Plaidoyer pour une (bonne) communication sceptique

Article invité de Xavier Ristat, auteur du blog Cygnification qui traite de la communication (et un peu du scepticisme)

Parmi les sceptiques et les zététiciens, il est plutôt courant de connaître les mécanismes qui nous font penser ce que l’on pense en des termes de croyances ou de pseudosciences. Une autre chose assez connue des sceptiques, c’est qu’il est souvent difficile de communiquer avec ce que j’appellerai les « tenants » de croyances infondées, un peu comme il est difficile de parler politique dans les réunions de famille le dimanche midi. Il n’est pas rare qu’un sceptique passe pour quelqu’un d’obtus juste pour s’être interrogé sur le bien fondé d’une affirmation extraordinaire prononcée par une relation.
Je parle donc aussi en connaissance de cause, étant passé d’une activité pseudoscientifique où peu de personnes me contredisaient à une attitude plus rationnelle mais aussi suscitant une plus grande méfiance de l’entourage. Il est évidemment difficile d’engager le débat quand au minimum un des parties pense que l’autre se fermera au débat, et beaucoup se refusent à engager la communication par peur du conflit.
Le souci avec ce postulat, c’est qu’il démarre avec une méconnaissance de ce qu’est la communication et ce que doit être un conflit dans ce genre de débats.

 

Définissons un peu mieux la communication

Pour définir la communication, et restreindre le sujet à ce qui nous intéresse, je parlerai en premier lieu de la communication humaine (exit la communication animale, électrique, neurologique, etc…), en des termes empruntés des études en psychologie et en sciences de la communication (pour les besoins de la rédaction, j’utiliserai, sans mauvaise intention ou double sens, le terme « tenant » pour parler des personnes défendant croyances, pseudo-sciences et autres affirmations extraordinaires). Quel est l’enjeu de la communication humaine ?
Dans un premier temps, la communication sert au lien social, aussi bien à le construire qu’à le détruire. Elle est là pour nous permettre de cohabiter : nous n’avons pas les mêmes origines, la même culture, les mêmes pensées, les mêmes croyances. Ce qui nous fait co-exister n’est pas que nous avons le même consensus, car cela est assez irréaliste, mais que notre communication nous permet de posséder la tolérance nécessaire d’accepter l’autre.
Jacques Cosnier dira même :  » Sans émotionspas de communication et sans communication, pas de société. »
communication

Le lot de beaucoup de sceptiques

On peut définir la communication en trois éléments :

 

La communication est une activité d’interprétation : chacun de nous n’interprète pas de la même manière un message donné, nous créons du sens à partir de notre vécu. Nous ne sommes donc pas tous forcément sensibles de la même manière aux arguments, à la forme d’un message ou bien même à l’émetteur de ce message. En soi, la communication ne créée pas de la compréhension, elle réduit l’incompréhension, sans toutefois complètement la supprimer.

 

La compréhension n’est pas qu’affaire de cognition : notre interprétation dépend tout aussi bien du contexte que de la perception du contexte et du message. Nous filtrons, décodons les messages selon nos propres critères (relation au contexte, à la personne, notre perception… ) avant d’envoyer nos propres messages, eux aussi dépendant de ces critères (notre corps, notre intonation, notre vocabulaire, …)

 

La communication dépend essentiellement de 5 critères : l’espace (sommes-nous en face à face, ou bien à distance ?), le temps (la communication est-elle instantanée, ou bien différée ?), la technique (utilise-t-on un support technique pour faire passer le message ?), la situation (la communication va-t-elle dans un seul sens, ou bien est-ce un échange ?) et le nombre (on ne communique pas de la même manière face à une personne que face à 1000).

 

On se rend compte des possibilités complexes que peuvent donner les situations de communication. L’interprétation est un terme revenant assez souvent et qui peut complètement modifier une relation. Alors peut-on communiquer et débattre de façon sceptique face à des croyances ? Et si oui, quelles sont les règles que doit connaître tout bon sceptique qui cherche à vulgariser l’esprit critique ?

 

Don’t be a dick

Une des règles qu’il est bon de rappeler, c’est que même en étant au fait des biais cognitifs et des expériences sur la soumission et la manipulation, nous ne sommes pas pour autant à l’abri de défendre des croyances irrationnelles. C’est même quelquefois le message qui est retenu au vu de certains débats : le sceptique ne croit pas dans l’extraordinaire, alors il « croit » (je sais que je vais me faire disputer par des sceptiques en utilisant ce mot, mais c’est pour la compréhension de tous) dans ce qu’il lui reste : la science. Hors, bien entendu, pour beaucoup de scientifiques, le fait de comparer la science à la religion a de quoi faire sourire.
Par cet exemple, je veux montrer une chose, c’est que bien souvent, les débats sciences/croyances ne se font pas sur un même plan : les sceptiques vont avoir avant tout un discours scientifique et épistémologique (charge de la preuve, biais de confirmation, réfutabilité, double aveugle, peer review…) alors qu’un tenant va avant tout mettre en avant son expérience. Et montrer du doute envers son expérience c’est… douter de son identité.
Beaucoup de gens se construisent avec des croyances, les nier peut paraître rude et douloureux et n’apporte que rarement une réponse positive rapide. Il nous incombe à nous, en tant que sceptique, de ne pas se montrer trop violent lors de nos débats. Ou comme le dirait Phil Plait : « Don’t be a dick ».
Dans cette conférence, l’expérience de Phil nous montre que les sceptiques ont trop l’habitude de passer pour des personnes hautaines et moralisatrices, ce qui n’est souvent pas le cas. Tout comme les tenants ne cherchent généralement pas à arnaquer leurs voisins : d’une certaine manière, nous avons tous des aspirations communes, nous cherchons le bien de l’autre. Mais nous sommes maladroits.
Ce dont il faut donc prendre conscience, c’est que le meilleur moyen d’entamer une conversation avec un tenant consiste à trouver le point commun qu’il a avec notre approche. Par exemple, si une personne défend la pratique d’une nouvelle thérapie contre le cancer, c’est sans doute parce qu’elle veut voir des personnes guérir : c’est un point d’entrée qui consistera à montrer que l’on est aussi concerné par le bien-être des malades (et ne pas citer de suite chiffres et études qui, pour un tenant, montre de la déshumanité)
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« Houlà, ça s’engueule, vite, n’intervenons pas et échangeons des regards lourds de sens »

