Pastille de Mendax #3 — Réponse à : « Dieu existe-t-il ? »

Vidéo de réponse à la vidéo du site comprendredieu.com qui prétend utiliser un argumentaire rationnel pour prouver l’existence de Dieu, ou du moins pour conclure qu’il est rationnel de croire en son existence. (vidéo originale : http://www.comprendredieu.com/dieu-existe-t-il/)

Sans juger la liberté de croyance de quiconque, nous avons estimé important d’apporter une contradiction rationnelle à cette démonstration en utilisant les outils de la zététique : une approche épistémologique, un scepticisme a priori, et une prudence scrupuleuse vis à vis des biais cognitifs. Croire en Dieu est une liberté qu’on ne saurait défendre avec de mauvais arguments sans la mettre en danger.

 

Autocritique sur cette vidéo .

Dans cette réponse, nous avons construit notre vidéo en parallèle de celle de Top Chrétien. Et nous avons questionnés et réfutés ses propos au fur et à mesure. En introduction, l’apologète défend deux principes : que l’existence de Dieu est une question fondamentale et qu’elle est compliquée. Deux points qui n’ont pas de lien logique avec le propos principal, à savoir l’hypothèse de l’existence de Dieu.

C’est là que nous avons probablement commis notre principale erreur : car l’aspect fondamental ou complexe de la question est une affaire d’appréciation personnelle, il s’agit d’un avis subjectif de l’auteur, et en voulant apporter la contradiction sur ces deux principes périphériques, nous avons involontairement donné à penser à certains spectateurs que nous voulions démolir complètement leur vision du monde. L’essentiel des retours critiques que nous avons reçus pour cette vidéo se concentrait sur les trois premières minutes où nous avons tenté de réfuter ces principes subjectifs, comme si ces premières minutes avait oblitéré la suite, suite où se trouve l’essentiel du message. Nous avons sans le vouloir activé la réactance de quelques spectateurs investis dans une croyance religieuse.

La réactance est un mécanisme de défense psychologique qui se met en place quand une personne se sent forcée dans les choix qu’elle veut pouvoir faire librement. L’accumulation de preuves allant à l’encontre d’une croyance peut donner l’impression à celui que vous voulez convaincre que vous cherchez à avoir un ascendant sur lui, et cela a pour conséquence de renforcer sa croyance initiale parce qu’il investira toutes ses facultés à repousser ce qu’il perçoit comme une menace à son autonomie. Si vous donnez l’impression que tout ce qui vous intéresse c’est faire admettre à l’autre que vous avez raison, ne vous attendez pas à ce que ça fonctionne.

La réactance ne concerne pas que les gens qui croient des bizarreries. Nous avons tous des notions, des valeurs dont nous supportons mal qu’elles soient critiquées, nous avons tendance à ressentir les critiques comme des agressions personnelles parce que nous commettons l’erreur de confondre ce que nous croyons avec ce que nous sommes, nous commettons — Horreur ! — un amalgame.

Pour éviter d’activer la réactance de notre interlocuteur, nous devons nous retenir de céder au réflexe correcteur qui nous pousse à trop vouloir aider notre interlocuteur à aboutir à la bonne conclusion en formulant à sa place les arguments qui y mènent, en relevant les sophismes qu’il commet ou en pointant du doigt les faits qu’il interprète à tort, ce qui le pousse à se quereller, à défendre son raisonnement au lieu de l’examiner.

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