Aux origines intellectuelles de la justice sociale intersectionnelle

Article invité

Ce blog est un lieu où partager des réflexions critiques sur certains discours, ce que Vincent a proposé avec ce regard historique sur une mouvance militante dont il est difficile de critiquer les méthodes et la rhétorique sans devoir dans le même mouvement expliquer que l’exercice de cette critique n’implique pas une opposition aux principes brandis. J’ai accepté de publier cet article qui ne reflète que la pensée de son auteur car il défend le concept clé sans lequel nous ne pouvons plus garantir l’échange d’idées, l’esprit critique, la libre information et la prise de décision éclairée : la liberté d’expression.

Acermendax

1 Les fruits

C’est surtout depuis l’automne 2015 que les efforts de censure et de prise (ou plutôt, de renforcement) de contrôle sur les campus universitaires, par des étudiants et des enseignants militants, s’est intensifiée, et est devenue très difficile à nier. À l’université du Missouri, Melissa Click, une professeur de communication, demandait “du muscle” [1] pour écarter, par la force ou l’intimidation, un étudiant-journaliste… qui n’était pourtant nulle part ailleurs que sur une pelouse du campus, sur laquelle des étudiants-activistes avaient planté leurs tentes à l’occasion d’une protestation prolongée, et dont ils entendaient interdire l’accès à toute personne jugée indésirable. À l’université de Yale, Nicholas Christakis, un enseignant responsable d’un dortoir était très sèchement pris à partie verbalement [2], par un groupe d’étudiants furieux : son épouse, également enseignante et également dotée de responsabilités administratives, avait, en réponse à des initiatives administratives visant à réguler les déguisements portés par les étudiants pour Hallowe’en, rédigé un e-mail demandant s’il s’agissait bien de quelque chose dont l’université devait se soucier. Considérant que la liberté individuelle de se vêtir selon ses souhaits constituait un danger évident pour au moins une partie du corps étudiant, qui pourrait se sentir marginalisée ou agressée par certains costumes, les étudiants ont fait comprendre à Nicholas Christakis que son rôle administratif aurait dû le pousser à leurs yeux à soutenir les règles vestimentaires. “Il ne s’agit pas de créer un espace intellectuel, il s’agit de créer un foyer ici !”, s’exclamera une étudiante pendant l’échange, une sorte de condensé de l’état d’esprit qu’elle aura partagé avec nombre de ses condisciples.

Au printemps 2017, Bret Weinstein, un professeur de biologie évolutive à l’université d’Evergeen, se trouvait contraint, pour sa sécurité physique, d’éviter le campus. Evergreen pratiquait depuis les années 1970 l’évènement du “jour d’absence”, une pratique consistant pour les étudiants et employés afro-américains à ne pas se présenter sur le campus, un jour donné, dans le but de mettre en évidence leur importance dans le bon fonctionnement et la richesse humaine de l’université. En 2017, il avait été décidé que ce seraient les étudiants et employés euro-américains (‘blancs’) qui seraient cette fois incités à s’absenter du campus un jour durant. Aucune obligation légale, mais le message était clair : celui ou celle qui ne suivrait pas cette incitation se définirait lui/elle-même comme un ennemi de la cause antiraciste. Weinstein a objecté, considérant qu’il s’agissait là d’une dérive préoccupante de ladite cause. Il s’est retrouvé dans une situation similaire à celle de Christakis, mais plus intense encore : la police du campus lui a signalé qu’elle ne pourrait assurer sa sécurité, et des groupes d’étudiants furent aperçus en train de stopper des véhicules circulant sur le campus, à la recherche de Weinstein. L’on ne peut que spéculer sur ce qui serait advenu si l’enseignant, par manque de prudence, avait ainsi été appréhendé. D’autres exemples, nombreux, existent : au Canada, Jordan Peterson à Toronto, et, dans son sillage, Lindsay Shepherd à Wilfried Laurier [3], épinglée par sa hiérarchie pour avoir montré à ses étudiants une vidéo d’un extrait de débat télévisé figurant le même Peterson.

Notons que ces quelques incidents sont purement internes aux universités : une autre pratique très courante est la tentative de dés-invitation de conférenciers extérieurs, parfois accompagnée, lorsqu’elle échoue, de violence (notamment à l’université de Berkeley). Citons entre autres les exemples de Charles Murray [4], Richard Dawkins [5], Ayaan Hirsi Ali [6], Milo Yiannopoulos [7], Maryam Namazie [8]… Tous coupables, d’une manière ou d’une autre, de transgresser l’orthodoxie de la gauche académique.

2 Les racines

Pourquoi, tout d’un coup, une telle éruption sur les campus, aux États-Unis et dans le reste de l’anglosphère ? Il faut savoir que ce n’est pas la première fois qu’une controverse sur les universités, et l’orthodoxie qu’elles cultiveraient, prend des proportions importantes [9]. Le sujet était également dans l’air du temps de la fin des années 1980 au milieu des années 1990 [10], aux États-Unis. C’est Allan David Bloom, professeur de philosophie, qui allume la première mèche avec un ouvrage remarqué [11], dans lequel il reproche aux étudiants contemporains un relativisme intellectuel débilitant, les empêchant d’exercer un jugement intellectuel sur quoi que ce soit, et les reléguant au seul exercice du jugement moral. Le livre a bien vieilli, parce que son propos reste d’actualité, mais souffre d’un défaut de taille : Bloom parle d’expérience, en tant qu’enseignant, et ne fournit pas de références bibliographiques. Ce qui fait que les inquiétudes de Bloom seront faciles à écarter pour ceux qui pensent, ou veulent qu’il soit pensé, que son diagnostic est erroné. Quelques années plus tard, Roger Kimball [12] puis Dinesh d’Souza [13], deux auteurs plus aisément classables que Bloom comme ‘conservateurs’, et donc, susceptibles de voir leurs arguments écartés d’un revers du coude du fait de leur coloration politique, publient leurs propres livres sur le sujet. N’ayant lu ces ouvrages, je ne peux juger de leur qualité.