Il faut donc engager la conversation sous les meilleures conditions, en contrôlant le maximum de paramètres : en tant que sceptique, le but n’est pas de convaincre la personne à votre opinion, mais de l’amener à remettre en question la sienne (il est important de faire soi-même ce travail pour soi, et de le montrer aux interlocuteurs que l’on est disposé à se laisser convaincre : quel serait l’intérêt pour votre interlocuteur de dialoguer avec vous si vous êtes là pour lui donner une leçon ?). Dans des situations genre « débat public », il est de bon ton d’utiliser un médiateur, comme ce fut le cas avec le débat entre Thomas Durand et Alexis Masson sur le site Top Chrétien :
Ce présentateur/médiateur est là pour contrôler les temps de parole mais aussi pour que le débat reste courtois et poli, et purement argumentatif. Quelquefois, la simple présente d’une tierce personne neutre est suffisante pour que critiques non-constructives et ad hominem soient absentes. D’ailleurs, on peut voir souvent des exemples de médiations « ratées » lors de débats politiques, où les journalistes se montrent plutôt passifs. Mais la communication politique reste un sujet particulier où l’ad hominem peut-être une stratégie. Bref, ne prenons pas la politique pour le meilleur exemple de débats constructifs.

 

N’ayez plus peur du conflit

Mais l’utilisation d’un médiateur est rarement possible. Que cela soit pour des raisons techniques (trouver quelqu’un de neutre, sans avis sur le sujet ou bien assez objectif pour faire taire son opinion, et ayant des compétences en communication ; conditions technologiques du débat -visioconférence, téléphone, etc…-) ou pour des raisons logiques (difficile de trouver une médiateur pour débattre avec belle-maman lors du repas dominical), il faudra souvent s’en passer. Il convient alors de faire le plus tôt possible un « contrat de communication », de manière plus ou moins explicite.
Concrètement, il s’agit de mettre en place les règles du débat (défini à votre convenance, mais je conseille vivement le respect des avis, l’absence d’attaques personnelles…) et l’accord préalable : sur quelle base allez-vous commencer à débattre ? Sur quel point vous rejoignez-vous et êtes d’accord ?
Cette communication se voudra plus stratégique.
communication canard

La sagesse des canards

Soyons d’accord sur un point : être stratégique ne signifie pas que l’on va manipuler, ou que l’on est dans une guerre. Le scepticisme n’a pas besoin de guerriers, mais de diplomates, et sans être dans la volonté de gagner, la pratique du scepticisme reste le goût du débat et du conflit.
Et quand je parle conflit, je reviens à l’étymologie du mot, tiré du latin : confligere, qui signifie « lutter ensemble ». Non pas l’un contre l’autre, mais ensemble.
C’est d’ailleurs pour cela que l’on parle de « gestion de conflit », car derrière, on sait qu’un conflit amène à un changement : changement d’attitude, d’opinion, de décision. Il est donc important de ne pas être effrayé par le conflit, car être sceptique, c’est être en conflit avec des personnes, mais aussi combattre des idées.
Il existe un texte dont le titre est « la zététique n’est pas un sport de combat ». Même si j’adhère avec le texte, j’apporterai un ajout ou un sous-titre : « la zététique n’est pas un sport de combat, mais un art martial ». Pratiquer un art martial ne signifie pas que l’on va user de violence contre ses adversaires. Dans la philosophie de ces disciplines, les pratiquants apprennent à respecter leur adversaire et à éviter de profiter de leur force. Ces sports sont vue comme des philosophies d’hygiène mentale et corporelle : c’est un peu le cas du scepticisme, non ? C’est ainsi que je vois la pratique du scepticisme : une méthode de défense et d’éducation critique.
Il est cependant évident que dans l’attitude, il ne faudra pas se montrer guerrier, mais pas passif pour autant : savoir poser ses limites quand l’interlocuteur les franchis un peu trop est le plus sur moyen de ne pas faire s’enliser le débat. Par ailleurs, avoir une vision stratégique de l’entretien peut-être plus bénéfique que de réagir à une simple affirmation. Quel est notre objectif à vouloir convaincre autrui ? Le faisons-nous pour notre ego ? Sommes-nous perturbés lorsque nos mots ne provoquent aucun changement ? Le plus sûr moyen de convaincre n’est-il pas de savoir quand engager le débat ?

 

Les bons commandements du communicant sceptique

Ce que nous apprend la psychologie de la persuasion, c’est que le processus pour changer d’opinion peut-être long, et répond à plusieurs facteurs qui vont déterminer si l’interlocuteur va changer d’avis… ou au contraire, va confirmer ses croyances. Je n’ai pas souvenir, personnellement, d’une personne ayant changé d’avis après un débat particulièrement désagréable ou humiliant. Et pour cause : ce que nous montrent les expériences en psychologie, c’est que les changements d’opinion et d’attitude s’opèrent quand des opinions et un cadre positif ont été amorcés.
La conversation doit ensuite se construire, étape par étape. Voici quelques règles afin de créer des conditions optimales de débats, issue en partie des techniques d’entretiens épistémiques (street epistemology en anglais), de gestion de conflits et de rhétorique.

