Je suis spécial, donc je crois

Les théories conspirationnistes ne sont crues que par une minorité de personnes car elles ne reposent pas sur des démonstrations qui permettraient de convaincre la majorité. Si l’interprétation extraterrestre de Roswell ou l’inside job du 11 septembre avaient pour eux des preuves suffisantes, la majorité des gens seraient convaincus, et le monde serait différent. De ce constat simple découle une question sur laquelle des chercheurs se penchent : pourquoi certaines personnes croient-elles ces propositions ?

 

Chercher des explications psychologiques à ces remports d’adhésion ne signifie pas qu’on veut transformer les gens en cas cliniques, en faire des malades qu’il faudrait traiter. Mais nous avons collectivement et individuellement tout à gagner à une meilleure compréhension de ce qui conduit certains d’entre nous à croire à l’existence d’une guerre intergalactique, aux meurtres de « médecins » holistiques par Big Pharma, ou aux mensonges de la NASA concernant notre Terre Plate… Car mieux comprendre comment des gens globalement normaux adhèrent à des idées fausses, voir délirantes, est le meilleur moyen de nous poser la question de la valeur de nos propres représentations. Puisque personne n’est à l’abri de croire des choses fausses, décrire les mécanismes par lesquels la croyance fausse se construit et s’entretient offre une grille de lecture sur nos cas particuliers.

Les recherches pointent déjà quelques facteurs pour la croyance dans les théories du complot. Pour en citer quelques-uns :

  1. L’agenticité est notre tendance à inférer que des événements sans cause identifiée sont le résultat de la volonté de quelqu’un, quelque chose, une entité agissante : un agent. En fonction du phénomène en manque d’explication, cet agent peut être Dieu, le gouvernement, les banques, Big Pharma, les Atlantes, les fantômes, etc. Nous n’avons pas tous le même degré d’agenticité dans notre lecture du monde
  2. Le besoin de contrôle est souvent important dans nos vies. Nous sommes très impactés dans notre moral chaque fois que nous avons le sentiment de n’avoir aucun choix, aucune liberté d’action. Il y a tout à craindre de l’avenir quand nous ne pouvons que subir. Certaines propositions cognitives peuvent nous apporter une illusion de contrôle qui peut leurrer ce besoin. C’est ce qui explique l’immense succès de la voyance, la facilité avec laquelle nous pouvons croire prédire les événements, et donc contrôler ce qui nous arrive. Les théories du complot apportent souvent des réponses de ce type. Celui qui croit dans le complot illuminati imagine qu’il connait des rouages secrets, et qu’il a donc un coup d’avance sur ce qu’il devrait normalement savoir. Ce sentiment d’en savoir plus nous dote d’un petit supplément de pouvoir sur ce qui nous arrive. Les périodes de crise sont donc particulièrement propice au succès de ces « théories ».

On pourrait également citer La méfiance (en particulier envers les sources d’information officielle), ainsi que la pensée intuitive (et l’établissement de liens de causalité entre des événements).

Un autre facteur, déjà décrit depuis quelques temps, vient de recevoir deux belles confirmations avec deux études, l’une dans le European Journal of Psychology, la seconde dans Social Psychology. Les théories du complot répondraient au besoin des individus de se sentir unique, de se distinguer de la foule. Cela explique notamment pourquoi certains auront tendance à croire dans toutes les théories du complot ; leur contenu important moins que leur nature secrète, minoritaire et anticonformiste. Cette disposition individuelle est nommée mentalité conspirationniste (Cf notre émission sur le sujet ci-dessous). Les études récentes montrent que les personnes avec une mentalité conspirationnistes adhèrent davantage à une théorie du complot quand elles pensent que cette théorie est très très peu connue.

 

3. Le besoin d’unicité est couplé à notre estime de nous-mêmes. Être celui qui voit plus loin, qui déchiffre les plans secrets des puissants, voilà qui est séduisant. Et cela nous rappelle l’aplomb avec lequel les prosélytes conspirationnistes appellent les autres à se réveiller, pauvres moutons qu’ils sont. Celui qui adopte une telle position, non seulement éprouve un plus grand sentiment de contrôle sur les événements, mais ressent aussi qu’il est spécial. On retrouve cette idée d’être spécial, différents, de se trouver à un stade plus avancé que les autres dans la pratique de l’ésotérisme et de l’étude du paranormal.