C’est finalement le livre Higher Superstition [14] de Paul Gross et Norman Levitt qui va précipiter les événements. Son titre annonce la couleur : je le traduirais en français par “la gauche académique et ses querelles avec la science”. Gross et Levitt y font l’inventaire d’une galaxie d’idées ayant acquis une notoriété croissante dans les universités américaines, à tel point d’en être devenues des paradigmes souvent dominants. La ‘gauche académique’ rejette assez frontalement les méthodes, résultats et idéaux d’objectivité de la science, considérés comme porteurs de faillite morale. La science, masculine et misogyne, colonialiste et impérialiste, excluante des “autres” manières de savoir, voilà l’ennemi que s’est érigé la ‘gauche académique’. Il n’est pas seulement, loin s’en faut, reproché aux chimistes et aux ingénieurs d’accepter et d’encourager certaines applications dangereuses, violentes ou polluantes de leurs recherches. Il n’est pas seulement, loin s’en faut, reproché aux biologistes d’avoir négligé des questionnements sur l’anatomie féminine, ou aux historiens d’avoir fait l’impasse sur tel ou tel intellectuel afro-américain. Il est avancé, par exemple, que la méthode scientifique est intrinsèquement masculine et excluante envers les “women’s ways of knowing”–et ce reproche se décline à l’envi : exclusion des “savoirs ancestraux” de peuplades indigènes, etc. Gross et Levitt pointent également du doigt les discours abscons de la part d’auteurs reprochant à la science son caractère ‘fixe’, ‘linéaire’, ‘ordonné’… Le tableau peint par Gross et Levitt est saisissant, et interpelle un physicien mathématicien du nom d’Alan Sokal, qui rédige un canular pour évaluer l’étendue des dégâts : son texte [15] au contenu scientifiquement absurde, mais où certains grands noms de la ‘gauche académique’ sont abondamment cités, et qui s’enthousiasme du potentiel de la théorie de la gravitation quantique à devenir une science ‘non-linéaire’, ‘imprévisible’ et in fine ‘libératrice’, est publié, ce qui enclenche une controverse académique majeure, et sera à l’origine de la publication de nombreux autres ouvrages détaillant les absurdités de la ‘gauche académique’ [16–18].

Le contenu du fameux volume Impostures intellectuelles [19], rédigé un peu plus tard par Sokal avec Jean Bricmont, pose la question suivante : pourquoi le canular de Sokal, publié dans une revue de sociologie américaine animée par des éditeurs américains, et provoqué par la lecture d’un ouvrage sur la ‘gauche académique’ américaine, a-t-il résulté in fine en un livre consacré à ces penseurs français que sont Lacan, Deleuze, Baudrillard et consorts ? La réponse est la grande influence du poststructuralisme français sur l’université américaine à partir des années 1970. Jacques Derrida y popularise, en critique littéraire, la déconstruction, avec l’aide de son ami Paul de Man [20]. Michel Foucault est lu, sur les campus américains, avec ferveur. Une partie de son œuvre est à l’origine de la popularité de l’idée selon laquelle une discussion, un échange d’idées, un désaccord, une dialectique, n’a jamais que l’apparence d’une tentative d’approximer la vérité : ce qui se joue en réalité, pour les foucaldiens, est une lutte d’influence, de pouvoir, non seulement entre deux personnes mais surtout entre des groupes auxquels elles appartiennent. Derrida comme Foucault, et d’autres, doivent beaucoup à Martin Heidegger, le philosophe existentialiste allemand, fortement compromis pour ses nettes sympathies national-socialistes, étroitement corrélées à son anticapitalisme antisémite (il qualifiera les juifs de “peuple calculant” et fustigera leur “déracinement”, illustration de son opposition conjuguée au rationalisme, au cosmopolitisme, et au libéralisme).

L’École de Francfort de théorie critique, un mouvement intellectuel s’étant développé durant la République de Weimar, a également eu une influence sur la ‘gauche académique’ américaine, via l’un de ses chefs de file Herbert Marcuse. L’École de Francfort travailla principalement à adapter les théories marxistes aux conditions de son époque, en adoptant une approche à la fois plus empirique, plus pragmatique, plus dialectique (moins orthodoxe), mais aussi plus ‘ésotérique’ (psychanalyse, méfiance accrue envers les sciences et l’Aufklärung (nom allemand des Lumières) [21] . . . ). Du travail d’Adorno et Horkheimer, deux des gros poissons de l’École de Francfort, Foucault regrettera [22] son ignorance initiale : leur convergence, bien qu’indépendante, était, reconnut-il, fort nette. Mais revenons à Marcuse, jeune élève de Heidegger, qui aura tenté un temps de synthétiser la pensée du maître avec celle de Marx [23]. Plus tard, aux États-Unis, c’est avec Freud que Marx se trouvera combiné [24], pour renouveler la charge contre les sociétés capitalistes. Mais c’est bien l’essai Repressive Tolerance [25] qui doit nous préoccuper ici : dans ce texte publié en 1965, Marcuse défend la suppression de la parole considérée comme réactionnaire, dans la mesure des possibilités pour les progressistes d’exercer cette censure. Il sera peu de dire que les universités auront représenté une aubaine dans ce sens. Ceux qui connaissent les arguments contre la censure [26], se réclamât-elle du camp de la tolérance et du progrès, ne seront pas surpris par la suite : aux yeux de la ‘gauche académique’, tout ce qui ne rentrait pas dans l’orthodoxie détaillée entre autres par Gross et Levitt ou Hoff Sommers [27] est progressivement devenu réactionnaire.

