfouir nos déchets radioactifs ?

Petit compte-rendu d’une visite d’un laboratoire préfigurant la structure d’un site de stockage en profondeur…

Un futur « centre industriel de stockage géologique »

À 70km de Nancy, sur le territoire de la commune de Bure, se trouve le laboratoire de l’ANDRA, Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, qui appartenait au CEA 1 jusqu’à son indépendance en 1991.

Ne nous laissons pas abuser par le mot « laboratoire » : c’est un ensemble de plus de 2km de galeries creusées à 500 m de la surface dans une couche d’argile formée voici 160 millions d’années, quand la région était sous la mer.

Il y a 160 millions d’années, nous étions en plein jurassique, au milieu de l’ère des dinosaures… qui ne vivaient pas dans la région, comme vous le savez, puisque les dinosaures sont terrestres. Mais on y trouvait des ichtyosaures par exemple. Cette couche est appelée argilite callovo-oxfordien. Et elle possède des caractéristiques physico-chimiques aptes à limiter la migration des radionucléides. Les modèles prévoient que ceux-ci resteront confinés assez longtemps pour que leur radioactivité décroisse jusqu’à ne plus représenter aucun danger dans le bruit de fond de la radioactivité naturelle. Mais on parle d’une échelle de temps avec 5 zéros, ce qui laisse beaucoup de place pour que les choses tournent mal.

Je me suis rendu sur le site le 25 juillet à l’invitation de l’ANDRA qui souhaite communiquer sur un projet de grande envergure : la construction, tout près du laboratoire, d’un site de stockage définitif (mais réversible) des déchets radioactifs les plus dangereux actuellement sur le territoire français : le projet Cigéo.

Cigéo est un projet à part du laboratoire existant. Celui-ci n’a été autorisé qu’à des fins de recherche scientifique sur la faisabilité du stockage profond. De nouvelles décisions par les autorités politiques sont nécessaires pour la mise en route du chantier dans les prochaines années. Et avec Cigéo, nous sommes dans des proportions pharaoniques. Le budget est de 25 milliards d’euros (ce qui signifie que cela dépassera sans doute les 40 milliards), le site en construction emploiera 2000 personnes, puis 600 durant son fonctionnement, comptera deux cents kilomètres de galeries et il doit pouvoir fonctionner environ un siècle avant d’être fermé définitivement. Il contiendra alors 80.000 m3 de déchets, 10% du volume total, mais plus de 99% de la radioactivité actuellement stockée en France.

Le projet prévoit qu’en 2030 les déchets actuellement vitrifiés et coulés dans de grands fûts de métal seront transportés par voie ferroviaire à l’intérieur de conteneurs en béton et aciers testés pour résister à tous les chocs. Leur stockage ne peut se faire avec une sécurité suffisante que si l’on attend que la température des fûts descende en dessous de 90°C. Cela demande 40 à 70 ans… On mesure les précautions indispensables autour de la manipulation et du transport de telles choses.

Pourquoi ici ?

Tout le monde devrait pouvoir s’accorder raisonnablement pour dire qu’il faut gérer les déchets existants de sorte à limiter leur impact sur l’environnement. Que l’on continue à utiliser l’énergie nucléaire ou que l’on stoppe tout demain, les déchets sont bel et bien là. Les ignorer en espérant bien fort qu’ils disparaissent ne va pas fonctionner. Les balancer à la mer n’est pas non plus une solution responsable, aussi a-t-on abandonné cette option autrefois utilisée. Alternatives écartées : les jeter dans des volcans ou les envoyer dans l’espace ; chaque fois le risque afférent au moindre accident est incontrôlable. Il faut ou bien les traiter par transmutation : utiliser un réacteur qui va transformer les éléments radioactifs en d’autres éléments non radioactifs. Ou bien les stocker à très long terme avec les énormes incertitudes logistiques que ces échelles de temps impliquent.

Mais tous les citoyens ne sont pas d’accord pour que le traitement ou le stockage ait lieu dans leur jardin. On serait plus tranquille si tout ça pouvait se faire loin. Pourtant en 1993 plusieurs conseils généraux votent la candidature officielle de leur département à l’implantation d’un laboratoire. Quatre sites sont initialement sélectionnés dans toute la France : la Haute-Marne, la Meuse, la Vienne et le Gard.

Le site de Bure est retenu  par le comité interministériel du 9 décembre 1998, la construction démarre en janvier 2000. Le laboratoire n’est pas destiné à recevoir le moindre déchet, mais à étudier la stabilité du terrain, des galeries et à prendre de grandes quantités de mesures (1 million par jour) pour obtenir une modélisation du sol et des installations qu’on se propose d’y construire.

Depuis l’an 2000, les chercheurs et les agences chargées d’évaluer ce travail estiment avoir validé la faisabilité du stockage géologique de déchets radioactifs. Du point de vue « recherche et développement », le projet est donc mûr pour se poursuivre.

Une forte opposition s’organise, toutefois, avec notamment la création d’une association visant à « rassembler les élus meusiens et haut marnais aux fins de permettre une expression collective de l’opposition au projet de laboratoire et empêcher par tous les moyens légaux, juridiques et démocratiques tout enfouissement de déchets nucléaires en quelque lieu que ce soit ». Leur argument principal consiste à se fier au progrès et aux générations futures qui sauront trouver un meilleur moyen de disposer de tous ces déchets. Ce serait loin d’être absurde si dans le même temps ces opposants n’étaient pas dans leur grande majorité pour un arrêt total du nucléaire qui signifierait un ralentissement conséquent, voire la fin de la recherche dans le domaine. Il faut toutefois rester attentif à tous les arguments qui pourraient remettre en cause le bien-fondé de ces décisions. Cette association est donc démocratiquement pertinente.

 

Comment se faire une idée ?

Depuis des années l’ANDRA fait de gros efforts de communication envers le public. Les opposants au projet dénoncent une « préoccupante domination informative ». Et de fait, il faut toujours être prudent. Un site aussi controversé que celui-ci, destiné à répondre à des normes draconiennes de sécurité pour éviter une catastrophe écologique potentiellement gravissime doit-il communiquer ? Si oui, comment ? Dans un monde perfusé aux rumeurs, théories du complot et paniques sociales, la moindre opacité réelle ou supposée semble devoir toujours faire le jeu de la peur et de la manipulation. Mais se méfier d’une forme de « propagande » est légitime, et il est raisonnable de chercher à se documenter à une large diversité de sources. Il semblerait que l’ANDRA l’ait compris puisque lors de ma visite de l’installation, j’ai rejoint un groupe de blogueurs, vidéastes et vulgarisateurs intéressés par les questions de l’énergie et/ou de l’environnement. Nous avons posé beaucoup de questions, et vous trouverez sur leurs pages leur propre compte rendu de la visite.

Sur des questions aussi graves, veiller à ce que chacun assume ses responsabilités est primordial, et cela ne peut sans doute pas mieux se faire qu’en ouvrant les vannes du questionnement et de l’information.


À lire chez les collègues présents lors de cette visite

 

Une insécurité géologique ?

L’incertitude insupportable que suscite un tel projet provient de la difficulté à comprendre le fonctionnement de la radioactivité, le niveau de la radioactivité « naturelle » dans nos environnements, le niveau de connaissance ou d’ignorance des chercheurs, des ingénieurs… En somme on n’est jamais totalement certain de faire confiance à la bonne personne, surtout à une époque baignée d’un millénarisme écologique que les ravages déjà perceptibles du changement climatique rendent plus crédible que jamais. Il m’a donc semblé utile de répondre à l’invitation et de rendre ici compte de ce que j’ai pu voir sur place.

La descente via le puits principal prend 7 minutes. Il y a en théorie 14 places dans l’ascenseur, nous y tenions difficilement à 10. Déjà on soupçonne le mensonge !! À une telle profondeur, nous dépendons totalement des ascenseurs, les puits ne contenant aucun autre moyen de remontrer. Il existe des échelles dans les installations dont la profondeur n’excède pas 250 m.  Ici, en cas de problème, il nous faudrait gagner les niches de secours équipées en eau et provision pour 24h.

Dans un décor digne de la base secrète d’un méchant de James Bond, faut-il faire confiance à l’accent québécois puissamment séduisant de notre guide, quand il nous explique l’histoire du site, les diverses expériences réalisées ou en cours sur la stabilité des structures ?

 

Les résultats produits dans le laboratoire et échangés avec des chercheurs internationaux, indiquent que le stockage géologique apporte les garanties de confinement nécessaire pour réduire les risques environnementaux. Et la « vérité de science » semble bien devoir se limiter à cela et à rien de plus. Le plus fort impact environnemental surviendra avec la lente diffusion de la radioactivité. Dans trois cent à quatre cent mille ans, arrivera à la surface une radioactivité correspondant à une fraction de celle qui existe à l’état naturel. Les accidents humains peuvent bien sûr se produire au cours de l’exploitation du site, mais aucun scénario ne permet d’envisager une pollution à long terme par les déchets stockés en profondeur, contrairement aux stockages en surface qui nécessitent un entretien continu des installations.

Un phénomène naturel peut nous éclairer sur le devenir d’une telle dose de radioactivité dans la roche. Cela se passe au Gabon, ou plus exactement dans des roches aujourd’hui situées dans ce pays et qui, deux milliards d’années dans le passé, contenaient tellement d’uranium (dont plus de 3% d’Uranium 235) qu’une réaction en chaîne de fission nucléaire autoentretenue s’y est produite durant 150 à 850 000 ans, impliquant 500 tonnes d’uranium, et produisant 100 milliards de kWh. Ce lieu, ce sont les mines d’OkloCe qui est intéressant dans le cas d’Oklo c’est que les produits de fission non volatiles (les « déchets radioactifs ») n’ont que très peu migré (moins d’un mètre) dans la roche en deux milliards d’années. Bien sûr, un site de stockage fabriqué par l’homme n’est pas totalement comparable à ce type de réacteur naturel, mais il apporte son lot d’informations.

 

 

Une solution sans danger ?

Dans un projet visant à descendre à 500m de profondeur des milliers de tonnes de déchets industriels moyennement ou fortement radioactifs, la partie la plus dangereuse est constituée par… les déchets radioactifs. Le projet est donc dangereux par nature. Beaucoup d’activités humaines, d’ailleurs, sont dangereuses, raison pour laquelle nous mettons en place des stratégies de gestion des risques pour établir ce qui peut être fait et ce qui doit être interdit.

J’ignore si le stockage géologique est définitivement la meilleure solution envisageable, mais on peut être à peu près certain que même la meilleure et la plus définitive des solutions à un tel problème comporte des risques. Exiger une solution sans risque, ce serait commettre le sophisme de la solution parfaite, celui qui écarte toutes les idées comportant des défauts et force à l’immobilisme. Cette posture de rejet de tout ce qui n’est pas une solution parfaite est parfois confondue avec le principe de précaution, et au nom de celui-ci on milite ici et là contre absolument tous les projets qui cherchent à assumer la responsabilité de la gestion des déchets qui déjà s’accumulent.

