Quelques mots sur l’Incroyance

 L’idéologie dans le langage

 

« L’opposition à la religion s’appelle athéisme quand on la professe et idolâtrie quand on la pratique. L’athéisme est tellement insensé et tellement odieux à l’humanité qu’il n’y a jamais eu beaucoup de gens pour l’enseigner. » Isaac Newton

 

Les conventions actuelles sur le sens et l’usage des mots athéisme et agnosticisme sont le produit d’une culture dominée par le monothéisme. C’est aux apologètes que l’on doit la classification qui intercale les agnostiques entre les croyants et les athées, peut-être pour éviter de s’interroger sur la distinction pourtant capitale qui existe entre l’opinion que l’on se fait d’un sujet comme l’existence de Dieu, d’un côté, et le degré de certitude ou de preuve que l’on estime pouvoir revendiquer à l’appui de cette opinion.

De fait, et contrairement à l’usage commun de ces mots, il s’avère que l’on peut être athée et agnostique en même temps.

Mais avant de le montrer, feuilletons le dictionnaire en ligne Larousse. Athée y est un adjectif qui « se dit de celui qui nie l’existence de Dieu ». Sur le site du Centre National de Ressources Textuelles et lexicales, on retrouve exactement la même définition principale. En tant que substantif, un athée serait une « personne qui ne reconnaît pas Dieu ou nie l’existence de Dieu ». À titre indicatif, voici les extraits choisis par le site pour illustrer le mot :

« Ce n’a pas été sans une profonde habileté que la science athée et la philosophie irréligieuse des siècles modernes ont prononcé leur divorce avant de les condamner à mourir. » Montalembert, Histoire de ste Élisabeth de Hongrie, 1836, p. CVIII.

« … Marx pensait-il donc qu’il est facile d’être humain lorsqu’on ne veut point être saint? Cela serait alors le grand mensonge de l’humanisme athée : parce que nous sommes nés pour tendre à la perfection de l’amour, …» Maritain, Humanisme intégral, 1936, p. 101.

« L’existentialisme athée, que je représente, est plus cohérent. Il déclare que si Dieu n’existe pas, il y a au moins un être chez qui l’existence précède l’essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept, et que cet être c’est l’homme… Sartre, L’Existentialisme est un humanisme, 1946, p. 21.

« Toute la dispute entre les deux partis qui divisent l’Europe savante, les théistes et les athées, les chrétiens et les sophistes, se réduit à ce fait, à ce seul fait : là est la preuve de l’existence de Dieu, le motif des devoirs de l’homme, la nécessité des lois et de la société : là est la raison du pouvoir religieux, du pouvoir civil, du pouvoir domestique; …» Bonald, Législ. primitive,t. 1, 1802, p. 58.

« Les immoraux et les athées, ce sont ces hommes, fermés à tous les airs venant d’en haut. L’athée, c’est l’indifférent, c’est l’homme superficiel et léger, celui qui n’a d’autre culte que l’intérêt et la jouissance. » Renan, L’Avenir de la sc., 1890, p. 78.

« … on a même pu dire que la louange la plus haute de Dieu est dans la négation de l’athée qui trouve la création assez parfaite pour se passer d’un créateur. » Proust, Le Côté de Guermantes2, 1921, p. 415.

Le ton des citations utilisées pour illustrer le terme vous aura peut-être surpris. Regardons l’article athéisme : « Doctrine ou attitude fondée sur la négation d’un Dieu personnel et vivant ». On retrouve l’idée de négation. Et à nouveau les extraits de la littérature ne sont pas exactement neutres :

« … on m’a accusé ou loué de panthéisme : j’aimerais autant qu’on m’accusât d’athéisme, cette grande cécité morale de quelques hommes privés, par je ne sais quelle affliction providentielle, du premier sens de l’humanité, du sens qui voit Dieu. » Lamartine, Correspondance, 1836, p. 203.

« Dans toutes les sociétés qui se sont succédé depuis le commencement du monde, il y a eu un athéisme des intelligences supérieures, mais je ne connais pas encore de société ayant subsisté avec l’athéisme des gens d’en bas, des besogneux, des nécessiteux. » E. et J. de Goncourt, Journal, 1882, p. 165.

« M. Proudhon est certainement une intelligence philosophique très distinguée. Mais je ne puis lui pardonner ses airs d’athéisme et d’irréligion. C’est se suicider que d’écrire des phrases comme celle-ci : « L’homme est destiné à vivre sans religion : … » Renan, L’Avenir de la sc., 1890, p. 474.

