Vivre une anomalie : expériences du paranormal

Le bénéfice du Doute #3 — Enregistrement 21 mars chez RCN.

Invité : Renaud Evrard

Editorial

Chaque jour se produisent des évènements improbables défiant tous les pronostics. L’extraordinaire existe, c’est normal. C’est même l’inverse qui serait bien étonnant. Les humains qui nous entourent sont nombreux et ils vivent une quantité invraisemblable d’évènements à chaque seconde. Dans un tel effectif nous pouvons trouver à coup sûr d’innombrables coïncidences, et si nous en restons là, piégés par les pentes naturelles de l’esprit, nous pouvons avoir envie de conclure un peu vite à la réalité de phénomènes étranges qui échapperaient depuis toujours à la sagacité des savants, à la curiosité des chercheurs.

Puisque nous n’avons pas réponse à tout, on ne peut pas exclure du champ des possibles les manifestations dont témoignent celles et ceux qui parlent d’extra-terrestres, de hantises, de capacités extra-sensoriels, de causalités atypiques et de toutes les bizarreries qui peuplent la fiction, la mythologie et le folklore. Personne n’a vocation, je l’espère, à empêcher quiconque de rêver, d’imaginer, de supputer ou de croire. Mais qu’en est-il du savoir ?

Ceux qui ont envie d’aller un peu plus loin que le simple sentiment de vérité qu’on éprouve quand on a vécu soi-même une expérience extraordinaire et inexplicable ne trouvent le plus souvent à se tourner que vers des groupes de gens convaincus par les hypothèses les plus étranges et fantasques, des gens parfois très motivés à continuer de croire que ces choses sont inexplicables et donc prompts à ne surtout pas consulter les travaux qui pourraient les détromper. Il ne suffit pas d’avoir vécu une expérience bizarre pour être un expert du paranormal et de l’étrange, cela nécessite une méthode d’investigation et une bonne connaissance des travaux qui ont été faits auparavant (la méthode aidant à faire le tri entre les travaux sérieux et les délires).

La psychologie anomalistique est justement la discipline qui s’intéresse à l’étude des témoignages de celles et ceux qui ont vécu des expériences en décalage avec l’idée que tout un chacun se fait du fonctionnement du monde, et qui se propose d’expliquer l’origine psychologique de certains d’entre eux, pour mieux souligner les phénomènes qui resteraient sans explication, et donc potentiellement paranormaux, surnaturels, préternaturels ou en tout cas anormaux et donc intrigants.

Les travaux dans ce domaine ne sont pas toujours faciles à mener compte tenu de la méfiance de certains tenants vis-à-vis de la méthode scientifique, de la nature élusive des phénomènes allégués, et d’un légitime scepticisme, voire d’une franche hostilité du monde académique envers les sujets farfelus qui pourraient bien être la marotte d’un chercheur zinzin dilapidant des financements scientifiques déjà raréfiés.

Mais il y a quand même des curieux qui choisissent de se pencher sur tous ces témoignages pour comprendre leur origine et travaillent en parapsychologie, en psychologie anomalistique, en clinique des expériences exceptionnelles. C’est le cas de Renaud Evrard, enseignant chercheur en psychologie à l’université de Lorraine.

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