Il est donc réactionnaire de considérer qu’il existe à l’échelle des moyennes statistiques des différences physiologiques et psychologiques non triviales entre hommes et femmes [28], voire même que le sexe biologique est une réalité chez l’humain [29]; de considérer que les mythes de création de peuplades indigènes d’Amérique ont une valeur de vérité inférieure à celle des connaissances archéologiques [14]; de manquer d’enthousiasme à l’égard de la “discrimination positive”, etc. Peu importe que ces positions puissent être défendues avec des arguments factuels solides, il faut garder en tête ce que ses disciples américains ont gardé de Foucault : l’arbre à l’apparence scientifique ou philosophique, cache la forêt de la volonté de puissance. Une idée très nietzschéenne, philosophe dont Jacques Bouveresse se demande encore aujourd’hui comment il peut être une influence clé de tant d’intellectuels se réclamant de la gauche. La même question est encore plus pertinente à propos de Heidegger [30, 31] et de Carl Schmitt. Mais c’est bien le spectre de ce que j’appellerai le XIXe siècle étendu (1789-1939), allemand, qui apparaît en transparence derrière la ‘gauche académique’ contemporaine. Là où, à partir de Fichte et de son nationalisme rousseauïen, et du mysticisme nostalgique des romantiques, et jusqu’au paroxysme heideggérien, la philosophie allemande avait proclamé [24, 32] l’incompatibilité ontologique de l’Enlightenment (ou l’Aufklärung), rationnel, individualiste, libéral et cosmopolite, peut-être bon pour les britanniques ou les français, avec l’esprit allemand, organique, viscéral, poétique et authentique, la ‘gauche académique’ et ceux qui se sont laissés conquérir par ses idées fixes, proclament aujourd’hui que celle-là est peut-être bon pour l’homme ‘blanc’ ‘cisgenré’ [33] (voir notamment un partisan de l’intersectionnalité déclarant que “la liberté permet aux hommes blancs de tout contrôler” [34]), mais que la richesse humaine des homosexuels, des peuples non européens, etc. ne conservera sa dignité que par le biais de l’abandon de la méthode, des résultats et des idéaux d’objectivité scientifiques [35].

Cette orthodoxie est devenue une donnée importante de la vie universitaire dans l’anglosphère. Certains répondront que l’ampleur des dégâts est ici exagérée. Sans doute trouvera-t-on quelques personnes qui répliqueront que, s’ils déplorent éventuellement certains excès militants, l’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. D’autres expliqueront que la filiation intellectuelle douteuse de la militance intersectionnelle ne saurait disqualifier le mouvement. D’autres encore affirmeront qu’il n’y a rien de mal à vouloir rendre l’intégralité de la vie universitaire compatible avec les velléités de ‘justice sociale’. À ces personnes, je serai(s) heureux d’exposer pourquoi je pense qu’elles se trompent.

Références

[1] CBSN, Mizzou professor resigns journalism school courtesy appointment.
[2] Michael Hausam, Yale Students Whine and Moan About a Lack of Safe Space.
[3] Think Club, FULL RECORDING – Lindsay Shepherd Interogated by Wilfried Laurier University’s Gender Police.
[4] Will DiGravio, Students Protest Lecture By Dr. Charles Murray at Middlebury College.
[5] ‘Richard Dawkins’ Berkeley event cancelled for ‘Islamophobia’’, BBC (24/07/2017).
[6] R. Pérez-Peña and T. Vega, ‘Brandeis Cancels Plan to Give Honorary Degree to Ayaan Hirsi Ali, a Critic of Islam’, The New York Times (08/04/2014).
[7] ABC News, Milo Yiannopoulos Speech Protests Turns Violent at UC Berkeley.
[8] S. Sandhu, ‘Maryam Namazie: Secular activist barred from speaking at Warwick University over fears of ’inciting hatred’ against Muslim students’, The Independent (25/09/2015).
[9] G. Lukianoff, Unlearning Liberty: Campus Censorship and the End of American Debate (Encounter Books, 2014).
[10] R. Hughes, Culture of Complaint: The Fraying of America (Oxford University Press, 1993).
[11] A.D. Bloom, The Closing of the American Mind (Simon and Schuster, 1987).
[12] R. Kimball, Tenured Radicals: How Politics Has Corrupted Our Higher Education (HarperCollins, 1990).
[13] D. D’Souza, Illiberal Education: The Politics of Race and Sex on Campus (Free Press, 1991).
[14] P.R. Gross and N. Levitt, Higher Superstition: The Academic Left and its Quarrels With Science (Johns Hopkins University Press, 1994).
[15] A. Sokal, ‘Transgressing the boundaries: Toward a transformative hermeneutics of quantum gravity’, Social Text 46/47, 217 (1996).
[16] N. Koertge, ed., A House Built On Sand: Exposing Postmodernist Myths About Science (Oxford University Press, 1998).
[17] O. Benson and J. Stangroom, Why Truth Matters (Continuum, 2006).
[18] P. Boghossian, Fear of Knowledge: Against Relativism and Constructivism (Oxford University Press, 2006).
[19] A. Sokal and J. Bricmont, Impostures Intellectuelles (Éditions Odile Jacob, 1997).
[20] D. Lehman, Signs of the Times: Deconstruction and the Fall of Paul De Man (Poseidon Press, 1991).
[21] M. Horkheimer and T.W. Adorno, Dialectic of Enlightenment, edited by G. Schmid Noerr (Stanford University Press, 2002).
[22] Radical Archives, Foucault on the Frankfurt School (1978), http://radicalarchives.org/2013/07/08/foucault- on- the- frankfurt- school/ (visited on 20/08/2015).
[23] R. Wolin, Heidegger’s Children: Hannah Arendt, Karl Löwith, Hans Jonas, and Herbert Marcuse (Princeton University Press, 2001).
[24] S.R.C. Hicks, Explaining Postmodernism: Skepticism and Socialism from Rousseau to Foucault (Scholargy Publishing, 2004).
[25] H. Marcuse, ‘Repressive Tolerance’, in A Critique of Pure Tolerance, edited by R.P. Wolff, B. Moore, Jr. and H. Marcuse (Beacon Press, 1965).
[26] Univerity of Toronto Debate, Freedom of speech includes the freedom to hate.
[27] C.H. Sommers, Who Stole Feminism? How Women Have Betrayed Women (Simon & Schuster, 1994).
[28] S. McKinnon, Neo-liberal Genetics: The Myths and Moral Tales of Evolutionary Psychology (Prickly Paradigm Press, 2006).
[29] J Metz, No Such Thing As Biological Sex.
[30] R. Wolin, The Seduction of Unreason: The Intellectual Romance With Fascism from Nietzsche to Postmodernism (Princeton University Press, 2004).
[31] E. Faye, Arendt et Heidegger : Extermination Nazie et destruction de la pensée (Albin Michel, 2016).
[32] G. Garrard, Counter-Enlightenments: From the eighteenth century to the present (Routledge, 2006).
[33] R. Soave, ‘Black Lives Matter Students Shut Down the ACLU’s Campus Free Speech Event Because ‘Liberalism Is White Supremacy’’, Reason (04/10/2017).
[34] T. Smith, Thomas Smith vs Sargon of Akkad Debate #Mythcon.
[35] J. Rauch, Kindly Inquisitors: The New Attacks on Free Thought, Expanded (The University of Chicago Press, 2013).