 

Choisir son moment pour débattre : débattre avec un croyant va vous demander une grande énergie, de l’attention et des efforts, notamment cognitifs. Vous aurez besoin de self control pour ne pas laisser échapper une parole malheureuse, une formulation hasardeuse et pour montrer que vous êtes de bonne foi. En bref : si vous avez la personne en face de vous, prenez le temps d’un café pour en discuter avec elle et ne balancez pas une phrase si derrière vous n’êtes pas prêt à entretenir une conversation. Sur internet et les réseaux sociaux, évitez de commenter si c’est juste pour faire une pic ou une réflexion que vous estimez « spirituelle ». Apportez de l’eau au moulin du débat, ou venez aider à ce que la discussion se passe le mieux possible. Si vous comptez faire de l’ironie, un trait d’humour (au dépend d’une personne présente), une réflexion qui flattera votre ego ou si vous êtes trop fatigué ou occupé pour soutenir un débat : abstenez-vous.
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Le café, ce lubrifiant social

Cherchez les valeurs communes que vous partagez avec votre interlocuteur : prenons l’image d’un cercle qui schématiquement vous représente d’un point de vue intellectuel, de même que votre interlocuteur. Ces deux cercles se rencontrent et s’entrecroisent sur une plus ou moins grande surface (cette surface représentant les choses que vous avez en commun). Généralement, on apprécie et on se rapproche beaucoup plus des gens avec qui on partage des valeurs, des croyances, des connaissances. L’objectif va être que le cercle de l’interlocuteur se rapproche de plus en plus de votre cercle, et cela ne peut se faire qu’en créant de la sympathie. Si vous vous montrez trop factuel (en tout cas en ne communicant pas avec un scientifique), votre interlocuteur risque de se fermer en ne percevant pas votre émotion et votre humanité. Donc ne pas hésitez à engager la conversation et à prendre quelques minutes pour faire simplement connaissance.

 

Définissez le meilleur contexte : comment va se dérouler le débat ? Avec qui ? Sur combien de temps ? Ce sont des facteurs importants, car il n’est pas rare de voir quelqu’un fuir un débat en prétextant un rendez-vous, ou bien se sentir acculé car il est seul contre trois personnes. Définissez au mieux un équilibre pour que chacun des partis se sente à l’aise.

 

Définissez un « contrat de communication » : il n’est pas rare dans des débats qu’un croyant se sente « piégé », même si ce n’est pas forcément le cas. C’est une chose qui peut couper court à toute tentative de communication et qui est difficilement rattrapable. Prenez les devants : expliquez en quoi votre démarche n’est pas là pour nuire, mais pour comprendre. Définir des règles permet aussi, quand l’une des personnes ne les respecte pas, de faire un rappel à l’ordre (« je vous rappelle que l’on avait convenu de rester poli, etc… »).
contrat

 

Posez des questions ouvertes : laissez la personne exposer ses idées, et je le répète, EVITEZ D’Y POSER UN JUGEMENT. Si paroles dangereuses il y a, c’est par étape que vous arriverez peut-être à faire prendre conscience de cela. Les questions fermées à la « oui/non » ne donnent pas l’impression d’un choix.

 

Aidez votre interlocuteur : il aura peut-être du mal à s’exprimer, à hiérarchiser ses idées, à se faire comprendre… Aidez-le par la patience, l’écoute, la reformulation… Par la même occasion, évitez de l’interrompre ou de faire toute activité qui l’empêche de pleinement s’exprimer.

 

Admettez vos erreurs : ne les balayez pas sous le tapis. Si à un moment, vous vous êtes montré maladroit, mettez votre ego de coté, et excusez-vous. De même, si votre argument n’était pas bon, votre preuve fausse, admettez-le, c’est une preuve d’humilité qui renforce l’opinion favorable que l’on peut avoir de vous.

 

Ne tolérez aucun débordement : c’est une position moins axée sur le débat en lui-même, mais sur son déroulement. La discussion ne peut se faire que dans le respect de chacun, si quelqu’un contredit cette règle, rappelez-la lui. Si vous laissez passer une réflexion, vous pourrez en laisser passer d’autres… ou l’on pourrait vous reprocher un favoritisme. Cela demande un certain recul et de l’objectivité.

 

Oubliez l’égo : on aime avoir raison, on aime moins avoir tort. Les émotions peuvent prendre le dessus, l’agacement arrive très vite. Il faut prendre du recul et savoir garder son calme. Vous n’êtes pas là pour gagner, et si c’est l’objectif de votre « adversaire », lui montrer que vous n’êtes pas dans une disposition de combattre peut l’amener lui aussi à avoir une attitude plus sereine. Bref, n’essayez pas d’avoir le dernier mot.

 

Adaptez votre langage : montrez vos points d’accords (« sur ce point, je suis tout à fait d’accord… »), votre compréhension des arguments de votre interlocuteur (« oui, d’ailleurs, tel étude va dans votre sens… »), reformulez les (« si j’ai bien compris, ce que vous voulez dire c’est que… »). Si la personne n’est pas au fait de la technicité, des processus scientifiques, évitez de la noyer sous un vocabulaire qu’elle prendra pour une tentative de la prendre pour une imbécile. De même, pour beaucoup, c’est le registre de l’émotionnel qui joue, il est donc quelquefois difficile de faire valoir des arguments rationnels (mais pour autant, évitons de nourrir l’idée que rationnel et émotionnel ne font pas bon ménage : ils sont complémentaires)

 

Si ça dérape, passez en mode « médiation » : il peut arriver qu’une dispute commence, ou bien que vous arriviez sur un débat où les hostilités ont commencé. Gérer le conflit demande un certain recul et du doigté, notamment en identifiant ce qui peut pousser la personne à s’énerver (généralement, par réflexe de défense). N’hésitez pas à montrer votre bonne volonté, à modérer ceux qui n’aident pas au dialogue, à proposer à la personne de ne parler qu’à vous, etc…

 

Apporter des critiques constructives : bien évidemment, évitez de critiquer la personne, mais critiquez ses idées, en lui rappelant si nécessaire (car je le rappelle, il n’est pas rare que les gens s’identifient à leurs idées). Faire une critique constructive se compose d’une description extrêmement factuelle de la situation, puis d’une explication de ce que vous ressentez, pour continuer par une proposition de solution et des éventuelles conséquences positives que cela peut engendrer.

 

Exemple : « Vous me dites que le vaccins cause l’autisme (description factuelle), j’avoue que cela me laisse perplexe (ressenti), pourriez-vous m’indiquez des sources fiables ? (solution)
Cela me permettrait de mieux comprendre ce que vous voulez dire (conséquence) »
Avouez que c’est plus efficace (mais plus long) qu’un « vous avez tort ».