Pour le Larousse l’agnosticisme est la « Doctrine qui considère que l’absolu est inaccessible à l’esprit humain et qui préconise le refus de toute solution aux problèmes métaphysiques. », ce qui ressemble un peu plus à une bonne définition. Dans le dictionnaire du CNRTL l’agnosticisme est la «Doctrine ou attitude philosophique qui considère l’absolu inaccessible à l’intelligence humaine ». Là encore les extraits de la littérature sont souvent sévères envers cette position. Faut-il croire que la plupart des auteurs en langue française n’ont utilisé ce mot que pour rejeter la pensée qui lui est associée ?

Incroyance

Un paradigme de la croyance.

Insistons sur le traitement réservé à la notion d’athéisme, car il est révélateur de l’histoire de cette notion dans des civilisations où partout règne la croyance dans le surnaturel, et en particulier en l’existence d’entités immatérielles puissantes et gardiennes de la bonne morale. Dans toutes les définitions de l’athéisme qui sont disponibles dans les encyclopédies, il n’est que rarement fait mention au scepticisme, alors que le doute et la raison font partie du parcours de l’athée au moins autant que la foi et l’espérance appartiennent à celui du croyant.

Mais surtout les définitions de l’athéisme partent du principe que le monothéisme actuel est une croyance singulière, intrinsèquement différente des autres types de croyances. Or il n’en est rien, et tous les individus qui se reconnaissent dans le monothéisme font sans le savoir l’expérience de l’athéisme. En effet les chrétiens, juifs et musulmans sont athées vis à vis de Mami Wata, Vishnu, Athéna, Osiris, Marduk ou Izumo tandis que les bouddhistes et les shintoïstes sont athées vis-à-vis d’Allah ou de Yahvé. Dans l’immensité des dizaines de milliers de divinités qui ont été adorées au cours de l’histoire humaine, les monothéistes sont dans une incroyance quasi-totale, et ils ne sont séparés des athées que par un dernier dieu. Beaucoup de monothéistes, sans doute, apprécieraient peu qu’on les appelle athées en se plaçant dans le paradigme du panthéon aztèque. Cela leur paraitrait absurde de recevoir une étiquette qui ne dépend que de la croyance des autres et ne dit rien sur leur vision du monde. Celui qui ne croit pas à l’existence des licornes (espérons que ce soit votre cas), estimerait-il juste d’être définitivement étiqueté alicorniste ou amonokériste ? Or c’est exactement le traitement que l’on réserve dans notre civilisation aux « athées » qui ne doivent cette appellation qu’au fait que le monothéisme est considéré comme l’option de référence à l’aune de laquelle on pense devoir mesurer la position de chacun.

 

Pour bien comprendre le problème avec des termes créés dans le cadre d’un certain paradigme non neutre, faisons un détour vers la psychiatrie. Ces dernières années, on a pris la mesure du problème des étiquettes utilisées pour désigner les personnes atteintes de diverses affections. Dans les publications qui étudient les individus présentant des syndromes du spectre autistique, les sujets sont étudiés en comparaison des caractères des personnes neurotypiques. On a inventé le mot neurotypique afin de ne plus utiliser le terme normal qui contenait implicitement l’idée que les autistes sont anormaux. On a fait cet effort de langage dans le but de s’extraire au moins en partie du paradigme d’une certaine vision de la santé mentale. Et on a jugé cet effort valable parce que les mots sont le matériau avec lequel nous construisons notre compréhension mutuelle du monde.

 

Essayons de mettre un peu d’ordre dans les concepts.

 

Dans la vidéo ci-dessous, Vled de la Tronche en Biais fait le point sur ce que signifie être athée (il y a mille manière d’être athée, pas toutes rationnelles, pas toutes recommandables, pas toutes aimables, mais on s’attache ici au dénominateur commun auquel le terme devrait se borner). On y explique que l’agnosticisme n’est pas une position intermédiaire entre le croyant et l’athée, mais bien une option de nature différente. Là où l’athée et le théiste/déiste ont un jugement ontologique, c’est à dire un avis sur l’existence de Dieu, l’agnostique se place sur le terrain de l’épistémologie, c’est-à-dire de la connaissance, et il juge que l’existence de Dieu est une proposition au statut indécidable, inconnaissable. Enfin l’ignostique juge que la question ne mérite aucune espèce de réponse tant qu’elle n’aura pas été posée correctement, c’est-à-dire en présence d’une définition clair et nette des termes, en particulier du concept Dieu.
La vidéo fait l’impasse sur les apathéistes qui considèrent que la question n’a aucune importance et refusent donc de s’y intéresser, ainsi que sur l’antithéisme qui est une opposition aux prétentions des religions, en particulier à leurs influences sur la société.