Néanmoins il ne faut pas escamoter le débat public, puisqu’établir le seuil de risque acceptable n’est pas du ressort de la science, mais bien de la société. Il faut donc que celle-ci soit informée et trouve réponse à toutes les questions que des données factuelles et scientifiques peuvent éclairer. Et le dialogue doit permettre de dégager les lignes de désaccord et de mettre en lumière les arguments pro et anti qu’on est obligé de prendre en considération pour prendre une décision éclairée.

L’ASTEC se propose de suivre le dossier, éventuellement sous la forme d’un court documentaire résumant les informations ci-dessus et contextualisant les raisons de soutenir ce projet et celles de s’y opposer.

Crédit Photos : Rodolphe, alias Le Réveilleur.

Ne soyez pas con !

Il parait qu’on est tous le con de quelqu’un. Écrire un article sur les cons fait de moi le con tout désigné de ceux qui trouveront anormal qu’on se permette ce genre d’exercice désobligeant. Pour rappel, si cela peut les apaiser, j’ai aussi écrit il y a quelques temps « Vous n’êtes pas des imbéciles ».

 

C’est mieux d’être gentil

« Con » est un mot désagréable. Il n’est pas indispensable, ni très efficace de traiter de con la personne avec laquelle vous cherchez à avoir un échange. Néanmoins, nul n’est obligé de vouloir dialoguer avec tout le monde, et notamment avec les cons. De leur côté, les cons estiment avoir toujours le droit d’exiger une réponse, de forcer les autres à partager leur passion pour un sport, un jeu vidéo, une question politique, leur théorie du complot favorite, leur offuscation du moment, et leur avis sur tout en général. Notez bien, s’il vous plait, qu’ils ne se comportent pas ainsi parce qu’ils sont cons, mais au contraire, qu’ils sont cons parce qu’ils se comportent ainsi.

Les cons, les vrais, ne méritent pas qu’on perde du temps à essayer de les instruire (Cf Audiard). Il est parfois charitable de le faire malgré tout, mais cette abnégation n’est pas un dû. Le con n’a pas un droit illimité à notre temps et à notre énergie. Et il ne nous appartient pas de le délivrer de sa condition. Attention, ceci n’est pas une invitation à insulter tous les importuns, car l’injure est plus souvent du côté du con. Parfois, appeler un con un con est une bonne manière de clore une conversation. En revanche, seul un con démarre un échange dans l’insulte, c’est un trait distinctif.

« De tous les côtés, casse-couilles, casse-burettes, casse-noix, ribambelle de gonfleurs, pompeurs d’air, suceurs de temps, formidable collection d’emmerdeurs, raseurs de haut niveau, petits porteurs de la connerie humaine, bousculeurs et embouteilleurs d’une vie où l’on se cogne comme à la rambarde d’une patinoire, éternels marcheurs sur le pied d’autrui ! » (Le Bal des Casse Pied – Yves Robert, 1991)

 

Dans cet article, le con ne désigne pas une personne souffrant d’un déficit d’intelligence telle qu’on pourrait la mesurer avec le QI par exemple. J’ajoute qu’il n’est bien sûr jamais souhaitable d’essentialiser les gens, de leur attribuer des étiquettes indélébiles, il est donc bien entendu que dans ce texte le con est une posture, une conduite, et pas un phénomène sociologiquement établi dans la littérature scientifique.1 Les individus peuvent donc se défaire de leur connerie, changer, et ne plus être con. Ce texte est en fait une invitation à opérer ce changement pour peut qu’on me pardonne cette ambition.

 

Délicate définition

Le con se définit comme suit. Dans la vie de tous les jours et sur les réseaux, le con est essentiellement celui qui ne se pose pas ces trois questions :

  1. Suis-je mieux informé ou plus compétent que la personne à qui je m’adresse ?
  2. Ai-je raison de supposer telles intentions de la part de mon interlocuteur ?
  3. Quel est le but de mon commentaire dans le cadre d’une conversation ?

S’il se les pose et répond systématiquement oui dans tous les contextes, on ne peut probablement rien pour lui, mais ce doit être rare. Entendons-nous bien sur ce que la liste ci-dessus ne dit pas.

 

  1. Suis-je mieux informé ou plus compétent que la personne à qui je m’adresse ?

J’ai le droit de m’adresser à ceux qui en savent plus que moi, de challenger leur expertise en leur demandant de produire les preuves ou les démonstrations sur lesquelles ils fondent leurs énoncés. Rien ne doit m’en dissuader. Mais j’aurai l’air con, évidemment, si j’adopte un ton docte dans le but de rabaisser un interlocuteur en laissant entendre que j’en sais plus que lui, s’il s’avère qu’en fait c’est l’inverse.

 

« Honnêtement, le changement climatique me terrifie et cela me rend tellement triste de voir ce qui va disparaître à cause de lui.
— Alors peut-être que tu devrais apprendre un peu de vraie SCIENCE et ne plus écouter les criminels qui propagent l’arnaque du #GlobalWarming !
— Je sais pas, mec. J’ai déjà obtenu un doctorat en astrophysique. J’ai comme l’impression qu’en dire plus serait excessif. »

 

Un malheur ne venant jamais seul, dans une telle situation « l’offenseur ne pardonne pas », et si je passe pour un con (totalement par ma faute), j’ai de bonnes chances d’en vouloir à la personne qu’au départ j’aurais sous-estimée. Cela risque de m’encourager à me comporter comme un fieffé con envers cette personne si je ne fais pas quelques efforts sur moi.

 

 

  1. Ai-je raison de supposer telles intentions de la part de mon interlocuteur?

Parfois, on a raison de soupçonner une intention derrière une posture ou une affirmation. Mais alors ne vaut-il pas mieux agir avec doigté et chercher à démontrer l’intention, notamment à travers des questions ? Ou encore en évoquant explicitement l’hypothèse de ces intentions, de leur manifestation, et de l’intérêt que l’interlocuteur aurait à mieux préciser sa pensée ? Bref, n’est-il pas intelligent d’écarter toute possibilité de quiproquo ?

Bien sûr, si le but de la conversation n’est pas d’apprendre quelque chose, de parvenir à un accord, mais simplement de discréditer l’autre, le procès d’intention n’est plus une marque de connerie, mais une stratégie malhonnête parmi d’autres, et elle est employée quotidiennement par des enfoirés2 dont l’aisance à prendre des postures accusatoires les dispense d’avoir peur de paraître cons.

De manière générale, présupposer une intention implicite dans un énoncé est le meilleur moyen d’agir connement. Le con se fie à sa certitude d’avoir percé à jour la vraie nature de son interlocuteur, oublie de tester son hypothèse, et il se plante souvent sans que cela le dissuade de recommencer. C’est très con. Sous-entendu : si vous évitez de recommencer après un déboire de ce genre, alors il y a de l’espoir pour vous.

 

  1. Quel est le but de mon commentaire dans le cadre d’une conversation?

La censure est basiquement une mauvaise idée. Tous les sujets méritent d’être discutés, et cette troisième question ne doit pas être reçue comme une intimidation. Parfois, ce qu’on peut apporter à un sujet, c’est l’amélioration de notre propre compréhension. Il vaut mieux poser une question et passer pour un con (injustement) plutôt que de ne pas oser et de rester ignorant.

La question du but de la conversation se pose quand, d’emblée, on s’adresse à quelqu’un qui professe une opinion contraire à la nôtre. Dans un tel cas de figure, notre intention peut-être de le convaincre qu’il a tort, et alors on a tout intérêt à se montrer un minimum courtois sans quoi on active la réactance qui empêchera toute évolution de notre interlocuteur. Même quand on a raison, on peut se comporter comme un con.

Le but peut être de debunker une croyance fausse, un discours trompeur, une manipulation, et alors il faut avoir à l’esprit que l’on s’adresse en réalité aux spectateurs de la conversation. Cela peut s’avérer utile, précieux, efficace, mais cela ne signifie pas qu’agonir d’injures le gourou soit la meilleur stratégie pour ne pas passer soi-même pour un con.

On peut aussi chercher à comprendre les raisons pour lesquelles cette opinion est défendue. C’est une démarche honorable que de demander à l’autre de nous expliquer pourquoi il pense ce qu’il pense afin d’avoir la chance d’être convaincu si jamais sa position s’avérait solide. Ceci relève de l’entretien épistémique, et nous devrions tous essayer plus souvent de nous y adonner.

Mais le con est souvent celui qui pense que changer d’avis est une marque de faiblesse, voire de bêtise. Le con est en effet mal armé pour reconnaître la connerie. Il manque de métacognition, c’est-à-dire de l’exercice réflexif de la pensée : penser à comment je pense, à pourquoi  je le pense. Le con est la proie consentante de l’effet Dunning-Kruger.

Nota Bene : des esprits chagrin voudront voir dans cet article le désir de l’auteur de traiter de cons tous ses contradicteurs. D’abord, c’est faux, car je trouve souvent très bénéfique de recevoir des critiques. Ensuite, notez comme cela ressemble à une mauvaise gestion de la deuxième question de ma petite liste.

 

Socrate n’était pas un con

Ces trois questions, en réalité, reviennent à ce qu’on appelle « les trois tamis de Socrate » sans qu’on soit sûr que la paternité lui revienne. Mais l’Effet Mathieu a fait ici son office.

« Un homme accourut un jour vers Socrate le Sage :

— II faut absolument que je te raconte, dit-il, visiblement excité, aurais-tu jamais cru cela ? Tu sais, ton ami…

— Arrête ! l’interrompt Socrate, as-tu passé ce que tu désires si ardemment me communiquer par les trois cribles ?

— Que veux-tu dire ?

— Le premier crible est celui de la vérité ; ce que tu as à me dire, est-ce absolument vrai ?

— Je le pense, reprit l’autre, mais enfin, je ne l’ai pas vu de mes propres yeux, c’est un camarade, Untel, qui m’a confié sous le sceau du secret que…

— Le deuxième crible, interrompt à nouveau Socrate, est celui de la bonté ; ce que tu vas me dire, est-ce une chose bonne ? Parles-tu en bien de ton prochain ?

— Pas précisément, plutôt le contraire.

— Le troisième crible enfin est celui de la nécessité ; est-il absolument indispensable que je sache ce qui semble te mettre en un tel émoi ?

— Indispensable ? Non, pas tout à fait, mais enfin, je pensais…

— Eh bien, mon ami, si ce que tu as à me dire n’est ni indispensable, ni charitable, ni incontestablement vrai, pourquoi le colporter ? Efface-le de ta mémoire et parlons de choses plus sages. »

(Source Wikipédia)

 

Débarquer en croyant faire la leçon à qui en sait plus que moi, c’est prendre le risque de m’éloigner du vrai (1). Présupposer des intentions, croire savoir un motif qu’en réalité j’ignore, c’est courir le risque d’agir mal (2). Enfin, ne pas se demander ce que j’apporte avant de prendre la parole, c’est risquer de gaspiller le temps et l’énergie de tout le monde avec des propos tout sauf nécessaires (3).

 

Beau et con à la fois !

Être simplement un peu con de temps en temps, ce n’est pas grave en soi. D’autant moins quand on l’accepte (sans s’y complaire). Car le con, c’est n’importe qui, c’est tout le monde au moins une fois dans sa vie. Je suis désolé pour les fois où je me suis montré con. Nul n’est à labri de se comporter comme un con. L’admettre, ce n’est pas se ranger soi-même ou quiconque dans une case, mais c’est faire un effort vers plus de rationalité en s’efforçant de se tenir éloigné des comportements, des automatismes, des facilités qui peuvent faire de nous, l’espace d’un instant ou pour toute la vie un con de compétition.