 

Vous êtes humain : vous n’êtes pas à l’abri d’être agacé, fatigué, pas en forme… Et donc d’être un mauvais médiateur. Quand on pratique la communication, et quand on se montre faillible, il n’est pas rare que l’on se prenne des réflexions du genre « pour quelqu’un qui fait de la com’/médiation, tu t’énerves vite ». C’est oublier que nous ne sommes pas des machines et que même avec les meilleurs intentions, on peut se planter. Acceptez-le pour vos interlocuteurs, acceptez-le pour vous et aidez les autres à l’accepter. Ça ne veut pas dire que c’est excusable, mais que c’est compréhensible.
droit a l erreur

 

Et surtout : gardez en tête que le tenant que vous avez en face de vous peut être un futur sceptique s’il se met à essayer de comprendre votre point de vue, à étudier les biais, à comprendre les mécanismes de la science. On ne peut commencer cette démarche sous la critique, les moqueries, le jugement. Bref, ne soyez pas un enfoiré.

 

Vers une « web epistemology »

Ces quelques règles, en lien avec la médiation, la gestion de conflit et la rhétorique, sont souvent utilisées en entretien epistémique, ou bien « street epistemology » en anglais. Elles demandent de gros efforts, et l’on ressort souvent plutôt épuisé de tels entretiens (enfin, tout dépend de la difficulté du débat et de sa durée). Car autant prévenir, cela ne se règle pas en cinq minutes, il faut de la patience pour qu’un interlocuteur se sente à l’aise et prêt à revoir sa méthode de compréhension des faits.
Voici d’ailleurs un petit tutoriel sous-titré en français d’un dialogue de street epistemology, où le sceptique montre les forces et les faiblesses de sa discussion, c’est très intéressant
De la même manière, il serait totalement faux de dire que c’est la méthode de communication qui fonctionne à coup sûr, comme il est fataliste de se dire qu’il ne sert à rien d’essayer de dialoguer avec des croyants car ils ne changeront pas d’avis. Soyons réalistes, et essayons de montrer l’exemple en matière de réflexion, en commençant par appliquer à nous-mêmes une méthode critique. Ce qui guette le sceptique, c’est le fatalisme : je ne connais personne qui ne soit pas passé par ce sentiment à force de dialoguer avec des croyants. Soyons vigilants sur le fait que nous sommes en partie responsables de ce fatalisme par notre attitude.
Pour aller plus loin, je vous conseille aussi de visionner une émission de télévision australienne où un expert du climat est confronté à 52 climatosceptiques. C’est une vidéo très intéressante car elle montre aussi bien les choses à faire pour qu’un débat se passe bien que les choses à éviter :
A savoir qu’une analyse du discours de ce débat a été faite, je vous en conseille fortement la lecture.

 

Sources :
Dortier J-F (dir.), La communication : état des savoirs, Editions Sciences Humaines, 2008
Breton P., Convaincre sans manipuler, La Découverte, 2015
Bègue L. (dir.), Desrichard O. (dir.), Traité de psychologie sociale : la science des interactions humaines, De Boeck, 2013
Zakary L. Tormala , Pablo Briñol , Richard E. Petty , When credibility attacks : the reverse impact of source credibility on persuasion, Journal of Experimental Social Psychology, 42, 684-691
Petty R. E., Mécanismes psychologiques de la persuasion, Diogène n217, 2007, 58-78
Danblon E., Quels mots pour convaincre, Sciences Humaines n246, mars 2013
17 réponses
  1. bcy
    bcy dit :

    Les idées force de cet article sont excellentes et sont un juste rappel de principes de base du respect. Mais les mises en application indiquées me semblent un peu limitées (de toute façon, on ne peut pas tout dire sur un article qui doit rester assez court pour être lu). Une piste intéressante pourrait être de ne pas se concentrer que sur le contenu des croyances discutées, mais aussi sur des croyances périphériques qui sont le produit de biais cognitifs. Il me semble en trouver des exemples dans la vidéo avec Schneider, où on se rend compte que le problème n’est pas tant l’ignorance de faits scientifiques ou de la démarche, que Schneider sait expliquer rapidement et brillamment, mais des problèmes relatifs à la compréhension et la classification d’autrui. Ainsi, beaucoup de climatosceptiques interrogés semblent mélanger ce que disent les médias, les politiques, des personnes qu’ils croisent, des scientifiques hors de leur domaine de compétence, avec ce que disent les scientifiques spécialisés dans la mesure et la compréhension du réchauffement climatique et ses conséquences. Ce qui est alors intéressant est qu’une grosse partie du travail devient alors de montrer aux gens qu’ils mélangent plusieurs opinions et qu’ils devraient se renseigner mieux, ce qui a l’avantage de ne pas remettre immédiatement en cause les croyances auxquelles ils s’identifient tout en mettant en réalité en marche la machine qui leur fera abandonner ces croyances. Après il reste le gros problème du raisonnement circulaire où quelqu’un pense que A est vrai car les personnes comme X qui le disent ne sont pas dignes de confiance, et que X n’est pas digne de confiance car il dit A. Là effectivement, il faut traiter de la croyance en tant que telle, ou au moins réduire sa portée en remarquant que X peut être sincère et qu’il serait bon le traiter comme un être humain. On peut d’ailleurs être ce X, et faire remarquer que c’est aller un peut vite que de nous mettre dans telle ou telle case, surtout quand notre discours est totalement déformé pour rentrer dans des cases toutes faites, comme celle du SJW quand on ose contester ce que disent les critiques d’un certain féminisme très visible sur Internet (ça arrive malheureusement, même avec des personnes bien intentionnées).

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  2. Rem
    Rem dit :

    Je ne suis pas vraiment d’accord, ou du moins, j’émettrais quelques réserves à cette apparente bienveillance que certains voudraient ériger en ligne de conduite.