Ironiquement, l’une des choses qui rendent attractives certaines idées, et en particulier les théories du complot, c’est précisément qu’elles soient rejetées par la majorité.

Il n’y a rien de pathologique dans un tel comportement. Être meilleur, savoir plus, comprendre mieux sont des motivations universelles, et elles conduisent à l’excellence, à la découverte, au dépassement, au progrès. Mais à côté de la véritable excellence, exceptionnelle, on trouve une plus ordinaire soif d’excellence qui peut devenir une illusion. L’envie d’être différent des autres peut devenir la conviction d’être meilleur et que le rejet de mes idées fausses s’explique par la médiocrité de ceux qui me critiquent. Une telle disposition est malheureusement très vite alimentée par des biais comme l’auto-complaisance ou les biais de confirmation.

 

Specialis ergo credo

Je suis spécial, donc je crois

 

Que faire de ces résultats ?

Gardons-nous de croire que les facteurs ici présentés suffisent à tout expliquer. Ils ont des effets significatifs dans le cadre d’expériences de psychologie sociale, ils sont cohérents avec ce que l’on sait du fonctionnement de l’esprit humain, ils sont donc à prendre en compte, mais il sera toujours faux de réduire à ces quelques dimensions le fonctionnement mental de ceux qui croient des propositions irrationnelles ou déraisonnables.

Il semble plus important d’utiliser cette connaissance pour le bien de notre propre hygiène mentale. Parmi les choses que je tiens pour vraies, y en a-t-il envers lesquelles je suis enclin à une adhésion qui serait due à l’agenticité, au besoin de contrôle, à la méfiance, à mon intuition ou à mon désir d’être unique ? Si tel est le cas, me suis-je montré suffisamment prudent, ou devrais-je suspendre légèrement mon jugement ?

 

 

34 réponses
  1. Stemy
    Stemy dit :

    «Les théories conspirationnistes ne sont crues que par une minorité de personnes»

    Au contraire, j’ai plutôt l’impression qu’elles sont de moins en moins minoritaires, pour plusieurs raisons:
    -le président américain actuel s’est fait élire presque exclusivement sur base de théories conspirationnistes.
    -Partout ailleurs, l’extrême droite, coutumière de ces théories, fait de plus en plus d’adhérents.
    -Nous sommes en situation de crises, période propice à la recherche de boucs émissaires, que ce soient des individus ou ce qu’on attribue à ce qu’on appelle «le système».
    -Ce n’est pas pour rien que des spécialistes parlent d’ère de post-vérité, pour décrire une époque où les intox deviennent la norme.
    -Le syndrome de Galilée utilisé par les partisans de ces thèses peut reposer sur une illusion consistant à prendre pour dissidente une opinion qui est en réalité majoritaire.

    C’est dommage qu’il n’existe pas de remède «miracle» à ce mode de pensée, vu que très peu de gens sont enclins à questionner leurs certitudes), car la plupart (pour ne pas dire tous) les problèmes de sociétés, voire les pires horreurs, lui doivent intégralement leur existence.

    Répondre
    • serpientemplumada
      serpientemplumada dit :

      Si, il y a un remède miracle : réfléchir…(premier stade de la désobéissance pour le « mens militari »…)

      Répondre
      • Stemy
        Stemy dit :

        Pour ça, les partisans des thèse complotistes se remettent question, mais leur adhésion est souvent bien trop forte pour qu’ils en soient capables. Et ceci d’autant moins que quoi qu’on pense, on trouvera toujours quelque part sur le web une «preuve» qu’on a raison.

        Accessoirement, dire qu’il faut simplement réfléchir est légèrement condescendant. Les complotistes ne sont pas stupides, juste biaisés, comme vous et moi.

