La neutralité du Net (Oriane Piquer-Louis) TenL43

Enregistré le 19 avril 2017 – Invité Oriane Piquer-Louis

 

Editorial

Vous êtes sur Internet, un environnement inventé par des chercheurs hippies shootés au LSD qui voulaient pouvoir s’échanger des fichiers librement. Le monde serait différent si l’origine de l’Internet était autre. Car l‘architecture du net, son fonctionnement, ses protocoles, découlent directement des idéaux et des objectifs de ces hippies des campus américains.

Nous avons hérité d’un réseau qui s’auto-alimente et s’organise autour des échanges et de l’idée qu’il n’existe pas de point central, pas de racine. C’est le principe d’un réseau, un ensemble de nœuds connectés les uns aux autres, sans point d’origine, sans repère supérieur prééminent. Cette structure horizontale garantit la fluidité des échanges et l’égalité des internautes devant l’accès à l’information et à l’expression.

Car c’est là que réside la révolution apportée par Internet. Nous sommes désormais tous des sources potentielles d’information, et plus seulement des destinataires. Nous sommes en mesure de publier une image, un article, une œuvre, une réflexion, un témoignage qui sera disponible pour la totalité des membres du réseau (plus ou moins). Mais pour que votre contribution ait une chance d’atteindre un public, pour éviter que des annonceurs contre écus sonnants et trébuchants acquièrent le droit de monopoliser l’accès aux lecteurs, d’obtenir un Internet à deux vitesses afin de promouvoir encore plus leurs contenus, leurs produits, leurs marchés, nous avons besoin de ce qu’on appelle la neutralité du net.

Consultons Wikipédia, au sujet de laquelle il est sans doute bon de rappeler qu’elle est l’encyclopédie la plus fiable à ce jour (cela ne veut pas dire qu’elle est parfaite, mais si un article vous semble contenir des erreurs, vous avez le droit de râle mais aussi celui de râler ET de contribuer à améliorer son contenu). Bref, consultons Wikipédia qui a u article sur la neutralité du net

« principe devant garantir l’égalité de traitement de tous les flux de données sur Internet. Ce principe exclut par exemple toute discrimination à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de l’information transmise sur le réseau.»

De par le monde, les puissants habitués à une organisation verticale de la société dans laquelle ils ont le contrôle de l’accès à une parole publique ont réagi à l’expansion de cet espace décentralisé sans hiérarchie en l’appelant une « zone de non-droit », en utilisant une rhétorique de la peur, en cherchant à réguler à toute force un phénomène dont la liberté et la croissance rapide les a pris de cours. On en arrive à se demander si nos élus comprennent quoi que ce soit à Internet et sont bien inspirés, bien informés, et bien compétents quand ils légifèrent à ce sujet.

Mais nous-mêmes dans la Tronche en Bais ne comprenons sans doute pas tout non plus, et c’est pourquoi nous chercherons ce soir à en comprendre un peu plus avec vous en recevant Oriane Piquer-Louis, informaticienne, chercheuse, membre de la Quadrature du Net et surtout Vice-Présidente de la FFDN.

 

1 réponse
  1. Jérôme
    Jérôme dit :

    Salut à vous l’équipe,

    Déjà je tiens a vous remercier de remettre un peu de raison dans ce monde à mon sens totalement déraisonné où les relations humaine ne peuvent que se dégrader et générer du chaos au bout de cette logique de déraison.

    Je souhaitais simplement exprimer, ayant une pratique de l’informatique et de l’internet depuis bientôt 20 ans, qu’il me semble que la notion des serveurs DNS (équivalent à un annuaire) est important pour bien comprendre le fonctionnement réseau.

    En effet, lorsque l’on souhaite se connecter à une autre machine (serveur web proposant un contenu par exemple), notre navigateur se connecte par défaut par les serveurs DNS de notre fournisseur d’accès pour lui demander l’adresse de cette machine et pouvoir s’y rendre, s’y connecter et échanger avec.
    Bien sur, il n’y a pas que les serveurs DNS des FAI, et sois même pouvons soit paramétrer d’autres adresses de serveurs DNS, soit installer (moyennant quand même un peu de connaissances dans ce domaine) son propre serveur DNS sur sa machine.
    Ainsi, si notre FAI déciderai de censurer tel ou tel contenu (ce qui n’a pas de sens dans le fond), en ayant la possibilité technique d’effacer de leurs annuaires les destinataires en question, cette censure est facilement contournable.

    Bref, je pense que plus la connaissance de comment fonctionne ce réseau, ainsi que toutes les possibilités qu’il peut nous offrir lorsque nous nous serons mieux approprier ce « méta outil » (qu’est l’internet) avec nos propres machines, et plus les FAI se contenterons de faire leur boulots, à savoir acheminer les paquets du mieux possible, et non se dispatcher en proposant d’autres services tel que leur véhicules homologués pour rouler sur leur propre routes (pour reprendre l’analogie de la demoiselle interviewée).
    Mais pour cela, il est impératif que nous ayons une véritable asymétrie sur nos connexions au niveau des données descendantes et montantes.

    Et ici, nous arrivons à la notion de bande passante que les opérateurs télécom facture pour pouvoir faire transiter des paquets sur leur réseau cuivre, fibres, gsm. Il serait intéressant de connaître les chiffres de ce que coûtent l’entretient de ces divers réseau par rapport à leur rentré d’argent via leur abonnements, mais il y a fort à parier qu’ils doivent bien se gaver.
    Ces réseaux devraient être nationalisés et non privés puisque la communication est considéré de nos jours comme une nécessité quasi vitale d’une certaine manière.

    Bien à vous, et surtout continuez d’apporter éclaircissement et raison dans ce monde actuel qui en a vraiment besoin à mon sens.

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