    D’une part, parce que quand quelque chose à une incidence néfaste, se montrer trop conciliant avec son interlocuteur suggère que le problème n’est, au fond, pas si grave. Pour ma part, si j’accorde autant d’importance à la démarche sceptique, ce n’est pas pour casser du tenant, mais parce que j’estime que pour pouvoir agir sur le monde correctement, il faut d’abord comprendre comment fonctionne celui-ci. Il y a donc, derrière ces débats scientifiques, des enjeux qui vont au delà de la simple vérité. Lutter contre le mensonge, l’obscurantisme ou les idées reçues n’est pas une fin soi, mais un moyen pour rendre le monde un peu meilleur.
    Donc évidement, même je ne suis pas pour rabaisser gratuitement qui que ce soit, j’estime qu’il faut aussi, quand le contexte l’exige, se montrer suffisamment ferme et ne pas craindre de présenter sans détour comme stupide ce qui est stupide, pour, à défaut de convaincre notre interlocuteur qui se sentira blessé ou outragé, dissuader d’autres personnes qui n’aurait pas saisi cette stupidité de tomber eux aussi dans le piège.

    D’autre part, nous avons tous notre propre personnalité et notre propre sensibilité, que ce soit chez les sceptiques ou chez les tenants. Certains sceptiques font preuve d’une patience et d’une courtoisie à toute épreuve (parfois trop à mon goût), et d’autres sont plus rentre dedans (parfois trop à mon goût aussi), mais c’est cet ensemble qui est susceptible d’avoir un impact sur l’autre ensemble, celui des tenants, ou des tenants en devenir. Autrement dit, si on est trop gentils, on évite de toucher les uns, et si on est trop méchants, on évite de toucher les autres.

    La gentillesse quoi qu’il arrive m’apparait donc être une attitude un peu trop relativiste face aux enjeux que le scepticisme tente de corriger, d’autant qu’une bonne « claque » m’apparait bien moins cruelle pour la personne visée que le mépris et le rejet déguisé sous une politesse de langage qui mettent la personne concerné dans une position où il lui est pratiquement impossible de se défendre, tout en le poussant à bout a petit feu.

    Mais bon, reste à définir ce qu’on entend par « virulence » ou « courtoisie » ? Par exemple, certains trouvent Mandax trop virulent, alors que moi je le trouve plutôt modéré.

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    • Xavier Ristat
      Xavier Ristat dit :

      Alors je pense que vous n’avez pas tout à fait compris ce que je voulais dire 🙂
      Moi même, dans mon activité de sceptique, on ne peut pas considérer que je suis un « gentil ». Je suis adepte en effet de commencer les conversations sous les meilleurs auspices (je dis ça pour l’expression hein) en étant le plus courtois possible. Cependant, le contrat de communication que l’on met en place est aussi une protection sur le dépassement de bornes, notamment de la part des tenants (il n’est pas rare de se prendre un ad hominem). Il s’agit là d’apporter des limites : ni hérisson, ni paillasson. En bref, si un tenant se montre trop virulent, je ne lui rentre pas dans le lard pour autant, mais je montre un profond désaccord et lui montre les limites. S’il les franchit, il n’y a pas de discussion possible (et ça ne sert à rien de débattre). Dans les faits, j’ai des pseudoscientifiques dans mes relations qui comprennent l’approche et qui petit à petit se questionnent (on ne change pas d’avis en 5 min) et j’en ai d’autres, bien tétu, qui me prennent pour un moralisateur. Ainsi va la vie, mais je ne pense pas que j’aurais eu plus de bons résultats en me montrant plus vindicatif.
      De même, je rappelle qu’en tant que sceptique, nous ne sommes pas dépositaire de la vérité, nous sommes en quête de cette vérité. Se montrer virulent n’est absolument pas en adéquation avec cette quête, qui se base sur le questionnement.
      Je ne suis pas adepte des « claques dans la gueule ». Vous en avez convaincu beaucoup de cette manière ?

      Répondre
  3. Rem
    Rem dit :

    @Xavier Ristat : Pas de discussion possible ?

    Donc si vous êtes face à un néonazi qui commence a déblatérer ses âneries face à un publique de plus en plus disposé à le croire, vous fermeriez bien gentiment votre clapet sous prétexte qu’il vous aurait insulté précédemment et que donc, ça ne sert à rien de discuter avec lui ?

    Contrairement à vous, je vois les débats – et encore plus sur Internet – comme un échange d’idées, indépendamment des personnes qui émettent ces idées, qui ne sont que des vecteurs d’information. Ce sont donc ces idées qu’il convient de combattre plus que le fait de convaincre un vecteur en particulier. Donc pour reprendre mon exemple, face à un néonazi qui répandrait ses idées dangereuses face à un publique crédule, le plus important n’est pas, selon moi, de le convaincre lui en particulier (même si c’est toujours bon à prendre), mais plutôt d’empêcher ses idées d’être diffusé sans critique, et si ça doit se faire au dépend de la sensibilité ou de l’honneur de celui-ci, ça se fera au dépend de la sensibilité ou de l’honneur de celui-ci.

    Le scepticisme n’a pas pour vocation de broder dans leur lit les enfants terribles, et certainement pas au dépend de la vérité, comme c’est le cas en ce moment avec l’affaire GussDX qui, par excès de sensiblerie finit par être ériger en héros, car dénoncer ses mensonges trop directement serait, au vu de certains, trop « virulent » ou trop « méchant ».

    Répondre
    • Xavier Ristat
      Xavier Ristat dit :

      Doucement, vous mélangez énormément de choses.
      Déjà, sortir le nazisme alors que l’on parle de scepticisme scientifique… Bof. Ce ne sont pas forcément les mêmes argumentaires. De la même manière, ne réduisez pas mon argument d’ouverture à celui d’un total laisser aller.
      Dans mon domaine, la communication, je n’hésite pas par exemple à écrire à des rédactions, des universités ou des écoles quand une pseudosciences est mis à l’honneur (mais mea culpa, c’est moins grave qu’une montée du nazisme).
      Si je me fais insulter, je ne discute plus avec la personne. Est ce que cela signifie que je ne la combats plus ? Il y a d’autres manières de faire du scepticisme que par la confrontation avec la personne concernée, par exemple, je ne sais pas moi, par la vulgarisation (et il y a encore d’autres façons).
      Par contre, dans un processus de débunkage, on ne doit pas user de diffamation. Déjà, parce que c’est illégal, et aussi parce que c’est contre productif. Plutôt que d’attaquer sur la valeur d’un homme (comme a pu le faire Mr Grimault envers Acermendax), attaquons nous plutôt sur la valeur des idées.