Espérons tout de même qu’en 9 minutes, la vidéo vous aidera à éclaircir quelques notions ou bien vous permettra d’aider vos interlocuteurs à mieux comprendre en la partageant autour de vous.

15 réponses
  1. Zoharion
    Zoharion dit :

    Le texte est limpide et se veut apaisant.Toutefois le titre verse dans la provocation « La Menace Théoriste » et je pense qu’une explication sur ce choix serait bien utile.

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    • Zift Ylrhavic Resfear
      Zift Ylrhavic Resfear dit :

      « La Menace Théoriste » est le titre du blog, non de l’article. La menace dont il est question sont les biais cognitifs et les raisonnements fallacieux, je présume.

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      • Acermendax
        Acermendax dit :

        Oui c’est cela. Il était aussi question d’aborder tôt ou tard les « théories » du complot et les pseudosciences en général.

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  2. Marcus
    Marcus dit :

    Quand vous dites : « il y a mille manière d’être athée, pas toutes rationnelles », je comprends pas ce que vous voulez dire : il y a une manière en quelque sorte « irrationnelle » d’être athée ?

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    • Acermendax
      Acermendax dit :

      Certaines personnes rejettent la religion et Dieu pour des raisons culturelles, sentimentales ou mille autres facteurs qui ne passent pas par l’examen raisonné des faits. Ca nous arrive à tous constamment d’être irrationnel sur des détails, il n’y a pas de raison que les athées échappent tous à ce type de fonctionnement.
      Est-ce plus clair dis comme ça ? 🙂

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  3. aneaunymousse
    aneaunymousse dit :

    Ce post complète très bien la vidéo. J’apprécie tout particulièrement de voir le terme Apathéiste apparaître dans le texte. Ca m’avais manqué dans la vidéo (je le vois enfin apparaître pour la première fois en francais).
    Considérant que l’apathéisme concerne potentiellement une grande partis des gens ce disant agnostique et/ou athéiste c’était d’autant plus important de le mentionner.

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  4. anowan
    anowan dit :

    Il y a peu de temps, Vled a partagé un article d’opinion d’une personne qui se trouve être croyante. Celui-ci a apparemment été supprimé ? En tout cas je ne le retrouve pas. Cet article expliquait avec le plus grand sérieux que l’athéisme était une croyance identique à n’importe quelle religion. Ce que je trouve d’une mauvaise foi épuisante et même pas en faveur des personnes croyant en une divinité.

    La Croyance, c’est la Foi. Qu’est-ce que la foi religieuse ? C’est donner au monde un sens divin en général, et en particulier relier des émotions ressenties par le croyant (plénitude, joie, amour, calme, grâce) à l’existence d’une entité supérieure (« If there is no God, why do sunsets make me cry? » et autres arguments en mousse pour l’existence du divin). (Notez que je ne parle pas des rites, mais on peut voir chez eux, en première intention, une façon de générer ces émotions positives (prière, fêtes communautaires) pour renforcer la notion de foi).

    Il n’y a pas de foi dans l’athéisme. Il n’y a pas de pont, pas de canal entre les sentiments intimes d’une personne et une notion extérieure, plus vaste qu’elle, et inhumaine. Dire des athées qu’ils sont « croyants », de la part d’un religieux ou d’un croyant, c’est être irrespectueux de sa propre foi et utiliser le verbe « croire » dans son sens anodin (« Je dois acheter le pain, la boulangerie est ouverte à cette heure-ci ? » « Oui, je crois. »), comme s’il n’y avait que celui-là. C’est de mauvaise foi. Ce jeu de mots était parfaitement involontaire. Je vous prie de me croire.

    Les croyants que je connais posent l’hypothèse que certains de leurs comparses sont totalement incapables d’envisager un être humain qui n’aurait pas la foi, d’où des tentatives pour ramener la notion d’athéisme dans des frontières qu’ils sont capables de comprendre. Pourquoi ? Parce que le divin, et par extension la foi, ont vocation à décrire un universel, un absolu. L’idée que la foi ne soit pas universelle les ferait donc tourner de l’œil. On a vu ce que ça a donné, sociétalement, pour les trois grandes religions monothéistes. (C’est à dire, dans des sociétés qui laissent le champ libre à la religion).