        Répondre
  2. Bouffartigue
    Bouffartigue dit :

    Pardonnez-moi je voudrais juste revenir sur quelques points de votre argumentation :

    -Concernant la campagne de Donald Trump, a-t-il évoqué une autre conspiration que celle du réchauffement climatique qui serait inventé par les Chinois? Si ce n’est pas le cas, peut-on vraiment employer le terme « presque exclusivement »?
    -Par ailleurs ce n’est pas parce que l’extrême droite est coutumière de ces théories que l’augmentation des ses adhérents y est dû.
    -En outre je ne saisis pas pourquoi le fait d’être en période de crise propice à la recherche de boucs émissaire démontre que les théories du complot sont crues par le plus grand nombre, ce qui est le sujet de votre argumentation.
    -Enfin ce n’est pas parce que les fake news sont aujourd’hui (c’est à vérifier) plus nombreuses que jamais, que cela veut dire que les théories du complot précisément, sont crues par la majorité des gens.

    Respectueusement

    Répondre
    • Stemy
      Stemy dit :

      -Oui, tel que le soi-disant danger représenté par les musulmans, par exemple, de même que sa propension à se prétendre «anti-système», les conpirationnistes étant très souvent des anti-système autoproclamés.
      -C’est leur facette la plus médiatisée. Et au-delà de l’extrême droite, le côté anti-système (voir point 1) a le vent en poupe parmi tous les autre partis, ça prouve que ça fonctionne.
      -C’est simple, la crise étant politique, les gens remettent en question ce qu’ils attribuent à tort ou à raison au système qu’ils estiment responsable de leurs malheurs, donc forcément, les idées prétendûment défendues par ce dernier y passent.
      -Le terme «ère de post-vérité», je ne l’ai pas inventé, c’est un truc tout à fait sérieux qui, même si il fait polémique, n’en relève pas moins de l’analyse sociologique.

      Respectueusement.

      Répondre
      • Kukra
        Kukra dit :

        C’est une vision quand même très simpliste de reporter tout les problèmes du monde avec comme cause principal les théories du complot…
        Par exemple la méfiance des médias officielles, à mon sens vient en partie du faite qu’il n’existe plus aujourd’hui de presse libre. Les médias dits officiels en France par exemple, portent un discours conformant le système libéral et ne soutiennent jamais les idées justes qui le contredirait. Ca se ressent depuis des années, et on sent de l’étau se referme de plus en plus, regarder le rachat de toues les grandes chaines de télé, radio et journaux par des milliardaires, puis regarder les soutiens de l’actuel président Français.
        Cet environnement médiatique fait que les gens vont avoir tendance à se tourner vers les médias alternatifs et vont tomber sur un milieu qui sans un très bon esprit critique (et même parfois avec), va être dur de discerner un véritable journaliste indépendant, d’un amateur ou bien d’un charlatant.

        Le monde est complexe et chaque problème qu’on relève découle toujours d’une multitude de causes, je n’en partage qu’une ici, mais c’est pour te montrer que les choses ne sont peut être pas aussi factuelles tel que tu le présentes.
        Néanmoins, je suis d’accord que la mentalité conspirationniste à plus d’influence qu’auparavant (du moins c’est mon ressenti).

        Il ne faut pas non plus oublier que la conspiration existe et ne pas rejeter toute pensé conspirationniste, mais pour cela il faut trier précautionneusement l’information et cela demande un travail assez lourd. Mais il est peut être aujourd’hui important de faire ce trie et cela dans tout type de médias.

        Répondre
        • Stemy
          Stemy dit :

          Effectivement. Mais si le problème vient d’une presse trop libérale, comment expliquer que les «anti-médias mainstream» se réfugient dans l’ultralibéralisme ? De plus, ces dernier accusent au contraire la presse d’être vendue à la gauche. Avouez que c’est paradoxal.