33 réponses
  1. boyat
    boyat dit :

    Le choix du sujet pour un article sur l’ « idéologie », l’effet d’agenda en somme est assez révélateur de ce que justement l’auteur balaie d’un tour de main, les enjeux politiques, de pouvoir au sein même des sciences. Il y a également des disqualifications par association avec une période de la vie d’Heidegger pour dévaloriser les pensées post-structuralistes(qui auraient mérité une analyse sur le fond). On doute que l’auteur fasse de même avec les penseurs des Lumières pro esclavagisme.
    En somme ça permet d’illustrer la pertinence de l’analyse matérialiste : l’auteur du texte est un homme blanc et bourgeois et produit le discours construit par cette position sociale: indignation du lien entre liberalisme et racisme par exemple ou parti pris implicite pour le le capitalisme qui subirait « à charge » des critiques de nature sociologique et psychanalytique .

    Le rationalisme a ses limites aussi comme l’ont montré Adorno et Orkheimer et être a-idéologique est une illusion malheureusement, encore faut il en avoir conscience…

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    • Zebezia
      Zebezia dit :

      Est ce que l’école de Francfort à vraiment démontré des lacunes au rationnalisme (dans le sens utilisation de la méthode scientifique positiviste)? Les discours psychanalytiques et certains types de discours post-structuralistes sont juste pseudo-scientifiques, sans différences méthodologiques avec une pseudo-science « classique », ils sont juste une « aura » académique. Il faut d’avantage aller dans le sens de la reproduction sociale selon moi. C’est pas les courants rationnalistes et par extension matérialistes qui auraient montrés de failles jusqu’a présent, mais le déterminisme qui fait que seule une partie de la population de type « athée scientifique (petit-)bourgeois » se tournerait vers eux, et y incorpore ses propres biais et essencialismes par rapport à son type de capital culturel et son statut de dominant parmi les prolos.

      Sur une note 100% idéologique (libertaire matérialiste/transhumaniste), j’ai l’impression que des discours comme le tiens voudraient faire plier la méthode scientifique vers la défense des dominés « de force », quitte à la « mysticiser » un peu et la rendre relativiste, et ça c’est révélateur de la portée autoritariste du post-structuralisme, donc ça marche pas, vous recréez un dogme autoritaire auquel se soumettre. Pour moi il faut constater à la fois que le positivisme, quoi qu’on en dise, ça marche, point barre; mais c’est aussi une méthode mise en valeur par les « semi-dominants » car ils ont le temps et le background pour s’y intéresser, tandis qu’elle émancipe bien le peuple et détruit l’autorité, les mythe sur lesquelles elle se forme. Faut donc pas la critiquer elle, ou vouloir la « plier » au progrès, faut en faire la médiation vers les groupes sociaux dominés et leur faire réaliser qu’elle les émancipe déja. Mais ça, ça plait pas aux postmodernes car il faut se poser comme celui qui sait et qui transmet, le bourgeois pédant… sauf que factuellement, nous on a eu le temps d’y penser tranquillement pendant que le prolo vendait son temps au capital dans un petit boulot pour survivre, c’est triste mais factuellement oui, on sait mieux qu’eux ce qui est bon pour eux… moi j’estime qu’on doit faire un effort pour pas s’accaparer l’espace publique, laisser la parole aux dominés ne pas questionner leurs expériences de vie, pas récupérer les luttes comme dans le passé ect… mais on doit transmettre cette connaissance et c’est primordial, voir un camp s’instruire avec Judith Butler et l’autre avec Sargon of Akkad, ça me rend triste parce que tous ces gens dans leurs dogmes qui se foutent sur la gueule à longueur de journée pourraient trouver des bases communes en comprenant la méthode scientifique dans son ensemble et commencer à surpasser leurs intérêts de classes et s’unir sous une bannière de dominés à différents niveaux, contre le capital et contre la droite (car ces libertariens la ou « classical liberal » comme ils disent sont les plus softs et récupérables, avec le décalage politique de leur pays, ils sont de gauche dans le référentiel des US, rien que l’athéisme déja, pourtant ce sont ironiquement les chiens de ardes de l’alt-right avec un danger d’y basculer si les deux camps continuent leur bataille obscurantiste en se radicalisant infiniment).

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      • Zebezia
        Zebezia dit :

        (Je trouve pas de fonction d’édition)
        Je t’ai pris pour un défenseur du post-structuralisme alors que t’es un matérialiste, autant pour moi, on doit juste parler de deux choses différentes par « rationnalisme » alors, je le simplifie peut-être en le réduisant à l’utilisation du positivisme. Du coup tu devrais probablement être d’accord avec moi sur les grandes lignes en fait.