    Mais bon. #NotAllBelievers, tout ça. De ma petite compote de témoignages, j’ai tiré mon petit argument et je m’en vais le répandre. Merci pour cet article, le partage de l’autre, et tout ça, et tout ça.

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  5. M.H
    M.H dit :

    Bonsoir, article et vidéo intéressante, je me joins à la discussion.
    Je me considère comme agnostique, n’ayant pas d’autre mot pour ça. Je vis avec Dieu, en tout cas avec les effets qu’il a sur le monde et je lui parle de temps en temps, je chois de ne pas me décider sur son existence ou non-existence qui pour moi n’a pas d’importance, cette question ne changeant rien à ses effets que j’observe sur le monde, c’est ma posture toute personnelle, issu de mon point de vu sur le monde, je ne sais pas si elle entre dans la définition que tu fais de l’agnosticisme, il me semble que oui, mais j’ai peut-être tort.

    Pour ce qui est des licornes, elles ont aussi des effets sur le monde, mais la question de leur existence ne se pose actuellement apparemment pas, donc je suis aujourd’hui alicorniste jusqu’à ce que je croise un licorniste qui m’en parle, ce qui ne me dérange pas. Je suis désolé mais là je ne vois pas en quoi il serait injuste que l’on m’appelle alicorniste, et ça ne changerait pas parce que le mot officiel d’alicorniste serait massicot, dans les deux cas ça ne me dérangerait pas.

    Certes du point de vu du langage et de son étymologie athée peut être une contrainte, mais est-ce que chaque étiquette n’est-elle pas une contrainte en ce cas? si les athées étaient appelé les bazuks, est-ce que cela aurait changé grand chose?
    L’hégémonie religieuse dans le mot athée n’est-elle pas juste celle qui existait au moment de la formation du mot, et qui n’existe plus il me semble en France?
    Tu dis dans la video si j’ai bien entendu, que l’on ne « peut pas réunir des individus sur la base d’un caractère qui n’est pas partagé », mais excuse moi si la comparaison est mauvaise, les sourds ne sont-ils pas réunis sur la base du caractère non-partagé entendre et les neurotypiques sur la base du caractère non-partagé entendre?
    Les autistes sont dans une posture de handicap par rapport au reste des individus, alors que les athées sont pour le moment en France dans une posture plutôt dominante.
    Si le langage forme des contraintes, ce sont surtout des connotations à mon sens culturelle qui peuvent s’y transmettre, mais le reliquat d’hégémonie religieuse qui reste dans le mot athée ne me semble plus contenir une contrainte supplémentaire à sa définition qui est devenu une étiquette aussi contraignante au niveau du langage que « croyant » ou « agnostique ».

    Je suis désolé si je ne suis pas clair et rationnel.

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  6. Mailys
    Mailys dit :

    Bonjour,

    Merci pour cet article très intéressant et cet éclairage sur les définitions.

    Je trouve également très intéressant le commentaire de M.H : je ne comprends pas non plus en quoi il serait injuste de définir quelque chose (comme l’athéisme) en opposition à une autre. De la même manière qu’un apatride est la définition de « celui qui n’a pas de nationalité » (c’est plutôt la définition du site gouvernemental, celle du Larousse étant « se dit de quelqu’un qui, ayant perdu sa nationalité, n’en a pas légalement acquis une autre », mais cette dernière ne me convient pas car je connais une personne qui a le statut d’apatride depuis sa naissance à cause de non application stricte de droit du sang et sol dans le pays où elle est née, et qui n’a donc pas « perdu » de nationalité puisqu’elle n’en avait pas à la base, bref). Il n’y a pas de notion de justice ici, ce sont simplement des définitions, qui ont été créées dans certains contextes.
    Il est possible que, en tant que catholique, je sois mal placée pour avoir cet avis-là, car je suis comme une « bénéficiaire » de cette définition… (cf votre article sur le féminisme).