      Enfin, je ne dirais rien sur l’affaire GussDX pour ne pas connaître directement l’histoire.

      Pour le coup, je suis intrigué, quelles sont vos activités sceptiques ? Vidéos, blog, association, enseignement ? Je voudrais bien savoir, dans les faits, ce que vous feriez VOUS.

      Répondre
      • Rem
        Rem dit :

        On ne peut expliquer qu’un menteur est un menteur sans dire que c’est un menteur, ni dire de quelqu’un qu’il se trompe sans dire qu’il se trompe, tout comme on ne peut pas expliquer qu’une croyance est irrationnelle sans dire qu’elle est irrationnelle. Bien sûr qu’il faut attaquer en premier lieu les idées, mais si vous pensez pouvoir épargner la sensibilité des gens (ou leur honneur) en mettant le doigt sur leur erreur, alors vous vous leurrez gentiment, et vous avez loupé votre vocation 😉

        À moins de mentir soi-même.

        Je ne défends pas la diffamation (vous connaissez beaucoup de sceptiques qui défendent la diffamation ou les injures gratuites ?) mais dire la vérité, c’est aussi dire celles qui peuvent déplaire. Recourir aux euphémismes, c’est déjà tordre la réalité. Trop recourir aux euphémismes, et c’est louper le message qu’on tente de faire passer.

        À force de donner des leçons de conduites aux sceptiques, que je trouve pourtant bien modérés dans l’ensemble, on entretient l’idée que le scepticisme est déjà un acte moralement répréhensible en soi.

        D’ailleurs j’aimerais savoir : Jugez vous le dernier article de Mandax comme virulent ? L’histoire de savoir si nous plaçons le curseur de ce que nous jugeons acceptable ou non au même endroit.

        Ps : Je suis un simple internaute qui s’intéresse au scepticisme depuis une dizaine d’année. Je n’ai ni blog, ni site internet. Pourquoi une telle question ?

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  4. Rem
    Rem dit :

    Ps2 : C’est embêtant de ne pas pouvoir éditer. Je m’excuse pour les quelques fautes d’orthographe que j’ai laissé passer. J’ai très honte… ^^’

    Répondre
    • Xavier Ristat
      Xavier Ristat dit :

      pas de soucis pour les fautes, j’en fais aussi malgré moi 🙂

      Pour avoir étudié la question du mensonge avec des camarades universitaires spécialiste du sujet et un ami enquêteur de police, définir qui ment ou ne ment pas, ce n’est pas simple. On peut mentir pour de multiples raisons, sans le savoir, par omission, etc… Bref, en tant que sceptique, on ne doit pas juger, juste rappeler les faits.
      Je rappelle l’article écrit par un membre de l’observatoire de zététique : « la zététique n’est pas un sport de combat ». Je suis d’accord avec cela, pour moi c’est un art martial (cf le passage dans mon article qui parle de cela)

      Donc si l’on pratique un art martial, on ne va pas « casser » ce qui ne nous plait pas parce qu’on en a la possibilité. Par contre, on s’interpose, on informe, on tempère.

      Si je vous demande votre « cv », c’est que justement, j’avais un avis concernant le scepticisme AVANT de moi-même oeuvrer pour le scepticisme : écrire des articles, faire des vidéos, contacter des écoles, des rédactions, faire des médiations… Bref, attention concernant les avis quand on est pas soi-même dans le bain 🙂

      Une dernière chose : je suis un ancien pseudoscientifique. J’en suis venu au scepticisme car justement, des sceptiques ont eu de la patience avec moi et ne m’ont pas traité d’imbécile.
      Ca ne veut pas dire que tout les pseudoscientifiques sont honnête, mais on peut au moins, dans un premier temps, laisser le bénéfice du doute.

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      • Rem
        Rem dit :

        Erf, le bénéfice du doute ou la présomption d’innocence est une notion juridique qui n’a pas grand chose à voir avec le scepticisme scientifique. Considérer que les gens seraient honnêtes par défaut est une attitude que n’a rien de rationnelle. Bienveillante peut-être, mais pas rationnelle. Si vous avez étudié la question du mensonge, vous devriez savoir qu’on est tous disposé à mentir, même à soi-même. La plupart des mensonges sont d’ailleurs sans gravité, et ça ne fait pas de nous nécessairement de mauvaises personnes.

        Il serait donc plus juste de partir avec un a priori neutre, et d’orienter son jugement vers l’un ou l’autre selon les éléments qui sont à notre disposition. Dans l’affaire de GussDX par exemple, nombreux sont ceux a m’avoir reprocher de conclure trop hâtivement à l’escroquerie, sans comprendre qu’il n’est pas nécessaire de scanner le cerveau de quelqu’un pour le soupçonner raisonnablement de mentir (même si par principe, il faut toujours s’accorder une part de doute) et que face à plusieurs hypothèses, celle du mensonge reste parfois l’explication la plus parcimonieuse.

        Quand la bienveillance nous empêche de dire les choses comme elles sont, ou du moins, de dire comme elles le sont certainement (à défaut d’avoir des preuves irréfutables) alors il y a un problème. Être bienveillant, oui, mais pas au dépend de la vérité (sauf cas de force majeure), ni au dépend du bien-être des autres.