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  2. jérémy royaux
    jérémy royaux dit :

    Je copie ici ma critique de ce billet, postée sur la page facebook de La Menace Theoriste.
    Vous pouvez suivre le débat sur ces critiques ici :
    https://www.facebook.com/menace.theoriste/posts/1941240562584126?comment_id=1941489699225879&comment_tracking=%7B%22tn%22%3A%22R9%22%7D

    ———-
    Je ne vais pas me lancer dans une grande analyse mais je vais me contenter d’écrire ce que j’ai déjà répondu à Vincent Debieve Sur Twitter car cela me semble un point central

    « toute critique d’un mouvement social qui omet de citer les problèmes auquel ce mouvement répondait, ce qu’il en est advenu et les apports positifs actuels + les avis des spécialistes sur le sujet est un gros straw man dans tous les cas »

    On tombe exactement ici dans cette critique. En gros, à moins d’être sociologue, 90% d’entre nous ne peuvent pas avoir un avis critique en lisant ce texte

    Pourquoi? Car il ne présente qu’une vision très orientée de la situation. On y voit clairement l’avis de l’auteur et pas du tout une présentation +- neutres de l’ensemble des arguments de ce débat

    Ici on a donc l’avis de Vincent Debieve (très bien détaillé d’ailleurs).

    Ce n’est ni du scepticisme ni de la science et je ne comprend vraiment pas qu’on publie ce genre de billet sur un blog sceptique

    Une « vraie » présentation sceptique ou scientifique du sujet, c’est celle qu’on pourrait trouver en sociologie et qui contient les éléments de ma phrase entre  »

    – le contexte historique complet
    – ce à quoi répondaient les mouvements sociaux cités (ici en gros on parle du mouvement militant anti discriminations des étudiants aux USA , ce qui n’est pas simple à définir mais ils émergent aussi du postmodernisme et du relativisme culturel)
    – dire ce que ces mouvements ont apporté de positif (le relativisme culturel a durablement changé l’anthropologie pour le meilleur, les analyses de Foucault et autre ont éclairé les rapports de pouvoir et ont laissé une longue tradition derrière eux, tout a fait intéressante, etc…) en répondant aux problèmes de l’époque… Et qu’en est il encore aujourd’hui en 2018
    – citer les avis des experts des deux camps et pas juste ceux qui pensent comme l’auteur

    Voila un schéma de base qui est très banal

    Ce qui n’est pas banal c’est que de nombreux sceptiques, rationalistes pensent qu’on peut critiquer un mouvement social sans ces éléments. On retrouve cette dérive régulièrement sur nos groupes… Parfois c’est pour une critique du féminisme, parfois c’est pour critiquer le Q.I, etc… En gros toujours des questions soit sociales ou sciences humaines genre psychologie

    Ce billet ne remplit qu’une partie des critères cités plus haut.

    Je ne dis pas qu’il a tort, mais je dis que c’est un billet qui ne donne qu’une partie incomplète des infos indispensables pour un billet scientifique, nous ne pouvons donc pas nous faire un avis en le lisant

    Par contre on peut , au choix :
    – lui donner une tape dans le dos parce qu’il pense comme nous
    – lui cracher dessus parce qu’il ne pense pas comme nous
    – ne rien conclure?
    Mais certainement pas avoir une vision nuancée et scientifique du problème

    Après il y a encore d’autres d’autres problèmes par exemple l’auteur fait du cherry picking quand il cite des positions des gens qu’il critique (par exemple en citant la position disant que le sexe biologique n’existe pas alors que cette position est très minoritaire et que la plupart veulent surtout dire qu’il n’existe pas QUE mâle et femelle,…)

    Bref, tout ça pour dire qu’il y a un réel problème de méthode dans ce billet (et on retrouve ça ailleurs régulièrement). Ce type de méthode ne serait publiée dans aucun journal sérieux (ou alors un journal politiquement orienté contre les mouvements qui sont critiqués ici).

    Je suis particulièrement mal à l’aise de voir ce billet publié sur un site officiellement sceptique alors que le billet n’a rien de sceptique (même s’il est bien écrit).

    Répondre
    • Olibo64
      Olibo64 dit :

      Ce n’est pas du cherry picking à proprement parler.
      L’auteur ne cherche pas à démontrer que tout se passe comme cela pour tout le monde, il décrit une mouvance dangereuse qui existe réellement et qu’il pas le seul à constater (d’où ses nombreuses références), qui a tendance à grossir et surtout a une influence importante sur nos propres courants de pensée, et paradoxalement (les EU étant souvent caricaturés comme le pays du capitalisme sauvage et de l’argent roi), en particulier sur la gauche européenne. Donc forcément, il doit illustrer son propos par des exemples qui pour le coup sont factuels.
      Je vous rassure, il y a aussi des réac purs et durs dans les universités, même des créationnistes, mais la pluralité des opinions, et surtout la liberté d’expression sont menacées par ces nouveaux censeurs. En cela il est intéressant, même si, de toute façon, nul ne peut apporter une contribution décisive en si peu de lignes.

      Répondre
    • BirdyBro
      BirdyBro dit :

      Je trouve votre critique me parait peu pertinente: exclure ou censurer des étudiants ou des enseignants ne devrait pas être une option à l’université.
      Si vous souhaitez apporter une explication sur les origines de ce mouvement de pensée, justifier les actes de ceux qui y participe ou mettre en lumière leurs « apports positifs actuels » (comme vous reprochez à l’auteur de ne pas le faire) nosu serions ravi de vous entendre. Mais ce n’est pas le cas.

      J’ajoute que votre accusation selon laquelle l’auteur se serait laisser aller à un homme de paille ne vaut pas grand chose: en quoi l’auteur déforme t-il les idées du mouvement précité afin de le décrédibiliser ?
      Vous l’accusez de ne pas citer de spécialiste (il y a un paquet de référence en bas de page), il faudrait citer tous les bons coté d’un argument pour pouvoir le critiquer ?

