La véritable intelligence des plantes (Le Bénéfice du doute #1]

Editorial

Le Bénéfice du Doute. Premier épisode.

Répondre à la question… et même la poser, cela réclame de savoir ce que c’est que l’intelligence, et le défi est considérable parce qu’il n’existe pas encore une définition compréhensible qui mette d’accord tous les spécialistes. Mais il faut aussi savoir ce qu’est une plante… et en fait ce n’est pas si simple que ça en a l’air.

Nous autres primates, mammifères, tétrapodes, métazoaires, opisthocontes que nous sommes, jetons souvent un œil hautain sur le reste du vivant. Il y a les espèces supérieures, celles qui nous ressemblent, et puis il y a le petit peuple de la planète, ceux qui ne sont rien… Quant au végétal, on a parfois le sentiment qu’il fait juste partie du décor. Nous vivons au milieu d’êtres vivants que la plupart d’entre nous ne connaissons qu’en surface. Si vous voulez mesurer à quel point vous ne connaissez pas les plantes, je vous propose un petit défi : essayez de dessiner le cycle de reproduction d’un arbre. Pour un humain, vous devriez vous en sortir sans trop de difficulté, faisons-le ensemble dans les grandes lignes : deux gamètes se rencontrent pour donner une cellule-œuf qui se divise et produit un embryon, puis un bébé humain qui grandit et produit à son tour des gamètes, (ou bien mâle ou bien femelle) ;  l’un de ces gamètes va rencontrer celui émis par un autre humain (de sexe opposé) et le cycle repart avec l’événement de fécondation. Chez les plantes, ou chez les champignons, c’est différent, et même bizarre d’une certaine manière. Les aliens de la science-fiction ne sont finalement pas si exotiques que ça si nous les comparons au châtaignier ou à la glycine. L’étrange nous entoure.

Mais revenons à l’intelligence de ces plantes. Qu’en est-il ?

Doit-on admettre que nous sommes passés à côté de cette intelligence, ou faut-il voir dans cette quête une autre forme de mépris, celui qui nous pousse à anthropomorphiser ce à quoi nous désirons nous intéresser ? Faut-il que les plantes soient intelligentes, un peu comme nous finalement, pour qu’on les respecte ? Pour qu’elles soient dignes qu’on leur consacre notre attention ?

Vous imaginez bien que je n’ai pas les réponses à ces questions, et dans cette émission nous allons recevoir des gens qui en savent bien plus que moi afin de nous mettre d’accord sur les idées fausses à écarter, sur les connaissances établies qu’il faudrait reconnaître et sur ce qui appartient au domaine incertain et flou du doute raisonnable.

Pour ce premier épisode du Bénéfice du Doute, nous avons pour parrain un chercheur éminent. Francis Martin a reçu les lauriers de la recherche agronomique de l’INRA pour ses travaux pionniers sur la symbiose entre les arbres et les champignons. Les arbres n’existeraient pas en l’absence de leurs partenaires mycéliens. Cette symbiose, elle est omniprésente autour de nous, et pourtant elle est discrète à nos yeux. Ce phénomène, il en parle dans un livre qui vient de sortir « Sous la forêt » aux éditions HumenSciences.

Avec Francis Martin, aujourd’hui nous allons essayer de savoir si nous nous posons les bonnes questions sur les arbres et sur les plantes en général. Bonjour Francis Martin.


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