          Répondre
  3. Pierre
    Pierre dit :

    Effectivement, il existe des études qui s’intéressent à la prévalence de certaines croyances. Jusqu’à 90% pour certaines croyances comme la théorie du complot autour de l’assassinat de Kennedy. On ne peut pas affirmer qu’il s’agit d’une minorité, ni même dans le cas des 27% de noir américains qui croyaient, fin des années 90, que le SIDA étaient une invention du gouvernement contre eux. Voici un article très intéressant sur la question. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3659314/. On peut notamment y lire « Substantial numbers of people endorse conspiracy theories proposing that the U.S. government orchestrated the 9/11 terrorist attacks ». Il y en a plein d’autres du genre.

    Répondre
  4. Reseau.parental@wanadoo.fr
    Reseau.parental@wanadoo.fr dit :

    Minimiser le phénomène c le laisser se metastaser: Un nombre impressionnant d’ados tombent dans le panneau conspi qui agit comme du sectarisme lobotomisant (a voir la magnifique demo « le complot chat » la fist ;-)) sur ces esprits faibles pour après retomber dans les griffes des erroristes ou sectaires / intégristes / charlatans / pseudoscientifiques comme par exemple les antivax liés à une organisation sectaire ecofasciste bien connue de la sinistre de l’acculture! Cf @europarental

    Répondre
    • Acermendax
      Acermendax dit :

      Je doute beaucoup de la pertinence de l’expression « esprit faible ». Il s’agit davantage d’esprits mal préparés voire par préparés du tout à reconnaître les pièges derrière la tentation des prétentions explicatives des théories du complot.

      Répondre
      • Stemy
        Stemy dit :

        «Esprits faibles» ou «pas préparés», il n’en demeure pas moins que les idées «douteuses» prennent une ampleur alarmante parmi les jeunes, et rien que pour ça, la première phrase de votre article pourrait très vite devenir obsolète, pour peu que ce ne soit pas déjà fait.

        Au passage, buter simplement sur une expression maladroite en esquivant le reste du commentaire ne me paraît pas être une démarche très intelligente.

        Répondre
        • Acermendax
          Acermendax dit :

          Merci pour ce jugement.
          Je crains d’avoir raté la partie de votre intervention qui appelait une réaction de ma part. Je ne vois nulle question et seulement l’expression de votre opinion dans des termes que je trouve malheureux.
          Mais peut-être pouvez-vous courtoisement me détromper.

          Répondre
          • Stemy
            Stemy dit :

            Pardonnez-moi si je vous ai fait penser que je vous agressais, ce n’était pas mon intention. Je voulais simplement dire que votre commentaire donne l’impression que vous esquiviez l’argumentation à laquelle vous répondiez en vous contentant de buter sur un terme malheureux.

  5. Michaliszyn Julien
    Michaliszyn Julien dit :

    Petite coquille : vous avez écrit « European Journak of Psychology » à la place de Journal. Comme ça me fait un peu mal de laisser un commentaire juste pour ça, je tiens à rajouter que j’ai trouvé cet article très intéressant, comme vos autres articles 🙂

    Répondre
  6. Flo
    Flo dit :

    Si la thèse du second tireur pour l’assassinat de JFK avaient pour elle des preuves suffisantes, la majorité des gens seraient convaincus, et le monde serait différent.

    Ou peut-être qu’il y a des secrets bien gardés et que certaines personnes refusent d’envisager qu’un gouvernement puisse propager de fausses informations sur certains sujets sensibles.

    Répondre
    • Stemy
      Stemy dit :

      Assurément, mais voir des complots partout est aussi incorrect que n’en voir nulle-part, et la présumée capacité/propension d’un gouvernement à cacher des choses ne suffit pas à démontrer la validité de l’un ou l’autre présumé complot.

      Répondre
  7. Vincent Toulouse
    Vincent Toulouse dit :

    Bonjour,

    Je crois aussi avoir remarqué l’effet « anesthésiant » d’un propos commençant par « on nous/vous ment » ou « ne soyons pas des moutons qui croient tout ce que l’on vous dit ». C’est comme si dire à quelqu’un que d’autres lui mentent rend l’auditeur plus crédule (parfois en lui mentant de façon grossière) et détourne son sens critique vers ceux initialement désignés comme les menteurs / comploteurs ?