      Je pense qu’il faudrait que vous revoyez la définition de ce sophisme pour ne pas l’employer improprement, cela dit, je ne vous en tient pas rigueur puisque depuis que les sceptiques ont pris la parole sur le net, chacun pense critiquer efficacement en accusant à tour de bras les autres de faire des sophismes. Un argumentum ad sophisticalum en quelque sorte.

      Répondre
      • jérémy royaux
        jérémy royaux dit :

        J’ai répondu à cette question sur la page facebook
        en fait il suffit de très peu de temps pour voir qu’il y a pleins de sources qui expliquent en quoi quelques conservateurs ou libertariens ont dressé ce portrait qui est décrit par beaucoup d’articles comme une caricature politique… Je vous invite donc à vous renseigner plutôt que de croire que le billet de Liberté Académique est factuel. Non seulement il ne l’est pas mais en plus il représente un avis qui semble loin d’être majoritaire d’après ce que j’ai lu
        Voici d’autres infos :

        Pour ceux qui ont suivi les critiques ici présentes, j’ai fais l’exercice de passer 1H à lire des billets et des études liées à ce débat concernant le supposé danger de disparition de la liberté d’expression sur les campus aux USA…

        J’ai trouvé des tonnes de liens, certains très étayés d’autres moins. J’ai été lire les avis sur les journaux de gauche (pour ceux qui ne le savent pas, il y a actuellement bcps plus de démocrates dans le staff universitaire aux USA que de républicains). J’ai aussi été voir ce qu’en dit la presse de droite.

        Voila ce qu’on peut lire dans de très nombreux billets :

        – Le problème de la liberté d’expression est un mythe. Il a en fait été inventé par une toute petite minorité de conservateurs républicains ou libertariens qui se sentent en danger car les minorités dénoncent leurs abus et leurs idées biaisées qui continuent à discriminer les minorités, notamment les minorités noires qui ont la vie dure aux USA mais aussi les femmes ou les personnes transexuelles

        – D’autres sources sont plus nuancées et disent que le problème existe mais qu’il a effectivement été copié collé partout par un tout petit groupe de personnes qui ont bcps de fans. La réalité est que seuls quelques universités sur les centaines aux USA sont concernées et que ce problème est grandement exagéré

        Quelques exemples :
        https://www.thecut.com/2015/11/myth-of-the-fragile-college-student.html
        Ici un debunking du mythe défendu par ces porte drapeaux qui se plaignent de la disparition de la liberté d’expression. Mythe qui prétend que les étudiants deviennent des personnes fragiles et que c’est de pire en pire. Les données objectives ne semblent pas tenir la route dés qu’on creuse un peu, ce qui montrerait que c’est juste une sorte de propagande

        Ou ici dans le Guardian :
        https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/sep/19/free-speech-crisis-milo-yiannopoulos-campus-freedom-expression

        Ou encore
        Washingtonpost
        https://www.washingtonpost.com/news/made-by-history/wp/2017/12/07/free-speech-isnt-under-attack-on-campuses/?utm_term=.c5245d73c0e5

        – Il y a des sondages qui ont évalués ces questions de liberté d’expression et les résultats sont bien plus nuancés que ce qui est raconté par certains ici. Voici une de ces enquête décortiquée par un journal républicain (!). C’est très nuancé et on voit que la réalité est loin d’être démocrates = anti free speech et républicains = pro free speech
        https://www.washingtonpost.com/news/monkey-cage/wp/2017/11/08/do-americans-support-free-speech-on-college-campuses-absolutely-except-sometimes/?utm_term=.cd29996126b3

        J’ai aussi trouvé dans de nombreux billets l’idée (qui est tout a fait cohérente avec ce que je sais du postmodernisme et du relativisme) que ces mouvements sociaux réagissent notamment à de nombreux abus de la part des conservateurs et des privations de liberté d’expression qui leur ont été imposées par le même camp qui se plaint maintenant des protestations…

        Voila quelques idées qui devraient permettre de nuancer un peu tout ce sujet. Je ne sais pas évaluer à quel point elles sont pertinentes mais au moins ça donne les deux avis sur le sujet….

        Répondre
        • un.passant
          un.passant dit :

          Bonjour,

          Je pense que le lien vers le cas de Milo Yannopoulos et un peu à part et montre qu’il y a en fait deux aspects au sujet :
          – les idées qui provoquent un rejet par des activites sur les campus US
          – la façon dont ce rejet est exprimé.

          Pour ma part, je ne suis absolument pas choqué que Yannopoulos sous rejetté par les étudiants des universités US (c’est le contraire qui m’inquiéterait en fait !). Par contre, que cela donne lieu à des violences n’est pas normal.
          Mais on ne peut pas prendre cet exemple pour dire : « les étudiants US rejettent des gens comme Yannopoulos : business as usual ». Parce que sur le premier aspect (ce qui est rejetté, même si encore une fois c’est sans doute une minorité intolérante qui s’impose) il y a des cas comme celui d’une représentant de l’ACLU ( https://www.washingtonpost.com/news/volokh-conspiracy/wp/2017/10/05/the-campus-anti-free-speech-movement-black-lives-matter-protesters-shut-down-aclu-speaker-at-william-mary/?utm_term=.caa893fde4b0) qui ne sont pas du tout « business as usual » : l’ACLU n’est pas du tout un troll d’extrême droite, elle !

          Et pour ce qui est de la représentativité de cas extrême comme celui d’ergreen College avec Bret Weinstein, il faut comprendre l’hypothèse d’une évolution : combien y avait-il de cas semblables avant ? Voir aussi l’exprérience personnelle de J. Haidt ou celle de A. Dregger. SI ces expériences ne sont pas encore statistiquement importantes, il faudrait quand même se poser la question de l’évolution.