 

La preuve (La minute sapiens #4)

Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve, disait Euclide. C’est sans doute vrai. On le sent bien que c’est sans doute vrai. Mais il y cette chose que disait Saint Augustin : « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus. ». S’il en allait de même avec la preuve ?

Si je voulais prouver ici que la Terre est ronde, je trouverais des gens pour n’être convaincus par aucun des arguments que je voudrais appeler preuves. Ces gens, vous pouvez les croiser en quelques clics, ainsi que d’autres qui croient que le Moyen Âge n’a pas eu lieu ou que la science a trouvé un lien de causalité entre vaccination et autisme.

C’est humain.

À certaines personnes, dans certains contextes on ne peut rien prouver. Tenez, vous par exemple. Si je vous dis que vous n’êtes en réalité qu’un cerveau dans un bocal. Branché à un superordinateur, vous recevez tous les influx nerveux qui vous donnent vos sensations. Vous pouvez imaginer n’importe quelle expérience, les résultats seront toujours compatibles avec l’hypothèse du bocal, puisque l’ordinateur est expressément conçu pour vous donner l’illusion d’être dans un monde réel.

L’hypothèse est cohérente, conforme aux faits ; vous n’avez objectivement aucun moyen de l’évacuer juste parque qu’elle est bizarre. La physique quantique a des hypothèses bizarres que nous acceptons. Alors ?!

« Une affirmation extraordinaire requiert des preuves plus qu’ordinaire.» Carl Sagan

Le but n’est pas de vous prouver que vous êtes une cervelle qui baigne dans son jus, mais de convenir avec vous que vous n’avez pas la preuve du contraire. Et rien que ça, c’est déjà difficile à avaler. J’en vois certains là, qui veulent protester, qui ne sont pas d’accord. Et pourtant personne ne vous prouvera jamais que le monde réel et les gens autour de vous existent. Cette existence, vous l’acceptez comme un axiome, une donnée initiale admise pour vraie mais jamais démontrée.

Et c’est raisonnable ; je vous déconseille de douter trop sérieusement de la réalité du monde ! Mais peut-être faut-il se montrer prudent quand on exige des preuves. En science, par exemple, on aurait tort de penser qu’une preuve sert à prouver quelque chose. (regards)

Eh bien oui ! On parle de preuve scientifique quand on réussit à éliminer toutes les explications alternatives. Une preuve, c’est ce qui réfute ce qu’on croyait savoir ou qu’on pouvait supposer. L’explication qui survit, c’est celle contre laquelle on n’a pas trouvé de preuve. Ça implique que l’explication en question n’est pas forcément parfaite. (chuchote) Mais ça vous le saviez déjà, on en a parlé au sujet de la vérité.

Dans la vie de tous les jours, et même dans les laboratoires de pointe, on s’arrange avec ce qu’on sait, tout en acceptant qu’on n’a pas forcément la preuve totalement, complètement, ultimement définitive. Cela ne veut pas dire que la preuve est inutile ; au contraire, prenez l’habitude de demander des preuves lorsque les gens prétendent savoir quelque chose, surtout quand ils se permettent de vendre des produits, des livres ou des conseils (On n’est jamais trop prudent).

A l’écran : « Demandez toujours des preuves, la preuve est la politesse élémentaire qu’on se doit. »

Paul Valéry ; Monsieur Teste (1926)

Cependant, pour les petites choses de la vie, nous fonctionnons en tenant pour vrai ce qui est le plus vraisemblable, sans courir après les preuves. C’est un peu le principe de la présomption d’innocence. Quand on a de bonnes raisons de supposer X et aucune preuve que X est faux, alors on s’autorise à tenir X pour vrai et à agir en conséquence.

Mais tout le monde devrait faire cela en gardant active une petite clause, une note de bas de page dans le contrat qui dit « jusqu’à preuve du contraire ».

 


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La vérité (La Minute Sapiens #3)

La vérité, ça crève les yeux, et puis ça sort de la bouche des enfants. Celui qui aime la vérité sait la reconnaître. Il n’y a que la vérité qui blesse. Tout finit toujours par se savoir, et la vérité triomphe à la fin !

De ces enfantillages vous ne croyez pas un mot. Vous savez bien que c’est plus compliqué que ça. Quand les proverbes ou les grands auteurs parlent de la vérité et essaient de livrer une parole sage à son sujet ils sont souvent moins bons que quand ils écrivent sur l’erreur. Il faut dire qu’on parle mieux de ce qu’on connaît. Mais malgré tout, on aspire à la vérité.

C’est humain.

Mais parce qu’on ne va jamais très loin en suivant une idée fixe, les gens qui cherchent la vérité causent des problèmes quand ils affirment l’avoir trouvée et qu’ils refusent d’en démordre. La vérité d’une idée ne se reconnait pas à la force de conviction de qui la défend.

Non seulement il n’y a pas de force intrinsèque des idées vraies, mais en plus la vérité souffre d’un désavantage terrible : elle n’est pas toujours crédible — C’est trop beau pour être vrai !—, quand la désinformation, elle, habilement menée, sait se faire plus vraie que nature.

Et vous touchez du doigt le dilemme d’une chronique dont le titre est « la vérité ». Si pour faire accepter la vérité, il faut la rendre présentable, aimable, souhaitable, accommodante, on la perd en route. Et si ce que je vous dis vous parle, résonne avec ce que vous pensiez déjà, renforce ce que votre intuition vous chuchote… Alors comment savoir si vous n’êtes pas la victime d’une manipulation, d’une indolore séduction ? Après tout, les gens prêtent sans se faire prier l’oreille aux mensonges, s’ils flattent leurs instincts.

Il y aurait donc des choses indécidables, des vérités inconnaissables. Cela va nous forcer à l’humilité dans nos tentatives d’explication du monde. Il va falloir renoncer à la prétention de détenir une vérité et opter pour la prudence maximale et la vérification perpétuelle de ce que nous croyons savoir. Devant l’effort colossal que cela implique, on comprend l’attrait du dogme, beaucoup plus reposant.

Le monde autour de nous est là. Qu’on le veuille ou non. Ce que je peux apprendre de ce monde, chacun doit pouvoir le savoir aussi bien que moi. Et même dans l’hypothèse –crédible– où le monde serait trop complexe pour que nous le comprenions vraiment, nous pouvons malgré tout construire une représentation approximative de la réalité et nous mettre d’accord sur ses mérites comparés à d’autres représentations moins fidèles.

En conséquence, la forme de « vérité » à laquelle nous avons accès n’est sans doute pas complètement objective, mais elle est au moins transsubjective. Et nous avons donc les moyens de partager nos connaissances. C’est absolument renversant qu’une espèce de gros primate bipède soit capable d’un tel exploit ! N’est-il pas charitable de lui pardonner de se croire détenteur de réponses définitives ?

Or donc la vérité est appelée à changer, comme une immense photographie toujours exposée à la lumière pour que se révèlent de nouveaux détails, lesquels, de temps en temps, changent le sens de la scène que l’on observe.

Le plus sage est de continuer à l’observer.


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L’erreur (La minute sapiens #2)

Mince ! Je me suis trompé. C’est fort déplaisant.

Un instant avant de réaliser mon erreur, je me sentais exactement comme l’on se sent quand on a raison. Or j’avais tort. Il a fallu que je prenne conscience d’avoir tort pour en sentir les effets.

C’est humain.

On est rarement amoureux de nos erreurs ; on les partage moins que nos succès. L’erreur est une marque de faiblesse que l’on préfère cacher. On a honte de nos fautes d’orthographes. On est embarrassés de se faire corriger sur une information incorrecte. Avoir un jugement précipité sur une personne ou un événement, cela vous est sûrement arrivé parce que personne n’est infaillible. Mais si personne n’est infaillible, alors tous les humains commettent des erreurs. C’est curieux d’avoir honte de faire ce que tout le monde fait. Non ?

Avons-nous un jugement erroné sur l’erreur ?

Beaucoup de grands penseurs ont écrit sur l’erreur. Ils se sentaient très concernés. Après tout, Descartes a dit quelques sottises.  Sur l’animal-machine, il s’est planté. Aristote nous a légué des façons de voir la nature qui ont dû attendre un Darwin pour les remettre en cause. Sur la hiérarchie du vivant selon une échelle des êtres, Aristote a fait une jolie boulette. Et pourtant ces hommes étaient redoutablement intelligents.

Plus vous pensez, plus vous écrivez, plus vous travaillez à décrire le monde, plus vous dites d’inepties, parce qu’il n’y a que ceux qui ne font rien pour ne jamais fauter.

Or, justement l’erreur n’est pas la faute

« J’ai commis une erreur » disent souvent ceux qui se sont rendus coupables d’une faute. La faute, c’est dire une parole ou commettre un acte injuste, mauvais, immoral, illégal en connaissance de cause, là où l’erreur est innocente. Si l’on confond la faute et l’erreur, on ne peut plus pardonner l’erreur. Or on ne fait rien de nouveau, rien de très grand dans la vie si l’on n’accepte pas de se tromper souvent et de se corriger toujours.

Pour éviter de se tromper sans le savoir, on a inventé la science. La science consiste moins à avoir raison, qu’à savoir quand on se plante.

« La science consiste à faire des erreurs en public. » Daniel Dennett

On a d’ailleurs, à cet égard, inventé la marge d’erreur qui porte très mal son nom puisqu’en réalité c’est une marge d’incertitude. Quand les calculs sont bons, et donc exempts d’erreurs, alors on sait que le résultat est contenu dans cette marge d’incertitude.

« La quantité d’incertitude qu’un homme est capable de supporter. », pour Kant, c’est la définition de l’intelligence. C’est en tout cas le bon moyen d’apprivoiser l’erreur et de lui reconnaitre le mérite d’ouvrir la porte à des découvertes insoupçonnées.

Trompez-vous braves gens. Trompez-vous ! Il en restera toujours quelque chose.

 


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L’intuition (La Minute Sapiens #1)

Projet proposé par Maxime Ginolin, alias MagiCJacK, la Minute Sapiens est une série de vidéos courtes sur les erreurs courantes de la pensée humaine, celles qui règnent sur nos croyances et empiètent sur nos décisions et nos libertés.

Vous pouvez retrouver les autres projets de Maxime sur sa page.

Les textes sont signés Acermendax.


Ah, j’en étais sûr. Je le savais ! Je me doutais bien. J’avais encore raison.

Cela vous arrive, avouez, d’être fier que votre première impression s’avère juste, que votre petit doigt vous ait soufflé le bon sentiment. C’est bien agréable de se rendre compte que ce « je-ne-sais-quoi » à propos du stagiaire ou de la voisine était finalement correct.

C’est humain.

L’intuition, c’est une sensation de vérité. D’une certaine manière, vous savez quelque chose, ou du moins c’est l’impression que cela vous donne. Mais l’intuition a cela de particulier que vous sentez que vous savez, mais sans savoir pourquoi vous avez cette conviction.

Parce que l’intuition, c’est tellement fort que ça va plus vite que la pensée !