    Est-ce que cela a été étudié ? Y-a-t-il du vrai dans ce qui n’est qu’une observation personnelle et donc prompt à l’erreur ?

    Merci de vos réponses,
    Vincent

    Répondre
    • Stemy
      Stemy dit :

      Oui, bien des biais cognitifs nous donnent l’illusion qu’on est le seul à ne pas être dans l’erreur, et que l’écartement plus ou moins fantasmé de nos idées par rapport aux présumées dominantes est une preuve suffisante.

      Répondre
  8. serpientemplumada
    serpientemplumada dit :

    Pour Trump, les théories du complot étaient sous-jacentes, communément admises dans la nébuleuse « Alt Right », soutien indéfectible de Trump qui se faisait volontiers son porte-parole. Le climatoscepticisme est plus respectable donc plus présentable publiquement que le « complot judéo-maçonnique-islamo-gauchiste-LGBT-etc. » qui est déjà évident pour une large portion de l’électorat Trumpien.

    S’il est difficile de le quantifier, nombre de nouveaux adhérents de la droite fascisante sont séduits par une argumentation complotiste et cela est effectivement directement lié aux périodes de crise où nombres de personnes, touchées profondément par les impacts de la crise (économiques, émotionnels, etc.) se rassureront en s’accrochant à la première « branche » d’explication venue afin de donner sens à leur détresse sociale et tant pis si la branche est pourrie…De plus, les exutoires de haine contre un bouc émissaire désigné ont toujours fonctionné dans l’Histoire, un des meilleurs exemple encore en date étant bien sur la montée de l’hitlérisme, du mussolinisme, du franquisme, du pétainiste, etc dans l’Europe des années 30 et les conséquence désastreuses qui en suivirent.

    Répondre
    • Stemy
      Stemy dit :

      Et dont les événements actuels font douloureusement écho. La troisième guerre mondiale semble bel et bien placée sous le signe de la fatalité.

      Répondre
  9. Sébastien C
    Sébastien C dit :

    Est-ce qu’on pourrait rapprocher ce besoin d’être unique avec l’envie d’être célèbre ?
    Ne pourrait-on pas ajouter un peu d’évopsy par là dessus ?

    La personne unique, c’est celle qui a des attributs que les autres n’ont pas. Et elle cherche à être reconnue pour ces attributs, en général positifs.
    Cela ne se limite pas aux théories complotistes, certains seront « les plus travailleurs », d’autres seront ceux qui « comprennent le mieux », ou ceux qui sont « les plus sportifs ». Et même si on est handicapé par exemple, on voudra être reconnu comme celui qui est « le plus courageux », car vivant une situation que les autres ne serait pas capable d’encaisser. Si on est ridicule, on voudra être reconnu comme « le plus amusant ».
    Mais au final, l’envie derrière est celle d’être reconnue par ses pairs, personne ne cherche à être unique pour quelque chose de purement négatif (sauf Érostrate ?).

    Quoiqu’il en soit, il me semble que cette volonté d’être unique pourrait s’expliquer par la volonté de montrer son utilité au reste de groupe. Mais pour que cela soit possible, encore faut-il être capable de se démarquer du reste du groupe. Si cette possibilité de se démarquer était possible dans des villages d’une centaine d’habitants, la multiplication des moyens de transports, puis celle des moyens de communications, la rend de plus en plus difficile.
    Les choses que la plupart des autres personnes repoussent, deviennent alors attirantes de par le simple fait qu’elles permettent à n’importe qui d’en devenir un expert.

    Une autre explication de l’action des réseaux sociaux sur les théories complotistes ?
    Dommage que tout mon message ne soit que pure spéculation, et que je n’ai que aucun élément pour le prouver 🙁

    Répondre
    • Stemy
      Stemy dit :

      Ce que vous décrivez là ne sont rien d’autre que des biais cognitifs (eh oui, on y revient toujours). Il y a celui de l’autocomplaisance, qui nous fait croire que nous valons «mieux» que «les autres» et le syndrome de galilée (puisée ou non dans un fantasme) qui nous fait croire qu’on est un des happy few à avoir raison.