          Pour ce qui est de «’idée (qui est tout a fait cohérente avec ce que je sais du postmodernisme et du relativisme) que ces mouvements sociaux réagissent notamment à de nombreux abus de la part des conservateurs et des privations de liberté d’expression qui leur ont été imposées par le même camp qui se plaint maintenant des protestations…», je suis presque d’accord.
          Ma perception est qu’il s’agit effectivement d’une réaction, mais que comme tout mouvement, il a suivi son cours jusqu’à dépasser ses objectifs initiaux : ce ne sont pas désormais uste les conservateurs qui ont des raisons de s’inquiéter (cf. ACLU, Haidt, Dregger, Weinstein dont aucun n’est conservateurs !). Et aussi, ce n’est pas parce que des progressistes ont été censurés par des conservateurs qu’il est légitime désormais pour des progressistes de censurer, même des conservateurs !

          Répondre
        • Mouarfff
          Mouarfff dit :

          Tout a fait d’accord,

          mais ce n’est pas la première fois qu’on entend la tronche en biais (nottament mandax) sortir des poncifs et des préjugés au raz des paquerettes sur les américains…

          Mais ils se couvrent de scientificité et se pensent innattaquable sur ces plans la.

          la sociologie est une science qui les dépasse, et meme quand ils font mine de s’y intéresser, c’est encore bancal.

          merci d’avoir apporté votre contribution a leur critique plus que je n’aurais pu le faire (pas les le temps de me plonger dedans et surtout pas assez de self-control pour bien etablir mes propos … que voulez vous, il y a des comportement qui rendent dingue).

          Répondre
      • Mouarfff
        Mouarfff dit :

        @ Nicolas si j’avais dis cela de la meme amnière sur un autre post, j’aurais eu droit a une salve de commentaires condescdant exigeant de moi toute les preuves de ce que j’avance.
        Ici, a ce que je vois, dans l’autre sens ce n’est pas pareil, vous pouvez assenez vos propos sans l’ombre d’une preuve et faire fi de votre « impression personnelle » sans faire tiquer vos amis…

        On est pas obligé d’etre aveugle pour ne rien voir.

        je combat les idéologies fascistes depuis plusieurs années et il se trouve que le milieu zetetique a toujours été perméable plus ou moins perméable a ces idées, au nom d’une certaine forme absolutiste, de desir de pureté de la rationnalité et d’une grande naiveté quant a l’impression de liberté (un e tendance libérale et libertarienne).

        Il y a encore quelques années, j’ai essayé d’evacuer mes préjugés sur les zeteticien et je suis content d’avoir fait le ménage, pas mal sont partis. Cependant, certains sont tenace et suffisement d’evenements semble me conforter encore dans cette méfiance…

        Tout les corporatismes souffrent de ces problemes mais certains corporations ont plus d’influence que d’autres…

        Répondre
        • Samuel
          Samuel dit :

          « il se trouve que le milieu zetetique a toujours été perméable plus ou moins perméable a ces idées ».
          C’est ridicule. Cessez d’insulter les gens !

          Répondre
          • Mouarfff
            Mouarfff dit :

            Mais vous insultez des gens tout le temps sans vous en rendre compte, meme (surtout ?) en étant poli.

            Ne faites pas les étonnés.

            Tenez, prouvez le en vous attaquant par exemple aux tests osseux pratiqués par la justice francaise pour déterminer l’age des mineurs etrangers isolés.

            Prouvez les en denoncant les violences obstétricales et les préjugés des médecins.

            Prouvez le en dénoncant les conditions dans les quelles les centrales nucléaires se trouvent.

            Prouvez le en dénoncant les innombrables lois écologiques baffouée en france et en europe au profit du capitalisme.

            Oui car passer son temps a descendre les militants et madame michu, la y’a du monde, pour defendre la démocratie ET les science, il n’y a plus personne.

            Surtout lorsque vous faite comme les médiacrates et autres journaleux, a savoir vous croire objectif et dégagé de tout biais idéologique, social ou psychologique.

            La neutralité n’existe pas, assumez le et on aurait deja fait un grand pas.

            Apres, on pourra discuter.

            Plus j’aime la zététique, moins j’aime les zeteticiens.

        • N S
          N S dit :

          J’arrive après la bataille mais ceci m’a fait rire x)

          – « Je ne vois pas où il y a du strawman dans l’article »
          -« Je combat les idéologies fascistes depuis plusieurs années et il se trouve que le milieu zetetique a toujours été plus ou moins perméable a ces idées »

          GG

          Répondre
  3. Spock
    Spock dit :

    Le rapport avec Heidegger est 1) un sophisme par association (pour Foucault et cie), 2) en réduisant Heidegger à ses positions politiques l’article fait exactement ce qu’il critique – il laisse son jugement moral prendre le pas sur une connaissance réelle de l’œuvre (et ça c’est vraiment un problème récurent dans l’interprétation de ce philosophe).

    Répondre
  4. Spock
    Spock dit :

    Et il ne s’agit pas pour moi de minimiser ces positions politiques de Heidegger, que j’estime graves et déplorables.

    Répondre
  5. Olibo64
    Olibo64 dit :

    Dans son roman « la Tache » (the Human Stain), Philip Roth illustre très bien ce climat inquisiteur.
    Jean-François Revel avait en son temps également dénoncé cette dictature du politiquement correct dans les universités américaines.