C’est fascinant, car cette sensation de vérité, vous y tenez. Vous aimez vos intuitions. Vous aimez vous dire que vous aviez raison depuis le début, quand bien même vous ne saviez pas pourquoi. Tout le monde éprouve ça. C’est sympa une intuition. En société, c’est même bien vu d’être une personne intuitive, de sentir les choses.

Et pourtant il y a un truc qui cloche.

Regardez bien. Une conviction qui va plus vite que la pensée, une sensation de vérité, de confort, une première impression puissante sur les situations, sur les gens… est-ce que cela ne vous rappelle pas une autre notion ? Est-ce que cela ne correspondrait pas exactement à ce qu’est un préjugé ?

 

Mais pourtant vous sentez bien que ce mot ne porte pas la même connotation. Vous savez que les préjugés sont de mauvais conseils, qu’ils amènent à des déclarations et à des actes stupides et dangereux. C’est donc très différent d’une intuition, vous le sentez au plus profond de… oh !

Vous avez l’intuition que vos intuitions ne sont pas des préjugés. (regard)

Alors, bien sûr, ce n’est pas aussi simple que ça. Les intuitions ne sont pas sans mérite. Quand vous êtes expert d’un domaine, rompu à la pratique de votre art, vous pouvez développer cette capacité à penser plus vite que vous-même ; votre cerveau apprend à embrasser une scène en un clin d’œil et à vous livrer un compte-rendu pertinent. C’est la rançon de l’expérience. Vous récoltez un brouillon synoptique à partir des myriades de données que vos sens perçoivent dans l’environnement.

 

Et ce brouillon est d’autant moins bâclé et trompeur que vous êtes expérimenté. Néanmoins, entre nous soit dit, tout expert que vous soyez dans une discipline, il y a de très forts risques que vos intuitions dans les autres domaines ne soient réellement que des préjugés.

C’est très désagréable, parfois, la prise de conscience. On n’a pas très envie d’écouter celui qui nous dit que nos intuitions sont souvent de mauvais conseil. Mais sans remise en question, point d’amélioration. Pour y arriver, si je peux me permettre de vous donner un truc, il faut réussir à faire le tri entre qui je suis et ce que je pense. Cela me permet de changer d’avis sans ressentir l’humiliante impression de me renier. Ce qui me définit, c’est moins ce que je pense que comment je le pense.

En tout cas c’est ce que je pense.


Episode suivant


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La physiopathie™

La physiopathie™ est une pseudo-médecine dérivée de la naturopathie, mais aussi une « marque déposée » le 14 mars 2016 à l’INPI par son co-inventeur le « philosophe, hypnologue et enseignant » (sur Internet) Loïc Chaigneau, 24 ans.

 

 

Marque déposée à l’INPI (dossier 4254814)

NB : le dépot INPI indique phytiopaPhie et pas phytiopaThie, mais le même individu parle bien de physiopaThie sur ses réseaux. Nous ne prétendons pas comprendre ce mystère.

Le dépôt de marque est une pratique que l’on retrouve notamment chez ceux qui cherchent à tirer profit de l’invention d’un concept qu’ils prétendent scientifique. Par exemple, la synergologie™. Personne n’a jamais déposé la marque « chirurgie » ou « oncologie » ou encore « gynécologie », « gériatrie », « pédiatrie », « endocrinologie », etc.

L’ensemble de ce qu’il est possible de savoir sur la physiopathie™ se résume aux écrits de son co-inventeur, et en particulier à son site internet.

Le co-inventeur de la physiopathie™ annonce sur son profil posséder un diplôme de naturopathe. Précisons que la naturopathie est une pseudo-médecine sans aucune formation reconnue par aucune institution et sans aucune validité scientifique et médicale. Sa pratique n’est validée par aucun protocole, il est donc formellement impossible de distinguer une bonne pratique d’une mauvaise. Le diplôme en question n’a, évidemment, aucune valeur.

La formation non scientifique du co-inventeur de la physiopathie™

Le pedigree de l’inventeur est loin des canons de la science. Fervent pratiquant de la Programmation Neuro Linguistique (PNL), il ignore ou feint d’ignorer qu’il s’agit d’une pseudo-science. Pour en savoir plus sur la PNL :

« Comme tous « les marchands de certitude », les praticiens de la PNL n’hésiteront pas à interpréter le moindre de nos comportements – de la même façon que les « gestuologues » – et à leur donner une signification psychologique, obligatoirement univoque. » (Christian Balicco)

Rappel sur la naturopathie

Par opposition à la médecine, la naturopathie ne fonde pas la grande majorité de ses pratiques sur l’expérimentation scientifique. La branche de la naturopathie que constitue la physiopathie™ s’inscrit dans ce cadre : elle n’a fait l’objet d’aucune publication scientifique, ni d’aucune publication tout court à notre connaissance.

Sur la naturopathie, elle-même une thérapie alternative manquant cruellement de bases scientifiques, voir cette source du Cercle zététique du Languedoc, où l’on apprend sur la naturopathie :

« Le véritable fondateur est Pierre Valentin Marchesseau (1911-1994). Ses sources : Hippocrate « théorie des 4 humeurs », Jésus Christ (Évangile apocryphe dit « de la paix ») et la tradition de soins naturels qu’utilisait le Christ pour rétablir la santé. Sa philosophie, le vitalisme, rassemble les 10 « agents naturels de santé ou techniques fondamentales », allant de l’hygiène nutritionnelle aux techniques vibratoires (couleurs, musique…) qui vont constituer la base de la pratique en naturopathie, le tout basé sur la théorie dite des « humeurs hippocratiques ». »

Que prétend faire la physiopathie™ ?

Le site, où le ‘physiopathe’ présente son travail et ses théories, annonce des concepts comme « thérapie psychique curative » ou « naturopathie évolutive », il est également question de biokinésie. Ces termes ne reçoivent jamais de définition se référant aux connaissances communes ni à aucune littérature scientifique.

La pratique de la physiopathie™ s’étend à la croyance dans la guérison par un « fluide magnétique » des mains du soignant, croyance qu’aucune analyse méthodique n’est jamais venu étayer et dont il convient de douter jusqu’à preuve du contraire. Parmi les techniques mises en avant sur le site :

« La Magnétologie : n’est autre que le recours à l’apposition des mains afin de traiter divers troubles physique ou psychique. Divers études, notamment sur les enfants prématurés, ont montré les bienfaits de cette technique. » (source)

Le physiopathe vend des « séances guidées » en clair des fichiers mp3 dont le contenu est censé vous aider à :

  • Vous débarrasser de vos acouphènes (37€)
  • Renforcer votre confiance en soi (29€)
  • Lutter contre l’insomnie (37€)
  • Perdre du poids (37€)

    Des fichiers mp3 à vendre pour vous soigner

Il vend 17,50 € un fichier pdf de « projet de naissance » indiquant aux parents un certain nombre de choses pour faire respecter leurs choix… On peut légitimement craindre qu’il s’agisse d’encouragements envers les parents qui désirent soustraire leurs enfants aux soins de la médecine scientifique. Espérons qu’il n’en est rien.

Le site annonce des « programmes en ligne » à partir de 99€ mais sans qu’il soit possible de trouver plus d’informations. Les consultations elles, démarrent à 65€. Toutes les captures d’écran faites sur le site datent du 26 septembre 2017.

Une pseudo-médecine caractérisée

Les pseudo-médecines communiquent généralement sur un mode testimonial en accumulant les anecdotes de clients satisfaits en lieu et place de publications scientifiques attestant de la réalité des résultats allégués. Avec l’inventeur de la physiopathie™, et en plus de la présence d’un livre d’or dont le but est évident, on franchit un cap, car avec lui l’anecdote personnelle du vendeur de thérapie tient carrément lieu de curriculum vitae

L’anecdote personnelle du ‘physiopathe’ en lieu et place de CV

Le co-inventeur, décidément peu avare de sa science, trouve le temps de mettre en ligne 160 vidéos sur Youtube. Il a l’occasion de donner des conseils sur la franc-maçonnerie, les surdoués, la politique, les philosophes, ou sur « Comment sauver son couple » (source).

Mais surtout, il vend (encore) des stages et des formations sur d’autres sujets qu’il prétend maîtriser (les tarifs ne sont pas toujours indiqués) :

  • Hypnose (& PNL)
  • Cri primal
  • Grossesse, accouchement, allaitement.
  • Phi-analyse
  • « Une autre conception microbiologique humaniste » (quoi que cela puisse vouloir dire)
  • « Nouvelle approche de la douance »

Il faut nécessairement être en présence d’un génie très impressionnant ou d’un fabuleux prétentieux.

Prudence

Dans de tels cas, on doit toujours se demander ce qui pourrait accroître l’emprise mentale du ‘soignant’ sur son patient. Ici on trouve un « contrat d’engagement et d’accord » dans lequel figurent 10 articles (comme les 10 principes de la naturopathie) et que vous pouvez télécharger sur ce lien.

L’article 8 précise que le praticien n’est qu’un accompagnateur, cela signifie qu’il décline toute responsabilité quant aux conséquences des choix de ceux qui choisiront cette ‘médecine’.

L’article 10 annonce que toutes les séances sont enregistrées, ce qui permet d’imaginer la pression que représente sur le patient l’existence d’archives de séances dirigées par un praticien manifestement en dehors de toute règle déontologique, et l’escalade d’engagement que cette pression peut produire.

Le danger des pseudo-médecines

On le voit, la physiopathie™ emprunte aux recettes qui font le succès des thérapies alternatives dont le principal pouvoir est d’impressionner par un vocabulaire hermétique pseudo-savant, et par des concepts creux qui maximisent la validation subjective des patients, c’est-à-dire leur croyance en dépit de l’absence de preuve.

Il faut évidemment fuir de telles pratiques qui ont vocation à gagner de l’emprise sur les patients en les éloignant des parcours de soin classiques de la médecine fondée sur les preuves. Le « contrat d’engagement et d’accord » que doit signer le client indique que le ‘travail’ de soin peut prendre 3 ans.

On notera la présence d’un « avertissement » sur le site, qui cherche à dédouaner toute responsabilité de la part du physiopathe au cas où des gens se mettraient à croire ses allégations.

Il a été démontré récemment que les médecines alternatives amputaient les malades d’années de vie, c’est un prix trop élevé pour le réconfort qu’apporte un langage bricolé d’un peu de pseudo-science et de spiritualité au rabais.

Au vu de ce qui a été présenté ci-avant, j’affirme donc que la physiopathie™ est une pseudo-médecine dont les allégations de soin sont totalement frauduleuses et de nature à tromper les patients sur la qualité du service qui leur est vendu. Cette mention demeurera jusqu’à preuve de l’efficacité spécifique de tout ou partie des soins prodigués par ce théoricien de la vente de produits à prétention thérapeutique qu’est le co-inventeur de la physiopathie™.

*********

NB : Le jour même de la parution de cet article, le site www.physiopathe.com fermait ses portes… Mais deux jours plus tard il était ouvert à nouveau…

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Suivez ce lien pour lire le droit de réponse de Loïc Chaigneau

Suivez ce lien pour lire ma réponse à ce droit de réponse.
Acermendax.

La vie après la mort ?

La mort est-elle définitive, irrévocable, l’extinction totale de la psyché, de la personnalité d’un individu ?