      Quant à l’action des réseaux sociaux, elle est facilement explicable par le conformisme, qui nous pousse à faire certaines choses uniquement parce que d’autres le font. Et on n’en a tellement pas conscience que les personnes ayant agi par conformisme (p. ex harcèlement groupé) sont souvent incapables d’expliquer pourquoi elles ont agi ainsi.

      Vous étiez donc sur la bonne piste.

      Répondre
  10. Seigwald
    Seigwald dit :

    Très bon article, bine qu’un peu court à mon goût.

    Réflexion à voix haute : je serais tenté d’ajouter à ces facteur une sorte de bâtard hybride de syndrome du sauveur, dans la mesure où, les complots qui intéressent les complotistes, et pour lesquels ils « militent » en répandant leurs hypothèses souvent fumeuses, sont ceux qui sont encore « cachés ». Tous ces complots pour lesquels ils apportent des tombereaux de « preuves » (qui en fait n’en sont pas) et qu’ils clament tant à tous vents que tous le monde en a connaissance mais qui ne sont pas reconnus et restent rejetés par la majorité.

    Car alors, ces gens-là sont non-seulement spéciaux, mais ils sont dans le camp du juste, de la droiture et de l’héroïsme, luttant derrière leur écran contre le mensonge pour faire éclater les complots au grand jour. Les sauveurs des temps modernes.

    Mais qu’advient-il alors des vrais complots éventés, les véritables avec preuves solides à l’appui, par exemple l’affaire NSA avec Snowden, les Panama Papers ou encore la fausse attribution des attentats de Madrid ? (Et même pourquoi les galipettes de Clinton, DSK et autres ?). Ces affaires-là font les choux-gars des médias pendant quelques temps, un véritable scandale public pour certaines affaire, puis ils finissent par être admis comme ce qu’ils sont, éventés, et après quelques semaines, plus personne ne s’y intéresse et les « héros » de la pensée conspirationnistes n’auraient jamais l’idée d’aller creuser dans une histoire déjà admise par les autorités officielles et le large public.

    Répondre
  11. gabygaby
    gabygaby dit :

    Il y a un autre genre de cas clinique potentiellement dangereux que sont les personnes qui se mettent en position d’exercer une autorité voir une coercition là où personne n’a rien demandé, et en particulier pas à eux. A défaut de chirurgie capable de corriger leur complexe d’infériorité (cause de toutes les pathologies dirait freud) ou d’une forte somme d’argent capable de le leur faire oublier, le chien est LA solution simple pour réduire la symptomatique de ces pervers narcissiques en puissance, de ces despotes d’intérieur ou d’extérieur.

    Non je plaisante c’est une blague… comme cet article.

    Répondre
    • Stemy
      Stemy dit :

      Vous n’avez rien de mieux à faire que ce troll de bas-étage et complètement gratuit ? Dans ce cas, votre vie doit être bien triste.

      Répondre
  12. Luke
    Luke dit :

    salut
    je suis un grand fan de votre travail, et j’espere que vous continuerez longtemps. je prend le temps de faire ce commentaire pour savoir comment vous pouvez affirmer que « Si l’interprétation extraterrestre de Roswell ou l’inside job du 11 septembre avaient pour eux des preuves suffisantes, la majorité des gens seraient convaincus, »

    y a t’il eu des expérimentations qui montre que les preuves suffise a convaincre les masses ? je sais que ce serais une generalisation hative de donner des exemples inverse de choses prouvée que les gens ont eu du mal a croire ou qui on mis du temps a etre accepter… mais intuitivement j’ai l impression que les gens on tendance a croire ce qui les arrange, indépendamment des « preuves » mais mon intuition peut me jouer des tours…
    De plus de nos jours, les « preuves » sont toujours tellement « scientifique » qu’elles devienne inaccessible au commun des mortel et donc « invérifiable » , et finalement les « masses » n’ont plus que 2 choix: croire sur parole les scientifiques ( ou plutôt les journalistes qui vulgarise et parfois déforme leur propos ) ou alors choisir de croire ce qu’ils sont pres a croire ( oui je sais c’est un choix binaire donc « faux dilemne » , mea culpa)