    Je souhaite toutefois rebondir sur quatre choses qui m’interpellent (désolée, c’est très long…):

    1) Dans la vidéo, vous prenez, pour illustrer la notion de l’athée gnostique, l’exemple du Dieu chrétien. Et vous dites, je cite : « on sait que des éléments de la Bible, qui sont le fondement de ce concept, peuvent être démontrés comme faux par l’expérimentation. A partir de là, une personne pourra ne pas croire en lui, ce qui fera d’elle une athée parce qu’elle sait que son existence est contredite par les faits, ce qui fera d’elle une gnostique. »
    Je souhaite venir corriger quelques petites erreurs (bouuuuh la vilaine catho !) : tout d’abord, en affirmant que le fondement du concept « Dieu chrétien » est la Bible, vous faites une première erreur fondamentale. Le fondement du concept « Dieu chrétien », c’est Jésus Christ (d’où le qualificatif « chrétien », d’ailleurs…).
    Deuxième erreur : en affirmant que puisque des faits contredisent par expérimentation des éléments de la Bible on peut alors considérer ces éléments bibliques comme faux, vous semblez partir du postulat erroné que ce qui est écrit dans la Bible doit être littéralement compris comme vérité factuelle par ses lecteurs. Or, ce n’est pas le cas. La Bible est un livre qui doit être lu notamment à la lumière des contextes dans lesquelles elle a été écrite. Si vous parlez de Bible alors vous parlez effectivement de chrétiens : l’Ancien Testament est par exemple pour un chrétien indissociable du Nouveau qui vient l’éclairer de la vie de ce fameux génial-monsieur-à-sandales qu’est Jésus. Je ne sais pas si vous l’avez lue, la Bible, mais si oui alors que vous avez sûrement noté que dès les premières pages, des « faits contradictoires » sont déjà présentés : il y a deux textes sur la Création (Livre de la Genèse), qui donnent tous deux des versions très différentes en termes purement factuels, et donc « contradictoires en faits». Si les millions de personnes qui lisent et étudient la Bible depuis des siècles avaient voulu en faire une explication factuelle du monde, ils auraient tout simplement supprimé les contradictions 😉 Et non, ils les ont toutes laissées… De même qu’ils ont laissé quatre types de récits différents de la vie de Jésus (les évangiles), qui disent souvent des choses très différentes et apparemment contradictoires. Ainsi, il est erroné de penser que la Bible se veut être une description d’éléments factuels distincts.
    En réalité, les textes bibliques doivent se lire dans un regard d’ensemble et ne répondent pas aux questions du « comment ? » mais à celles du « pourquoi ? », ce qui n’est par ailleurs pas incompatible avec l’expérimentation.
    Plein de grands théologiens l’expliqueront mieux que moi (et internet / les livres regorgent de ces explications, si l’envie vous prend de creuser – ce livre par exemple semble bien indiqué : http://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/17528/remarquable.Pens )

    2) Pourriez-vous définir exactement « raison », « raisonnable » et « rationnel » s’il vous plait? (je n’ai pas trouvé de définition de ces termes sur votre site, s’il y en a pourriez-vous m’en donner le lien ?)
    Cette question fait suite aux choses suivantes : la question de Marcus « il y a une manière en quelque sorte « irrationnelle » d’être athée ? », qui semble sous-entendre que, par opposition, être croyant est irrationnel presque par définition, et le passage de la vidéo où vous dites : « Il n’est pas rationnel d’affirmer que Dieu n’existe pas, mais admettons que c’est plus raisonnable ».
    La vidéo de votre article « est-il rationnel de croire en Dieu ? » sera-t-elle bientôt en ligne ? Au regard des éléments de réponse que vous y avez avancé, j’ai hâte de la regarder ! (Et de la commenter, bien entendu :p)

    3) Toujours dans la vidéo, vous dites :« les musulmans sont athées de Yahvé ». C’est, si j’ai bien compris, partir du postulat – que vous semblez défendre – que « le Dieu des musulmans » n’est pas le même que « le Dieu des juifs ». Or, il me semble évident que le « Dieu des musulmans » est le même que « celui des juifs » et également le même que « celui des chrétiens » (puisque nous avons tous une partie de l’Ancien Testament en commun). Seulement, nous avons chacun une vision particulière de Dieu, et donc une manière différente d’être en relation avec Lui.
    Un exemple pour illustrer cela : si vous avez un frère et que vous avez le même père, chacun d’entre vous a une relation unique et particulière avec ce père, une vision de lui qui vous est propre, et pourtant c’est la même personne.
    Mais peut-être que je me trompe (dans ce cas je serai ravie d’avoir vos éclaircissements !), et il est vrai que cela nous ramènera probablement à votre question finale de la définition de Dieu 🙂

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