On aimerait bien que ce ne soit pas le cas. Aussi loin que remonte la culture humaine, notre rapport à la mort est compliqué, conflictuel. Il est bien difficile de nommer ce qui serait le propre de l’Homme, le caractère qui nous distingue des autres animaux. Un candidat sérieux est notre conscience de notre propre mortalité. Or, cette mortalité, nous n’avons pas envie de la regarder en face.

On considère parfois que la négation de la mort est l’une des principales motivations de nos actes. Nos grandes réalisations, nos prouesses, nos conquêtes, nos combats, nos efforts pour nous dépasser, sont comme autant de tentatives d’être plus que nous-mêmes, de laisser une empreinte dans le monde qui perdurera.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que soit tenu en si haute estime tout ce qui peut nous aider à nier la mort, et rien ne le fait plus efficacement que l’idée de survivre à notre propre corps, de posséder en nous quelque chose que rien ne peut atteindre, que le temps ne saurait anéantir. L’âme est une réponse idéale à l’angoisse existentielle.

Si l’âme n’existe pas, il fallait qu’on l’invente.

Nos cultures sont donc riches de croyances, de rites, d’histoires qui nous parlent d’un au-delà où nous pourrons continuer d’être nous. Ailleurs, différemment, mais tout en restant nous. Et plus que des dogmes ou des légendes, nous pouvons compter sur des témoignages, voire sur des expériences personnelles pour alimenter notre légitime envie d’y croire.

Seulement l’univers n’est pas dans l’obligation de nous garantir que cela est vrai. La nature ne nous doit aucune promesse surnaturelle. Et la science nous apporte des explications à ce que nous croyons, à ce que nous voulons croire, et à pourquoi nous le croyons.

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La vie après la mort ? — une approche rationnelle

Le livre qui vient de sortir dans la collection Une chandelle dans les ténèbres offre une analyse des Expériences de Mort Imminente, un questionnement sur ce que les connaissances actuelles nous donnent à penser sur la nature de ce que pourrait être l’âme, et un état des lieux des explications scientifiques sur ce que vivent les expérienceurs.

Pour écouter le passage radio de l’auteur dans l’émission CQFD de Radio Télévision Suisse (13 décembre 2016), cliquez sur de lien.

Un extrait peut être lu sous la forme d’un article déjà paru sur ce blog.

 

Le livre peut être commandé en ligne.

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Violence de la sourate 5

Sourate 5

AL-MA-IDAH (LA TABLE SERVIE)

Ordre chronologique n°112

  • Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
  1. Ô les croyants! Remplissez fidèlement vos engagements. Vous est permise la bête du cheptel, sauf ce qui sera énoncé [comme étant interdit]. Ne vous permettez point la chasse alors que vous êtes en état d’ihram. Allah en vérité, décide ce qu’Il veut.

—> On nous rappelle qu’Allah décide ce qu’il veut, ce qui ressemble à un avertissement du genre : ne cherchez pas à comprendre.

  1. Ô les croyants! Ne profanez ni les rites du pèlerinage (dans les endroits sacrés) d’Allah, ni le mois sacré, ni les animaux de sacrifice, ni les guirlandes, ni ceux qui se dirigent vers la maison sacrée cherchant de leur Seigneur grâce et agrément. Une fois désacralisés, vous êtes libres de chasser. Et ne laissez pas la haine pour un peuple qui vous a obstrué la route vers la Mosquée sacrée vous inciter à transgresser. Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition !

—> Un bon point : ne pas se laisser guider par la haine. Mais cette injonction n’est pas un appel à l’amour du prochain, elle est seulement une mise en perspective : la haine peut attendre, Allah non. D’abord les prières, ensuite la guerre.

  1. Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d’Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne, et celle qu’une bête féroce a dévorée – sauf celle que vous égorgez avant qu’elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu’on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité. Aujourd’hui, les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi. Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous. Si quelqu’un est contraint par la faim, sans inclination vers le péché… alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

—> Commence la longue liste des interdictions, sous peine d’être désigné comme « pervers » Et on retrouve un discours proche d’un délire de persécution : partout des mécréants mal intentionnés qu’il faut craindre moins qu’Allah.

  1. Ils t’interrogent sur ce qui leur est permis. Dis : « Vous sont permises les bonnes nourritures, ainsi que ce que capturent les carnassiers que vous avez dressés, en leur apprenant ce qu’Allah vous a appris. Mangez donc de ce qu’elles capturent pour vous et prononcez dessus le nom d’Allah. Et craignez Allah. Car Allah est, certes, prompt dans les comptes.

—> Craindre, toujours craindre.

  1. « Vous sont permises, aujourd’hui, les bonnes nourritures. Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. (Vous sont permises) les femmes vertueuses d’entre les croyantes, et les femmes vertueuses d’entre les gens qui ont reçu le Livre avant vous, si vous leur donnez leur mahr, avec contrat de mariage, non en débauchés ni en preneurs d’amantes. Et quiconque abjure la foi, alors vaine devient son action, et il sera dans l’au-delà, du nombre des perdants.

—> Sans surprise la femme est rangée parmi les consommables. On peut considérer que le mariage vaut mieux que d’être traité en amante, c’est en tout cas la ligne de ceux qui défendent le texte (et qui font croire qu’aucune tradition ne protégeait les femmes avant l’avènement de l’Islam). Notons toutefois que, juste ou injuste envers les femmes : sans la foi, c’est la loose garantie.

  1. Ô les croyants! Lorsque vous vous levez pour la Salat, lavez vos visages et vos mains jusqu’aux coudes; passez les mains mouillées sur vos têtes; et lavez-vous les pieds jusqu’aux chevilles. Et si vous êtes pollués « junub », alors purifiez-vous (par un bain); mais si vous êtes malades, ou en voyage, ou si l’un de vous revient du lieu ou’ il a fait ses besoins ou si vous avez touché aux femmes et que vous ne trouviez pas d’eau, alors recourez à la terre pure, passez-en sur vos visages et vos mains. Allah ne veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants.

—> L’obsession de la pureté se retrouve dans les 3 monothéismes. Notons ici que toucher une femme rend un homme impur. Allah s’attend à ce que les croyants lui soient reconnaissants ; au verset précédent et au verset suivant, il leur demande de le craindre. Demandons-nous quel genre de personnage joue retour à tour les tyrans et les bienfaiteurs.

  1. Et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous, ainsi que l’alliance qu’Il a conclue avec vous, quand vous avez dit : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». Et craignez Allah. Car Allah connaît parfaitement le contenu des cœurs.
  2. Ô les croyants! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injuste. Pratiquez l’équité : cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.

—> Le texte semble incapable de prescrire une bonne action (ici être équitable et juste) sans l’agrémenter de la menace de la punition. On reste dans le conditionnement par la peur. Celui qui tue l’esprit critique et prépare les individus à obéir à celui qui dit parler au nom de Dieu.

  1. Allah a promis à ceux qui croient et font de bonnes oeuvres qu’il y aura pour eux un pardon et une énorme récompense.
  2. Quant à ceux qui ne croient pas et traitent de mensonge Nos preuves, ceux-là sont des gens de l’Enfer.

—> Menace derechef. L’enfer pour les uns, le pardon pour les autres. Ce qui indique que même ceux qui ne méritent pas l’Enfer doivent se faire pardonner des choses. Les humains sont tous coupables. La culpabilisation fait partie des stratégies de manipulation mentale qui aboutissent à l’obéissance.

  1. Ô les croyants! Rappelez-vous le bienfait d’Allah à votre égard, le jour où un groupe d’ennemis s’apprêtait à porter la main sur vous (en vue de vous attaquer) et qu’Il repoussa leur tentative. Et craignez Allah. C’est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance.

—> Allah montre sa grandeur en repoussant les ennemis, comme n’importe quel dieu de la guerre…

  1. Et Allah certes prit l’engagement des enfants d’Israël. Nous nommâmes douze chefs d’entre eux. Et Allah dit : « Je suis avec vous, pourvu que vous accomplissiez la Salat, acquittiez la Zakat, croyiez en Mes messagers, les aidiez et fassiez à Allah un bon prêt. Alors, certes, J’effacerai vos méfaits, et vous ferai entrer aux Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux. Et quiconque parmi vous, après cela, mécroît, s’égare certes du droit chemin » !
  2. Et puis, à cause de leur violation de l’engagement, Nous les avons maudits et endurci leurs cœurs : ils détournent les paroles de leur sens et oublient une partie de ce qui leur a été rappelé. Tu ne cesseras de découvrir leur trahison, sauf d’un petit nombre d’entre eux. Pardonne-leur donc et oublie [leurs fautes]. Car Allah aime, certes, les bienfaisants.

—> Encore une fois on nous parle des juifs, de leur trahison d’Allah et de la malédiction qui est sur eux. Et on nous rabâche cette histoire folle que c’est Allah qui est responsable du fait qu’ils se détournent de sa parole. MAIS pour une fois on évoque le pardon, et ça c’est bien.

  1. Et de ceux qui disent : « Nous sommes chrétiens », Nous avons pris leur engagement. Mais ils ont oublié une partie de ce qui leur a été rappelé. Nous avons donc suscité entre eux l’inimitié et la haine jusqu’au Jour de la Résurrection. Et Allah les informera de ce qu’ils faisaient.

—> Allah est donc semeur de haine dans le cœur des hommes.

  1. Ô gens du Livre! Notre Messager (Muhammad) vous est certes venu, vous exposant beaucoup de ce que vous cachiez du Livre, et passant sur bien d’autres choses! Une lumière et un Livre explicite vous sont certes venus d’Allah !

—> Retenons ici le verbe « caché » indique que les juifs et les chrétiens savent qu’ils désobéissent à Allah… Leur faute est donc délibérée.

  1. Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit.
  2. Certes sont mécréants ceux qui disent : « Allah, c’est le Messie, fils de Marie!  » – Dis : « Qui donc détient quelque chose d’Allah (pour L’empêcher), s’Il voulait faire périr le Messie, fils de Marie, ainsi que sa mère et tous ceux qui sont sur la terre? A Allah seul appartient la royauté des cieux et de la terre et de ce qui se trouve entre les deux ». Il crée ce qu’Il veut. Et Allah est Omnipotent.

—> Nous avons bien lu ? Mahomet n’hésite pas à dire que s’il voulait son dieu à lui pourrait tuer Jésus et toute sa famille… Comme ça !