        Tout le monde ment, comme dirait l’autre 🙂

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        • Xavier Ristat
          Xavier Ristat dit :

          Non, rien à voir avec le scepticisme (un peu comme le nazisme), par contre, en relation avec un être humain, il est toujours mieux de partir avec l’idée qu’elle ne ment peut-être pas, jusqu’à ce que l’on en ai la confirmation. C’est d’ailleurs un principe en science de la communication, comme le défini Pierre Livet dont la spécialité est… la rationalité.
          Non parce que, blague à part, ce que je dis dans l’article, je le sors pas de mon chapeau non plus hein…

          Bref, continuez avec votre technique si ça vous chante, je suis satisfais de mes résultats de mon coté 😉

          Répondre
  5. Rem
    Rem dit :

    Pour ma part, j’ai du mal à mesurer l’impact que mon scepticisme peut avoir sur les autres, que ce soit en positif ou en négatif, d’autant plus qu’on change rarement d’avis en cinq secondes et que c’est en murissant une discussion passée qu’on est susceptible d’avoir un déclic, mais par politesse, je ne remettrais pas en doute vos « résultats », sans doute très objectif. Par politesse, je vais vous accorder que vous êtes meilleur que les autres. Par politesse, je ne vous ferais pas remarqué que ce genre de discours ressemble à celui de quelqu’un qui tente de s’attirer la sympathie des tenants en décrédibilisant les autres sceptiques. Par politesse, je ne vous ferais pas remarquer que vous n’avez pas répondu à mes interrogations.

    Bref, navré d’avoir pu vous payer un café, parce que blague à part, nous sommes dans la réalité, pas au pays ou toutes les discussions se goupillent comme convenu grâce à la méthode « ne soyez pas un connard » 😉

    Répondre
    • Xavier Ristat
      Xavier Ristat dit :

      Je ne parlais pas en terme de « meilleur » ou autre. Je ne fais pas non plus utiliser l’argument d’autorité. C’est bien d’être sceptique.
      Sauf qu’il y a un travers que je vois souvent avec la communication, c’est que tout le monde a un avis. « Il y a des recherches sur la communication ? M’en fiche, moi je trouve que c’est nul, moi comme je fais, c’est super ». Ne vous en déplaise, il y a un consensus sur la façon de faire de la médiation, et parmi les sceptiques pratiquant activement, il y a aussi une forme de consensus sur la façon de se comporter face à un tenant. Ignorer les preuves parce que ça vous arrange… ce n’est pas très sceptique…

      Et vos questions, qu’elles étaient elle ?

      NB : je vous invite à venir sur le groupe zététique sur facebook pour lancer la discussion, et à faire valoir vos idées.

      Répondre
      • Rem
        Rem dit :

        Je vous demandais notamment ce que vous pensiez du dernier article de Mandax (je prends cet exemple car on lui a reproché de s’attaquer avec trop de véhémence à GussDX) car si vous jugez son article plutôt modéré, alors, en pratique, la façon d’opérer de la plupart des sceptiques ne me semble pas si inadmissible que ce que vous vous plaisez à suggérer. Si vous jugez, comme certains, que Mandax a dépassé les bornes, alors notre désaccord est déjà beaucoup plus significatif. Bref, il s’agissait simplement de savoir si nous plaçons le curseur de ce que nous jugeons acceptable ou non au même endroit, et d’avoir un exemple concret sur lequel s’appuyer plutôt que de parler sans vraiment comprendre à quoi on fait allusion.

        En tout cas, je vous ferais remarqué que nous ne discutons que depuis hier est je vous trouve déjà méprisant. Alors comment réagirez-vous après des années à entendre les mêmes sophismes ? Les mêmes parades malhonnêtes ? Estimez-vous sincèrement qu’en tout temps et en tout lieu il faille se montrer aussi indulgent ?

        Si vous arrivez après une bataille, il est facile de reprocher aux uns et aux autres leur comportement : vous n’avez pas été témoin de tout ce qui s’est passé avant.

        « il y a aussi une forme de consensus sur la façon de se comporter face à un tenant »

        Facebook n’est pas le plus adapté des supports pour discuter. Je vous propose de venir plutôt exposer votre méthode sur le forum des Sceptiques du Québec, et d’expliquer ce que vous considérez être un « consensus » chez les sceptiques concernant la façon de traiter les tenants.

        Répondre
        • Xavier Ristat
          Xavier Ristat dit :

          Alors déjà, c’est Mendax 😀 (le pauvre me fait une syncope à chaque fois qu’on massacre son nom)
          Ensuite, je n’ai pas vraiment d’avis sur l’affaire GussDx, j’ai lu l’article de Mendax en diagonale. La chaine de Guss ne m’intéresse pas, le paranormal ne m’intéresse pas et cette polémique ne m’intéresse pas. Donc j’évite de donner un avis quand je n’ai pas les infos.

          Ensuite, me dire que je suis méprisant me fait lever un peu les yeux au ciel, désolé.
          Quand même, pour rappel, vous venez me dire que j’ai tord, juste parce que selon votre expérience, les sceptiques sont trop modéré et qu’il faut se montrer plus virulent.
          Pour rappel, vous usez dès le deuxième commentaire de l’argument du nazisme.
          Pour rappel, je ne sors pas les arguments de l’article d’un chapeau (je vous ai fourni quelques auteurs, en plus des sources de l’article)
          Pour rappel, je ne pense pas que vous connaissiez mon activité sceptique (sinon, vous ne diriez pas que « j’arrive après la bataille »).
          J’évite les raccourcis vous concernant, merci de faire de même. Il est tout de même incroyable qu’entre sceptique, on se prenne le choux.
          Ensuite, ce n’est pas MA méthode. C’est la méthode utilisé par la plupart des sceptiques, comme Hygiene Mentale, ou comme les sceptiques américains dont j’ai mis la vidéo en lien. Mendax et Vled en parle dans leur vidéo sur l’entretien épistémique.

          Donc grand bien vous en fasse de ne pas utiliser cette méthode. Je ne pense pas que je vous convaincrais de toute manière 😉

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          • Rem
            Rem dit :

            Vous affirmez beaucoup de choses…

            « La chaine de Guss ne m’intéresse pas, le paranormal ne m’intéresse pas et cette polémique ne m’intéresse pas. Donc j’évite de donner un avis quand je n’ai pas les infos. »

            Je ne vous demandais pas votre avis sur l’affaire GussDX, mais sur la façon dont les arguments de Mendax sont amené et sur le ton qu’il emploie dans le dernier article qu’il a écrit. C’est bien de ça dont nous discutons, non ? De la façon de discourir, par des arguments.