    Répondre
    • Acermendax
      Acermendax dit :

      Dans l’absolu, vous avez raison : une idée rationnelle (et vraie) n’est pas garantie d’être massivement crue par ses seules mérites.
      C’est plus compliqué que ça, et c’est en fait lié à la confiance que l’on accorde au moyen par lequel la preuve est administrée. La science, quand elle fonctionne, a la réalité de son côté : ‘it works, bitches ». Et donc les gens ont tendance à se dire : écoutons ceux qui font des trucs qui marchent. Et la méthode est devenue systémique. Et les citoyens lambda « croient » par délégation parce qu’ils ont confiance dans la méthode, comme ailleurs ou autrefois, ils ont font confiance à la religion parce que telle est la norme de la société, telle est la source reconnue fiable.

      Mon article est donc réducteur sur ces aspects. Je voulais faire court pour une fois…

      Répondre
      • Luke
        Luke dit :

        ohh mais c’est tres bien de faire court !! et mon propos ne cherchais pas a remettre en cause cet article. d’ailleurs même en supposant que la science n’arrive pas a convaincre les gens, ca ne contredirais pas votre texte, au contraire même ça le renforcerai…

        je voulais juste savoir si vous aviez des etudes qui confirmais que la science arrivais a convaincre les masses. En effet de mon point de vue j’ai la sensation ( intuition ) que les gens sont difficilement convaincu par un obscur texte inbitable dans « Nature » et beaucoup plus facilement convaincu par:
        – le rabâchage ( repetition continue d’une affirmation sans preuve, a la telé, dans les pubs, par les collègue ) exemple: pour moins de chômage il faut plus de croissance économique
        – La simplicité de l’argument ( exemple: un etat doit etre gérer en bon père de famille et ne doit pas s’endetter )
        – la rethorique ( exemple dans un débat présidentiel celui qui sort la bonne « pique », la bonne « vanne » a gagner le débat indépendamment du fond ou de la preuve )

        a l’inverse lorsqu’un debat commence a porter sur la science, tout le monde est perdu et confus car impossible de savoir qui a raison, prenons l’exemple du 11 septembre, parmis les multiple argument « scientifique » il y a l’acier fondu retrouver ou les trace de « thermite » certain disent que le kerosene qui brule chauffe pas assez pour faire fondre l’acier, et que les trace de « thermite » n’on pas pu apparaitre « naturelement », et forcement sans connaissance dans le domaine, sans savoir si les photo d’acier fondu sont reelle, sans avoir soit meme recuperer des poussière de l’epoque et analyser soit meme leur contenu, comment savoir qui dit vrai ?
        du coup les debats qui devienne « scientifique » entre novice qui ne connaisse rien a ce domaine de competance bloque forcement dans cette impasse. dans le meme genre on peut parler des debat dans l agro alimentaire comme les mefait du sucre ( traiter dans le numeros de juillet 2017 de S&V ) seul des specialiste du sujet peuvent en discuter de maniere eclairer, les autres se fie juste a leur intuition ( genre: c’est payer par l industrie, donc c forcement biaiser, ils complote contre nous pour nous vendre du sucre empoisonné comme l’on fait les industrie de la cigarette >>> théorie du complot)

        Répondre
  13. Anonyme
    Anonyme dit :

    Dans ce cas là

    Supprimons le secret defense ah non ca existe pas c’est vrai
    Expliquez moi ce qu’est la vie
    Supprimez le mot complot dans le dictionnaire puisque dans l’histoire humaine ça n’a jamais existé

    Et peut-être je pourrai vous croire

    Répondre
  14. Nicolas
    Nicolas dit :

    Salutation,
    je savais pas ou poster ceci donc j’essaye ici.
    Le flux rss semble vide et ne se mets plus à jours depuis quelques temps, c’est un problème connu, que chez moi, que sur certain navigateur (firefox pour moi) ?

    Sinon, merci pour le boulot !

    Répondre

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