Après cela (v18-26) on recycle le mythe de David et Goliath en mettant en scène Allah qui fustige un tout petit peu les juifs : ce « peuple pervers »

  1. Les Juifs et les Chrétiens ont dit : « Nous sommes les fils d’Allah et Ses préférés. » Dis : « Pourquoi donc vous châtie-t-Il pour vos péchés?  » En fait, vous êtes des êtres humains d’entre ceux qu’Il a créés. Il pardonne à qui Il veut et Il châtie qui Il veut. Et à Allah seul appartient la royauté des cieux et de la terre et de ce qui se trouve entre les deux. Et c’est vers Lui que sera la destination finale.
  2. Ô gens du Livre! Notre Messager (Muhammad) est venu pour vous éclairer après une interruption des messagers afin que vous ne disiez pas : « Il ne nous est venu ni annonciateur ni avertisseur ». Voilà, certes, que vous est venu un annonciateur et un avertisseur. Et Allah est Omnipotent.
    20. (Souvenez-vous) lorsque Moïse dit à son peuple : « Ô, mon peuple! Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous, lorsqu’Il a désigné parmi vous des prophètes. Et Il a fait de vous des rois. Et Il vous a donné ce qu’Il n’avait donné à nul autre aux mondes.
  3. Ô mon peuple! Entrez dans la terre sainte qu’Allah vous a prescrite. Et ne revenez point sur vos pas [en refusant de combattre] car vous retourneriez perdants.
  4. Ils dirent : « Ô Moïse, il y a là un peuple de géants. Jamais nous n’y entrerons jusqu’à ce qu’ils en sortent. S’ils en sortent, alors nous y entrerons ».
  5. Deux hommes d’entre ceux qui craignaient Allah et qui étaient comblés par Lui de bienfaits dirent : « Entrez chez eux par la porte; puis quand vous y serez entrés, vous serez sans doute les dominants. Et c’est en Allah qu’il faut avoir confiance, si vous êtes croyants ».
  6. Ils dirent : « Moïse! Nous n’y entrerons jamais, aussi longtemps qu’ils y seront. Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux. Nous restons là où nous sommes ».
  7. Il dit : « Seigneur! Je n’ai de pouvoir, vraiment, que sur moi-même et sur mon frère : sépare-nous donc de ce peuple pervers« .
  8. Il (Allah) dit : « Eh bien, ce pays leur sera interdit pendant quarante ans, durant lesquels ils erreront sur la terre. Ne te tourmente donc pas pour ce peuple pervers« .

Ensuite, et sans aucune espèce de transition, on nous raconte l’histoire d’Abel et Caïn…

  1. Et raconte-leur en toute vérité l’histoire des deux fils d’Adam. Les deux offrirent des sacrifices; celui de l’un fut accepté et celui de l’autre ne le fut pas. Celui-ci dit : « Je te tuerai sûrement ». « Allah n’accepte, dit l’autre, que de la part des pieux ».
  2. Si tu étends vers moi ta main pour me tuer, moi, je n’étendrai pas vers toi ma main pour te tuer : car je crains Allah, le Seigneur de l’Univers.
  3. Je veux que tu partes avec le péché de m’avoir tué et avec ton propre péché : alors tu seras du nombre des gens du Feu. Telle est la récompense des injustes.
  4. Son âme l’incita à tuer son frère. Il le tua donc et devint ainsi du nombre des perdants.
  5. Puis Allah envoya un corbeau qui se mit à gratter la terre pour lui montrer comment ensevelir le cadavre de son frère. Il dit : « Malheur à moi! Suis-je incapable d’être, comme ce corbeau, à même d’ensevelir le cadavre de mon frère?  » Il devint alors du nombre de ceux que ronge le remords.
  6. C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie*, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre.

—> On cite souvent le passage souligné en omettant qu’est circonstancié : Il est défendu de tuer une personne non coupable d’une « corruption », ce qui autorise donc, ipso facto, à tuer toute personne coupable d’une corruption. Surtout que le contexte de ce verset est tristement clair avec celui qui suit…

* le « quiconque lui fait don de la vie » est expliqué en note de bas de page. Il faut comprendre « quiconque pourrait tuer quelqu’un mais ne le fait pas », il ne s’agit donc pas de sauver la vie de quelqu’un, mais simplement d’accepter de ne pas le tuer. Epargner une vie est présenté comme un grand exploit, comme si c’était déjà beaucoup demander…

  1. La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment,
  2. excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir : sachez qu’alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

—> Il s’agit d’un appel au meurtre et à la mutilation. Le Coran promet, évidemment, un énorme châtiment dans l’au-delà, mais aussi l’ignominie ici-bas. Seuls sont épargnés ceux qui se repentissent avant de perdre la « guerre ».

  1. Ô les croyants! Craignez Allah, cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui et luttez pour Sa cause. Peut-être serez-vous de ceux qui réussissent!

—> Craignez et luttez ! Quant aux mécréants, les versets suivants nous apprennent des choses inouïes…

  1. Si les mécréants possédaient tout ce qui est sur la terre et autant encore, pour se racheter du châtiment du Jour de la Résurrection, on ne l’accepterait pas d’eux. Et pour eux il y aura un châtiment douloureux.
  2. Ils voudront sortir du Feu, mais ils n’en sortiront point. Et ils auront un châtiment permanent.
    à Eh oui, vous l’ignoriez sans doute, mais les mécréants, une fois morts souffriront en enfer pour toujours.
  3. Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah. Allah est Puissant et Sage.
  4. Mais quiconque se repent après son tort et se réforme, Allah accepte son repentir. Car, Allah est, certes, Pardonneur et Miséricordieux.

—> Sévices corporels et mutilations agréent à Allah. Mais après vous avoir découpé le corps, il accepte vos excuses.

  1. Ne sais-tu pas qu’à Allah appartient la royauté des cieux et de la terre? Il châtie qui Il veut et pardonne à qui Il veut. Et Allah est Omnipotent.

—> Nous avons affaire à un verset qui est quasiment un élément de ponctuation. On a coutume de dire que l’on ne dit que ce qui ne va pas de soi. À lire ces pages on se rend compte que l’omnipotence, le pouvoir et la miséricorde d’Allah ne vont pas de soi, car il faut à tout crin répéter que cela est. On est dans le performatif : on attend que ces phrases donnent de la réalité à ce qu’elles contiennent. Et le but est toujours le même : susciter la peur du châtiment.

  1. Ô Messager! Que ne t’affligent point ceux qui concourent en mécréance; parmi ceux qui ont dit : « Nous avons cru » avec leurs bouches sans que leurs cœurs aient jamais cru et parmi les Juifs qui aiment bien écouter le mensonge et écouter d’autres gens qui ne sont jamais venus à toi et qui déforment le sens des mots une fois bien établi. Ils disent : « Si vous avez reçu ceci , acceptez-le et si vous ne l’avez pas reçu, soyez méfiants ». Celui qu’Allah veut éprouver, tu n’as pour lui aucune protection contre Allah. Voilà ceux dont Allah n’a point voulu purifier les coeurs. A eux, seront réservés, une ignominie ici-bas et un énorme châtiment dans l’au-delà.

—> Je suis désolé qu’encore une fois il faille constater que le mécréant et en particulier le juif sont désignés comme l’ennemi auquel on doit réserver un « énorme châtiment » et l’ignominie ici-bas. Allah ordonne que ces gens-là souffrent dans le monde réel, et il répète cet ordre ad nauseam.

Ensuite il est question de justice, et celle de Mahomet est supérieure aux autres. C’est une référence au fait que les juifs n’appliquent plus la lapidation des adultères mais seulement la flagellation, Mahomet lui bien sûr juge qu’il faut les lapider (information obtenue en note de bas de page). Le texte défend la loi du Talion qui est un principe de vengeance proportionné plutôt que de justice…

  1. Ils sont attentifs au mensonge et voraces de gains illicites. S’ils viennent à toi, sois juge entre eux ou détourne toi d’eux. Et si tu te détournes d’eux, jamais ils ne pourront te faire aucun mal. Et si tu juges, alors juge entre eux en équité. Car Allah aime ceux qui jugent équitablement.
  2. Mais comment te demanderaient-ils d’être leur juge quand ils ont avec eux la Thora dans laquelle se trouve le jugement d’Allah? Et puis, après cela, ils rejettent ton jugement. Ces gens-là ne sont nullement les croyants.
  3. Nous avons fait descendre le Thora dans laquelle il y a guide et lumière. C’est sur sa base que les prophètes qui se sont soumis à Allah, ainsi que les rabbins et les docteurs jugent les affaires des Juifs. Car on leur a confié la garde du Livre d’Allah, et ils en sont les témoins . Ne craignez donc pas les gens, mais craignez Moi. Et ne vendez pas Mes enseignements à vil prix. Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants.
  4. Et Nous y avons prescrit pour eux vie pour vie, oeil pour oeil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Les blessures tombent sous la loi du talion. Après, quiconque y renonce par charité, cela lui vaudra une expiation. Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont des injustes.
  5. Et Nous avons envoyé après eux Jésus, fils de Marie, pour confirmer ce qu’il y avait dans la Thora avant lui. Et Nous lui avons donné l’Évangile, où il y a guide et lumière, pour confirmer ce qu’il y avait dans la Thora avant lui, et un guide et une exhortation pour les pieux.
  6. Que les gens de l’Évangile jugent d’après ce qu’Allah y a fait descendre. Ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers.

—> Et on sait grâce aux sourates précédentes tout ce qui va leur tomber sur le coin de la figure à ces pervers.

48. Et sur toi (Muhammad) Nous avons fait descendre le Livre avec la vérité, pour confirmer le Livre qui était là avant lui et pour prévaloir sur lui. Juge donc parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, loin de la vérité qui t’est venue. A chacun de vous Nous avons assigné une législation et un plan à suivre. Si Allah avait voulu, certes Il aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais Il veut vous éprouver en ce qu’Il vous donne. Concurrencez donc dans les bonnes oeuvres. C’est vers Allah qu’est votre retour à tous; alors Il vous informera de ce en quoi vous divergiez.

—> Tentative de rationaliser l’apparente impuissance d’Allah sur le monde. S’il avait voulu, eh bien tout le monde lui obéirait. Mais il en décidé autrement : pour éprouver les hommes. À titre personnel c’est ce genre de raisonnement que je qualifierais volontiers de ‘pervers’.

  1. Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’éloigner d’une partie de ce qu’Allah t’a révélé. Et puis, s’ils refusent (le jugement révélé) sache qu’Allah veut les affliger [ici-bas] pour une partie de leurs péchés. Beaucoup de gens, certes, sont des pervers.

—> Allah veut que ces pervers de mécréants souffrent dans le monde réel. Même ceux du dernier rang ont dû finir par le comprendre.

  1. Est-ce donc le jugement du temps de l’Ignorance qu’ils cherchent? Qu’y a-t-il de meilleur qu’Allah, en matière de jugement pour des gens qui ont une foi ferme?
  2. Ô les croyants! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes.

—> Cet ordre a déjà été entendu auparavant. Il est interdit au musulman d’avoir pour ami un juif ou un chrétien. C’est clair et limpide.

  1. Tu verras, d’ailleurs, que ceux qui ont la maladie au coeur se précipitent vers eux et disent : « Nous craignons qu’un revers de fortune ne nous frappe. » Mais peut-être qu’Allah fera venir la victoire ou un ordre émanant de Lui. Alors ceux-là regretteront leurs pensées secrètes.

—> En toutes lettres est ici identifié le crime de pensée. Les pensées secrètes des gens constituent des raisons de les punir. Il est difficile d’imaginer une idée plus violente que celle-là qui permet à celui qui détient le pouvoir de punir absolument n’importe qui pour n’importe quelle raison.

  1. Et les croyants diront : « Est-ce là ceux qui juraient par Allah de toute leur force qu’ils étaient avec vous?  » Mais leurs actions sont devenues vaines et ils sont devenus perdants.
  2. Ô les croyants! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion… Allah va faire venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d’Allah, ne craignant le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce d’Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient.