    Certes, cela peut paraitre assez confiné, mais le danger est réel. D’une part, la liberté recule dans un lieu ou justement on a besoin d’une effervescence intellectuelle hors norme pour voir se dégager les talents de demain. D’autre part, la montée d’un extrême a souvent un effet miroir : Trump a d’ailleurs très bien su utiliser cette stigmatisation de l' »homme blanc hétéro sexuel » (exprimée dans un commentaire ici même) pour la hisser au delà de ce qu’elle est mais avec des exemples précis… et ça a marché… pour lui. (pour nous c’est autre chose…)

    Répondre
    • un.passant
      un.passant dit :

      Pour une enquête sur la liberté d’expression dans les campus US : https://heterodoxacademy.org/the-campus-expression-survey-summary-of-new-data/

      53% of students surveyed reported that they do not think their college or university frequently encourages students to consider a wide variety of viewpoints and perspectives.
      32% of conservatives (vs. 8% of liberals) were very reluctant to discuss politics in the classroom.
      29% of conservatives (vs. 8% of liberals) were very reluctant to discuss gender in the classroom.
      30% of conservatives (vs. 15% of liberals) were very reluctant to discuss race in the classroom.
      When discussing potentially controversial topics (politics, race, and gender), the students surveyed were most concerned about criticism from their peers followed by criticism or a lower grade from their professor. They were least concerned about criticism on social media or the potential for a harassment complaint against them.

      Répondre
  6. oij
    oij dit :

    article sidérant par son manque de rigueur et ses arguments d’autorité, ses réductions et mises en équivalences infondées (aucune étude sérieuse outre des ouvrages de polémique)… L’auteur va même jusqu’à mentionner, sur le mode d’un pur argument d’autorité, qu’il avoue n’avoir pas lus… Où est la zététique ? Où est la démarche scientifique ? On croit rêver…

    Répondre
  7. Beaumel
    Beaumel dit :

    Je n’ai pas compris l’article, en le lisant j’ai même crue que c’était un « un retour à l’envoyeur » du faut article d’Alan Soka.
    En effet je suis de droite et plutôt conservateur avec un aprioris négatif sur ce que l’auteur appelle la « gauche académique », je ne comprend pas l’article mais il y a des mot clé qui sont évocateur des élément qui me parle et qui me pousserait a dire il dénonce les chose qui vont pas et il a bien raison mais voila j’ ai pas compris.

    Les commentaire suivant l’article me montre qu’il ne s’agit pas d’une blague. Dans ce cas je pense que l’article ne réussi pas à lancer le débat car il le démarre à une hauteur pas suffisamment accessible, pour des personne ne maîtrisant pas déjà le sujet.

    Répondre
  8. torshavn
    torshavn dit :

    C’est bête d’écrire un commentaire juste pour ça mais… Je n’ai rien compris non plus. On m’avait habitué à des articles mieux vulgarisés sur ce site. Par exemple, dès le début : « C’est surtout depuis l’automne 2015 que les efforts de censure et de prise (ou plutôt, de renforcement) de contrôle […] ». De quoi on parle ? Quelle censure, de qui, de quoi, pour quelles raisons (supposée ?) ?

    Bref, je rejoins l’avis du commentaire au dessus, mais j’apprécierais quelques précisions.

    Répondre
    • Mouarfff
      Mouarfff dit :

      Etre obligé de deterrer un mot trouvé sur un site aux etats unis en dit long sur la gravité et l’intensité du probleme …. nan mais franchement je rigole…

      Et que penses tu de ca ?:

      https://www.mediapart.fr/journal/france/050418/fac-de-montpellier-un-enregistrement-prouve-les-pressions-policieres-sur-un-temoin?onglet=full

      Dans ce cas, il serait temps aussi de denoncer d’autres phenomenes tres graves qui consistent a minimiser les faits relatifs a des personnes violentes d’extreme droite, qui peuvent aussi faire des attentats mais qui sont jamais pris comme des terroristes mais comme des tireurs isolés qui se seraient perdus sur le chemin de la bonté, ou encore les meurtres commis sur des femmes toujours deguisé en « banal drames » et non pas comme des violences systémiques… Ou encore bientot depeindre les vegas comme des fou meurtrier (a cause de l’autre folle a youtube)….
      Tout en passant son temps a taper sur la « mouvance radicale » soit disant ultra violente de l’utra extreme gauche (oulalal j’en fais dans le pantalon), en ayant orchestré une attaque envers un groupe d’anar bourgeois, paumés et condescandants (d’ailleurs, les seuls qui s’affichent chez tadeii, voyez la qualité ….), les qualifiant de dangereux, surarmé, entrainé et pret a tous (alors que cela est faux, totalement faux)…

      Ou encore les violent et mechant grévistes qui seraient face a de gentils patrons et cadres innoncents ?

      On a les offuscations qui nous vont bien non ?

      J’insiste, s’obstiner a denoncer des trucs qui, dans l’ensemble, meme si ils ne doivent pas etre niés (les milieux militants que je cotoient passent leur temps justement a eviter ces choses la, mais apparament, de votre tour d’ivoire de sceptiques, vous ne semblez pas le voir, vous vous contentez des signaux d’internet qui pourtant, vous le savez, ne reflete qu’une certaine partie de la population et pas forcement la population agisssante, mais la population agigtante) en dit long sur vos préoccupation de bourgeois.

      Répondre
  9. Seto3000
    Seto3000 dit :

    J’ai la très désagréable impression qu’il s’agit d’un canular à la Sokal, si ce n’est pas le cas je manque clairement de bagage.
    Mais vu la différence avec ta prose habituel mendax j’ai quand même l’impression que tu me mène en bateau.
    (Surtout que malgré mon incompréhension, j’ai la sensation que ça confirme mes croyances actuels)

    Répondre
  10. Yoann LE BARS
    Yoann LE BARS dit :

    Tout de même, cet article donne l’impression que l’auteur s’est arrêté à l’introduction. La problématique est posée, de manière clairement provocante – après tout, pourquoi pas, si derrière le développement est à la hauteur de l’ouverture. Sauf qu’il s’arrête abruptement.

    Du coup, très bien, en étant provocateur il pousse à réagir. En revanche, en oubliant le développement, il ne donne aucune raison ni aux uns, ni aux autres, de faire évoluer leur position (ou absence de position) sur le sujet. C’est bien dommage : plutôt que de dire qu’il serait heureux d’expliquer pourquoi il pense que ceux qui ne sont pas de son avis se trompent, pourquoi Vincent DEBIERRE ne le fait-il pas, tout simplement ?

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