            « Quand même, pour rappel, vous venez me dire que j’ai tord, juste parce que selon votre expérience, les sceptiques sont trop modéré et qu’il faut se montrer plus virulent. »

            En somme, vous n’avez pas compris grand chose à ce que j’ai dit. En fait, non seulement vous n’avez pas compris grand chose, mais vous confabulez complétement… à moins que ce ne soit votre inconscient qui vous fait voir des propos que je n’ai jamais tenu, sans doute pour des raisons honorables que nulle n’oserait remettre en question, sauf les vilains garçons plein de haine à l’intérieur. En effet, je n’ai parlé de mon experience personnelle nulle part et encore moins pour défendre une quelconque méthode. D’ailleurs, je n’ai simplement pas de méthode particulière. Ma façon d’être dépend beaucoup du contexte, de la bonne foi de mon interlocuteur (;)), mais aussi de l’importance que que j’accorde au sujet, ou de mon humeur.

            Et par ailleurs, je m’estime très loin d’être parfait… mais pas nécessairement beaucoup plus pire que vous…

            « Pour rappel, vous usez dès le deuxième commentaire de l’argument du nazisme. »

            C’est quoi l’argument du nazisme ? C’est comme un point Godwin mais en version power-hardcore ? Je ne sais pas, mais je suppose que c’est plus facile de sous-entendre des choses (que vous faites tout à fait respectueusement, ceci dit) que d’expliquer en quoi la doctrine nazie serait hors de portée de la critique sceptique ? Je suis peut-être complétement aveuglé par cette méchanceté viscérale qui m’oblige à vous contredire, mais il me semblait que la théorie des races ou des complots juifs étaient des choses sur lesquels la pratique de la raison pouvait nous éclairer.

            Mon exemple semble donc illustrer correctement mon propos (que vous avez balayez d’un revers de la main à cause du mot « nazi » tel un boot informatique qui pète les plombs face à certains mots clés), quand je faisais remarquer qu’à défaut de convaincre celui qui défend certaines idées, il faut quand même critiquer ses idées pour éviter qu’elles puissent gagner en popularité (et nuire).

            « Pour rappel, je ne sors pas les arguments de l’article d’un chapeau (je vous ai fourni quelques auteurs, en plus des sources de l’article) »

            Pour rappel, je vous ai expliqué que l’enjeu d’un débat ne se limitait pas (en tout cas, selon moi) à convaincre l’autre, mais que c’est bien l’ensemble de la communauté sceptique, avec chacun son petit caractère, qui était susceptible d’avoir un impact sur le monde des idées qui nourrissent notre société. D’ailleurs, je ne remets pas particulièrement en cause votre méthode (dont une bonne part découle du bon sens) mais plutôt votre propension à croire qu’il est possible et nécessaire d’être « cool » en toute situation.

            La vidéo que vous avez posté témoigne d’ailleurs du contraire puisque la personne interviewé a fini par se sentir offenser (ce qui était largement prévisible) et qu’elle est reparti sans avoir changé d’avis, mais je dois dire que c’est assez surprenant de voir comment l’auteur s’auto-persuade de choses dont il n’a strictement aucune idée, en décryptant avec l’aide de son petit doigt le comportement de la personne interviewé. On dirait presque une vidéo de coaching seduction…

            « Pour rappel, je ne pense pas que vous connaissiez mon activité sceptique (sinon, vous ne diriez pas que « j’arrive après la bataille »). »

            « La » bataille ? Mais de quelle bataille parlez-vous ? Je n’ai pas parlé d’une bataille en particulier, mais du fait qu’il était possible que vos ressentiments à l’égard de la communauté sceptique sur internet viennent peut-être du fait que vous ne seriez pas nécessairement au courant des antécédents qui amènent certaines discussions à être ce qu’elles sont, quand, du moins, vous tombez sur quelque chose qui vous apparait excessif. Autrement dit, ma « bataille » était une métaphore pour illustrer une situation, et rien d’autre.

            « J’évite les raccourcis vous concernant »

            Vraiment ? Parce que ranger ceux qui auraient le malheur d’émettre quelques réserves à l’égard de vos propos dans ceux qui défendent, par défaut, la diffamation et l’injure (autrement dit, les « connards » pour prendre le titre de l’article que vous citez) n’est pas un raccourci ? Est-ce que vous vous rendez compte que depuis le début, vous me prêtez une « méthode » que je n’ai même pas ? C’est le problème quand on considère que ceux qui ne sont pas avec vous, sont contre vous, et qu’on combat des épouvantails.

            « Ensuite, ce n’est pas MA méthode. C’est la méthode utilisé par la plupart des sceptiques, comme Hygiene Mentale, ou comme les sceptiques américains dont j’ai mis la vidéo en lien. »

            Donc par des gens qui sont parfois montré du doigt pour leur véhémence, chez certains tenants. On se rapproche un peu plus de ce qu’on pourrait appeler un exemple concret, mais c’est pas encore ça. Je vous propose donc de continuer à rester vague sur ce que vous jugez acceptable ou non, comme ça, vous pourrez continuer à vous indigner d’un peu ce que vous voudrez bien imaginer, à défaut de pouvoir bavarder sur des exemples concrets.

  6. Ecervele
    Ecervele dit :

    Message destiné aux complotistes, il y a les lettres LLLCCDDPAANOASAVE misent en exergue… Est ce une coprésidence??? Je ne crois pas…

    Sinon Xavier Ristat, un grand merci à vous.

    Votre article incarne bien la maxime de Beaumarchais: « la difficulté de réussir ne fait qu’ajouter à la nécessité d’entreprendre » autant certains point sont évidents alors que d’autre, en conditions réelles, sont cotons à appliquer…

    Enfin toujours est-il que je vous remercie.
    (ok, le début de mon message commence mal mais je ne pouvais pas passer à côté de ce trait d’humour, c’était trop beau…)

    Répondre
  7. vichug
    vichug dit :

    @Rem
    vous donnez l’exemple d’en quoi une apparente bienveillance peut être plus constructive dans un débat avec n’importe qui, parce que là vous êtes pas bienveillant du tout et pas convaincant du tout

    Répondre

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