—> Qu’arrive-t-il à celui qui apostasie ? Les docteurs de l’Islam sont tous d’accord : dans un pays où s’applique la charia, l’apostat est promis à la peine de mort. Ce verset ne le dit pas explicitement, mais il rappelle que le peuple d’Allah est en « lutte » et qu’il est fier et puissant envers les mécréants.

  1. Vous n’avez d’autres alliés qu’Allah, Son messager, et les croyants qui accomplissent la Salat, s’acquittent de la Zakat, et s’inclinent (devant Allah).
  2. Et quiconque prend pour alliés Allah, Son messager et les croyants, [réussira] car c’est le parti d’Allah qui sera victorieux.

—> Le vocabulaire est celui de la guerre.

  1. Ô les croyants! N’adoptez pas pour alliés ceux qui prennent en raillerie et jeu votre religion, parmi ceux à qui le Livre fut donné avant vous et parmi les mécréants. Et craignez Allah si vous êtes croyants.
  2. Et lorsque vous faites l’appel à la Salat, ils la prennent en raillerie et jeu. C’est qu’ils sont des gens qui ne raisonnent point.

—> On a envie de rire devant une telle accusation de ne pas raisonner…

  1. Dis : « Ô gens du Livre! Est-ce que vous nous reprochez autre chose que de croire en Allah, à ce qu’on a fait descendre vers nous et à ce qu’on a fait descendre auparavant? Mais la plupart d’entre vous sont des pervers.

—> Peut-être que les « gens du livre » ont à reprocher à Mahomet de les traiter de pervers toutes les cinq minutes. Parce que depuis tous les musulmans sont légitiment en droit d’en faire autant, et que cela n’est pas vraiment propice à la paix entre les gens de bonne volonté.

  1. Dis : « Puis-je vous informer de ce qu’il y a de pire, en fait de rétribution auprès d’Allah? Celui qu’Allah a maudit, celui qui a encouru Sa colère, et ceux dont Il a fait des singes, des porcs, et de même, celui qui a adoré le Tagut, ceux-là ont la pire des places et sont les plus égarés du chemin droit ».
  2. Lorsqu’ils viennent chez vous, ils disent : « Nous croyons. » Alors qu’ils sont entrés avec la mécréance et qu’ils sont sortis avec. Et Allah sait parfaitement ce qu’ils cachent.

—> Nouvelles répétition des menaces d’Allah. D’un point de vue rationaliste, le Coran est jusqu’à présent une pénible répétition des mêmes griefs de Mahomet contre des méchants qui refusent de le croire quand il dit qu’il a reçu les pleins pouvoir de Dieu…

  1. Et tu verras beaucoup d’entre eux se précipiter vers le péché et l’iniquité, et manger des gains illicites. Comme est donc mauvais ce qu’ils oeuvrent!
  2. Pourquoi les rabbins et les docteurs (de la Loi religieuse) ne les empêchent-ils pas de tenir des propos mensongers et de manger des gains illicites? Que leurs actions sont donc mauvaises!
  3. Et les Juifs disent : « La main d’Allah est fermée!  » Que leurs propres mains soient fermées, et maudits soient-ils pour l’avoir dit. Au contraire, Ses deux mains sont largement ouvertes : Il distribue Ses dons comme Il veut. Et certes, ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur va faire beaucoup croître parmi eux la rébellion et la mécréance. Nous avons jeté parmi eux l’inimité et la haine jusqu’au Jour de la Résurrection. Toutes les fois qu’ils allument un feu pour la guerre, Allah l’éteint. Et ils s’efforcent de semer le désordre sur la terre, alors qu’Allah n’aime pas les semeurs de désordre.

—> ibidem : on a vraiment un texte d’une grande puérilité qui montre Allah semant la haine chez ceux qui refusent le Coran puis qui dit qu’il n’aime pas les « semeurs de désordre »…

  1. Si les gens du Livre avaient la foi et la piété, Nous leur aurions certainement effacé leurs méfaits et les aurions certainement introduits dans les Jardins du délice.
  2. S’ils avaient appliqué la Thora et l’Évangile et ce qui est descendu sur eux de la part de leur Seigneur, ils auraient certainement joui de ce qui est au-dessus d’eux et de ce qui est sous leurs pieds. Il y a parmi eux un groupe qui agit avec droiture; mais pour beaucoup d’entre eux, comme est mauvais ce qu’ils font!

—> Les mécréants, toujours les mécréants. Le Coran parle beaucoup plus d’eux que de n’importe qui d’autre !

  1. Ô Messager, transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protégera des gens. Certes, Allah ne guide pas les gens mécréants.
  2. Dis : « Ô gens du Livre, vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Thora et à l’Évangile et à ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur. » Et certes, ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur va accroître beaucoup d’entre eux en rébellion et en mécréance. Ne te tourmente donc pas pour les gens mécréants.
  3. Ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Sabéens, et les Chrétiens, ceux parmi eux qui croient en Allah, au Jour dernier et qui accomplissent les bonnes œuvres, pas de crainte sur eux, et ils ne seront point affligés.

—> Et soudain on nous dit que les non-musulmans qui agissent bien ne seront pas affligés, en totale contradiction avec tout ce qu’on a pu lire auparavant. Mais quel est le critère pour définir si ces non-musulmans agissent bien ?

  1. Certes, Nous avions déjà pris l’engagement des Enfants d’Israël, et Nous leur avions envoyé des messagers. Mais chaque fois qu’un Messager leur vient avec ce qu’ils ne désirent pas, ils en traitent certains de menteurs et ils en tuent d’autres.
  2. Comptant qu’il n’y aurait pas de sanction contre eux, ils étaient devenus aveugles et sourds. Puis Allah accueillit leur repentir. Ensuite, beaucoup d’entre eux redevinrent aveugles et sourds. Et Allah voit parfaitement ce qu’ils font.
  3. Ce sont, certes, des mécréants ceux qui disent : « En vérité, Allah c’est le Messie, fils de Marie. » Alors que le Messie a dit : « Ô enfants d’Israël, adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur ». Quiconque associe à Allah (d’autres divinités) Allah lui interdit le Paradis; et son refuge sera le Feu. Et pour les injustes, pas de secoureurs!
  4. Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent : « En vérité, Allah est le troisième de trois. » Alors qu’il n’y a de divinité qu’Une Divinité Unique! Et s’ils ne cessent de le dire, certes, un châtiment douloureux touchera les mécréants d’entre eux.

—> Un peu plus tôt (v69) on nous disait que les chrétiens justes ne seraient pas affligés. Mais ici, le ton change : quiconque est chrétien ira en enfer. Y a-t-il une sorte d’instabilité de l’humeur de Dieu dans le texte, ou de celle de Mahomet, ou de celles de ceux qui ont réécrit le texte par la suite ? En tout cas ces contradictions flagrantes sont traitées comme si elles ne posaient aucune espèce de problème simplement parce que les croyants partent du principe que le texte ne peut pas se tromper.

  1. Ne vont-ils donc pas se repentir à Allah et implorer Son pardon? Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux.
  2. Le Messie, fils de Marie, n’était qu’un Messager. Des messagers sont passés avant lui. Et sa mère était une véridique. Et tous deux consommaient de la nourriture. Vois comme Nous leur expliquons les preuves et puis vois comme ils se détournent.

—> Scoop : Jésus et sa maman consommaient de la nourriture. (le Coran part du principe que Jésus a bel et bien existé, ce qui semble nécessaire pour manger ne serait-ce qu’un noyau de datte)

  1. Dis : « Adorez-vous, au lieu d’Allah, ce qui n’a le pouvoir de vous faire ni le mal ni le bien?  » Or c’est Allah qui est l’Audient et l’Omniscient.

—> On rappelle qu’Allah a le pouvoir de faire le mal… et le bien. Mais le mal surtout.

  1. Dis : « Ô gens du Livre, n’exagérez pas en votre religion, s’opposant à la vérité. Ne suivez pas les passions des gens qui se sont égarés avant cela, qui ont égaré beaucoup de monde et qui se sont égarés du chemin droit.
  2. Ceux des Enfants d’Israël qui n’avaient pas cru ont été maudits par la bouche de David et de Jésus fils de Marie, parce qu’ils désobéissaient et transgressaient.
  3. Ils ne s’interdisaient pas les uns aux autres ce qu’ils faisaient de blâmable. Comme est mauvais, certes, ce qu’ils faisaient!
  4. Tu vois beaucoup d’entre eux s’allier aux mécréants. Comme est mauvais, certes, ce que leurs âmes ont préparé, pour eux-mêmes, de sorte qu’ils ont encouru le courroux d’Allah, et c’est dans le supplice qu’ils éterniseront.

—> On tourne en rond depuis par mal de temps dans ce texte qui revient sans cesse aux malédictions prononcées par Allah. Notons qu’une fois encore on parle de Jésus, de sa mère, des chrétiens, des juifs et des mécréants qui sont finalement les personnages principaux du Coran.

  1. S’ils croyaient en Allah, au Prophète et à ce qui lui a été descendu, ils ne prendraient pas ces mécréants pour alliés. Mais beaucoup d’entre eux sont pervers.

—> Pervers, mécréants : même combat !

Dans la suite (v82-85), quand ils ne sont pas enflés d’orgueil, les chrétiens qui lisent le Coran pleurent et se convertissent, avant qu’on nous rappelle le prix à payer quand on résiste

  1. Tu trouveras certainement que les Juifs et les associateurs sont les ennemis les plus acharnés des croyants. Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent : « Nous sommes chrétiens. » C’est qu’il y a parmi eux des prêtres et des moines, et qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil.
  2. Et quand ils entendent ce qui a été descendu sur le Messager [Muhammad], tu vois leurs yeux déborder de larmes, parce qu’ils ont reconnu la vérité. Ils disent : « Ô notre Seigneur! Nous croyons : inscris-nous donc parmi ceux qui témoignent (de la véracité du Coran).
  3. Pourquoi ne croirions-nous pas en Allah et à ce qui nous est parvenu de la vérité. Pourquoi ne convoitions-nous pas que notre Seigneur nous fasse entrer en la compagnie des gens vertueux? « .
  4. Allah donc les récompense pour ce qu’ils disent par des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Telle est la récompense des bienfaisants.
  5. Et quant à ceux qui ne croient pas et qui traitent de mensonges Nos versets, ce sont les gens de la Fournaise.

—> Traitez Mahomet de menteur et le maître de l’univers vous le fera regretter !

  1. Ô les croyants : ne déclarez pas illicites les bonnes choses qu’Allah vous a rendues licites. Et ne transgressez pas. Allah, (en vérité,) n’aime pas les transgresseurs.
  2. Et mangez de ce qu’Allah vous a attribué de licite et de bon. Craignez Allah, en qui vous avez foi.

—> On revient sur les interdits alimentaires, ce qui est censé être le thème principal de cette sourate aussi déstructurée que les précédentes.

