Psychanalyse et pensée critique – Tronche en Live #16 (Sophie Robert)

Invitée : Sophie Robert, réalisatrice de documentaires.

Emission enregistrée le 22 décembre 2015.

Editorial

 

Une approche thérapeutique peut prétendre guérir par simple imposition des mains, par le miracle de l’eau bénite, grâce à des aimants, des ventouses, des aiguilles ou la récitation d’incantations. Il y a toujours des gens pour y croire, des anecdotes personnelles, des récits, des témoignages. Quand on a la saine réaction d’être sceptique, de se souvenir qu’un témoignage n’est pas une preuve et que quantités de gens croient quantités de mensonges, on doit toutefois se garder de la facilité, celle  qui nous vient presque comme un réflexe, qui consiste à se dire “quelle bande d’idiots ! Faut-il être bête pour croire à de pareilles sornettes ?” Réflexe malheureux s’il en est, car nous sommes équipés du même cerveau que ces gens et nous commettons les mêmes types erreurs, encore et encore.

Une méthode a été inventée pour ne pas tomber constamment dans les mêmes pièges, c’est l’approche rationnelle, critique, scientifique, qui recherche des critères objectifs pour déterminer si une chose est vraie ou fausse. On l’emploie pour déterminer le rôle des gènes, l’âge des roches, la composition des matériaux, l’efficacité des procédés industriels, l’évolution du climat, ou encore pour mesurer l’effet d’un médicament, d’une thérapie, d’un soin quel qu’il soit. Dans le cas de la santé, c’est souvent très compliqué, car beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte, et nous savons que les effets contextuels (souvent appelés Placebo) ont un rôle non négligeable qui permet de faire croire au patient qu’on lui a rendu service. Néanmoins des études à grande échelle, et des méta-études sur des milliers de cas et sur des dizaines d’années existent et nous donnent à voir si un type de thérapie, y compris des psychothérapies, a de meilleurs résultats qu’un autre.

En termes de résultats, la littérature scientifique est claire et nette, la psychanalyse n’est pas un bon choix. Elle n’aide pas les gens qui vont mal, et si elle aide les autres, c’est surtout à soulager un compte en banque trop garni.

Il faudrait donc commencer par bien distinguer la psychanalyse des autres approches psychologiques, car la psychothérapie n’a pas été inventée par Freud, et il existe une pratique thérapeutique non psychanalytique et fondée sur les travaux de la science. Il n’y a guère qu’en France (et en Argentine) que le public continue de confondre psychologie, psychiatrie et psychanalyse… Et la faute en incombe en partie aux médias.

Pourquoi voit-on partout à la télévision, dans les journaux et les magazines des “experts” d’obédience psychanalytique, et rarement des chercheurs ou des cliniciens qui n’émargent pas à ces croyances ?

J’ai dit croyance, et cela fera grincer des dents, mais c’est pourtant l’exact libellé que doit revêtir l’adhésion au complexe d’Œdipe, à la catharsis ou au refoulement qui ne sont rien de moins que des dogmes dans lesquels on doit professer sa croyance pour pouvoir rejoindre telle ou telle école de pensée psychanalytique. Dit comme cela, c’est terrible, on dirait presque que la psychanalyse fonctionne comme une secte. On comprend aisément tous ceux qui trouvent cette idée choquante et qui la rejettent en bloc, mais ce n’est pas ce que nous allons faire ce soir. Nous allons essayer de regarder les choses en face.

Bien sûr, le genre de critique que l’on vient de formuler suscite souvent comme réponse la suspicion d’une volonté de nuisance envers ce qui demeure un courant de pensée très présent dans le monde médical français. Il faut assurément de la nuance, de la mesure, du recul afin d’avoir sur la question un avis dépassionné et objectif. C’est pourquoi il est indispensable de se pencher sur la manière dont les psychanalystes répondent aux critiques. Car la manière dont des professionnels répondent aux critiques sur leur profession est un excellent indicateur de la qualité de leur démarche scientifique et épistémologique. Les psychanalystes défendent-ils la psychanalyse sur le terrain de la science, des idées et des faits ?

Pour en discuter nous invitons une personne qui connait très bien le mode de défense des psychanalyste puisqu’elle a été en procès contre certains d’entre eux suite à son film “Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme.” j’ai nommé Sophier Robert.

 

Scénariste, documentariste, réalisatrice et productrice de films, documentaires, clips et programmes pédagogiques et scientifiques, Sophie Robert met en image des sujets liés aux sciences humaines.

Plan de l’émission

 

  • 1. C’est quoi la psychanalyse ? 
  • 2. Comment distinguer le bon psychanalyste du mauvais psychanalyste ? (la réponse aux critiques)
  • 3. La psychanalyse est-elle une dérive sectaire ?

 

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