  1. Allah ne vous sanctionne pas pour la frivolité dans vos serments, mais Il vous sanctionne pour les serments que vous avez l’intention d’exécuter. L’expiation en sera de nourrir dix pauvres, de ce dont vous nourrissez normalement vos familles, ou de les habiller, ou de libérer un esclave. Quiconque n’en trouve pas les moyens devra jeûner trois jours. Voilà l’expiation pour vos serments, lorsque vous avez juré. Et tenez à vos serments, Ainsi Allah vous explique Ses versets, afin que vous soyez reconnaissants!
  2. Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du Diable. Écartez-vous en, afin que vous réussissiez.
  3. Le Diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, l’inimité et la haine, et vous détourner d’invoquer Allah et de la Salat. Allez-vous donc y mettre fin?
  4. Obéissez à Allah, obéissez au Messager, et prenez garde! Si ensuite vous vous détournez… alors sachez qu’il n’incombe à Notre messager que de transmettre le message clairement.

—> On rappelle les interdits au cas où les gens n’écouteraient pas bien. On rappelle que le Diable existe et qu’il joue aux flèches.

  1. Ce n’est pas un pêché pour ceux qui ont la foi et font de bonnes oeuvres en ce qu’ils ont consommé (du vin et des gains des jeux de hasard avant leur prohibition) pourvu qu’ils soient pieux (en évitant les choses interdites après en avoir eu connaissance) et qu’ils croient (en acceptant leur prohibition) et qu’ils fassent de bonnes oeuvres; puis qui (continuent) d’être pieux et de croire et qui (demeurent) pieux et bienfaisants. Car Allah aime les bienfaisants.
  2. Ô les croyants! Allah va certainement vous éprouver par quelque gibier à la portée de vos mains et de vos lances. C’est pour qu’Allah sache celui qui le craint en secret. Quiconque après cela transgresse aura un châtiment douloureux.

—>  A nouveau Allah puni les humains pour ce qu’ils pensent en secret. N’est-ce pas une invitation à la paranoïa ?

  1. Ô les croyants! Ne tuez pas de gibier pendant que vous êtes en état d’Ihram. Quiconque parmi vous en tue délibérément, qu’il compense alors, soit par quelque bête de troupeau, semblable à ce qu’il a tué, d’après le jugement de deux personnes intègres parmi vous, et cela en offrande qu’il fera parvenir à (destination des pauvres de) la kaaba, ou bien par une expiation, en nourrissant des pauvres, ou par l’équivalent en jeûne. Cela afin qu’il goûte à la mauvaise conséquence de son acte. Allah a pardonné ce qui est passé; mais quiconque récidive, Allah le punira. Allah est Puissant et Détenteur du pouvoir de punir.
  2. La chasse en mer vous est permise, et aussi d’en manger, pour votre jouissance et celle des voyageurs. Et vous est illicite la chasse à terre tant que vous êtes en état d’Ihram. Et craignez Allah vers qui vous serez rassemblés.
  3. Allah a institué la Kaaba, la Maison sacrée, comme un lieu de rassemblement pour les gens. (Il a institué) le mois sacré, l’offrande (d’animaux,) et les guirlandes, afin que vous sachiez que vraiment Allah sait tout ce qui est dans les cieux et sur la terre; et que vraiment Allah est Omniscient.
  4. Sachez qu’Allah est sévère en punition, mais aussi Allah est Pardonneur et Miséricordieux.
    à Très peu d’informations sont données, car une partie importante du texte consiste toujours à répéter qu’Allah est sévère mais miséricordieux, mais dur, mais juste
  1. Il n’incombe au Messager de transmettre (le message). Et Allah sait ce que vous divulguer tout comme ce que vous cachez.
  2. Dis : « Le mauvais et le bon ne sont pas semblables, même si l’abondance du mal te séduit. Craignez Allah, donc, ô gens intelligents, afin que vous réussissiez
  1. Ô les croyants! Ne posez pas de questions sur des choses qui, si elles vous étaient divulguées, vous mécontenteraient. Et si vous posez des questions à leur sujet, pendant que le Coran est révélé, elles vous seront divulguées. Allah vous a pardonné cela. Et Allah est Pardonneur et Indulgent.
    102. Un peuple avant vous avait posé des questions (pareilles) puis, devinrent de leur fait mécréants.

—> Allah décourage explicitement les questions qui risquent d’ébranler la foi des croyants. Allah est donc totalement contre l’esprit critique grâce auquel on peut vérifier si une chose est vraie…

  1. Allah n’a pas institué la Bahira, la Saïba, la Wasila ni le Ham, Mais ceux qui ont mécru ont inventé ce mensonge contre Allah, et la plupart d’entre eux ne raisonnent pas.
  2. Et quand on leur dit : « Venez vers ce qu’Allah a fait descendre (La Révélation), et vers le Messager », ils disent : « Il nous suffit de ce sur quoi nous avons trouvé nos ancêtres. » Quoi! Même si leurs ancêtres ne savaient rien et n’étaient pas sur le bon chemin…?

Après cela viennent les directives pour faire votre testament.

  1. Ô les croyants! Vous êtes responsables de vous-même ! Celui qui s’égare ne vous nuira point si vous vous avez pris la bonne voie. C’est vers Allah que vous retournerez tous; alors Il vous informera de ce que vous faisiez.
  2. Ô les croyants! Quand la mort se présente à l’un de vous, le testament sera attesté par deux hommes intègres d’entre vous, ou deux autres, non des vôtres, si vous êtes en voyage dans le monde et que la mort vous frappe. Vous les retiendrez (les deux témoins), après la Salat, puis, si vous avez des doutes, vous les ferez jurer par Allah : « Nous ne faisons aucun commerce ou profit avec cela, même s’il s’agit d’un proche, et nous ne cacherons point le témoignage d’Allah. Sinon, nous serions du nombre des pêcheurs ».
  3. Si l’on découvre que ces deux témoins sont coupables de pêché, deux autres plus intègres, parmi ceux auxquels le tort a été fait, prendront leur place et tous jureront par Allah : « En Vérité, notre témoignage est plus juste que le témoignage de ces deux-là; et nous ne transgressons point. Sinon, nous serions certainement du nombre des injustes ».
  4. C’est le moyen le plus sûr pour les inciter à fournir le témoignage dans sa forme réelle; ou leur faire craindre de voir d’autres serments se substituer aux leurs. Et craignez Allah et écoutez. Allah ne guide pas les gens pervers.
  5. (Rappelle-toi) le jour où Allah rassemble (tous) les messagers, et qu’Il dira : « Que vous a-t-on donné comme réponse?  » Ils diront : « Nous n’avons aucun savoir : c’est Toi, vraiment, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu ».

Puis petit retour sur Jésus… Une transition ? Pourquoi faire ?

  1. Et quand Allah dira : « Ô Jésus, fils de Marie, rappelle-toi Mon bienfait sur toi et sur ta mère quand Je te fortifiais du Saint-Esprit. Au berceau tu parlais aux gens, tout comme en ton âge mûr. Je t’enseignais le Livre, la Sagesse, la Thora et l’évangile! Tu fabriquais de l’argile comme une forme d’oiseau par Ma permission; puis tu soufflais dedans. Alors par Ma permission, elle devenait oiseau. Et tu guérissais par Ma permission, l’aveugle-né et le lépreux. Et par Ma permission, tu faisais revivre les morts. Je te protégeais contre les Enfants d’Israël pendant que tu leur apportais les preuves. Mais ceux d’entre eux qui ne croyaient pas dirent : « Ceci n’est que de la magie évidente ».
  2. Et quand J’ai révélé aux Apôtres ceci : « Croyez en Moi et Mon messager (Jésus) ». Ils dirent : « Nous croyons; et atteste que nous sommes entièrement soumis ».
  3. (Rappelle-toi le moment) où les Apôtres dirent : « Ô Jésus, fils de Marie, se peut-il que ton Seigneur fasse descendre sur nous du ciel une table servie?  » Il leur dit : « Craignez plutôt Allah, si vous êtes croyants« .
  4. Ils dirent : « Nous voulons en manger, rassurer ainsi nos cœurs, savoir que tu nous as réellement dit la vérité et en être parmi les témoins ».
  5. « Ô Allah, notre Seigneur, dit Jésus, fils de Marie, fais descendre du ciel sur nous une table servie qui soit une fête pour nous, pour le premier d’entre nous, comme pour le dernier, ainsi qu’un signe de Ta part. Nourris-nous : Tu es le meilleur des nourrisseurs. »
  6. « Oui, dit Allah, Je la ferai descendre sur vous. Mais ensuite, quiconque d’entre vous refuse de croire, Je le châtierai d’un châtiment dont Je ne châtierai personne d’autre dans l’univers. »

—> Allah accepte de servir le diner, mais voyez à quel prix ! Ce petit groupe de versets donne leur nom à toute la sourate. Il semble donc que ce miracle où Allah joue les traiteurs soit d’une grande importance. Nulle trace de violence physique dans cette idée, sauf qu’il est question que ceux qui sont conviés sont en même temps menacés du châtiment le plus douloureux. On retrouve la méthode de manipulation mentale qui consiste à accorder des bienfaits tout en menaçant de représailles toute ingratitude. Ce type de violence mentale transpire dans toutes les sourates lues jusqu’à présent.

  1. (Rappelle-leur) le moment où Allah dira : « Ô Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux gens : « Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d’Allah?  » Il dira : « Gloire et pureté à Toi! Il ne m’appartient pas de déclarer ce que je n’ai pas le droit de dire! Si je l’avais dit, Tu l’aurais su, certes. Tu sais ce qu’il y a en moi, et je ne sais pas ce qu’il y a en Toi. Tu es, en vérité, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu.
  2. Je ne leur ai dit que ce Tu m’avais commandé, (à savoir) : « Adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur ». Et je fus témoin contre eux aussi longtemps que je fus parmi eux. Puis quand Tu m’as rappelé, c’est Toi qui fus leur observateur attentif. Et Tu es témoin de toute chose.
  3. Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs. Et si Tu leur pardonnes, c’est Toi le Puissant, le Sage ».

—> Châtiment et pardon sont les deux mamelles de la manipulation des croyants.

  1. Allah dira : « Voilà le jour où leur véracité va profiter aux véridiques : ils auront des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux pour y demeurer éternellement. » Allah les a agréés et eux L’ont agréé. Voilà l’énorme succès.
  2. A Allah seul appartient le royaume des cieux, de la terre et de ce qu’ils renferment et Il est Omnipotent.

Petit bilan

Encore une sourate sans fil conducteur, sans idée directrice, sans lien direct avec son titre, bref une sourate mal écrite. On incriminera sûrement la traduction, y compris pour justifier l’absence de toute transition. On retrouve ici des appels à la guerre sainte et au meurtre d’une grande clarté qu’il est impossible de confondre avec une injonction à s’opposer pacifiquement a ceux qui combattraient l’Islam. La violence la plus présente est celle qui consiste à placer Allah en bienfaiteur au simple fait qu’il se retient de punir atrocement certains êtres humains, s’ils le craignent suffisamment.

L’angle de lecture était de nous demander si le Coran pouvait susciter des comportements violents. Au fil de la lecture une thèse  légèrement différente s’installe peu à peu : que le Coran soumet le croyant à des injonctions paradoxales, exige de lui qu’il abolisse tout esprit critique et qu’il le prépare à accepter de commettre des atrocités au nom d’Allah. C’est le principe d’obéissance, du conditionnement à chercher à plaire à un Dieu violent, qui nous semble régner sur l’ensemble du texte. Mais cela ne contribue pas à dédouaner le Coran des crimes commis en son nom. Au contraire.